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Le chef du service de gastro-entérologie de l'hôpital Henri Mondor (Créteil) poignardé

Il a reçu 6 coups de couteau par une personne portant une tenue de bloc opératoire, qui a pu prendre la fuite. Des syndicats médicaux dénoncent "l'inertie du gouvernement".

Le chef du service d'hépato-gastro-entérologie de l'hôpital Henri Mondor à Créteil (AP-HP), Jean-Charles Delchier, a été victime d'une agression à l'arme blanche le 22 février après-midi dans son bureau à l'hôpital. Une personne portant une tenue de bloc opératoire et une perruque a pénétré dans le bureau du Pr Jean-Charles Delchier et lui a porté six coups de couteau au niveau du cou, du nez, du cuir chevelu et de la main, avant de prendre la fuite, a-t-on appris mercredi auprès de la directrice de l'établissement, Martine Orio. "La personne, qui a semble-t-il visé délibérément le bureau du chef de service, était délirante et il s'agit probablement d'une personne de la famille d'un patient", a t'elle précisé à l'APM.

Le Pr Jean-Charles Delchier a été hospitalisé et a eu des points de suture, mais les blessures sont restées superficielles. "Je l'ai vu ce matin, il va bien. Il était hier en état de choc", a précisé Martine Orio. L'hôpital a proposé aux personnels du service de rencontrer un psychologue. Agé de 63 ans, le Pr Jean-Charles Delchier exerce à l'hôpital Henri Mondor depuis une trentaine d'années.

Une enquête de police est en cours et la personne qui a agressé le médecin est toujours recherchée.

La directrice de l'hôpital a indiqué que cette agression était exceptionnelle par son niveau de violence et par la possible préméditation du geste qui semblait viser le médecin personnellement et pas le corps médical en général. "Nous avons parfois des patients ou des membres de la famille qui réagissent de manière agressive à une mauvaise nouvelle mais pas avec cette violence et de manière délibérée", a commenté Martine Orio.

Note de la rédaction d'Infirmiers.com : Dans un communiqué diffusé le 23 février 2011, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), son collège spécialiste et la Fédération des médecins de France (FMF) ont dénoncé "l'inertie du gouvernement", en invoquant d'autres aggressions (braquage d'un médecin généraliste au Havre le 16 février, tentative d'assassinat d'une gynécologue-obstétricienne à Soyaux, en Charente).

Pour la FMF, "quand un policier est agressé ou tué en mission, les représentants de l'Etat manifestent leur solidarité avec la victime et ses proches. Quand un médecin est agressé dans l'exercice de son métier, il n'a en retour que le silence assourdissant."

Se référant à l'aggression de la gynécologue de Soyaux, qui serait due à la vengeance d'une mère d'enfant handicapé, le Syndicat national des gynécologues-obstétriciens de France (Syngof) dénonce les modalités des processus d'indemnisation, dans lesquels les médecins sont "désignés comme coupables à la vindicte de familles en souffrance", et l'insuffisance de la prise en charge du handicap par la solidarité nationale.

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