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42 % des infirmiers travaillent de nuit

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Selon une étude de la direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), 42 % des infirmiers ont travaillé de nuit en 2012.

couloir hôpital nuit

La Dares fait le point sur le travail de nuit.

Dans sa dernière étude, la direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) s'est intéressée au travail de nuit des salariés français en 2012. Les résultats montrent que 42 % des infirmiers et sages-femmes (88 % de femmes), soit 202 000 personnes, et 25 % des aides-soignants (91 % de femmes), soit 151 000 salariés, travaillent de nuit. Par ailleurs, la Dares relève que les salariés de la fonction publique (30%) travaillent plus fréquemment la nuit que les salariés du secteur privé (20%).

En plus du travail de nuit, les salariés subissent généralement des horaires atypiques :

  • travail le samedi ou le dimanche ;
  • horaires variables d'une semaine sur l'autre ;
  • horaires alternés par équipes.

Policiers et militaires, conducteurs, infirmiers et aides-soignants sont les métiers comptant le plus de travailleurs de nuit.

Des conditions de travail difficiles

Le rapport de la Dares établit également que la rémunération des travailleurs de nuit est plus élevée - le supplément salarial associé au travail habituel la nuit est estimé à 8,1% et à 3,6 % pour les travailleurs de nuit occasionnels -, mais les conditions de travail s'avèrent plus difficiles. Ils sont en effet plus souvent soumis à de fortes contraintes de rythme de travail, doivent plus souvent se dépêcher et peuvent plus rarement faire varier les délais fixés. De plus, ils ont plus souvent le sentiment qu'une erreur de leur part pourrait avoir de graves conséquences. Les salariés travaillant la nuit sont, en outre, plus souvent confrontés à des personnes en détresse, à des tensions, voire à des agressions. Bref, la pénibilité, tant physique que psychologique, liée au travail de nuit n'est plus à démontrer.

Le supplément salarial associé au travail habituel la nuit est estimé à 8,1% et à 3,6 % pour les travailleurs de nuit occasionnels.

Les effets du travail de nuit sur la santé

Plusieurs enquêtes et rapports mettent en évidence les effets délétères du travail de nuit sur la santé. Ainsi, en 2000, la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail (EUROFOUND) estimait que les troubles engendrés par le travail de nuit étaient très larges : troubles du sommeil, digestifs, gynécologiques, cardio-vasculaires, psychologiques... Peuvent aussi s'ajouter une dégradation du bien-être et de l'insertion sociale. De plus, selon l'étude française CECILE (Cancer du sein En Côte d'Or et Ille-et-Vilaine et Environnement) dévoilée en 2010, le risque de développer un cancer du sein augmente de 30 % chez les infirmières travaillant la nuit. Ces résultats ont conduit le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) à classer le travail de nuit comme cancérogène probable.

Voir la vie en bleu pour réguler le rythme biologique

Afin de faciliter la vie des travailleurs de nuit, des chercheurs de l'Université Laval, au Canada, ont conçu une lumière bleue capable de réguler le rythme biologique. Cette lumière permettrait ainsi à ces salariés de rester facilement éveillés durant leurs heures de travail nocturnes et de trouver facilement le sommeil à l'issue de leur service. Selon Marc Hébert, professeur au Département d'ophtalmologie de l'Université Laval et chercheur au centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Québecles travailleurs de [nuit] et leur famille connaissent bien les répercussions néfastes possibles sur la santé de ce mode de vie. [...] La lumière utilisée permet au corps de s'habituer plus naturellement aux changements de luminosité. De plus, les chercheurs ont découvert qu'en journée, le port de lunettes oranges favoriserait l'accoutumance du corps à un nouveau rythme.

Au vu des risques, peut-être faudrait-il mieux accompagner et sensibiliser les salariés de nuit. De leur côté, les utilisateurs du forum d'Infirmiers.com soulignent que le travail de nuit doit rester un choix et non une obligation. Ils donnent également quelques conseils pour mieux appréhender la nuit. Et vous, travaillez-vous la nuit ? Comment cela se passe-t-il ?

• Dares, Le travail de nuit en 2012 (PDF), 21 août 2014

Creative Commons License

Aurélie TRENTESSE Rédactrice Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com

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Commentaires (5)

Ducky

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#6

oui mais....

A savoir que dans la fonction publique, nous ne sommes pas considéré comme travailleur, mais veilleur de nuit !

Alors les 1.07€/h de plus ....

Même si j'aime mon travail, il y a un peu de foutage de gueule quand même...

Par contre je veux bien voir les 8.7% en plus ^^

cheikh list

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18 commentaires

#4

La nuit tombée

Six ans de nuit.
Aucun stress.
Une sacrée équipe.
Un enrichissement intellectuel et professionnel.
Un déracinement familial et social.
Un décalage physique et hormonal.
Une sérénité.
Une qualité d'écoute et d'observation, d'analyse, de recherche.
Un sentiment d'indépendance et d'autonomie.
Une solidarité inter
Du thé à la menthe.
De nombreux fous rires.
La belle époque.
Un roulement avec une équipe de jour qui nous correspondait.
Les médecins adorait notre roulement. Le dimanche matin, petit-déjeuner équipe jour/nuit. On avait presque nos binômes jour/nuit.

Puis passage en rythme de jour...ou dans un autre monde!!! Dans un autre hôpital en attendant mon entrée à l'école d'Iade.
La déprime totale!!!
" il ne faut pas que tu..."
La nuit il n'y avait pas de brancardier, ni de coursier, ni de pharmacien, ni...ni...
C'était la débrouille, chacun son tour. On se dépannait entre étages en saluant les collègues.
On anticipait en début de nuit. Ça se déroulait sans tension.
En passant de jour, il fallait attendre après chaque chose. Le besoin devenait une besogne. Il fallait téléphoner, faxer, et attendre... Le brancardier, le coursier. Et les rappeler...
J'ai maudit le téléphone, les visites décalées par rapport aux soins, et surtout le bruit. Ce brouhaha qui n'existait pas la nuit.
L'administratif prenait le dessus sur le prendre soin. Le faire savoir et le savoir être. J'étais écœurée.

Je continue à travailler de nuit. Pendant mes gardes qui sont plutôt des astreintes, il n'a pas de microondes pour me réchauffer une soupe ou un bol de lait...j'ai froid.

J'aime me retrouver les nuits dans mon plumard même s'il est tard.

elhombredelamancha

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#3

roselyne & co ...

oui enfin comme le rappelle gardan62 , ide de nuit , c est 1.07 euro de majoration horaire , soit un gain royal de 130 euros par mois quel que soit l échelon , pour se briser la santé à petit feu , et vivre à l envers de la société et de sa famille...

on a surement là le record de la plus faible compensation salariale du travail nocturne...triste record superbement ignoré par les syndicats de tous bords , largement subi par une populace infirmière réduite à l impuissance par ce qui pourrait être une force : l inertie de sa masse....

mais comme le disait cette brave roselyne , applaudie par les administrateurs publics , cadres de tous poils et autres directeurs de clinique , il s agit de "temps de travail largement choisi" ... et n oubliez pas de dire merci surtout .

contentez vous de votre aumône , braves âmes ouvrageuses et néanmoins bêlantes , on pourrait bien vous la reprendre un jour ...

eusèbe

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419 commentaires

#2

Bonheur

Après 20 ans de nuit et 8 ans de jour+ nuit, le passage de jour uniquement, il y a 5 ans, fut un vrai bonheur : aucun trouble et même pas ronchon !
La nuit, c'est fait pour dormir.

gardan62

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#1

travail de nuit: jours perturbés

le travail de nuit a une influence certaine et après 15 années de nuit je suis encore actuellement même à la retraite sur un rythme de nuit!
en ce qui concerne la rémunération pour travail de nuit, on ne peut pas dire que dans le secteur public elle soit a sa juste valeur: ce n'est sûrement pas l'argument pour que les femmes choisissent un travail de nuit!!!!
l'impact sur la santé est indéniable: troubles du sommeil, palpitations, troubles alimentaires, troubles de l'humeur et j'en passe!!!!