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Une infirmière et une aide-soignante condamnées à de l'emprisonnement pour maltraitance

Une infirmière et une aide-soignante ont été condamnées par le tribunal correctionnel d'Arras pour des actes de violence et de non-assistance à personne en danger à l'encontre de résidents d'un établissement gériatrique du centre hospitalier de la ville (11 avril 2011).

L'infirmière a été condamnée à 30 mois d'emprisonnement dont 18 avec sursis, tandis que l'aide-soignante a été condamnée à 24 mois d'emprisonnement dont 12 mois avec sursis, a-t-on appris auprès du vice-procureur Jean-Pascal Arlaux.

Les deux femmes, qui travaillaient en binôme la nuit au moment où les faits ont été révélés en 2004, se voient également interdites d'exercer leur activité professionnelle.

L'aide-soignante et l'infirmière ont été relaxées pour des faits portant sur l'administration de substances nuisibles et pour des actes de maltraitances commis sur certains résidents, au sein de ce centre de cure médicalisé de Dainville (Pas-de-Calais).

En revanche, elles ont été condamnées pour violences commises envers sept victimes, qui pouvaient notamment prendre "la forme de gifles", et pour non-assistance à personne en danger.

Au-delà d'une dizaine de cas de maltraitance qui leur étaient reprochés, l'aide-soignante et l'infirmière avaient été mises en cause dans la chute d'une résidente de 90 ans, qui était décédée deux heures plus tard.

L'infirmière avait été mise en examen pour "violences volontaires" et "non dénonciation de crimes" et l'aide-soignante pour "violences volontaires" et "violences volontaires ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner". Mais l'autopsie n'avait pas permis de faire le lien entre la chute de la résidente et son décès.

La gériatre et chef de service de la maison de retraite à l'époque a par ailleurs été relaxée. On avait reproché à la gériatre, qui avait été mise en examen, de ne pas avoir conduit un examen médical complet de la victime avant d'avoir rédigé le certificat médical permettant d'inhumer.

Le procès a mis en évidence que l'infirmière et l'aide soignante "étaient en situation de stress, de fatigue et de surmenage", a indiqué le vice-procureur.

En 2004, l'aide-soignante, célibataire et qui vivait chez ses parents, était confrontée à des problèmes d'alcoolisme et avait entrepris une cure de désintoxication. Selon son avocat contacté à l'époque, elle souffrait d'une "certaine usure professionnelle" après 10 ans d'exercice au sein de l'établissement, où elle travaillait de nuit.

Une instruction avait été ouverte en 2004 pour enquêter sur plusieurs faits de maltraitance, qui avaient été dénoncés par la direction. La direction du CH d'Arras avait repéré, suite à une enquête interne, que quatre personnes âgées avaient été victimes de maltraitance psychologique et d'actes de contention forcée.

Le ministre de la santé et de la protection sociale, Philippe Douste-Blazy, avait à l'époque diligenté une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas).

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Commentaires (2)

Chantelline

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#2

Qui sont les vrais coupables ?

Certes, c'est épouvantable et dans le monde des Bisounours ça ne devrait jamais arrivé ... mais voilà, on en est loin des Bisounours, et les vrais coupables ne sont peut-être pas seulement celles qui se sont pris les peines de prison.

Car c'est tout le système de soin qui est à revoir,
Comment prendre soin des gens quand on est 1 soignant pour faire la toilette de 20 résidents en 3 heures ? Qui a imposé ces quotas ?
Comment penser qu'on peut être bienveillant quand on dispose d'1 heure pour coucher 13 personnes démentes ?
Comment rester calme à courir toute la journée après les protections qu'il faut, des gants, des serviettes, le matériel, les lève-malades, et finalement se casser le dos à faire un transfert parce qu'il n'y a qu'un appareil pour 3 étages ?
Comment ne pas s'irriter à voir les directions fermer les yeux sur des maltraitances avérées parce qu'on manque de personnel ?
Car si ces deux femmes avaient déjà sévi, n'aurait ce pas été normal de les licencier pour fautes graves dès la première fois ?

Mais personne ne fait rien et nombreux sont les coupables : l'état qui ne revoit pas son quota alors que tout le monde crie à la maltraitance et au burn out, les établissements de soin qui augmentent les cadences, en demandent toujours plus et sont devenus des centres à but lucratif, les soignants qui continuent à entrer dans le jeu et font leurs 20 toilettes en 3 heures, n'importe comment mais le font quand même, les ifsis qui sortent des aides-soignants à la pelle sans distinction de qui sera un bon soignant ou non (100 % de réussite partout, ça se fête !), bref, une association de malfaiteurs tout ça ou chacun ne se préoccupe que de sa petite personne et de son petit bénéfice.

Et les personnes dans cette histoire ? les malades, les personnes âgées ? Ne méritent elles pas d'avoir un peu de temps, un peu de respect, un peu d'amour, un peu d'humanité ?

L'essentiel de ce métier a disparu dans les profits d'une société ou ne comptent que le pouvoir et l'argent ... en tout cas, moi je refuse aujourd'hui d'être la complice muette de toute cette maltraitance qu'on nous impose, je rends mon tablier ...

choupiedoude

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#1

AFFREUX

Oh ! Mais non ! non et encore Non, l'usure professionelle existe c'est certain ! Alors dans ce cas il faut arreter de bosser, comment peut on en arriver la.....Et faire subir cela a des personnes si fragiles?

Je suis OUTREE, et dégoutée , .......