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Erreur médicale : le SNPHAR-E et le Snarf demandent la création d'une cellule de soutien aux soignants

Le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHAR-E) et le Syndicat national des anesthésistes-réanimateurs de France (Snarf) ont demandé dans un communiqué la création d'une cellule de soutien nationale ou interrégionale pour accompagner les soignants en cas d'erreur médicale.

Ils précisent que les médecins sont "tous très choqués par le suicide de leur jeune collègue [anesthésiste] de Montpellier, suite à une erreur médicale sur un acte technique d'anesthésie" et malgré l'accompagnement "maximal" par ses confrères. Le suicide du Dr Eric Delous a été découvert la semaine dernière, rappelle-t-on.

Les deux syndicats soulignent qu'"aucun soignant ne peut se sentir à l'abri d'une erreur humaine et chacun doit se sentir soutenu dans cette période difficile". Ils considèrent que les initiatives mises en place par les syndicats doivent donc être complétées en urgence.

Le SNPHAR-E a créé un observatoire de la souffrance au travail avec soutien personnalisé, "qui malheureusement fonctionne à plein régime", et le Snarf dispose d'une cellule de soutien appelée "Arres" (anesthésie réanimation risques et solutions), rappellent-ils.

Les deux syndicats de médecins anesthésistes du public et du privé lancent "l'idée et le challenge aux pouvoirs publics, de la création d'une cellule de soutien et d'appui, nationale ou interrégionale".

"Cette cellule, qui devrait être amorcée en cas d'erreur médicale ou d'aléa thérapeutique grave, devra permettre de vaincre l'isolement des soignants face à des problèmes douloureux", expliquent-ils.

Elle devrait associer "soutien juridique et psychologique pour les soignants et les familles, donner des aides à la communication interne et externe, évaluer la situation au jour le jour".

Pour le SNPHAR-E et le Snarf, "la technicité croissante des actes, la judiciarisation et l'augmentation de la pression de production sur chaque médecin risquent d'entraîner une hausse des cas à prendre en charge".

Dans un communiqué, la Société française d'anesthésie et de réanimation (Sfar) estime que le suicide du jeune anesthésiste de Montpellier "met en lumière l'impérieuse nécessité de réduire le risque qu'un accident médical ne fasse une deuxième victime".

Pour elle, "l'analyse exhaustive et non culpabilisante des événements n'est pas une façon de nier une responsabilité quelle qu'elle soit ; elle est le seul moyen de faire progresser la sécurité".

La Sfar indique qu'elle partage "l'immense douleur" des proches du jeune médecin et adresse également sa compassion à la famille de la jeune victime de l'accident médical "qui doit être assurée que tout ce qui a pu contribuer à la survenue de celui-ci sera analysé pour tenter d'y apporter une explication".

L'Ordre départemental des médecins veut des précisions

Le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) a estimé dans un communiqué que la tragédie "interpelle l'ensemble des médecins sur la nécessaire prise en charge notamment morale de ce jeune médecin confronté, seul, à une difficulté majeure".

Il a reçu le président du syndicat des internes du Languedoc-Roussillon et secrétaire général de l'Intersyndicat national des internes des hôpitaux (Isnih), Philippe Cathala, ainsi que d'autres représentants des jeunes médecins. "Plus que jamais, l'Ordre se doit à la solidarité confraternelle y compris envers les étudiants, les internes et les jeunes médecins", indique-t-il en exprimant également sa "profonde compassion" aux parents du bébé victime de l'erreur médicale.

De son côté, l'Ordre des médecins de l'Hérault a écrit au président de la commission médicale d'établissement (CME) du centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpellier et au chef du service dans lequel exerçait le Dr Eric Delous pour "avoir des précisions" sur ce qui s'était passé depuis janvier.

"Nous n'étions pas au courant du tout des événements survenus au CHU", indique-t-on à l'Ordre départemental. "Nous voulons savoir si l'article 56 du code de déontologie médicale qui prévoit que les médecins se doivent assistance dans l'adversité, a bien été respecté", ajoute-t-on de même source.

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