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Roselyne Bachelot juge prématurée l'instauration d'un statut libéral d'aide-soignant

Roselyne BachelotLa ministre de la santé, Roselyne Bachelot, estime que la reconnaissance d'une activité libérale pour les aides-soignants serait prématurée, dans un courrier adressé au député UMP Alain Moyne-Bressand (Isère).

Dans ce courrier daté du 12 août, transmis à l'APM, la ministre de la santé répond à une sollicitation d'Alain Moyne-Bressand, qui l'avait interrogée en juin au sujet de sa proposition de loi, déposée le 1er avril, visant à créer un statut libéral d'aide-soignant.

Plusieurs organisations infirmières et une organisation de sapeurs-pompiers* s'étaient émues en juin du dépôt de cette proposition de loi "sans aucune concertation préalable", en déplorant un bouleversement de l'architecture du système de santé.

Roselyne Bachelot rappelle d'abord les aménagements apportés récemment à la profession d'aide-soignant, notamment l'organisation d'une formation complémentaire d'assistant de gérontologie et l'ouverture du diplôme à la validation des acquis par l'expérience (VAE), avec des référentiels d'activité et de compétence.

"L'ensemble de ces mesures en faveur des aides-soignants s'inscrit dans une organisation du travail où ils interviennent sous la responsabilité de l'infirmier, dont les actes sont définis dans le cadre du code de la santé publique par un décret d'exercice. Or, le caractère libéral d'une profession de santé non médicale est directement lié à un champ de compétences autonome et prescrit par un médecin, ce qui ne peut être la situation des aides-soignants", souligne la ministre de la santé.

Elle ajoute que la reconnaissance d'actes propres aux aides-soignants "remettrait en cause le fait qu'ils n'interviennent que sous la responsabilité des infirmiers" et souligne que la reconnaissance d'une activité libérale nécessiterait de définir les actes qui leur seraient réservés, et d'en définir les tarifs en vue de leur prise en charge par l'assurance maladie.

"C'est donc bien l'architecture du travail et la coopération de deux professions qui seraient fortement transformées par la proposition de loi que vous avez déposée", conclut la ministre de la santé, soulignant implicitement qu'une large concertation des professionnels concernés aurait été nécessaire au préalable.

"De plus, il paraît prématuré, pour intéressante qu'elle soit, de mettre en place cette nouvelle organisation des soins alors même que la profession infirmière connaît une profonde évolution", notamment avec l'intégration de sa formation au dispositif licence-master-doctorat (LMD), estime la ministre, qui souligne par ailleurs les possibilités de coopération interprofessionnelles nées avec la loi portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (HPST).

SATISFACTION DES INFIRMIERS

Dans un communiqué diffusé mardi soir, la Fédération nationale des infirmiers (FNI) a pris "acte, avec satisfaction du message fort de la ministre de la santé en direction des parlementaires cosignataires de cette proposition de loi visant à leur rappeler qu'elle ne plaisante pas avec la sécurité des soins".

La FNI estime par ailleurs que les possibilités de coopérations interprofessionnelles et l'éventualité de délégations d'actes prévues par HPST "ne peuvent être déconnectées des contenus des formations initiales et d'une redéfinition globale des différents métiers de la santé", et nécessiteraient "l'attribution aux infirmiers d'un statut de profession médicale à compétences décrites, à l'instar des sages-femmes".

*Les organisations signataires étaient la Coordination nationale infirmière (CNI), la FNI, l'Organisation nationale des syndicats d'infirmiers libéraux (Onsil), le Syndicat national des infirmières en milieu scolaire (SNAIMS), le Syndicat national des infirmiers conseillers de santé (Snics), le Syndicat national des infirmiers et infirmières éducateurs de santé (Snies), le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) CFE-CGC, le Syndicat National des Sapeurs Pompiers Professionnels (SNSPP)-CFTC et FO Santé.


PARIS, 14 septembre 2009 (APM)

 

 

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Commentaires (7)

laziale

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#7

Ha Ha Ha !

Evidemment que la FNI est heureuse ! L'acte qui rapporte le plus d'argent, c'est la toilette.
Tout cela n'est qu'une question d'argent. La santé du patient...quelle hypocrisie, comme d'habitude d'ailleurs...

Cricri77

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#6

OH on a retouve la 5 eme roue du carosse......

Je suis effaree de voir qu une fois de plus on nous relegue....
C est fou, demandez a une IDE de faire une toilette et elke vous riera au nez,ce n est pas assez valorisant pour elle.....sauf,sauf en liberal,la ou va gagner sa croute!
Une toilette en institut a non,non, c bon pour les AS,
Une toilette en liberal pour les AS, non,non, c trop risque....
....chercher l erreur!!!!!!!
Oui les ide ont plus de competences,je ne nie absolument pas ca,oui certains cas necessitent une assistance infirmiere,mais bon dieu qu on arrete l hypocrisie,c pas le cas de tous les patientd a domicile!!!!!!! Et on est pas con(nes) au point de ne pas savoir nos limites!!!
.... Vous savez les limites qu on franchit TOUS LES JOURS,mzis la ca gene personne!
Si c pas pour garder le monopole je vois pas autre chose....
De toute facon les IDE sont en force car elles ont le droits d etre federee
Je suis qd mm bien ecoeuree de voir qu il faut attendre parce que la formation IDE est en changement.....c marrant,ca change tjs pour les mm

patricemar

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#5

Ecoute et humanité

J'ai travaillé 9 ans auprès de la personne âgée sans diplôme et ayant perdu mon emploi aujourd'hui je me vois faire la formation d'AS pour de nouveau retravailler vers ce métier que j'aime beaucoup.J'ai été Pompier Volontaire avec aucune formation médicale et pourtant je participais aux interventions sur les personnes .Je pense que dans tous corps de travail,il y a des compétences et que ce n'est pas aux AS de prendre pour les négligences des autres corps de métier,les compétences et l'expérience devraient être discuter pour une ouverture vers la libérisation de cette profession

patricemar

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#4

RESPONSABILITE

je suis désapprouvé par le manque de reconnaissance que l'on a des AS que me semble-t'il son les soignants et que l'expérience auprès des personnes et aussi si ce n'est plus importante que le diplôme d'IDE qui se charge si l'on veux le croire qu'à nous signifier nos taches besognes .Qu'elle continue à nous former,c'est peut être la bonne place qu'elles ont pour certaine le mieux à tenir.En gériatrie en tout cas.

aout73

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#3

Quelle logique!!!!

C'est vrai que les services à la personne se développent énormément et qu'il est plus logique de mettre du personnel sans diplôme pour faire des toilettes à domicile.Mais n'oublions pas qu'il est plus économique de prendre une auxiliaire de vie plutôt qu'une AS,et que l'on préfère garder ce système soit disant au non de la "sécurité du patient".Alors que l'on sait que des gardes de nuit à domicile chez des personnes agées sont faites par des gens non diplômé (où est la sécurité).Moi je pense que "la vérité est ailleur" et que certain ne voudrait surtout pas partager le gros gâteau du libéral.

celinevan

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#2

abbérant

Le metier d'aide soignat n'est valorisé que par le fais que l'on ne se laisse pas demoraliser nous les aide soignant, ils ont peu etr peur que l'on ne soit pas capable de bosser seul ou que 'lon fasse plus que nos competences pourtant en structure c souvent le cas c abbérent qd même...

castiel

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#1

devalorisé!!!!!!!

Malheureusement,une fois de plus le metier d'aide-soignant est dévalorisé.Je trouve cela vraiment dommage,seul réconfort une année en moins au cursus infimier.