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Ordre infirmier : le plan de restructuration prévoit la fermeture des bureaux départementaux

Cet article fait partie du dossier :

ONI

Le plan de restructuration de l'Ordre national des infirmiers (ONI) prévoit la fermeture de l'ensemble des bureaux départementaux et le regroupement de l'implantation des locaux au niveau régional, selon un courrier adressé le 8 septembre 2011 aux présidents des instances ordinales par le président du Conseil national par intérim, Didier Borniche.

ordre des infirmiers restructuration didier bornicheDans ce courrier, Didier Borniche présente les principales orientations du plan de restructuration de l'ONI qui sera soumis au vote du conseil national mardi 13 septembre 2011, afin de sortir l'institution de sa situation financière critique.

Le groupe BPCE (Banque populaire - Caisse d'épargne) a accepté d'accorder un nouveau sursis à l'Ordre en repoussant au jeudi 15 septembre l'exigibilité de sa dette, dans la perspective de l'adoption de ce plan de restructuration, a-t-on appris de sources proches du dossier

Début août 2011, l'ONI avait évité in extremis la cessation de paiements avant mise en liquidation judiciaire, alors qu'un premier plan de restructuration avait déjà été adopté sans succès en juin pour redresser les finances de l'institution.

Sur le plan des recettes, non chiffrées dans le courrier, le plan de restructuration table sur une progression du nombre d'inscrits à jour de cotisation avoisinant 90.000 professionnels d'ici fin 2011 (soit environ 19% de la profession), contre 64.469 à l'heure actuelle, se répartissant selon un taux de 56% de libéraux et 43% de salariés.Cet objectif équivaut à convaincre 50.400 libéraux et 38.700 salariés de cotiser, soit respectivement 10,6% et 8,1% de l'effectif total d'infirmiers, selon les calculs de l'APM.

"Il ne serait évidemment pas acceptable que la restructuration de l'Ordre repose par trop sur les infirmiers libéraux", écrit pourtant Didier Borniche, qui n'évoque par ailleurs pas l'idée d'une exonération de cotisation pour les salariés.
L'ONI revendique 101.928 inscrits, dont 49.355 libéraux sur un total de 75.000 en exercice et seulement 49.093 salariés sur près de 400.000, et 3.480 autres professionnels n'ayant pas déclaré leur mode d'exercice.

Parmi les "sacrifices" et autres "choix douloureux" proposés en termes de dépenses, Didier Borniche annonce le regroupement de l'implantation de l'Ordre au niveau régional et la fermeture des locaux départementaux, "devenus trop coûteux", sans chiffrer les conséquences en termes de personnel pour les instances concernées.

"Les effectifs du Conseil national devront aussi être considérablement réduits dans le sens d'une organisation optimale et efficiente", écrit Didier Borniche, qui annonce également le départ du siège national parisien, afin de réduire de moitié voire des deux tiers le coût de la location à Paris.

L'objectif affiché du plan est "d'atteindre l'équilibre dans les meilleurs délais" afin de convaincre le financeur, selon Didier Borniche.
Par ailleurs, il réaffirme l'ambition de l'ONI d'assurer "les missions de service public que la loi lui a confiées" et exclut catégoriquement de réduire le rôle de l'Ordre à une fonction "purement technique et administrative" de tenue du tableau d'inscription.

Fronde des libéraux

Dans des communiqués respectifs, l'Organisation nationale des syndicats d'infirmiers libéraux (Onsil) et la Fédération nationale des infirmiers (FNI) ont vigoureusement protesté contre les orientations retenues, déplorant que les recettes prévisionnelles de l'Ordre reposent en quasi-totalité sur les professionnels de santé libéraux.
La FNI menace d'inciter les libéraux à ne plus payer leur cotisation "au nom de l'égalité des infirmiers devant la loi", tandis que l'Onsil appelle ses adhérents à la "désobéissance civile (...) tant que l'esprit originel basé sur une cotisation juste et égale pour tous ne sera pas imposé".

La cotisation annuelle, initialement fixée en 2009 à 75 euros pour tous les salariés, a par la suite été modulée et réduite notamment à 30 euros pour les salariés, rappelle-t-on.
Le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil) a exprimé ses inquiétudes dans un courrier adressé fin août au chef de l'Etat sur la possibilité de n'imposer le paiement de la cotisation à l'Ordre qu'aux seuls infirmiers libéraux, une solution envisagée par la secrétaire d'Etat chargée de la santé, Nora Berra.

Dans un communiqué diffusé le 9 septembre 2011 le syndicat Résilience a également dénoncé les orientations du plan de restructuration, estimant qu'il équivalait à confier à la banque la présidence de l'Ordre infirmier, à l'existence duquel il demeure opposé.

Joints par l'APM, ni le groupe BPCE ni le ministère de la santé n'ont souhaité s'exprimer sur ce dossier.

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Commentaires (8)

Panoramix

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2 commentaires

#8

Crise financière

A mon avis vu l'état financier des banques, il falloir apporter un sérieux dossier pour qu'elles veuillent bien investir.... je ne comprends toujours pas pourquoi on s'acharne à faire perdurer un ordre dont une majorité (et même des libéraux) ne veulent pas.

ecureuils21

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93 commentaires

#7

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!SALARIES DE L'ORDRE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

VOUS ETES LICENCIES ? N'HESITEZ PAS A VOUS RAPPROCHER D'ORGANISATIONS SYNDICALES POUR NEGOCIER VOTRE LICENCIEMENT, PORTER L'AFFAIRE AU PRUD'HOMME POUR RECOUVRIR SALAIRES ET PRIMES.

seringuelectrique

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#6

ordre financier J0‏

[propos modérés : merci de poster sur le forum dédié Resilience]

eusèbe

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#5

Quelle mise à mort ?

La question est de savoir de quelle manière va être mis à mort cette chose qui n'aurait jamais dû voir le jour.

Cet ordre a fait beaucoup de mal à la profession et aux professionnels mais malgré tout, certaines et certains tentent de maintenir allumée la petite chandelle.

Et puis, pour de mystérieuses raisons, personne, parmi nos dirigeants, n'ose mettre un terme à cette gigantesque farce.

Alors, de ces fameuses (et fumeuses) missions régaliennes dévolues à l'ordre et à ses dirigeants, il ne restera rien ou si peu.

Maintenant les professionnels attendent de savoir comment finira l'existence pitoyable de cette chose qui n'a jamais été désirée par les premiers concernés.

Il reste maintenant aux responsables à rendre des comptes, ce n'est sûrement pas aux professionnels de payer l'addition !

aqrv

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94 commentaires

#4

22 president de regions

et 22 secretaires pour gerer 500 000 infirmiers, vont passer au 78 heures par semaine dans les CROIS, cette fin est navrante, l'ordre ne pourra pas recouvrir ces cotisations, lorque vous habiterai dans l'ain , il faudra aller à lyon , et dire que les 40 conseillers vont encore voter demain bouche ouverte sans sourciller....oui president...

.cedr1c.

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207 commentaires

#3

en réponse: communiqué de resilience

[propos modérés : merci de poster les communiqués Resilience sur le forum dédié]

laurent jade

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6 commentaires

#2

Après le harcélement ...la mise à mort

Ils espèrent peut-être qu'une valise leur tombe du ciel, ...tout espoir est permis.
Un gnome claque des doigts et ...hop,...l'oni est sauvé des eaux.
Un autre coup de baguette magique et ...hop, ...une banque se retrouve aux commandes.
Et après ça, certains osent encore dire que l'oni est indépendant.
Difficile de ne pas prendre la situation pour un théatre de guignol à l'heure ou certains luttent contre des dictatures en place et que d'autres veulent veulent en installer une.

.cedr1c.

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#1

quelques chiffres de plus...

Restent donc 25531 chèques à encaisser en 16 semaines, soit un peu moins de 1600 chèques par semaine (dans leur prévisionnel de Juin, on voit bien que le pic des cotisations chute après Aout, et en plus forte période d'activité, l'ordre a fait 4500 chèques en 3 semaine, ce dont ils se sont gargarisés).

Cela fait aussi 76% de l'ordre qui est financé par les libéraux (la cotisation étant 2.5 fois plus élevée) si l'on en reste là. Mais l'article "oublie" (comme souvent ici) de dire que le plan Borniche par sur les inscrits non cotisants (plus simple lorsqu'on ne peut plus facilement réunir les commissions validant les inscriptions), et que ceux-ci sont encore majoritairement libéraux,les salariés n'ont pas eu ce chantage au déconventionnement et ne sont donc pas inscrits.
Bref, on risque de tomber sur un ordre financé à 80% par nos collègues libéraux, une jolie préparation à la cotisation facultative pour les salariés, même si Borniche n'en parle pas.