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Filière infirmière : la CNI s'interroge

A la mi-février 2012, les représentants de la Coordination nationale infirmière (CNI) se sont réunis au centre hospitalier de la Ciotat pour débattre des conditions de travail dans la filière. Revue de détails.

Filière infirmière : la CNI s'interrogeIls étaient une trentaine venus d'un peu partout en France : des représentants de la Coordination nationale infirmière (CNI), syndicat professionnel issu des mouvements de 1988-1991, réunis au centre hospitalier ciotaden pour leur assemblée annuelle. « Alors que de nouvelles options vont se présenter à nous, nous devons débattre de sujets importants, souligne Josy Calas, secrétaire de la délégation ciotadenne du syndicat. D'ici 6 mois, les catégories A - infirmières de bloc, anesthésistes, cadres de santé et puéricultrices - devront opter pour le statut actif ou sédentaire. C'est-à-dire qu'en contrepartie d'une revalorisation assez peu importante de leur salaire, elles devront renoncer à leur droit au départ anticipé à la retraite, ce qui revient à la négation de la pénibilité de leur travail."

Concrètement, celles qui pouvaient jusqu'à présent partir à 55 ans, devront désormais attendre d'avoir 62 ans. Une mesure qui, selon Josy Calas et Benjamin Boyer, président de la CNI à l'hôpital ciotaden, vient "encore détériorer les conditions de travail de la profession".

« Les compétences des professionnels de la filière sont méconnues des pouvoirs publics. »

Besoins démultipliés

Alors que la population est vieillissante, le syndicat constate en effet que "les besoins se démultiplient", assure Josy Calas : "Dans un hôpital comme celui de La Ciotat, le service des urgences accueille chaque jour une dizaine de personnes âgées en moyenne, qui ont besoin d'être prises en charge par des professionnels de la filière…".

Or, au plan national, la profession souffre aujourd'hui d'une pénurie d'infirmiers dans tous les secteurs de l'activité, du public au libéral, en passant par le privé : "Ici comme dans de nombreux établissements de santé, nous ne sommes pas suffisamment de professionnels pour répondre à la continuité des soins, ajoute Nathalie Depoire, présidente nationale de la CNI, l'absentéisme explose dans les hôpitaux, à cause des conditions de travail et de l'épuisement professionnel, et on rappelle régulièrement les personnels sur leurs jours de repos pour assurer les remplacements."

Une situation qui pose également problème pour l'encadrement des étudiants dans les services : "Nous n'avons pas de temps dédié à cette mission alors qu'elle fait partie de nos obligations professionnelles, déplore la présidente. Aujourd'hui, on nous annonce une prime au tutorat, mais cela ne correspond à rien dans la réalité, ce n'est pas une vraie solution."

Selon les représentants de la CNI, "les compétences des professionnels de la filière sont méconnues des pouvoirs publics, conclut Nathalie Depoire, et il y a un décalage important entre la réalité du quotidien et les recommandations d'exigence. Or pour atteindre le niveau de qualité de soins attendu, il faut des effectifs adaptés à la charge en soins. Ce que nous souhaitons, c'est que soient définis des ratios : tant d'infirmiers pour tant de patients dans tel type de service, comme c'est le cas aujourd'hui en réanimation."

Article publié le 14 février 2012 sur le site du quotidien La Provence. Merci à Eric Audouy, vice-président de la Coordination nationale infirmière (CNI) pour son aimable autorisation de reproduction.

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www.coordination-nationale-infirmiere.org

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