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Quel « état d’esprit » des infirmiers aujourd’hui ?

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Les résultats de l’enquête d’opinion réalisées en janvier 2013 auprès de ses adhérents par le SNPI, syndicat des infirmières salariées confirme l’état dépressif de la profession : les sentiments négatifs prédominent pour 70 % des sondés.

Le SNPI, syndicat des infirmières salariées, réalise tous les deux ans une enquête d’opinion interne afin de s’assurer qu’il est bien en phase avec ses cotisants. Comme le souligne le syndicat, « une partie seulement des adhérents prend le temps d’y répondre, et nous n’avons pas le professionnalisme d’un institut de sondage ». 1.327 répondants ont cependant été enregistrés pour l’enquête 2013, ventilés comme suit : 49 % d’infirmières, 37 % de cadres infirmiers, 9 % d’infirmières spécialisées et 5 % formateurs. Parmi eux, 44 % travaillent en hôpital public, 25 % en hôpital non lucratif, 13% en cliniques lucratives, 13 % en médico-social, 3 % en IFSI et 2 % en intérim. Les résultats sont néanmoins très intéressants, reflet de l’état d’esprit actuel des infirmiers salariés par rapport à la précédente enquête de 2011. Ils ont été rendus public lors du Conseil National du 24 janvier 2013.

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Démotivation, stress, charge de travail...

On observe une importante démotivation, et une perte d’espoir : les sentiments négatifs prédominent pour 70 % des sondés. Le niveau de stress augmente (69 % en 2013 vs 66 % en 2011) ainsi que la charge de travail (57 % en 2013 vs 51% en 2010), face à des conditions de travail de plus en plus difficiles (47 % en 2013 vs 42% en 2011). Malgré les faibles revalorisations de 2010 et 2012 dans le secteur public (réforme LMD des études) seulement 7 % des infirmières enregistrent une évolution de leurs rémunérations (contre 16 % en 2011). De même, les infirmières interrogées sont de moins en moins optimistes sur l’amélioration des possibilités de formation (15 % en 2013 vs 25 % en 2011), sur l’évolution du métier (9 % en 2013 vs 25% en 2011) et sur la reconnaissance des pouvoirs publics (4 % en 2013 vs 10% en 2011), des médecins (13 % en 2013 vs 24 % en 2011) et des patients (14 % en 2013 vs 30 % en 2011).

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Non aux coopérations entre professionnels de santé

Mais ce qui a fait l’objet de nombreux commentaires libres des sondés, c’est le débat entre les coopérations d’une part, et les pratiques avancées en Master 2 d’autre part.
Le SNPI CFE-CGC avait déjà lancé une consultation auprès des professionnels, au travers de son site internet, en décembre 2012 et sur les 13.234 infirmières, cadres infirmiers ou infirmières spécialisées qui avaient répondu, 87 % étaient hostiles aux modalités de ces coopérations.

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Ce nouveau sondage permet donc d’affiner cette question. Le rejet observé est identique et ce, que l’on soit infirmière ou cadre, et quelque soit le secteur d’activité ou l’ancienneté d’exercice. En effet, les répondants défavorables aux coopérations sont infirmiers 46 %, cadres 42 %, formateurs 4 %, IADE 4%, puéricultrices 3 %, IBODE 1 % . Ils exercent en hôpital public 47 %, privé non lucratif 21%, cliniques lucratives 15 %, médico-social 13%, intérimaires 2 %, IFSI 2 %. Pour Thierry Amouroux, secrétaire général du SNPI, « ces protocoles de coopération permettent juste de régulariser des situations existantes, de légaliser de petits arrangements locaux. Ils ne comportent aucune garantie pour les usagers sur les qualifications et les compétences des professionnels impliqués, ainsi que sur la régularité et les modalités de leur exercice ». La solution réside pour Thierry Amouroux « dans une reconnaissance officielle et nationale de pratiques, avec une rémunération et une formation conséquentes. En effet, plutôt que cette coopération, propre à chaque hôpital et à chaque service, nous sommes en faveur de pratiques avancées dans un cadre clair. Des pratiques autorisées après l’obtention d’un master 2, comme dans d’autres pays d’Europe. L’infirmier aura alors toute sa légitimité et pourra exercer sur tout le territoire, comme le fait un IADE aujourd’hui ». Et de rappeler l’existence de tels masters en Sciences cliniques infirmières à l’Université d’Aix Marseille et de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et la nécessité « d’étendre ces Master, en combinant la valorisation de l’expérience professionnelle (validation des acquis de l’expérience VAE, reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle RAEP,…) et la formation universitaire professionnalisante ».

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L’Ordre infirmier doit faire ses preuves...

Une partie de l’enquête s’est également intéressée à la question de l’Ordre infirmier, ciblant uniquement les adhérents du SNPI, largement favorables à sa création en 2005. Le malaise est aujourd’hui réel : seuls 18% des répondants (6 % en 2011) estiment que l’ONI remplit ses missions de représentation du fait d’être souvent inaudible, à part sur l’exercice illégal en bloc opératoire. Mais la perception s’améliore : le non passe de 60% en 2011, à 51 %.  Au SNPI, les taux sont de 49% d’inscrits (44 % en 2011) et 34% qui refusent de le faire (41 % en 2011).

Des résultats qui prouvent que l’Ordre doit encore convaincre les infirmières de son utilité...

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Commentaires (2)

eusèbe

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279 commentaires

#2

Coucou, c'est nous...

Le SNPI ou comment se montrer quand on n'est presque plus rien : bien évidemment ce genre d'étude ne ressemble à rien, c'est comme les 92 % des infirmières qui désiraient un ordre : de la pure propagande !!

loulic

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184 commentaires

#1

Quelle validité pour ce truc ?

37 % de cadres + 5 % de formateurs

On est loin de quoique ce soit de représentatif. Mais bon venant d'un syndicat qui fait 0,4 % ...

Amusant toutefois de constater que moins de la moitié des adhérents de ce syndicat très pro ordre sont inscrits à ce dernier.

Amusant de voir aussi comment le syndicat essaye de minimiser ce camouflet en présentant ça sous forme "d'amélioration".