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Infirmière en chirurgie


Je suis infirmière depuis 4 ans, et depuis un an, je travaille en chirurgie générale et digestive dans une clinique.
Les pathologies que l’on retrouve dans cette clinique sont diverses : beaucoup de cancers du colon pour la patholigie digestive, des hernies, des cholecystectomies, cancer du sein pour la partie générale, et beaucoup d’autres encore.
Je voudrais dabord préciser dans cette introduction que le fonctionnement entre clinique et hopitaux est différent. En clinique, les patients sont surtout des clients, ils sont sujets a de lourds dépassements d’honoraires, payent une fortune leur chambre seule.
Les chirurgiens passent les voir tous les jours et même parfois plusieurs fois par jour. L’anesthésie passe selon nos demandes.
La surveillante est une surveillante « générale » pour toute la clinique et non pour un étage comme a l’hôpital.
Le nombre de lit par étage est de 15. Nous travaillons en binôme de deux infirmières, ce qui nous permet de bien connaître le malade et de « tout » faire.

Les « malades » et les « non malades »

Pour ma part, j’ai toujours trouvé qu’en chirurgie, il y avait les « malades » et les « non malades ». C’est peut être mal m’exprimer mais je vous explique.
Je trouve qu’il y a une différence entre une personne qui vient se faire opérer d’une cholecystectomie et l’autre à qui on vient d’anoncer un cancer du sein et qui vient pour une mastectomie totale. Entre les deux, il y a ceux qui viennent pour une opération du ménisque. Le « malade » et le « non malade » : tout est dans la suite de l’hospitalisation !
Le premier va rentré chez lui après un maximum de 4 jours d’hospitalisation, sans recommandations particulières, l’autre va subir chimiothérapie, radiothérapie, et a des doutes certains quant à son espérance de vie.
Le patient qui était la pour une opération du ménisque aura quelques séances de kiné et sa vie rentrera dans l’ordre rapidement.
Je trouvais important de signaler cet état d’esprit parce que la relation aux différents patients n’est pas la même, il faut bien s’adapter aux différentes situations.
Loin de moi l’idéee de penser qu’ils ne sont pas égaux devant les soins, mais je pense qu’il ne faut pas oublier que la chirurgie est bien plus vaste que l’opération en elle même.

Journée type de l’infirmère en chirurgie

Selon mon expérience dans cette clinique, je vais vous relater une journée type d’une infirmière en chirurgie.
L’amplitude horaire étant de 12h, il est important déjà de se rendre compte qu’on ne peut rien « remettre à plus tard » puisque de toutes façons, c’est nous qui ferons les soins.
Arrivée vers 7h20 pour les transmissions par l’IDE de nuit.

Le premier tour, vers 7h45 consiste à :
- Donner les médicaments per os pour la journée (le plus souvent antalgiques, antiinflammatoires et traitement personnel du patient s’il ne le gère pas tout seul)
- Pose des perfusions de 8h
- Quantifications des diurèse, lames et sonde naso gastrique
- Quantification et changement des redons
- Installation des patients pour le petit déjeuner si besoin
Tout est noter pour la journée sur la feuille de température qui reste dans le dossier médical.
La tension et le poul sont pris par l’IDE de nuit au tour de 6h.
Puis nous préparons les perfusions de la journée, en fonction de notre planification murale, remise à jour à chaque changement de prescription.

Ensuite les entrées s’il y en a arrivent. On constitue le dossier médical, on fait l’interrogatoire du patient (traitement personnel, numéro de téléphone, ATCD, allergie, autorisation d’opérer pour les mineurs). Ainsi que le rasage de la partie à opérer selon les protocoles. On leur explique le déroulement, on leur dit de prendre une douche à la bétadine, mais surtout on parle avec le patient qui est toujours angoissé.
L’angoisse du patient est souvent due à l’anesthésie (peur de ne pas se réveiller) et à la douleur post opératoire.
Il faut être présent et bien les rassurer, notamment sur la douleur qui est maintenant très grandement maitrisée dans les hôpitaux et cliniques, et qui n’est plus du tout une « fatalité ».

Vers 8h30, en fonction des entrées, c’est l’heure du petit dejeuner pour les infirmières ! Souvent entrecoupé par la visite des chirurgiens qui changent des prescriptions.
Nous faisons donc au fur et à mesure de la journée, en fonction des visites des chirurgiens, le relevé de visites et les soins prescrits.

Vers 9h15, nous commençons le deuxième tour de la journée :
- Refection des lits
- Toilettes ou aide à la toilette si besoin, mise au fauteuil
- Pansements (des protocoles sont mis en place dans beaucoup de services de chirurgie)
- Ablation des redons, fils ou agrafes
- Mobilisation des lames
- Changement et éducation pour les porteurs de colostomie

La matinée est evidement entrecoupée. Nous posons les perfusions au fur et à mesure, nous répondons aux sonnettes, au téléphone. Nous prémédiquons les patients une heure avant l’heure de bloc prévue (chemise de bloc, recommandations (enlever bijoux, vernis, appareils dentaires et auditifs..), et comprimés anxiolitique pour beaucoup).
Nous refaisons les lits des patients partis au bloc au fur et à mesure.

En fin de matinée, nous faisons les transmissions, que nous complétons au fur et à mesure de la journée. Nous cloturons les dossiers des patients sortant.
Nous mettons à jour la planification murale (date du pansement, jour opératoire, nouvelles prescriptions, examens complémentaires).

Arrive l’heure du déjeuner. Les premiers retour de bloc arrivent (et tout au long de la journée). On installe le patient dans le lit, sonnette à portée de main, recommandation de ne pas se lever, de rester à jeun.. selon les types d’anesthésie.
Prise de tension, poul, témpérature, quantification du redon, surveillance du pansement, mobilité et sensibilité des jambes pour les rachianésthésie, diurèse, perf. La surveillance du malade se fait, en fonction des pathologies, toutes les demies heures au début puis toutes les heures à JO.
On relève, à chaque retour de bloc, les prescriptions faites par l’anesthésiste, que l’on note sur le tableau mural et sur la feuille de température.

Vers 15h, nous faisons un tour de tous les patients avec prise de poul, tesion, température. Nous ramassons les « boites de médicaments ».
Ensuite nous repréparons les boites de médicaments pour le lendemain matin.

Vers 16h30 arrivent les premières entrées et ce jusqu’à 17h30 environ. Nous les prenons en charge de la même manière que le matin.

Vers 18h nous installons les patients pour diner, nous refaisons un « tour » des transmissions si besoin. Un laboratoire extérieur vient pour les prélèvements sanguins.
Vers 19h20, l’IDE de nuit arrive et c’est l’heure des transmissions.

Sans oublier dans notre journée les différentes urgences à prendre en charge qui sont souvent des douleurs abdominales ou des syndromes occlusifs.

Quand la chirurgie dévie vers la médecine

Dans les services de chirurgie, nous sommes évidemment amenés à soigner des patients lourds (hémiplégie par exemple) ou des patients avec de lourds antécédents médicaux.
C’est important pour nous de ne pas de « cantonner » à la pathologie chirurgicale et connaître les ATCD des patients pour mieux les soigner, d’ou l’importance de l’interrogatoire à l’entrée.
Certains patients venus pour une simple hernie pourrons nous prendre beaucoup plus de temps qu’une colectomie, parce qu’il ou elle aura de lourds ATCD, un handicap physique ou autre.

Les urgences en chirurgie

La chirurgie est un domaine ou il y a à la fois beaucoup d’interventions programmées et à la fois beaucoup d’urgences.
En effet, toutes les interventions faisant suite à la découverte d’un cancer, à une douleur durant depuis quelques temps sont programmées, le patient connais sa date d’intervention et s’y prépare (même s’il est toujours stréssé).
Mais tous les accidents de la voie publique, certaines douleurs abdominales et beaucoup de traumatismes suite à des chutes occasionnent une chirurgie en urgence. Dans ce cas le patient n’est pas préparé, un accompagnement psychologique est donc très important,ainsi qu’une prise en charge immédiate de la douleur.
Notre collaboration avec les différents « participants » (chirurgiens, anesthésistes, kinés) est essentielle.
Les patients parlent souvent aux IDE et c’est notre rôle de faire des transmissions précises à nos différents interlocuteurs pour que le patient soit pris en charge dans sa globalité.

Pour conclure, je dirais que la chirurgie est une vaste domaine. Cet article donne une vision générale d’une infirmière en clinique travaillant en 12h, mais est loin de tout relater.
En effet, on retrouve la chirurgie dans les hôpitaux, les cliniques et même parfois dans certains cabinets en ville. C’est pourquoi une infirmière peut passer toute une carrière en chirurgie en continuant à apprendre et à acquerir de l’expèrience dans tous les domaines.
Les disciplines sont nombreuses (neurologie, digestive, ORL, stomato, dermato, cancéro..).
En dehors des soins techniques, je pense que la qualité principale d’une infirmière en chirurgie est l’empathie. Se mettre à la place du patient qui part sur son brancart, pour ma première ou la xème fois et qui à « la trouille » !
Se dire qu’un jour, si ce n’est pas déjà le cas, on sera certainement à sa place..

 

Pascale R- Infirmière
Infirmiers.com
 Màj : 04-01-2005 



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