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Chômage infirmier : qu’en est-il vraiment ?

Cet article fait partie du dossier :

Conseils emploi

Dans un article publié à la fin du mois d’octobre et intitulé « Du chômage pour les infirmières... », l’auteur signalait un « phénomène bien étrange » : sur plusieurs forums d’Infirmiers.com, beaucoup de soignants s’inquiétaient de ne pas trouver un emploi, surtout s’ils étaient jeunes diplômés.

Chômage infirmier : qu’en est-il ?Étrange en effet, parce que jusqu’à présent, il était plutôt question de pénurie infirmière. Si la situation était confirmée, ce serait même une caractéristique majeure de la profession qui disparaîtrait : pour ses membres, la certitude quasi absolue de trouver un emploi, fait rare dans un marché du travail réputé pour avoir une demande plus abondante que l’offre (ce qui demande à être fortement nuancé, mais c’est un autre problème).

Comment en avoir le cœur net ? Eh bien, ça n’est pas possible : il n’y a aucune source de données, officielle ou pas, qui permette d’avoir une vue à la fois globale et détaillée de la situation. Les chiffres des effectifs de la profession infirmière ont été publiés en début d’année, avec une nouvelle méthode pour les améliorer, mais ils ne sont pas absolument fiables (parce que restant fondés sur les données du fichier ADELI, bien imparfaites). Cependant il faut d’emblée signaler que si, entre temps, une pénurie de demandes et non plus d’offres s’était constituée, ce serait un tournant brutal et qui contredirait tous les travaux prospectifs publiés sur le sujet depuis plusieurs années.

Quelques constats...

Il n’en reste pas moins que de très nombreux témoignages font état de difficultés à trouver un emploi, surtout pour les jeunes diplômés et pour les infirmier(e)s qui ont changé de région. Que se passe-t-il ? Là encore, il n’est pas possible d’avoir des certitudes. En revanche, on peut tenter un état des lieux sommaire en partant des forums, des commentaires à l’article publié et des responsables d’EMPLOI Soignant.

- Premier constat : le problème ne touche pas toutes les régions. Il est surtout manifeste au nord du pays (mais pas à Lille) et en Bretagne, et inexistant dans les régions ensoleillées, ce qui correspond à la carte de la densité professionnelle depuis de nombreuses années. Pour certaines régions (Alsace, Normandie, par exemple), les témoignages sont contradictoires.

- Deuxième constat : le problème touche essentiellement les emplois hospitaliers, bien moins les autres, et dans ces emplois, ceux des CHU (par exemple, Bordeaux). En revanche, cliniques privées et Ehpad semblent continuer à embaucher, quoique pas partout.

- Troisième constat : l’emploi intérimaire est touché de plein fouet. La chute d’activité est importante, mais pas seulement pour les métiers de la santé. C’est un phénomène classique en période d’incertitude économique : les personnels intérimaires servent de « variable d’ajustement », comme disent les économistes. En bref : l’emploi intérimaire global augmente par rapport à l’emploi total, parce que ça permet aux employeurs de gérer plus facilement leur masse salariale (surtout en France, où les accords sur la « flexibilité » ont du mal à exister) ; mais il diminue par à coups, dans les périodes où les employeurs cherchent à diminuer leurs coûts.

Quelques explications

Comment expliquer ces constats ? Là encore, nous n’avons que des hypothèses, plus ou moins fondées.

- Ce sont les gens qui ont des problèmes qui s’expriment préférentiellement sur les forums. Certaines personnes ont du mal à trouver un emploi, mais il y a un effet de loupe qui grossit considérablement ce phénomène.

- La situation est conjoncturelle :

  • la première promotion (2009-2012) issue de la réforme des études infirmières arrive sur le marché du travail, en avance par rapport aux autres années (la promotion 2008-2011 a été embauchée il n’y a que six mois) ; les établissements engageront dans quelques mois, à partir de janvier-février ;
  • certains employeurs seraient réticents à embaucher des jeunes qu’ils estiment mal formés par les nouvelles études et attendraient pour ce faire qu’ils aient une expérience professionnelle confirmée.

- Les demandeurs d’emploi, surtout s’ils sont jeunes diplômés, rechercheraient d’abord du travail en établissement hospitalier, dans des services qui les intéressent, alors que les offres d’emploi porteraient surtout sur les établissements et services orientés vers les personnes âgées, qui les intéressent beaucoup moins et pour lesquels ils ne se sentent pas formés.

- En se basant sur les rapports de la Cour des Comptes, on constate d’une part, que les difficultés financières sont très inégalement réparties d’un hôpital public à l’autre et concernent en majorité les CHU ; d’autre part, que la gestion des ressources humaines est elle aussi très variable d’un établissement à l’autre, avec des problèmes de sous-effectifs ou de sur-effectifs, et d’ailleurs, de façon surprenante, souvent indépendants de la santé financière globale de l’établissement considéré. En bref, les difficultés financières de tel ou tel hôpital peuvent expliquer tel ou tel problème de recrutement, mais il faut examiner les situations au cas par cas pour en être sûr : il peut aussi ou de plus s’agir de choix de gestion des personnels.

- Les budgets hospitaliers sont de plus en plus contraints. Le personnel représentant en moyenne 70 % de leurs dépenses de fonctionnement, les directions augmentent l’intensité du travail des personnels en place au lieu d’embaucher. Ainsi depuis plusieurs années, l’Ondam (objectif national des dépenses d’assurance maladie, voté par le Parlement) préconise de ne remplacer que neuf emplois absents sur dix. De plus, l’augmentation du nombre de personnels ralentit pour la première fois cette année.

- Contrairement à une idée répandue, la durée de la vie professionnelle des infirmières à l’hôpital public est grande. Ce qui signifie que, un hôpital qui embauche une infirmière en CDI s’engage sur le long terme dans la plupart des cas. Or l’avenir est incertain : non seulement du fait des restructurations et autres changements organisationnels, mais parce que les soins eux aussi changent, ce qui implique des modifications des méthodes de travail, donc de la gestion des personnels. Pour certaines directions, la visibilité n’étant pas optimale, la tentation est forte de gérer au jour le jour sans engager trop de professionnels pour ne pas en être encombrées plus tard. Pour d’autres, il peut s’agir de n’embaucher que dans les secteurs privilégiés (plusieurs hôpitaux se dirigent actuellement vers des activités où ils sont censés exceller, au détriment des autres). Les uns comme les autres n’engageront pas à tours de bras …

Pour ne pas conclure...

Que conclure ? Hélas ! Pas grand chose : il faut attendre pour avoir une idée plus précise de la situation. Mais un retournement de l’emploi infirmier serait franchement surprenant. S’il s’avérait exact, les infirmières perdraient une de leurs cartes majeures pour la reconnaissance de leur profession. Il est donc compréhensible qu’il y ait de l’inquiétude, même si cette carte n’a été que rarement jouée dans le passé.

  • Remerciements - Je remercie les contributeurs aux forums et les commentateurs de l’article d’Audrey Demeillez « Du chômage pour les infirmières... », en espérant vivement que l’article présent ne les déçoit pas... ainsi que Bruno Benque, Isabelle Bayle, Isabelle Bonnefoy, Antoine Huron, Didier Morisot, Christophe Pacific, Michaël Perchoc, Sabrina Ribaud, Sylvie Robillard, Pascal Vasseur, tous membres du comité de rédaction d’Infirmiers.com, pour leurs courriels précieux, et bien sûr Bernadette Fabregas, sans qui ces échanges n’auraient pas eu lieu.
Creative Commons License

Rédacteur Infirmiers.com http://www.carnetsdesante.fr

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Commentaires (17)

Tristan33

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#17

suite

PS: dans la région de Bordeaux, à l'époque de l'ancienne réforme certaines promos étaient diplomées en novembre et d'autre en mars selon les IFSI donc je ne suis pas sur que les 6 mois d'écart entre les nouveaux diplomés ancienne réforme et les nouveaux diplomé nouvelle reforme y soit pour quelque chose dans une quelconque baisse d'activité.

Tristan33

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#16

IDE intérimaire

Tout d'abord je voudrais dire que je suis diplomé de la promotion 2008/2011 et que j'ai choisi l'interim dès ma sortie de l'école (à la base plus par choix idéologique que financier) et que je ne pense pas que mes patients soient en insécurité lorsque je suis dans un service (petit message pour Sandrine6)

Sinon pour ce qui est du manque de poste pour la période citée je crois que c'est un phénomène cyclique, j'était aussi aide soignant en interim pendant ma formation et tout les ans de septembre à décembre on note une diminution de l'activité intérimaire.
Si en 2012 cette diminuation a été très forte j'ai l'impression que l'activité reprend depuis janvier car j'ai énormément de missions depuis debut 2013 sur Bordeaux alors que je refuse d'aller dans beaucoup de clinique où la prise en charge médicale ne me convient pas. (A savoir qu'habituellement la flambée de l'activité interim reprend en mars et ne cesse d'augmenter jusqu'en aout).
Y a-t-il quelqu'un pour confirmer ou infirmer une reprise de l'activité IDE depuis janvier?

juliifsivalence

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#15

l'inquiétude

Je ne suis pas trop daccord sur le fait que les IDE ne choisissent QUE des services techniques et que c'est en partie pour cela qu'ils ne trouvent pas de boulots.
Je travaille dans un ch dans un service de médecine depuis un an et demi sur la région rhone-alpes. A mon entretien d'embauche, il y avait des postes dans quasi tous les services de l'hôpital, je n'avais qu'à choisir...Une amie diplomé de novembre 2011 a choisi de commencer par de l'intérim. Malheureusement pour elle à partir du moi de septembre 2012 plus de travail du tout. Elle postule donc dans 2 hopitaux, une clinique et différentes maison de retraite voulant à tous prix un poste. Elle n'a eu qu'une seule réponse : un CDD de 3 mois dans le service où je travaille. alors oui c'est mieux que rien, c'est même très bien pour elle mais je trouve celà inquiétant pour notre profession. Comment ça se fait? dans mon service il n'y a pas eu de supression de poste ni de travaille en plus on est toujours le même nombre qu'avant alors je ne comprend pas pourquoi il manque des postes? oui il y a eu 2 sorties de DE donc j'espère que la tendance "pénurie" va revenir car avant les IDE nous étions en position de négocier et même avec la pénurie on avait pas grand chose, alors s'il ne manque plus d'infirmière comment va t-on faire, que va t-on devenir? nos conditions ne travaillent vont encore plus se dégrader et ça commence déjà..

merciroselyne

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#14

drole de pénurie

Des hopitaux en débacle financière et une pénurie infirmière. Quel paradoxe. La pénurie n'a existé que quelques années. Les premières promotions "renforcées" sont sorties en décembre 2003, dont la mienne. En troisième année, je me souviens que différentes cliniques étaient venues se présenter pour attirer des prétendants, arguant des salaires plus intéressants. Il y avait des offres intéressantes. Mais déjà à l'époque peu d'infirmières étaient embauchées dans les hopitaux de proximité. Le reste de la promo, une trentaine, s'est exilée, soit dans le sud, en Suisse, en Belgique ou sur Paris. Ce n'est qu'à partir du gouvernement fillon et la fameuse réforme hpst : réorganisation des services de manière à "optimiser" le personnel (le fameux en faire plus avec moins), tarification à l'acte (T2A), qui incite les hopitaux à libérer très tot les patients pour qu'ils continuent leurs soins chez eux via les HAD, donc attrait de la part des hopitaux pour une organisation plus rentable comme les soins ambulatoires. Tout a changé et il en est de meme avec les infirmières libérales et la multiplication des HAD et services de soins infirmiers à domicile. Des structures d'accueil de patients alzheimer ferment car pas assez rentables. On valorise aujourd'hui le rôle des aidants familiaux, ils ont maintenant un statut,on leur paie des formations pour une meilleure prise en charge à domicile de leur proche, ça évite d'embaucher des soignants. Dans les beaux hopitaux on embauche toujours des infirmières polonaises ou roumaines, pourquoi à votre avis? il faut que les gens comprennent que nous sommes dans un système où seule la rentabilité est importante. Les structures médicales en difficulté financière sont rachetées par des groupes privés comme générale de santé, et les lits des petites maisons de retraite publiques, bien chaleureuses, sont rachetés par des géants du secteur privé, comme orpéa, qui ensuitent augmentent scandaleusement le prix de journée. tous ces groupes ont en commun d'avoir des fonds de pensions comme actionnaires. Bref c'est le principe de la privatisation et de la rentabilité à outrance où il n'est bien entendu pas question d'embaucher à tour de bras des infirmières, mais bien de les essorer un maximum jusqu'au burn out et au dégout de celles-ci. De toute manière, il y en aura toujours derrière pour les remplacer. Le prétexte de la pénurie est là, un soi disant manque, une grande quantité de diplomés de manière à saturer le marché et maintenir les salaires bas. Pour ma part je suis parti travailler en Belgique. Il y a du travail là-bas car il y a beaucoup de maisons de retraite et de foyers pour handicapés mentaux. Qui sont remplis de patients français...

mathilde1231

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#13

oui , la tendance s'inverse! c'est clair!

infirmière diplômée en novembre 2011, et en intérim depuis juillet de cette année dans la région toulousaine, j'ai constaté le changement de situation en l'espace de quelques mois. 6 jours seulement de boulot en intérim au mois de septembre (dans des trucs pas forcément intéressant, et payé au lance-pierre), à peu près pareil en octobre et novembre. dès octobre j'ai envoyé des lettres dans quasi toutes les cliniques et hopitaux, soit pas de réponse, soit négatives, j'ai fini par décrcher un cdd, de 6 mois... c'est la première fois que je ressens de l'inquiètude quant au fait qu'il ne puisse pas être reconduit (normalement j'étais plutôt dans l'optique, changer souvent d'établissement, de région... trouver des postes logés) . je connais des jeunes diplomés depuis juillet qui n'ont toujours pas de boulot. un autre qui est parti du coté de canne, par dépit, pour un poste en psy (il cherchait plutôt de la réa... ou service technique). on accepte des salaires, qui mettent pas du tout en valeur notre boulot et nos compétences, et même les employeurs commencent à nous le dire "des cv comme les votre, j'en ai une dizaine" ou "de toutes façons, c'est fini la période où vous pouvez exiger ce que vous voulez".
les réponses des CHU: il n'y a pas de postes dispo, alors qu'en intérim, j'ai pu m'apercevoir que les services tournaient en sous-effectif.... ça fait peur, difficile d'avoir confiance en l'avenir!

smitch

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#12

Complément du constat

Pour compléter le constat, Marseille aussi est touché.
Etant nouveau DE, j'ai personnellement cherché un poste au mois de novembre, et j'ai 3 valeurs à communiquer :
-CHU Timone : 3 postes sur tout l'établissement.
-CHU Conception : seulement 1 poste pour toute la structure!!!
-CH St Joseph : AUCUN poste!
(tous services confondus)

Ces trois hôpitaux sont de tailles énorme et j'ai été stupéfait du nombre de postes proposés, alors que pour les années précédentes il y avait un nombre de poste important toute l'année (dixit ma femme infirmière ou mes collègues infirmiers)

sandrine6

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#11

chômage IDE, ou mauvais choix ? ....

Un petit constat dans notre région : les nouveaux diplômés qui ont postulé dans notre CH au mois de juin ont trouvé du travail, sachant qu'ils n'ont "accepté" que des postes aux urgences ou en réa, et ce n'est pas un cas isolé. En position "de force" face à des emplois hospitaliers mal rémunérés, beaucoup refusent les services jugés moins attrayants.
Et ceux qui ont passé des vacances oisives ont eu, il est vrai, un peu plus de mal à trouver du travail. Dans notre service des urgences, l'un des 2 "nouveaux DE" embauché m'a confirmé qu'il avait des camarades de promo qui avaient du mal à trouver un poste, ou des missions en intérim.
Je précise que je suis atterrée de voir le nombre de nouveaux diplômés qui affirment vouloir commencer à travailler en intérim : qu'en est-il de la sécurité du patient ? Ma fille, "nouveau DE" elle aussi, a effectué son premier jour en solo (non doublée) dans une clinique privée, et a vu arriver son binôme avec stupéfaction : une intérimaire travaillant au bloc, et également "nouveau DE" ....
Alors oui, peut-être que la sortie de 2 promos très proches ont joué. Mais il est vrai aussi que ce phénomène de pénurie infirmière, jusque-là très médiatisé, a semble-t-il fait "pousser des ailes" à de nombreux jeunes diplômés qui sont devenus très exigeants sur leur premier emploi. Et ceci sans prendre en compte le fait que ce diplôme (comme l'ancien d'ailleurs) n'est qu'une formation et ne remplace pas de nombreuses heures de pratique professionnelle et de formation continue.
Peut-être que ce nouveau phénomène va renverser la tendance, et ce ne serait peut-être pas si mal ?!

CARO029

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#10

chomage infirmière

Force est de constater qu'il y a du chômage dans la profession en BRETAGNE. IDE en centre hospitalier après 2 CDD de 4 mois, j'ai appris à 10 jours de l'expiration de mon CDD qu'il n'était pas renouvelé pour RAISONS BUDGETAIRES. Nous sommes plusieurs a avoir subi le même sort. J'ai donc contacté des cliniques, EPHAD de tout mon département puis des départements voisins (toutes la Bretagne) sans résultat. J'ai donc décidé de rechercher un emploi en région parisienne et j'ai été embauché rapidement.

A.ide

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#9

ça ne concerne pas que les diplômés de la nouvelle reforme!

Diplômée depuis 1an (promo 2008/2011) en Lorraine, je suis actuellement en recherche d'emploi... Depuis mon diplôme, je n'ai travaillé que 5 mois, sur 3 structures différentes, en cdd à chaque fois (clinique, ehpad...).
A l'heure actuelle, je suis sans emploi depuis le 1er octobre...
Inscrite dans toutes les agences d’intérim de ma ville, je ne reçois jamais de proposition, malgré de grandes disponibilités et des coups de fils très réguliers aux diverses agences...
J'ai également postulé dans toutes les cliniques de ma ville, ainsi que sur un grand nombre de structures (ehpad, etc), courrier, mail, relances, etc... Sans aucune réponse, même négative!
La situation est très préoccupante, et je commence à franchement désespérer! Surtout que je n'ai pas l'air d'être un cas isolé dans ma région, de nombreuses personnes de ma promo sont dans le même cas...
Je ne suis donc pas d'accord avec votre deuxième constat qui indique que le problème de recrutement vient essentiellement de l’hôpital public...
En attendant, je ne me décourage pas, je continue a postuler/harceler de courrier tout un tas de structures, en espérant être reçue au moins en entretien pour avoir une chance de trouver un poste!
Courage à tous(tes) les IDE dans la même situation!

jujuliie62

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#8

petite réaction

"la première promotion (2009-2012) issue de la réforme des études infirmières arrive sur le marché du travail, en avance par rapport aux autres années (la promotion 2008-2011 a été embauchée il n’y a que six mois) ; les établissements engageront dans quelques mois, à partir de janvier-février ;
certains employeurs seraient réticents à embaucher des jeunes qu’ils estiment mal formés par les nouvelles études et attendraient pour ce faire qu’ils aient une expérience professionnelle confirmée."

je suis de la dernière promotion de l'ancienne réforme , donc 2008-2011 , et je tenais à dire que même dans ma région (NPDC) une partie de ma promo n'a toujours pas de travail, alors que nous sommes pas de la nouvelle réforme !!! alors où peut-on parfaire notre expérience si tous les établissements réagissent comme ceci? Car j'ai l'impression que nous aussi dernière réforme ils nous considérent comme la nouvelle réforme comme on a 6 mois d'avance sur eux?!
en tout cas cet article constate bien les faits réels qui puissent exsiter chez nous et surtout dans ma région !

execho

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#7

à lire aussi

google:"Portugal,amies infirmières devenez plutôt femmes de ménage".Courrier international.

viegasb

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#5

paradoxal, effectivement !

Le titre met en lumière le paradoxe actuel de la profession. Et pour illustrer ce paradoxe, sur la page d'accueil cet article sur le chômage infirmier est suivi de prêt par une demande de recrutement de l'EPS maison blanche.
C'est ce qu'on appelle une parfaite illustration d'un paradoxe !! Bravo ;)

moutarde

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#4

Etre ou ne pas être

Cet article met juste en exergue le paradoxe de la pénurie infirmière, dénoncée depuis de longues années et pas seulement en France, et les situations de chômage ou tout au moins de recherches infructueuses d’emploi dont font part, sur ce forum, de plus en plus souvent de jeunes DE.

Néanmoins, ce paradoxe dénoncé ne semble pas l’objet jusqu’à présent d’études le confirmant ou l’infirmant, d’autant que les chiffres de la démographie infirmière portent largement à caution : 470 000 pour l’ordre infirmier contre presque 568 000 pour le Ministère…

Seul fait incontesté, l’offre et la demande sont inégalement réparties sur le territoire et selon les secteurs d’activité.

Il ne s’agit donc pas de le nier, et pour preuve, il y a eu au moins 2 articles sur ce sujet.

Mais seule une bonne lecture, certes soumise à la subjectivité des uns et des autres, des causes du phénomène dénoncé peut déboucher sur une compréhension et le cas échéant, une amélioration de certaines situations relatées.

- Les budgets qui ne sont pas loin s’en faut à l’équilibre et négatifs très souvent. L’emploi étant le 1er poste budgétaire d’une entreprise, c’est bien évidemment là que seront tentées de se faire les économies.

- Les soignants qui continuent à faire plus, toujours plus en gagnant moins en particulier (HS/RTT non récupérées/rétribuées) dans les remplacements de dernière minute des absences (im)prévisibles). A 1ère vue dans l’intérêt des patients. Mais en y regardant de plus près, cette attitude suicidaire est délétère en terme de qualité/sécurité et de bien-être des soignants qui flirtent de + en + souvent avec le burn-out et/ou l’abandon.

- Une réforme mal ficelée, mal organisée, mal accueillie sans aucune évaluation, réévaluation et remise en question.

…/…

serge cannasse

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#3

quelques précisions

@ ilywan : je ne mets pas en doute la réalité du chômage dans la profession, mais je constate qu'il est quasi impossible d'en faire un bilan, faute de données officielles ; les situations semblent très contrastées d'une zone géographique à l'autre, et j'emploie le mot "zone" à dessein : il est flou. il n'en reste pas moins que je comprends assez bien la réaction du conseiller Pôle emploi, même s'il devrait être le premier averti des changements de situation. Comme je l'écris à la fin de l'article, si un chômage infirmier devait se confirmer, ça serait très surprenant.

@ nonnno : que les conditions de travail dans de très nombreux services hospitaliers soient catastrophiques, personne ne peut le mettre en doute sérieusement ; de même tout le monde sait que c'est contradictoire avec la qualité des soins. je vous rejoins donc sur ces deux points. pour la T2A, c'est plus compliqué et je vous avoue que mon opinion n'est pas faite sur le sujet. en effet, il n'y a pas besoin de la T2A pour pousser à la baisse des dépenses type salaires. si la T2A a des effets pervers, il semble bien que c'est parce qu'elle est mal appliquée en France, notamment pour des dépenses qui seraient mieux couvertes par la MIGAC et parce que le vrai problème, c'est la façon dont les actes sont cotés. Ceci dit, j'ai parcouru le rapport de l'IGAS sur "T2A et management" mais trop rapidement : grâce à vous je vais m'y remettre. et encore une fois, j'ai été frappé par les rapports de la Cour des comptes, qui insistent sur les différences de gestion du personnel entre hôpitaux et presque indépendamment de leur situation financière. je crois que les situations sont variées aussi parce que les directions sont diverses, en gros, plus ou moins "bonnes".

@ vous deux : merci pour ces réactions rapides et pertinentes ! ça fait toujours plaisir de se savoir lu attentivement.

Nonnnno

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#2

Une précision

Bonjour

Je voulais ajouter une piste de développement à votre réflexion, ou plutôt une remarque. Vous faites un assez bon état des lieux de la situation dans les différentes régions et les arguments avancés expliquant ce chômage me semble plus que cohérents. Ne faut il pas également ajouter une volonté des administratifs à provoquer cette situation? En effet, la réponse des établissements de santé que j'ai pu contacter est que leurs équipes sont complètes et donc qu'il ne cherche pas à embaucher. Pourtant, sur le terrain, les équipes sont toujours en sous effectif et s'approche peu à peu du burn out. On peut observer ce phénomène dans le groupe " ni bonnes, ni nonnes, ni pigeonnes..." qui place en premier de ses revendications la pénibilité du travail et le manque de personnel. Une question que je me pose souvent est de savoir si ce nouveau mode de fonctionnement ne serait pas un effet pervers de la T2A qui pousse toujours à faire des économies. Pour cela, les établissements de santé auraient choisi de mettre des administratifs pour encadrer ces dépenses au détriment du personnel soignant qui lui est sur le terrain. Pourtant au vu des différents documents qui sont produits dans le monde et particulièrement le mémoire du SIDIIEF écrit récemment préconise une formation plus poussée des infirmiers pour répondre à cet éléments majeur qui est la diminution des coût de la santé... Serait ce là l'éternel débat entre répression et prévention? Voila ma pensée et elle n'engage que moi!

ilywan

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#1

Oui mais...

Bonjour, et merci pour l'article.
Je me permets juste de réagir : à la partie "les jeunes diplômés rechercheraient majoritairement dans les services hospitaliers".
Pour ma part, et pour celle de nombreux autres diplômés dans la région Pays de la Loire, ceci n'est pas vrai, au vu du nombre de CV et LDM déposés, envoyés et ré-envoyés dans tous les EHPAD, SLD et foyers de la région.
Vous semblez mettre un peu en doute la réalité d'un chômage dans notre profession, comme autour de nous l'entourage, la famille, le conseiller Pôle Emploi (enfin plus maintenant, eux aussi voit la réalité du nombre/de l'absence d'offres!) ce qui rend la situation d'autant plus difficile.