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La FNI réagit aux propos de Roselyne Bachelot concernant l'Ordre des Infirmiers

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ONI

Communiqué de la Fédération Nationale des Infirmiers

Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé et des Sports, a indiqué hier à l’Assemblée Nationale qu’elle soutenait la proposition de loi d’Yves Bur visant à restreindre le champ de compétence de l’Ordre Infirmier au seul monde libéral.


La FNI précise que le sentiment qui domine aujourd’hui à la lecture des très nombreuses réactions des infirmiers qui interpellent la FNI, est celui de la consternation et de la colère :

  • Consternation parce que la ministre attend avant tout des infirmières qu’elles obéissent. Dès lors, la règle s’appliquerait aussi à leurs instances ordinales qui devraient se soumettre aux ordres du ministère.
  • Colère parce les infirmières libérales s’estiment victimes d’une discrimination intolérable de la part de la ministre.

L’histoire de la profession d’infirmière au cours de ces 40 dernières années fut marquée par trois évolutions majeures, la première en 1978 avec la reconnaissance d’un champ d’autonomie, communément appelé « rôle propre » que nous devons à Simone Veil, et la seconde en 2006 avec la loi portant création d’un Ordre infirmier grâce au courage politique de Xavier Bertrand, également à l’origine de la prescription infirmière, que d’aucuns ont qualifié de « révolution culturelle ».

Avec Roselyne Bachelot et les quelques mandarins ou pseudo experts qui l’entourent, allons-nous assister au retour des « cornettes » ? Les infirmières devront-elles ressortir leurs vieilles banderoles « ni bonnes, ni nonnes, ni connes » en perspective des élections présidentielles de 2012 ?

En effet, dès le 26 mai 2008, dans un article consacré à la création de l’ordre national des infirmiers, l’hebdomadaire Marianne nous informait que le cabinet ministériel appliquerait cette loi votée sous Xavier Bertrand, en précisant qu’on soupirait dans l’entourage de la ministre sur le mode : « Franchement, on s'en serait bien passé de cet ordre infirmier ! »

Si la FNI perçoit difficilement ce qui autorisait à l’époque les conseillers de la ministre à sortir ainsi de la réserve qui leur est habituellement imposée de part leur fonction, nous avons clairement à l’esprit ce qui provoque aujourd’hui ces « soupirs ministériels ».

Nous percevons bien l’inquiétude de Madame Bachelot dont la volonté était de faire voler en éclat le décret infirmier dans son projet de loi HPST, à l’insu de la profession, sans discernement et connaissance technique des impacts directs de ce choix pris encore une fois en chambre par des technocrates déconnectés des réalités et sans réelle concertation.

Nous percevons aussi en quoi la création de l’ordre national des infirmiers « votée sous Xavier Bertrand », vient jouer les troubles fête. L’indépendance d’un ordre professionnel interlocuteur de droit des pouvoirs publics sur tous les sujets qui concernent la qualité et la sécurité des soins infirmiers peut à juste titre être perçue comme une contrainte et un empêcheur de pensée unique au moment où pour des raisons économiques, on aurait tendance à vouloir faire faire « n’importe quoi » à « n’importe qui ».

Nous percevons enfin l’inquiétude du ministère de voir se détériorer « les relations cordiales » qu’il entretient avec les centrales syndicales, relations qui de toute évidence n’ont pas été perturbées par l’inquiétude, voire l’exaspération croissante d’une profession confinée dans le rôle étriqué d’exécutant dévoué dans lequel il persiste à vouloir la maintenir. Les syndicats professionnels représentatifs n’ont pas cette « chance » d’être reçus aussi cordialement que les centrales syndicales par la ministre, sur des sujets qui concernent pourtant directement la qualité, la sécurité et l’accessibilité aux soins infirmiers. Il suffit pour s’en convaincre de se référer au récent blocage de la gare Montparnasse par les infirmiers anesthésistes que la ministre n’a pas daigné entendre.

La FNI déplore vivement, dans un contexte de crise des vocations sans précédent pour les métiers de la santé, et dans un pays où 50 000 infirmières diplômées n’exercent plus leur profession, que la ministre de la Santé soit incapable de percevoir le formidable regain de dynamisme que représentent la construction de cet ordre réunissant enfin les infirmières salariées du public, du privé et les infirmières libérales autour de leurs valeurs communes, bien déterminées à construire leur ordre sous le signe de la modernité.

 


Fédération Nationale des Infirmiers
www.fni.fr

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Commentaires (8)

cmptp69

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62 commentaires

#8

ouf !!!! et reouf !!!! et rereoufff !!

ouf !!!!
ouf !!! l'ordre infirmier , ce dinosaure mort né est re-mort et re-re-mort!!!!(sans remord)(mes chères collègues , vous allez pouvoir vous payer une petite robe à 75 euros !!! ou un bon restau. ou les deux en 2 ans ) ! on ne peut que se féliciter de cela . Il était impossible qu'un tel déni de démocratie et d'empathie demeure . Il était impossible que nous , les infirmières et infirmiers soyons représenté(e)s par ces gens ... surtout que ne nous leur avions rien demander .Il était impossible que nous nous laissions infliger autant de contraintes et de mépris . A nous de nous prendre en main ; nous avons su lutter contre l'ordre , apprenons à lutter contre tout ce qui nous opprime . Nous sommes infirmières et infirmiers au service de nos contemporains et à notre service !

Marco94

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3 commentaires

#7

L'ORDRE IDE COMMET DEJA DES DERIVES

L'ORDRE INFIRMIER PERMET A DES INDIVIDUS ELUS ET PEU SCRUPULEUX DE REGLER DES COMPTES SURTOUT ENVERS DES CONFRERES LIBERAUX. C'EST VRAI EN SEINE ET MARNE, A ORLEANS ET A PARIS. IL FAUT SAVOIR QUE ETRE ELU AU SYNDICAT REPRESENTE LA GESTION D'UNE SOMME D'ARGENT EXTREMEMENT IMPORTANTE SELON L'ORGANISATION QUI VA RECOLTER LES FONDS DE FORMATION. QUAND A L'ORDRE, LES CALCULS DEJA REALISES A DEJA DEMONTRE LES SOMMES CONSIDERABLES ENGRANGEES PAR LES COTISATIONS, MEME SI ELLES ETAIENT MINOREES; ET CECI CHAQUE ANNEE !!! A BAS L'ORDRE INFIRMIER ! JE NE PAIERAI JAMAIS!!!

Phil

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#6

Enorme Gâchis !

L'Ordre a surtout dynamisé les infirmières contre lui car imposé à tous, sans aucun respect, par des imposteurs qui prétendaient parler au nom de la profession toute entière !

Fallait demander l'avis réel de la majorité !
13% de votants c'est clair...

Non à la morale "cu-cul la praline" inspirée du Québec !

Retournez bosser en service, on a besoin de bras et remboursez ceux qui ont cédé à l'intimidation !

.cedr1c.

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207 commentaires

#5

la FNI réécrit l'histoire

Oublié le changement de diplôme de 1995 dans votre histoire infirmière. Ah, oui, c'est le moment ou les associations libérales ont porté plainte contre les infirmiers de psy, pour protéger leurs intérêts...mais il est sûr que ça, ce n'était pas de la discrimination.
Le fait d'avoir les voix des libérales ayant plus d'importance que celles des salariés n'est pas non plus discriminant (car plus de sièges pour les libéraux que la proportion)?
le fait d'avoir un code de déontologie qui ne s'adresse aux trois quart qu'aux libéraux n'est pas discriminant?
La FNI perd un joli business, surtout.

guenfouda

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#4

Mais qui represente la FNI

Combien d'infirmiersrepresente la FNI? 90 % des infirmiers salariés mais aussi libéraux n'ont PAS PAYER LEUR COTISATION ET TRAVAILLENT ILLEGALEMENT, comment faut il vous dire que l'on ne veut pas de ton ordre leboeuf et tisserand , On n'en veut pas ! [Propos modérés]

migraine

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75 commentaires

#3

dommage ....XD

colère d'une minorité face à la volonté d'une très grande majorité ...???...
dommage...
et les "cornettes" c'est l'ordre qui nous les réservait

barney

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127 commentaires

#2

Oups !

Lire bien sur FNI et non SNI, lol, erreur de frappe.

barney

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127 commentaires

#1

Good Bye !!!

Et oui, au revoir !

Cet ordre a été créé au départ pour les IDEL qui n'ont aucune instance régulatrice au dessus de leur tête (à part la cpam, mais bon hein, !) mais tous les IDE devaient cracher au bassinet pour leur faire plaisir...

Et bien non, GOOD BYE L'ORDRE !!! Et tant pis pour le SNI !!!