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Attentats à Paris : l'EFS appelle à ne pas relâcher la mobilisation

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Après les attentats survenus le 13 novembre 2015 à Paris, partout en France, et ce dès le lendemain, la population a tenu à exprimer sa solidarité en donnant son sang. A un point tel que l’Établissement français du sang (EFS) a dû demander à certains de reporter leur démarche de quelques jours. Comment l'EFS a-t-il géré cet afflux de donneurs ? Que s'est-il passé sur le terrain ? Qu'en est-il de cette mobilisation cinq jours après les attentats ? Le Docteur Michelle Villemur, médecin responsable des collectes, répond à nos questions.

Don de sang

En solidarité aux victimes des attentats du 13 novembre, 9 474 personnes se sont rendues dans des lieux de collectes pour donner leur sang.

Après l'effroi, l'action. La solidarité. C'est en effet le désir d'aider qui a incité 9 474 personnes à proposer volontairement leur sang au lendemain des attentats à Paris. Partout en France, les candidats aux dons ont donc afflué dans les lieux de collectes samedi dernier. Parmi eux, 8 214 personnes ont pu donner leur sang et 1 303 étaient de nouveaux donneurs (soit 27,3%), rapporte l’Établissement français du sang (EFS). En Île-de-France, sur les 2 225 personnes qui se sont présentées, 1 816 ont pu être prélevées et 506 d'entre-elles faisaient un don pour la toute première fois. Un afflux important, donc, auquel l'EFS n'était pas habitué puisque le nombre de personnes prélevées samedi équivaut à trois fois celui constaté d'ordinaire. Nous tenons à remercier toutes ces personnes qui se sont présentées spontanément dans les lieux de collectes. Nous n'avions fait aucun appel pourtant il y a eu une grande affluence, s'exprime le Docteur Michelle Villemur, médecin responsable du pôle Est des collectes à l'EFS Île-de-France.

Il faut donc que cette mobilisation, qui est extraordinaire, perdure sur le long court...

Les soignants aussi sur le pont à l'EFS

Mobilisée samedi dernier sur le site Saint-Antoine Crozatier dans le 12e arrondissement de Paris, le Dr Villemur salue la mobilisation qui s'est formée pour accueillir les candidats aux dons. Du personnel est revenu spontanément sur les sites et dans les équipes mobiles afin de prendre en charge tous ces donneurs. Nous avons aussi fait appel aux bénévoles présents habituellement afin qu'ils viennent en renfort. Mais l'élan de solidarité ne s'est pas limité aux personnels de l'EFS. Un médecin est venu me voir et m'a demandé s'il pouvait nous prêter main forte. Des infirmières d'autres secteurs se sont également présentées pour aider aux prélèvements. Cet élan de générosité nous a vraiment permis de gérer cet afflux.

D'ordinaire, seuls 4 % de la population donne son sang tout au long de l'année.

Ne pas se relâcher...

Face à ce déferlement de donneurs, l’Établissement français du sang a récolté samedi un nombre impressionnant de promesses de dons parmi les personnes qui se sont déplacées mais qui n'ont pas pu donner. Pourtant, ce dernier est malgré tout contraint aujourd'hui de lancer un appel pour les futurs besoins. Toute l'année, 10 000 dons par jour sont nécessaires pour sauver des vies. De fait, c'était très bien de se mobiliser suite aux attentats, mais il faut continuer, surtout dans les semaines qui viennent... C'est en effet grâce aux dons faits antérieurement que les victimes des attentats ont été transfusées. Si des vies ont pu être sauvées ce week-end, c'est parce que des stocks étaient disponibles. Il faut donc que cette mobilisation, qui est extraordinaire, perdure sur le long court afin de les reconstituer et couvrir les futurs besoins. Car, bien que le Docteur Villemur espère voir à nouveau un afflux ce week-end, la mobilisation constatée samedi dernier semble déjà s'essouffler depuis hier... Nous avons besoin que les professionnels de santé gardent en mémoire cette nécessité de renouveler les stocks au fil du temps. Ce serait bien qu'ils en reparlent autour d'eux et qu'ils resensibilisent leur entourage dans quelques semaines, lorsque ces événements seront plus distants, car tous les jours il y a des malades qui doivent être transfusés. Tous les jours on doit disposer de plaquettes, de globules rouges pour des patients qui ont des leucémies, des mères qui accouchent et des situations d'urgence. En outre, contrairement aux différentes informations qui circulent dans les médias ces derniers jours, l'EFS a besoin de l'ensemble des rhésus afin que d'autres vies puissent à être sauvées.

Nous avons besoin que les professionnels de santé gardent en mémoire cette nécessité de renouveler les stocks au fil du temps.

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Gwen HIGHT  Journaliste Infirmiers.comgwenaelle.hight@infirmiers.com@gwenhight

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