PARIS, 17 février (Reuters Santé) - Les pays de l'Union européenne devraient interdire la publicité sur les implants mammaires siliconés et l'usage de ces implants chez les mineures, demande le Parlement européen dans une résolution approuvée à Strasbourg en fin de semaine dernière.
En adoptant cette résolution, les parlementaires partent du principe qu'en Europe, les femmes manquent d'informations sur les risques potentiels. Selon eux, si une meilleure information était donnée, moins de femmes opteraient pour l'implant.
Pour protéger les mineures, ils demandent que ces implants soient interdits aux moins de 18 ans, sauf pour des raisons médicales.
D'une façon générale, beaucoup de parlementaires soulignent qu'une telle opération ne doit être encouragée que pour des motifs de santé, l'idéal étant que les femmes s'acceptent telles qu'elles sont. Les élus invitent donc les États à promouvoir une autre image de la femme que celle imposée aujourd'hui dans la publicité.
Les États membres devraient également suivre l'exemple de la France en interdisant la publicité directe au grand public sur les implants mammaires et leur pose.
UN CONTRÔLE ANNUEL OBLIGATOIRE
Les parlementaires demandent l'introduction d'un passeport spécial pour les femmes ayant subi une implantation. Sur ce passeport, les caractéristiques spéciales de l'implant et les mesures du suivi post-opératoire devraient être spécifiées. Signé par le chirurgien et la patiente, ce passeport serait une preuve de consentement à l'opération, en connaissance de cause. Toutes les informations et les avis des autorités de santé concernant l'implantation d'un gel siliconé devraient être fournis à la patiente.
En outre, ils réclament une visite de contrôle annuelle obligatoire.
Parmi les informations importantes, les parlementaires rappellent qu'un implant mammaire nécessite d'être remplacé au bout d'un certain temps. La durée de vie moyenne est de 15 ans. Les conséquences d'une opération se font souvent sentir plusieurs années après, sachant que la plupart des plaintes visent des praticiens non habilités.
Si les parlementaires veulent qu'un maximum de garanties soit apporté, ils ne remettent pas en question le bénéfice apporté à certaines patientes. L'une d'entre eux rappelle que 160 000 femmes présentent un cancer du sein chaque année dans l'Union et ces implants sont importants pour leur qualité de vie après ablation.
Un registre international des implantations mammaires a été créé. Les données cliniques et les résultats devraient y figurer, ainsi que les normes concernant ces implants. Mais pour y parvenir, le Parlement recommande que des registres nationaux soient créés pour améliorer le suivi desdits implants bien que cette procédure soit coûteuse et difficile à mettre en place, comme l'ont fait remarquer des élus.
Pour améliorer encore la sécurité d'usage des implants, la Commission européenne souhaite quant à elle revoir la classification des implants de façon à renforcer les procédures d'évaluation de ce type de
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