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"Des mots plus blessants que des coups..."

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Médecin

L'hôpital est un lieu étrange. Emblème du soin, de la relation humaine, de ce qui reste d'humanisme dans notre société, il peut donc soudain se révéler un lieu de barbarie et de maltraitance. Le livre « Omerta à l'hôpital » donne la parole à nombre d'étudiants en santé qui ont vécu cette violence durant leur formation. Leurs témoignages édifiants portent une souffrance qui ne peut plus être niée.

silence tabou pression

Le livre "Omerta à l'hôpital" permet de mieux comprendre ce tabou des maltraitances faites aux étudiants en santé ; un tabou qu'il était temps de briser...

Humiliation, acharnement, deshumanisation, abus de pouvoir, sexisme, homophobie, exploitation… autant de mots qu'on ne verrait pas rattachés au monde de la santé et encore moins à celui de la formation des étudiants qui rêve d'y évoluer professionnellement. Qu'ils soient médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, sage-femmes, pharmaciens, orthophonistes… tous sont passés par l'hôpital pour s'y former, pour apprendre de leurs pairs, pour se forger une identité professionnelle. Nombre d'entre eux y ont également soufferts, malmenés verbalement par leurs tuteurs, découragés par leur hierarchie, rabaissés au seul titre de « stagiaire », « d'élève », niés en tant qu'individus… Aujourd'hui, ils en témoignent dans un ouvrage intitulé « Omerta à l'hôpital », sorti le 2 mars, qui vise à briser le silence, à dénoncer, à faire savoir que la violence à leur encontre, gratuite et malveillante, s'exprime trop souvent avec des conséquences qu''il faut savoir mesurer et analyser.

Tu ne sais rien faire, tu n'es qu'une petite stagiaire de merde...

Valérie Auslender, médecin généraliste attachée à Sciences Po, dans le cadre de sa thèse puis de son activité professionnelle, a découvert l'ampleur de cette souffrance quotidienne dont font l'objet les étudiants en santé et qui se joue au sein de l'institution médicale. Souhaitant aller plus loin afin de mieux la comprendre, elle lance un appel à témoins en août 2015. 130 étudiants en santé formés dans les hôpitaux français y répondent, anonymement. La matière est là, vivante, bouillante, foisonnante. Elle interpelle par sa violence et révolte par la teneur des propos recueillis, comme ces quelques exemples en attestent :

  • De toute façon, tu es tellement conne, débile, sale et tu n'as aucune conscience professionnelle que tu ne seras jamais aide-soignante ;
  • Tu sais, même si tu as raison, je ne peux pas croire une étudiante, je croirai toujours mes collèges... ;
  • La touffe, oui toi ! Pour toi , l'évaluation de stage, ça sera… une toilette intime… De moi ! Haha ;
  • C'est de la merde. Ton travail c'est de la merde, tu ne sais pas travailler. Tu n'as rien à faire dans mon service… T'es pitoyable ;
  • Oh putain, encore un boulet qu'on va traîner pendant dix semaines. Fait chier ! ;
  • Je n'aimerais pas être soignée par vous… Arrêtez de pleurnicher sur vos stages, ça ne sert à rien ! Bande de pleureuses !.

Toi la stagiaire qui ne sert à rien, viens ici ! Va torcher le culs de tes résidents, t'es bonne qu'à ça !

Comprendre ce tabou qu'il était temps de briser…

Valérie Auslender s'est interrogée : d'où viennent ces maltraitances envers les étudiants dans les hôpitaux ? Ont-elles toujours existé ? Pourquoi règne-t-il cette loi du silence alors que ces violences dépassent largement les coutumes de bizutages et pourraient être punies par la loi ? Pourquoi les étudiants se murent-ils dans le silence et ne dénoncent-ils pas leurs agresseurs ? Est-ce une fatalité ? Est-il possible de mettre un terme à ce processus destructeur ?

L'auteur a donc convoqué neuf experts avec une mission d'analyse des témoignages pour comprendre ce tabou qu'il était temps de briser. Cynthia Fleury-Perkins, philosophe et psychanalyste, souligne que la reprise en mains des « référents », éventuellement des sanctions à leur encontre, est nécessaire, autant qu'une grande campagne d'information et d'action sur ces violences et les moyens de lutter contre elles. Didier Sicard, Professeur émérite à l'université Paris Descartes, propose également de rompre l'isolement, être à l'écoute des étudiants et former les formateurs ». Et de rappeler que « l'enseignement repose avant tout sur des procédures techniques standardisées, un principe de précaution qui prévoit tout sauf l'essentielde ce qui est humain, des mesures sécuritaires qui oublient que la sécurité commence par le bien-être, le sentiment de confiance, le respect des étudiants et des professionnels. Emmanuelle Godeau, médecin de santé publique et anthropologue, explique que l'hôpital est devenu le modèle d'une société centralisée, hiérarchisée, où l'individualisme est mal perçu, où l'on se soucie peu des affects et des vécus, notamment des plus faibles. Il est paradigmique de la juxtaposition d'une gestion administrative guidée par la rationalité, la rentabilité, les coûts, voire les profits et des soins qui concernent des personnes, avec leur histoire, leur sensibilité et leur vulnérabilité. Gestion comptable contre gestion humaine. Quant au Dr Gilles Lazimi, il l'affirme : il faut protéger nos étudiants, créer des lieux d'écoute et d'accompagnement, afin que justice soit faite, et ne plus permettre à ces agresseurs d'enseigner. Il faut que l'autorité universitaire s'engage, prenne des mesures de protection des victimes. En cas de révélation des violences par la victime, il faut la croire et le lui dire.... Bénédicte Lombard, cadre de santé infirmière et docteur en philosophie pratique et éthique hospitalière, souligne à son tour qu'il faut s'inscrire dans une lecture scrupuleuse du quotidien à l'hôpital. Une lecture autonome qui maintient l'esprit critique en éveil. Cette démarche doit être encouragée et portée par l'institution, elle a le devoir de se saisir de ce problème dont elle est la génitrice. Isabelle Ménard, infirmière puéricultrice et formatrice en Ifsi, écrit être terrifiée à la lecture de ces témoignages par l'idée que les violences subies par les étudiants soient le reflet des dérives relationnelles dans les soins. Un soignant qui humile un étudiant sera-t-il bienveillant avec les malades ? Enfin, Christophe Dejours note que ce sont dans les services où la qualité des soins est la plus dégradée que se reproduisent les maltraitances envers les étudiants. Pour lui, le tournant gestionnaire, ses conséquences sur la qualité des soins et le comportement des soignants serait la cause première de ces maltraitances.

La méchanceté est loin d'être gratuite car elle est le prix d'un système contraignant...

On va vous briser pour vous faire entrer dans un moule, de gré ou de force*

Réagissant par communiqué de presse à la parution de l'ouvrage « Omerta à l'hôpital », la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi) rappelle qu'elle n’a cessé depuis sa création, en 2000, d’alerter les acteurs de la formation sur les souffrances vécues par les étudiants en soins infirmiers au cours de leur formation. En 2009, l’Enquête sur leur vécu et leurs comportements de santé révélait des conditions de formation stressantes et impactant leur bien-être. En 2014, une nouvelle enquête, « Je veux que ma voix compte », établissait un constat sans appel : 85% des étudiants en soins infirmiers considèrent leur formation comme violente, tant physiquement que psychologiquement. La Fnesi rappelle que suite à ces constats, plusieurs avancées ont été obtenues afin d’améliorer le quotidien des étudiants, notamment la mise en place d’un cahier des charges cadrant la formation des tuteurs de stage. Elle rappelle également à quel point la reconnaissance du temps d’encadrement des tuteurs est primordiale pour mener à bien cette mission.

*Réflexion d'une directrice d'Ifsi, toujours en poste…

La communauté soignante réagit…

Sur les réseaux sociaux, les soignants - infirmiers, aides-soignants - ont réagi à la parution de cet ouvrage et surtout à sa thématique. Voici quelques commentaires parmi les plus significatifs.

Mickaël - La vie a déjà assez de pression, n'en rajoutons pas ! Il ne faut pas les dégoûter du métier mais plutôt le leur faire aimer ! Enfin c'est mon point de vue !

Hélène - Il y a 30 ans c'était déjà la même chose. Pendant les 36 mois de mes études, pas un dimanche où je n'ai passé la soirée à pleurer en pensant à la semaine qui m'attendait.… seulement il y a 30 ans, je ne me voyais pas dire à mes parents à moitié cursus : "j'arrête,c'est trop dur", alors je me suis accrochée, je suis devenue infirmière et j'aime mon métier. Et je me suis promis de ne jamais être une peau de vache pour les stagiaires que j'encadrerai...

Aurore - Malheureusement certains soignants sont tyranniques avec les étudiants reproduisant ce qu'ils ont vécu dans un espèce de cercle vicieux aberrant…

Romain - Voila pourquoi on garde un si mauvais souvenir de nos études. Cadres pervers, infirmières méprisantes, profs humiliant et cyniques. Ajoutez à cela stress et fatigue physique avec des journées et un rythme épuisants.

Angélique - Je faisais partie de la toute nouvelle promo 2009 de la nouvelle réforme en stage, c 'était « ahhh les nouveaux infirmière à bas prix avec leurs formations en kit. Vous êtes nuls ,vous ferez des infirmiers dangereux » et j'en passe...

Muryel - Comment vouloir que les étudiants en soins infirmiers se forment sur le terrain alors que le terrain est un champ de bataille ? Rêvons encore et ressaisissons-nous...

Claire - Mon pire stage : la réa où j'ai tellement été rabaissée et démolie que la dernière semaine je suis allée voir ma responsable de stage à l'Ifsi lui expliquant la situation et, en même temps, je lui déposais un arrêt maladie pour la semaine. C'était ça ou j'arrêtais tout.

Carine - 20 ans de métier aide-soignante, je dirais que certaines personnes prennent un plaisir pervers à prendre les stagiaires pour des moins que rien, les mettre dans des situations difficiles pour les dégoûter du métier ? Ces personnes sont dangereuses aussi pour les patients selon moi, sans aucun doute. Le respect de l'humain est le reflet du personnel soignant, quand on en voit certains, j ai peur !

Christel - Et oui malheureusement j'ai connu ça aussi. Je me souviens d'une élève qui en avait tellement marre qu'on la traite comme un chien qu'elle a plaqué un jour sa tutrice de stage. Personnellement j'aurais jamais osé (j'aurais peut-être dû), j'ai fini par démissionner !

Dans certains endroits et avec certains professionnels c'est très dur. La course au temps n'arrange rien !

On ne peut que se féliciter de la démarche menée par Valérie Auslender. Grâce à tous ces témoignants, l'omerta de la maltraitance, acceptée par le système, est rompue. Pour le chercheur, lever cette loi du silence permettra à d'autres victimes de parler. Ces témoignages vont permettre que des actions de santé publique se mettent en place pour protéger les étudiants en professions de santé et pour améliorer les conditions de travail des soignants. Ils vont permettre de changer la politique de santé car aujourd'hui, nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas.

Omerta à l'hôpital • Omerta à l'hôpital. Le Livre noir des maltraitances faites aux étudiants en santé, Dr Valérie Auslender avec les contributions de Christophe Dejours, Cynthia Fleury-Perkins, Emmanuelle Godeau, Gilles Lazimi, Céline Lefève, Dénédicte Lombart, Isabelle lménard, Didier Sicard, Olivier Tarragano,  Editions Michalon, mars 2017, 21 €.

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Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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Commentaires (11)

_Arnaud_

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#11

La résistance s'organise

Un groupe d'étudiants victimes des ses violences a monté une association pour aider les étudiants à se défendre juridiquement et pour les soutenir moralement. Cette association s'appelle ADDESI. Depuis sa création, elle a reçoit en moyenne entre 2 et 3 appels par semaine et espère mettre un terme à ces violences.

coe2

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#10

re-réponse

Les infirmier(e)s peuvent aussi intervenir dans d'autres structures, tels les entreprises, les établissements scolaires, les prisons, certains centres d'accueil, etc....et elles/ils sont seuls.
Ceci dit, je m'appuie sur mon expérience, ayant exercé durant des années en intérim, dans divers secteurs d'activité hospitaliers et autres structures.
Alors le travail d'équipe avec 1 infirmière et 1 aide-soignante pour 30 patients en cardio et le médecin de garde joignable mais sur son voilier dans le golfe, vaut mieux être réactive devant un OAP ; ou 1 infirmière de nuit avec 2 aides-soignantes pour 150 patients (3 services à gérer), le médecin de garde ne se déplaçant pas, là aussi, faut savoir gérer une hémorragie digestive. Et des exemples comme çà, j'en ai à la pelle dans mes archives !!!
Dans les entreprises, comment fait l'infirmière devant une urgence, dans la mesure où il y a de moins de moins de médecin de prévention ? Surtout lorsque les protocoles d'intervention sont absents !!
Comment fait l'infirmière scolaire, seule dans son établissement (là aussi de moins en moins de médecins scolaires, et de plus en plus de violence et agressions à gérer, et la situation d'urgence doit être gérée par l'infirmière, seule) ?
Et bien, on doit se débrouiller avec nos compétences, notre savoir et notre responsabilité
Alors il y a la théorie, mais en pratique la réalité est souvent bien différente, y compris dans le milieu hospitalier que j'ai bien connu.

shadow058

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#9

réponse

"Comment fait l'infirmier(e), responsable du service, en l'absence de cadre "responsable de l'organisation des soins", entre 15H et 8H, WE et jours fériés ou lors des multiples réunions, puisqu'il doit respecter la hiérarchie, donc ne pas prendre d'initiative ?"

Vos cadres ont de la chance (ou pas) de finir à 15h. Après vous pouvez prendre des initiatives tant que vous restez dans votre décret de compétences. Cela serait étonnant qu'il n'y ait pas de cadres ou administrateurs de gardes les soirs et jours fériés ou week end.(si vous êtes en CH ou CHU)
Là où j'exerce, nous sommes joignables en réunion et nous répondons. Le seul temps sans cadre est de 5h à 8h sur le papier (réel : 5h15 -7h30) mais il y a un administrateur de garde.
Pour ce qui est du médecin, cela est un problème médical. C'est donc à la CME ou chef de pôle ou chef de service et régler le soucis du médecin de garde.

Par contre, vous évoquez la situation d'urgence à gérer seul. Je suis curieux de savoir dans quelle structure vous travaillez. Hormis en libéral et peut être HAD, il y a toujours un travail d'équipe en service de soins.

coe2

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#8

droit de réponse

Je me permets de réagir :
Comment fait l'infirmier(e), responsable du service, en l'absence de cadre "responsable de l'organisation des soins", entre 15H et 8H, WE et jours fériés ou lors des multiples réunions, puisqu'il doit respecter la hiérarchie, donc ne pas prendre d'initiative ? Surtout lorsqu'il ne peut joindre, ni cadre, ni médecin de garde, en cas d'urgence ou autre évènement (du vécu).....
J'ai tout de même connu des cadres infirmiers qui revenaient sur leur temps de repos pour remplacer une absence, en faisant abstraction de toute valeur hiérarchique et leur contingence.
Effectivement, entre respect de la hiérarchie et esprit de groupe, il y a tout un monde qu'il est de + en + difficile de relier, car puissance et pouvoir est prioritaire pour certains. Ce qui fait que, "avec du recul", je ne regrette pas d'avoir refuser la formation de cadre, par respect pour ma profession et mes convictions !!
Par ailleurs, je conçois qu'il est difficile, actuellement, de prendre en charge la formation des étudiants, certains ayant d'autres préoccupations que l'apprentissage des soins infirmiers, ou d'être fonctionnaire à tout prix, sans comprendre qu'ils devront se débrouiller seuls face à une urgence (je parle de vécu !), la formation, elle-même, étant à côté de la réalité du terrain.
Dire la réalité n'est pas une marque d'irrespect

chenille bleue

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#7

complément

Bonne analyse d'allo ... pital.
30 ans d'expérience dans le milieu hospitalier.
Des lieux de stage maltraitant ont toujours existé et faisaient leur réputation, ainsi que les "saloperies" qui y travaillaient dedans, car il s'agissait souvent d'1 ou 2 personnes.
Ce qui est très difficile aujourd'hui est l'augmentation du nombre d'étudiant qu'il faut encadrer. C'est épuisant, et parfois la maîtrise nous échappe. Mais ce n'est pas une raison pour les maltraités.
Ce qu'on remarque actuellement, ce sont aussi des étudiants qui n'écoutent pas les remarques, accusent les professionnels, évitent les tâches qu'ils considèrent "basses", veulent les soins techniques, et tout de suite, et là, il faut faire médiateur.
On ne voit plus non plus les formateurs sur le terrain, sauf quand soucis ou quand éval pour les EAS. Ils disent qu'ils sont là, mais il faut les contacter.
Les promo augmentent, les lieux de stage se rétrécissent, et on va vers l'université, ça n'arrangera peut-être pas les choses.

shadow058

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#6

pillule de prise de recul

"J’ajouterais que l’origine du mal semble souvent venir des pseudos cadres qui dirigent les services et qui de la fonction cadre n'ont en que le nom! Aucune formation de management, de gestion humaine et encore moins de gestion des conflits ...
Ce sont pour la plupart de bonnes techniciennes, certes, dans la spécialité de leur service mais qui confondent management participatif avec paternalisme pour anesthésier leur petit monde et les soumettre aux contraintes économiques de l'institution mais aussi pour étouffer toute initiative de volonté de changement, que ce soit dans la prise en charge des patients ou dans l’organisation du travail....De telles initiatives relevant du staff « pensant » et non des exécutants !"

Ces propos me dérange. Vous avez le droit d'être en désaccord avec l'encadrement et l'institution mais malgré votre âge et votre parcours professionnel, je constate un manque de prise de recul et de respect. Voilà où commence la malveillance entre les paramédicaux. Vous voyez les soins à votre niveaux, l'encadrement le voit à un autre, l'institution aussi. Chaque secteur dispose de contraintes. Mr Adam de la Mer, je vous invite à vous rapprocher de vos cadres ou faisant fonction pour connaître leurs missions, leurs obligations et comprendre ce qu'ils font. Le respect n'est jamais unilatéral.
Je vous rappelle de plus que l'organisation des soins fait parti intégrante de la fonction cadre de santé et non de la fonction d'aide soignante ou infirmière. Elle peut être discutée et travaillée ensemble.

Allo?_pital_?

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#5

Tout n'est pas blanc d'un coté et noir de l'autre...

Je suis infirmier depuis 15 ans et j'ai toujours été très volontaire pour encadrer les "nouveaux" qu'ils soient jeunes diplômés ou étudiants IDE, AS, Manips ou en stage d'observation.

Ce n'est pas facile tout les jours... Il y a le service "à tenir" et un certain rythme à conserver pour que les surveillances et les soins se fassent en temps et en heure, les sonnettes, le téléphone, l'entourage des patients et les collègues qui nous interromps régulièrement dans les tâches que nous accomplissons... et nous devons "encadrer, transmettre, expliquer" dans cette marmite bouillonnante... c'est souvent difficile de trouver le temps, ce n'est pas pris en compte dans notre "charge de travail" et "encadrer" ça prends du temps, de la volonté, de l'énergie et BEAUCOUP de PATIENCE ! Les stagiaires pâtissent aussi des conditions de travail et de l'organisation d'un service. Tous le monde ne veux pas non plus être formateur... quand c'est imposé, c'est une catastrophe.

Il y a aussi un gros problème avec la formation initiale dans les IFSI qui est devenue très scolaire et très aléatoire selon le cursus imposé à l'étudiant. Certains s'en sortent seul, mais y a pas grand soutient pour ceux qui sont en difficulté... L'apprentissage "technique" est complètement relégué aux terrains de stage... et les IFSI communiquent peu avec les services ( quelles sont les exigences ? leurs méthodes de travail ? etc...) et le portfolio de l'étudiant est sans commentaire !

Il y a aussi une part qui vient de certains étudiants eux-même qui ne cherchent pas beaucoup les "informations" et attendent que ça tombe tout cuit... Ils n'ont pour la plupart pas le réflexe de consulter les protocoles, le vidal et peu font la démarche de se faire des mémos sur les pathologies et les prises en charges qui en découlent. Le réflexe, j'ai mon portable, j'ai la connaissance au bout des doigts et assez fatigante... le "Oui... mais" très irritant !!

Tout cela ne justifie pas les Maltraitances !!

Allo?_pital_?

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#4

Tout n'est pas blanc d'un coté et noir de l'autre...

Je suis infirmier depuis 15 ans et j'ai toujours été très volontaire pour encadrer et soutenir les "nouveaux" qu'ils soient jeunes diplômés ou étudiants IDE, AS, Manips ou en stage d'observation.

Ce n'est pas facile tout les jours... Il y a le service "à tenir" et un certain rythme à conserver pour que les surveillances et les soins se fassent en temps et en heure, les sonnettes, le téléphone, l'entourage des patients et les collègues qui nous interromps régulièrement dans les taches que nous accomplissons... et nous devons "encadrer, transmettre, expliquer" dans cette marmite bouillonnante... c'est souvent difficile de trouver le temps, ce n'est pas pris en compte dans notre "charge de travail" et "encadrer" ça prends du temps, de la volonté, de l'énergie et BEAUCOUP de PATIENCE ! Les stagiaires pâtissent aussi des conditions de travail et de l'organisation d'un service. Tous le monde ne veux pas non plus être formateur... quand c'est imposé à quelqu'un... c'est une catastrophe annoncée...

Il y a aussi un gros problème avec la formation initiale dans les IFSI qui est devenus très scolaire et très aléatoire selon le cursus imposé à l'étudiant. Certains s'en sortent seul, mais y a pas grand soutient pour ceux qui sont en difficulté... L'apprentissage "technique" est complètement relégué aux terrains de stage... et les IFSI communique peu sur leur manière de fonctionner avec les équipes de terrains ( quelles sont les exigences ? leur méthodes de travail ? etc...) et le portfolio de l'étudiant est bien trop sibyllin !!

Il y a aussi une part qui vient de certains étudiants eux-même qui ne cherche pas beaucoup les "informations" et attendent que ça tombe tout cuit... Ils n'ont pour la plupart plus le réflexe de consulter les protocoles du services, le vidal et peu font la démarche de se faire des mémos sur les pathologies et les prises en charges qui en découle. Le réflexe, j'ai mon portable, j'ai la connaissance au bout des doigts et assez fatigante...

adam de la mer

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#3

le peuple infirmier

Je confirme les propos de coe2, malheureusement.
J’ajouterais que l’origine du mal semble souvent venir des pseudos cadres qui dirigent les services et qui de la fonction cadre n'ont en que le nom! Aucune formation de management, de gestion humaine et encore moins de gestion des conflits ...
Ce sont pour la plupart de bonnes techniciennes, certes, dans la spécialité de leur service mais qui confondent management participatif avec paternalisme pour anesthésier leur petit monde et les soumettre aux contraintes économiques de l'institution mais aussi pour étouffer toute initiative de volonté de changement, que ce soit dans la prise en charge des patients ou dans l’organisation du travail....De telles initiatives relevant du staff « pensant » et non des exécutants !
Par ailleurs, dans l'article il est dit que les soignantes maltraitantes, vis à vis des stagiaires (et des collègues et des patients également), sembleraient reproduire ce qu'elles auraient subi elles-mêmes.... Je me suis souvent posé cette question face à l'imbécilité et la méchanceté de certaines et j'ai plutôt vu chez elles du sadisme ou de la vengeance initiés par le mal-être vécu dans leur métier (frustration de l'idéal imaginé sur la profession de soignant, maltraitance subie par l'excès de travail, par la non reconnaissance en termes de salaire, de travail accompli, de soutien par le manager, sensation d'étouffement face à l'absence de promotion possible.).
Chez d'autres, par souci d'appartenance au groupe, j'ai plutôt vu ce qu'on appelle l'effet de meute, c'est à dire l'acharnement sur une proie qui aurait été attaquée par l'un des leaders du groupe (souvent le même d'ailleurs, le soignant sadique que j'évoque plus haut).
Dans ce milieu soignant, il y aurait tant à faire et à défaire, à redéfinir et à finir, …
La tâche semble immense cette omerta sur le non-dit c’est l’arbre qui cache la forêt !

shadow058

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#2

Vision tronquée

Comme beaucoup, je suis indigné des témoignages. Mais je ne suis pas en accord avec le tout. On demande aux étudiants d'être de plus en plus actifs de leur formation, de connaître leur décret d'application, de se renseigner sur les pratiques, les lieux de stages etc... Hors de plus en lus souvent, le rôle propre s'oublie, l'investissement personnel est absent, les lacunes augmentent... Certains professionnels passent des heures et des heures sur leur temps libre pour les aider sans réels succès. On ne peut pas faire pour eux, par contre on se doit de les accompagner.
La bienveillance disparaît face à une société nombriliste. L'esprit d'équipe est présent quand cela arrange.

Ce qui me gène dans ce que j'ai lu, c'est l'axe unique de la vision. Comme souvent. Je ne remets pas en cause les compétences de l'écrivain et ses recherches. Par contre, une prise de recule sur cette "omerta" est nécessaire.
Ce ressenti de violence est fondé, engendré par qui? pourquoi? Quelle est la vision des tuteurs, des encadrants de proximité, des cadres de santé sur ces violences? Evoquerons nous la violence des étudiants sur les soignants ? des soignants entre eux?

Beaucoup d'interrogations...

coe2

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#1

ce n'est pas nouveau !

Il faut attendre 2017 pour parler d'un problème qui dure depuis des 10ène d'années ??
Pleurer sur l'arbre mort, alors que l'on ne l'a jamais entretenu ni même regardé, un peu facile, non !!
En 40 ans de métier, je n'ai pratiquement jamais connu de bienveillance au sein de ce métier, quel que soit la catégorie professionnelle et, pire, même entre infirmièr(e)s.
La cause : le pouvoir, la reconnaissance "à tout prix", l'intérêt quel qu'il soit... Et souvent à l'initiative des plus incompétents....
Comment voulez-vous que la société ait un regard positif sur l'infirmière, souvent méprisée, alors que l'on n'est pas capable de se respecter entre nous ?

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