Les résultats du nouveau tableau de bord des infections nosocomiales des établissements de santé sont bons, selon la secrétaire d’État à la santé, Nora Berra.
Nora Berra s'est exprimée dans une vidéo enregistrée en ouverture d'un colloque organisé par le ministère de la santé à l'occasion de la première édition de la semaine de la sécurité des patients.
La secrétaire d’État a présenté les résultats nationaux des indicateurs du tableau de bord des infections nosocomiales, sur la base des données 2010, les résultats par établissement étant disponibles sur le site www.platines.sante.gouv.fr et les établissements étant obligés de les rendre publics en interne dans les deux mois.
Nora Berra a plus précisément présenté le pourcentage d'établissements de santé les mieux classés (catégorie A ou B): 93% pour l'indice composite des activités de lutte contre les infections nosocomiales (Icalin), 72% pour l'indice de consommation de solutions hydro-alcooliques (Icsha), 70,5% pour l'indicateur de réalisation d'une surveillance des infections du site opératoire (Surviso) et 87% pour l'indice composite de bon usage des antibiotiques (ICATB).
Valérie Salomon, chef du bureau qualité et sécurité des soins à la direction générale de l'offre de soins (DGOS), a complété : 89,7% pour le score agrégé et 38,6% pour l'indice triennal de taux de staphylocoques dorés résistants à la méticilline (Sarm), sachant que 36,7% des établissements ont bénéficié d'une baisse significative de leurs taux annuels de Sarm entre 2005 et 2010.
Nora Berra a souligné que seuls quatre établissements de santé sur 1.001 ayant une activité en chirurgie ont été exclus du score agrégé parce qu'ils ne réalisaient pas de surveillance des infections du site opératoire. Valérie Salomon a ajouté que sur tous les établissements de santé publics et privés existant en France et qui doivent présenter un tableau de bord des infections nosocomiales (total 2.763), seul un n'avait pas répondu.
Tableau de bord V2
La spécialiste a évoqué les perspectives d'évolution du tableau de bord des infections nosocomiales, les indicateurs de cette deuxième version "V2" devant être "plus exigeants", "centrés sur les événements indésirables graves évitables" - ce qui témoigne de la volonté de "priorisation" - et les indicateurs devant être "plus spécifiques", alors que jusqu'à présent ils étaient "généralistes".
Ainsi, les deuxièmes versions des indicateurs Icalin et ICATB vont venir compléter celle existant déjà pour Icsha.
L'indicateur Surviso va évoluer vers un indicateur composite reflétant l'organisation, les moyens et les actions pour prévenir les infections du site opératoire (Ica-Liso).
Deux indicateurs composites vont être créés (Ica-dialyse et Ica-BMR, ce dernier concernant les bactéries multirésistantes). Enfin des réflexions sont en cours sur les indicateurs de résultats.
Lors de la discussion avec la salle, Pascal Astagneau, responsable du Centre de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (CClin) Paris-Nord, a précisé le fait que le taux de Sarm représentait la première génération d'indicateurs de résultat. Sur cette question des indicateurs de résultat, il a appelé à la prudence et à la poursuite de l'évaluation de leur corrélation avec la performance des soins, cette corrélation n'étant pas certaine.
Circulaires, guide has, enquête 2012, documents
Nora Berra a annoncé la diffusion prochaine d'une circulaire sur le management de la prise en charge médicamenteuse des patients et le lancement en 2012 de l'enquête de prévalence sur les infections nosocomiales.
Elle a également présenté de petits documents édités à l'occasion de la semaine de la sécurité des patients (les roses à destination des patients et les bleus à destination des professionnels de santé) sur trois thèmes : comprendre les indicateurs de qualité, bien utiliser les médicaments et agir sur les situations à risque.
Enfin, Michèle Perrin, chargée de mission à la DGOS, a annoncé la publication "dans trois semaines" d'une circulaire d'accompagnement du décret du 12 novembre 2010 relatif à la lutte contre les événements indésirables associés aux soins dans le cadre de la loi hôpital, patients, santé et territoires (HPST) de juillet 2009. Elle sera complétée par un guide de la Haute autorité de santé (HAS) relatif aux outils de la gestion des risques en établissements de santé.
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