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Infarctus du myocarde : la course pour la vie doit continuer

Infarctus du myocarde, les professionnels de santé sont inquiets : l’appel au 15 n’est pas rentré dans les mœurs des Français.

Communiqué de la Société Française de Cardiologie (SFC) et de la Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU), 3 avril 2012.

smur urgence infarctusMalgré des campagnes d’information et de sensibilisation, moins de 50 % des français ont le bon réflexe d’appeler le 15 en cas d’infarctus du myocarde. Rappelons que 400 personnes meurent chaque jour en France de maladies cardiovasculaires.

Depuis les 1ers résultats alarmistes de l’observatoire Stent for Life (cf. encadré) en novembre 2010 (étude de tous les patients ayant présenté un infarctus du myocarde (IDM), pendant un mois, dans 5 départements pilotes français), une campagne d’information a été mise en place auprès du grand public et des professionnels de santé afin d’optimiser cette prise en charge.

Pour évaluer l’impact de cette campagne d’information, un second registre a été réalisé en novembre 2011, dans les mêmes conditions que le premier. La Société Française de Cardiologie a jugé opportun d’informer la presse grand public et professionnelle des résultats de ces 2 registres, pour l’aider à relayer le plus largement possible les leçons à en tirer auprès des publics concernés.

L’infarctus du myocarde : quelques chiffres

  • Chaque année, en France, 100.000 personnes sont atteintes d’infarctus du myocarde.
  • 13.000 personnes décèdent chaque année en France d’un infarctus du myocarde.
  • 80 % des victimes d’un infarctus du myocarde avant 45 ans sont fumeurs.
  • L’infarctus du myocarde n’est pas une maladie « d’hommes » : le risque d’infarctus du myocarde augmente rapidement chez l’homme à partir de 55 ans et, chez les femmes, à partir de 65-70 ans.
  • Le petit matin, un risque accru d’infarctus du myocarde : entre 6h00 et 12h00 du matin, le risque d’infarctus du myocarde augmente de 40 %.

Meilleure prise en charge de l’IDM par les professionnels de santé : la France se place dans le peloton de tête en Europe

Les résultats du 2e registre de l’observatoire français Stent for Life montrent une amélioration de la prise en charge de l’IDM par les professionnels de santé, notamment les urgentistes (SMUR/SAMU) et les cardiologues interventionnels (cf. encadré « Infarctus du myocarde deux techniques de prise en charge : thrombolyse et angioplastie »).

Plus de patients traités

Indépendamment de la technique utilisée, le pourcentage de patients reperfusés est plus élevé : 86 % en 2010 contre 9,5 % en 2011.

Pour mémoire, en 2005, seulement 61 % des patients étaient reperfusés en France, d’où la décision de mettre en place des registres pour essayer de comprendre d’où venaient les « failles » dans le système de prise en charge français, alors que le maillage des unités de soins intensifs cardiologiques est satisfaisant sur le territoire national, que notre système SAMU/SMUR est « exemplaire » et que les cardiologues interventionnels français sont très exercés et performants.

Plus de patients traités par angioplastie primaire

Le pourcentage de patients traités par angioplastie primaire, « gold standard » des techniques de reperfusion, a lui aussi significativement augmenté (p=0,05) passant de 64 % en 2010 à 72 % en 2011.

Avec plus de 90 % de patients reperfusés et près des ¾ ayant bénéficié d’une angioplastie primaire, la France se place dans le peloton de tête au niveau européen.

Plus de femmes traitées

Le pourcentage de femmes non reperfusées a très nettement diminué, puisqu’il est passé de 50 % en 2010 à 35 % en 2011, plusieurs facteurs étant impliqués dans cette meilleure prise en charge.

L’inquiétude face à l’attitude des patients : pas plus d’appel au 15

Les professionnels de santé s’inquiètent car il n’a été observé aucune amélioration en ce qui concerne l’attitude des français en cas de douleurs thoraciques entre les deux registres. Le grand public n’a pas encore acquis les bons réflexes puisque, en 2010 comme en 2011, et malgré la campagne d’information auprès du grand public,  moins de 50 % des patients ont composé le 15.

La course pour la vie doit continuer

moins de 50 % des français ont le bon réflexe d’appeler le 15 en cas d’infarctus du myocarde

La courte période des campagnes d’information et de sensibilisation réalisées de façon ponctuelle dans les 5 départements concernés n’a pas suffi pour capter l’attention du grand public. Il est donc urgent de mettre en place des campagnes d’information pérennes auprès du grand public, en déployant plus de moyens afin que l’appel au 15 devienne un réflexe pour tous les Français devant une douleur thoracique faisant suspecter un IDM. Dans ce contexte, il est prévu, notamment, de créer une animation rappelant les « bons réflexes », avec une large diffusion « virale » sur les réseaux sociaux.

Il est, par ailleurs, souhaitable de ne pas « lâcher prise » auprès des professionnels de santé : continuer à informer et à sensibiliser sur la prise en charge de l’infarctus du myocarde, avec des actualités d’environnement et sur les registres français et étrangers dans ce domaine, des échanges d’expérience, des données de la littérature internationale…. : pour faire vivre Stent for Life dans la durée auprès des urgentistes, mais aussi des médecins généralistes, deux revues bi-annuelles logotypées « Stent for life » sont prévues dès 2012 : « Urgences coronaires » pour les urgentistes et « Infarctus » pour les médecins généralistes, avec un encart central destiné aux patients.

Résultats du 2e registre de l’observatoire français Stent For Life : La course pour la vie - Infarctus du myocarde, les professionnels de santé sont inquiets : l’appel au 15 n’est pas rentré dans les mœurs des Français. Conférence organisée par : la Société Française de Cardiologie (SFC) et la Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU), 3 avril 2012.

Infarctus du myocarde deux techniques de prise en charge : thrombolyse et angioplastie

Qu’est-ce qu’un infarctus du myocarde (IDM) ?
L’infarctus du myocarde (IDM) correspond à la mort (nécrose) d’une partie plus ou moins grande du muscle cardiaque (myocarde). Il résulte d’une obstruction (caillot, thrombose ou spasme) des artères coronaires qui irriguent le myocarde. Celui-ci ne reçoit plus d’oxygène, les cellules qui le composent ne peuvent plus se contracter et meurent en quelques heures. La gravité de l’IDM tient essentiellement à son étendue. Le traitement de l’IDM a pour objectif de désobstruer l’artère bouchée responsable. Deux méthodes sont possibles : l’angioplastie coronaire ou la thrombolyse.

La thrombolyse
La thrombolyse consiste à administrer des médicaments (thrombolytiques) par voie veineuse, capables de « dissoudre » le caillot qui obstrue l’artère coronaire responsable de l’IDM. Elle doit être réalisée le plus rapidement possible afin de limiter l’extension de la nécrose myocardique, au mieux dans les 3 heures suivant l’apparition des premiers signes de l’IDM.

L’angioplastie coronaire
L’angioplastie consiste à introduire une sonde (cathéter) munie d’un ballonnet gonflable à son extrémité dans l’artère coronaire bouchée, afin de la dilater mécaniquement. La sonde, avec le ballonnet gonflable et un petit ressort (stent) sertie sur le ballonnet, est introduite soit au pli de l’aine (artère fémorale), soit au niveau du poignet (artère radiale), et amenée dans l’artère coronaire au niveau de la zone rétrécie. Une fois gonflé, le ballon agrandit le diamètre de l’artère, puis il est dégonflé et le stent, déployé à la bonne dimension pour rétablir la circulation sanguine, reste en place.
L’angioplastie coronaire est réalisée, sous anesthésie locale, par un cardiologue spécialisé en cardiologie interventionnelle dans un centre de soins disposant d’un plateau technique adapté (USIC : Unité de Soins Intensifs Cardiologiques).
Après un IDM, l’angioplastie doit être pratiquée dans un délai inférieur à 12 heures après le début des premiers symptômes.

Angioplastie ou thrombolyse ?
La technique de référence est l’angioplastie coronaire. Cependant, dans les trois premières heures de la douleur, si le temps de transfert du patient vers un centre pouvant réaliser l’angioplastie dépasse les 120 minutes, il faut réaliser la thrombolyse. Au-delà de 3 heures et en dehors de quelques exceptions, il faut choisir l’angioplastie.

 

A propos de Stent for Life

C’est à partir du constat selon lequel il existe de très importantes disparités entre les différents pays européens, en matière de qualité et d’efficacité de la prise en charge de syndromes coronariens, que l’European Association of Percutaneous Cardiovascular Interventions (EAPCI) a lancé le projet Stent for Life parallèlement dans dix pays pilotes (Bulgarie, Egypte, Espagne, France, Grèce, Italie, Portugal, Roumanie, Serbie, Turquie) où le taux d’angioplasties primaires est inférieur à 300 par million d’habitants. Il s’agit de comprendre les raisons de ces différences et d’améliorer la prise en charge des patients présentant un infarctus du myocarde en phase aiguë. En France, l’étude porte sur cinq départements pilotes représentatifs du territoire : le Nord, l’Essonne, la Haute-Savoie, la Côte-d’Or et la Haute-Garonne. La coordinatrice du projet français est le Professeur Martine Gilard (CHU, Brest).

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