Près des deux tiers (63%) d'infirmières ayant répondu à une consultation du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI, affilié à la CFE-CGC) refusent de se faire vacciner contre la grippe A(H1N1), a annoncé mardi le syndicat.
Le syndicat a adressé le 1er septembre une newsletter à 12.607 infirmières en leur demandant si elles souhaitaient se faire vacciner ou non contre la grippe A(H1N1). Sur les 2.074 réponses enregistrées en une semaine, 63% refusent de le faire et 11% n'ont pas encore pris leur décision.
Autrement dit, seules 26% des infirmières ayant répondu ont l'intention de se faire vacciner contre la grippe A(H1N1). A titre de comparaison, 29% se sont fait vacciner contre la grippe saisonnière en 2008, indique le SNPI.
Le syndicat souligne qu'il ne s'agit pas d'un sondage professionnel représentatif de la population avec méthode des quotas.
Il ajoute que la consultation a été réalisée dans un contexte particulier d'expression de réserves du SNPI concernant une vaccination de masse contre la grippe A(H1N1) et de l'annonce de la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, de la commande par la France de vaccins sans adjuvant pour les populations particulièrement sensibles.
Le SNPI accompagne les résultats de sa consultation de plusieurs commentaires d'infirmières, qui font état principalement de refus de vaccination liés à la crainte d'effets indésirables et de questionnements sur la possibilité qu'elles y soient contraintes par leur employeur ou par l'Etat.
Une enquête publiée à la mi-août par la revue britannique Nursing Times a montré que, sur près de 1.500 infirmières interrogées au Royaume-Uni, 30% refuseraient de se faire vacciner contre la grippe pandémique et 33% seraient encore indécises. Une nouvelle étude publiée à Hong Kong montre également une réticence de personnels de santé à se faire vacciner contre le virus H1N1.
En août, la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a fait état d'estimations en France d'un taux d'attrition, c'est-à-dire de refus de se faire vacciner, de 30%, proportion qui pourrait baisser à 15% en cas de virulence sévère du virus.
PARIS, 9 septembre 2009 (APM)
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