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Mémoire


Mémoire de James IACINO

 

Rôles de l'infirmier dans la prise en charge des malades et blessés

( Cadre des services de secours d'urgence préhospitalière )

 


TABLE DES MATIÈRES

Introduction

I/ Cadre conceptuel

A. Historique

B. Mes motivations

C. Les secours en France

D. L'infirmier dans le champs d'étude

      1. des sapeurs pompiers

      2. du S.A.M.U.

E. La problématique

F.  Limite de l 'étude

G. L'étude

II/ Analyse:

A. Ses rôles :

1.   Rôle technique - Le soignant 

     * auprès des sapeurs pompiers

     * auprès de la population

2.   Rôle dans la gestion de matériel

3.   La formation

    * Formé

    * Formateur

4.   Rôle dans l'hygiène et la sécurité

5.   Rôle préventif en psychologie

B. Autres aspects :

1. Avantages et inconvénients de l'infirmier

2.   Dédommagement de l'infirmier

3.   Cadre législatif, responsabilités I.D.E. et reconnaissance nationale

4.   Projection dans l'avenir

C. Et qu'en pensent les médecins.

III/ Conclusions 

Bibliographie :

Des écrits

Des crédits photographiques

Répertoire des références législatives et réglementaires

ANNEXES :

Abréviations (marque page)

Liste des sites d'étude ( questionnaire )

Le questionnaire

Les protocoles infirmier S.P.*

L'illustration

Rappel de la législation

Diagnostics infirmier de l'urgence

 


 

INTRODUCTION

Ce travail de fin d'étude entre dans l'accomplissement de ma scolarité, se référent à l'arrête du 30 mars 1992 relatif à l'évaluation continue des connaissances et des aptitudes acquises au cours des études conduisant au diplôme d'état infirmier.

 

Ce travail est l'observation d'une pratique professionnelle de l'infirmier diplômé d'état.

Ce travail n'est en aucun cas une description comparative.

Certains éléments de ce travail s'appuieront plus sur l'un ou l'autre des services.

Il s'agit d'une recherche descriptive pure sur une même « spécialité » dans deux organismes de secours d'urgence différents :

 

Le Service d'Aide Médicale Urgente  

et le Service de Santé et de Secours Médical des sapeurs pompiers.

 

Ce travail de fin d'étude essaiera de répondre à la question :

 

« L'infirmier a-t-il un rôle dans la prise en charge des malades et blessés, dans le cadre des structures de secours d'urgence » ?

 

Nous essaierons de répondre à  la problématique en quatre temps :

·        Nous mettrons en place le cadre conceptuel de l'étude

·        Nous analyserons les rôles de l'infirmier dans la structure de secours d'urgence et donc face aux malades et blessés.

·        Nous analyserons les différents aspects de leur présence.

·        Nous verrons qu'elle est la vision des médecins sur la présence des infirmiers.

 

Afin de faciliter le travail écrit, lire indifféremment pour infirmier : infirmier ou infirmière.

 

Le domaine des services de secours d'urgence utilise de nombreuses abréviations.

Dans ce mémoire, toutes les termes en abréviations seront suivis d'une astérisque, et je vous prierai de vous porter en annexe pour trouver le tableau des abréviations, mais aussi un marque page contenant les abréviations, à détacher et à utiliser le long de la lecture.

 

I/ Cadre conceptuel

 

A. Historique

« Il faut profiter de l'occasion de porter secours avant qu'elle n'échappe  et on sauvera le malade pour avoir su en profiter ».

 

Définition de la notion d'Urgence selon HIPPOCRATE (460-377 avant J.C. )

 

L'empire Romain fût le premier a disposer d'une organisation permanente de lutte contre l'incendie, divisée en cohortes d'environ 1000 hommes et pour lesquels étaient rattachés 28 médecins (premier exemple de service de santé dans le milieu des secours ).

 

En 1792, M. Larrey (grand théoricien de la logistique de l'avant et Médecin des Armée de l'Empire) imagine le principe d'ambulances volantes constituées d'une équipe de chirurgiens, infirmiers, se portant au devant des moribonds pour leurs prodiguer des soins d'urgence et les conditionner en vue d'une évacuation vers l'arrière.

 

En 1871, les oeuvres des ambulances urbaines de l'hôpital St Louis créé la première structure d'assistance médicale d'urgence pour les civils dans laquelle se tiennent prêt à intervenir des médecins et infirmiers avec des voitures hippomobiles.

Ce projet sera abandonné en 1907.

Ce ne sera qu'en 1893 que la famille Lepage lance le service des SAPEURS-INFIRMIERS :

« sur notre demande, un sapeur fut désigné dans chaque compagnie pour remplir les fonctions d'infirmier : à l'un des trois fut attribué le galon de caporal : le Caporal Infirmier Hallouin (22 Février 1893) ».

En 1894, au congrès de la fédération des officiers et sous-officiers des Sapeurs Pompiers de France et d'Algérie, l'assemblée adoptera ce principe pour tout les corps de Sapeurs Pompiers.

Le Docteur Lepage et les Sapeurs-Infirmiers interviennent en opération au profit de tous.

Ils sont systématiquement envoyés en cas de feu en campagne pour donner «des secours efficaces aux personnes blessés dans les sinistres éloignés des grands centres » et donc le plus souvent dépourvus de médecins.

 

En 1953, le décret n°53170 du 07 mars structure l'organisation du Service Médical de Santé des centres de secours sans impliquer officiellement les infirmiers.

Jusqu'en 1990, la présence et la participation des infirmiers va se développer de manière officieuse alors que le corps de médecins prend toutes ses lettres de noblesse avec la réglementation de leur activité.

L'infirmier est reconnu depuis 1893 pour son efficacité et sa nécessité dans un travail de binôme avec le médecin mais n'est pas reconnu par la Loi comme membre du Service de Santé et des Secours Médicaux au même titre que les médecins, les vétérinaires et les pharmaciens.

 

En 1990, un groupe de sapeurs-pompiers et d'infirmiers diplômés d'état ont remis à l'ordre du jour le rôle des Infirmiers Sapeurs Pompiers afin de former un groupe de travail dont le résultat escompté était la mise en place d'un cadre réglementaire pour l'action des I.S.P.*

 

Le 04 février 1991, le problème de la reconnaissance des I.S.P.* est évoqué puisqu'ils sont environ 400 sur le terrain.

 

Le 30 mai 1991, le groupe de travail définit 5 rôles :

1.Participer aux actions de médecine préventive.

2.Assurer au sein des corps la maintenance du matériel médico-secouriste.

3.Participer à l'enseignement du secourisme, au contrôle des connaissances, à la formation continue des S.P.*, en secours et soins d'urgence.

4. Apporter des soins d'urgence aux S.P.*  sous contrôle du M.S.P.*

5.Dispenser des soins d'urgence aux victimes d'accidents et de sinistre de toute nature.

 

L'Infirmier diplôme d'état devient indice de modernité du corps.

 

En 1992, le bilan du programme d'action en faveur des sapeurs pompiers émanant du ministère de l'intérieur et de la sécurité publique estime que les « 7500 membres du service de santé des sapeurs pompiers (médecins, pharmaciens, vétérinaires et infirmiers) concourent activement à l'efficacité opérationnelle des services d'incendie et de secours ».

 

En 1993, il n'a toujours par de cadre législatif, mais lui est fixé jusqu'à 11 rôles :

6. Mise en place de mesures visant à renforcer l'hygiène et la sécurité.

7 Participation à des actions pédagogique envers le public.

8.Participation aux visites de recrutement et au suivi des S.P.*

9.Enquête épidémiologique.

10.Mise en place et participation à des protocole de soins, de matériels.

11.Soutien psychologique aux S.P.* et aux victimes.

 

 Le décret n°97-1225 du 26 Décembre 1997 relatif à l'organisation des Services d'Incendie et de Secours donne lieu à la naissance de L'INFIRMIER SAPEURS-POMPIERS qui se caractérise par «un biotope bien particulier : l'URGENCE PREHOSPITALIERE  » (jean Claude Deslandes )

 

L'I.S.P.* est pour la première fois officiellement reconnue comme sapeur-pompier et membre de S.S.S.M.* avec possibilité d'emploi permanent par les départements ( S.D.I.S.* ) à la hauteur d'un infirmier pour 150 professionnels  ou pour 1000 volontaires.

Il peut néanmoins être volontaire sans limite quantitative.

 

Pour l'infirmier S.A.M.U.*, son évolution est difficile a concevoir car sa présence est très disparate.

Il est présent dans certains S.A.M.U.* depuis leur création, mais reste au bon vouloir des chefs de service.

 

B. Mes motivations

Les services de secours d'urgence m'ont depuis une dizaine d'année attiré, car il traduit, je pense, dans notre société, la meilleure manière d'aider son prochain en réunissant des hommes de tous les horizons dans une même épreuve et dans un même but : sauver et maintenir la vie.

C'est une organisation qui m'a passionné et pour laquelle, je souhaiterais un jour travailler.

Devenir infirmier est une manière pour moi de réussir dans la vocation que j'ai choisie.

Depuis une dizaine d'année, je me suis engagé dans cette voie à des niveaux parfois loin de mes attentes (soigneur chez les scouts de France ), parfois plus proches ( responsable d'une équipe de secouriste menant ou participant à des missions de secours aux personnes, ainsi que des actions en matière de formation et de prévention auprès du public).

Ce sont ces raisons et ma passion pour l'urgence médicale qui m'ont fait choisir le thème de l'urgence préhospitalière, parfaitement adapté à mes études d'infirmier.

 

C. Les secours en France

Placés sous la tutelle du ministère de l'Intérieur (lui-même placé sous l'autorité directe de la Présidence ), la Direction de la Défense et de la Sécurité Civile est découpée en Zone de Défense Civile (les mêmes que l'armée de terre ), qui sont dirigées par un directeur de zone dont dépendent plusieurs S.D.I.S.* qui gèrent les centres de secours des différentes communes du département.

L'article 1 de la Loi du 22 juillet 1987 définit que la Direction de la Défense et de la Sécurité Civile «  a pour objet la prévention des risques de toute nature ainsi que la protection des personnes, des biens et la lutte contre les accidents, les sinistres et les catastrophes »

La France dispose en matière de secours et de sauvetage d'une organisation lourde, complète et complémentaire.

 

Elle se compose de plusieurs entités :

 

*     la sécurité (et l'information) gérée par la police ou la gendarmerie.

 

*     le sauvetage et la lutte contre l'incendie gérés par les sapeurs pompiers ( article 1 du décret n°88.623 du 06  mai 1988 relatif à l'organisation du S.I.S.* qui précise que pour faire face à sa responsabilité dans la distribution des secours, le maire peut doter la commune d'un corps de sapeurs pompiers).

Et les S.S.S.M.*  des sapeurs pompiers, supportés par les équipes secouristes ( sapeurs pompiers, associatifs ).

 

*     le service des soins médicaux assuré par les S.A.M.U.*  attachés aux hôpitaux :

L'article 2 de la Loi n° 86.11 du 06 janvier 1986 relative à l'A.M.U.* et aux transports sanitaires précise que «l'A.M.U.* en relation notamment avec les dispositifs communaux et départementaux d'organisation des secours, doit faire assurer aux malades, blessés et parturientes, en quelques endroits qu'ils se trouvent, les soins d'urgences appropriés à leur état ».

L'A.M.U. concerne un citoyen sur 100/an.

Le décret du 16 décembre 1987 place le S.A.M.U.* sous l'autorité du directeur de l'hôpital dans lequel il est  implanté.

 

Le décret n°87.1005 du 16 décembre 1987 précise que les moyens du S.A.M.U.* seront exclusivement médicaux (les moyens de sauvetage restent du rôle du S.D.I.S.*) et précise ses rôles :

·        Assurer une écoute médicale permanente.

·        Déterminer et déclencher dans le délai le plus rapide, la réponse la mieux adaptée à l'appel.

·        S'assurer de la disponibilité des moyens et lits d'hospitalisation publics ou privés adapté  à l'état du patient et faire préparer son accueil.

·        Organiser le cas échéant son transport.

·        Veiller à l'admission du patient.

Il faut savoir que le S.A.M.U.* (financé par le département et l'état - un par département) est le centre administratif de l'Aide Médicale Urgente qui héberge, outre les bureaux administratifs : 

 

*     le Centre de Réception et de Régulation des Appels (C.R.R.A.* ou centre 15), qui gère les S.M.U.R.*, les interventions, les conseils médicaux, et les lits d'hospitalisation (art. l.711.15 du code de Santé Public).

 

*     le Centre d'enseignement des Secours d'Urgence  ( C.E.S.U.* ), mais tous n'en dispose pas.

 

*     la réserve logistique :

+ des interventions habituelles de petite ampleur (intervention, fêtes...) ou de grande ampleur (événements, plan local d'urgence...) - loi du 22 juillet 1987 -

+ une réserve de lots catastrophe (plan Rouge ou ORSEC* ), voire du matériel du S.A.M.U.* de France qui est le S.A.M.U.* Mondial.

 

* Organise au sein de l'hôpital le plan blanc déclenché par le directeur de l'hôpital conformément à la circulaire du 15 juin 1981 (actualisée par la circulaire du 02 décembre1988 ).

 

*     de moyens mobile pour le commandement médical de terrain

(Directeur des  Secours Médicaux ), le transport de la logistique, et les autres moyens (hélicoptère, bateaux, avions ).

 

Il sera différencié du S.M.U.R.* (1 U.M.H.*/100 000 habitants), même s'ils sont dans le même bâtiment, qui est l'unité administrative et du matériel locale d'un hôpital (financé par l'hôpital dont il dépend

et qui décide des moyens à utiliser ).

Chaque département S.A.M.U.* dispose de plusieurs S.M.U.R.* et ce sont eux qui disposent des vecteurs d'intervention médicale : Unité Mobile Hospitalière (ambulances), Véhicules Médicalisés Léger et personnels d'intervention.

 

En 1994 : 6 542 109 appels (1/ 10 habitants ) ont donné lieu à 2 914 957 «affaires » dans la répartition suivante :

·      25,89 % d'informations ou de conseils

·      21,41 % d'interventions des pompiers dont 2,15 % médicalisés

·      22,74 % d'envoi d'un médecin libéral

·      7,62 % de transport par ambulances privées

·      14,99% de primaires S.M.U.R.*

·      04 % de secondaires S.M.U.R.*

 

Tous ces vecteurs qui peuvent, parfois être en désaccord, s'unissent de nombreuses fois par jour partout sur le territoire pour oeuvrer dans les délais les plus courts, pour la vie.

 

Une commission d'expertise et d'évaluation du S.S.S.M.* (comptant 11 médecins de l'armée, du S.A.M.U.* et des pompiers, un vétérinaire S.P.*, un pharmacien S.P.*, et un infirmier S.P.* ), créée par l'arrêté du 21 mars 1995 est en charge de dresser un état permanent des secours médicaux, et d'évaluer leur action dans les dispositifs de secours.

 

D. L'infirmier dans le champs d'étude

 

      1. des sapeurs pompiers

 

( service comptant 26 785 professionnels, 198 706 volontaires, 316 auxiliaires et 7 916 du S.S.S.M.*) est un auxiliaire du médecin pour les actions médico-préventives, le soutien sanitaire des opérations et la médicalisation des secours (pour 1994, secours à la population : 999 276 ; aux pompiers : 4 901).

Trois textes définissent les missions et l'organisation du S.S.S.M.* :

·        Le code des communes

·        La Loi n°87.565 du 22 juillet 1987 relatif à l'organisation de la sécurité civile

·        Le décret n°88.623 du 06 mai 1988, d'application de la Loi précédente.

 

Il participe aux actions d'hygiène et de sécurité, à la maintenance des matériels médico-secouriste et aux actions pédagogiques.

 

Il est à temps plein ou partiel salariés ou volontaire, et peut passer d'autres diplômes ( formations initiale des S.P. *, monitorat et instructeur de secourisme, certificat d'oxyologie, ou de médecine de catastrophe).

Il assure son service aux différents niveaux de l'organisation des secours :

*     54% du personnel infirmier dans les centres de secours,

*     19% dans les centres de secours principaux,

*     17% dans les corps de première intervention,

*     10% dans les services départementaux d'incendie et de secours ( où se trouvent les directions du S.S.S.M.*).

 

La répartition du travail se divise pour l'I.S.P. *

en C.S.* :

·      30% - interventions et manouvres

·      30% - formation et hygiène

·      30% - logistique et pharmacie

·      10% - divers et administratif

 

au S.D.I.S.* :

·      10% - interventions

·      40% - médecine du travail et d'aptitude

·      30% - entretien matériel médico-secouriste

·      20% - formation

 

Sur 82 départements, il a été recensé 654 infirmiers

( 55% de femmes et 45% d'hommes dont la majorité a entre 25 et 39 ans, en raison, nous pensons, des conditions physiques et de travail que le service impose ) dont :

*     5.5% de cadre infirmiers,

*     10.4% de I.A.D.E.*,

*     6.5% titulaires d'un diplôme universitaire en médecine de catastrophe ( étude en 1994 du ministère de l'intérieur ).

 

      2. du S.A.M.U.* (653 713 sorties en 1994 )

 

compte 6 222 personnels dont 425 infirmiers à temps complet et 145 à temps partiel,

repartis dans les 98 S.A.M.U.*(soit 375 S.M.U.R.*) du territoire.

 

L'infirmier participe avec le médecin à la médicalisation des secours, à la gestion du matériel, à la formation des personnels et stagiaires, à la prévention, à la mise en place et au suivi des protocoles.

Il est dans la structure hospitalière à temps complet, s'il est à temps partiel c'est qu'il appartient le plus souvent au Département d'Anesthésie et de Réanimation ou au Service d'Accueil des Urgences et prend des gardes au S.M.U.R.*

Il agit à un seul niveau, et peut évoluer dans le cadre de sa formation continu vers une spécialité.

NOTA : Au regard de la Loi, un infirmier de la fonction publique ou de l'armée ne peut être inscrit sur deux listes d'alerte.

 

E. La problématique

 

Ce mémoire tentera aux regards de la Loi en vigueur de répondre à la question :

 

« L'infirmier diplômé d'Etat a-t-il un rôle dans les structures de secours d'urgence pour la prise en charge des personnes malades et blessées ? ».

 

F.  Limite de l 'étude

 

Afin de ne pas me disperser sur l'étendue du sujet, j'ai choisit de «limiter » mon étude aux domaines de l'infirmier S.P.* et S.A.M.U.*

 

Ce travail est une description, il n'est pas comparatif.

 

L'étude porte sur le rôle de l'I.D.E.* et non sur celui de l'I.A.D.E.*

Dans le cadre de ce mémoire, nous nous intéresserons uniquement au domaine de l'urgence préhospitalière et aux rôles de l'infirmier.

L'intervention des équipes secouristes ne sera pas étudiée en détail, car même si primordiale dans la prise en charge des victimes, elle n'est composée à l'heure actuelle que de personnes formées au premiers secours en équipe.

Le domaine de l'infirmier des structures d'urgence est vaste, mal connu mais reconnu depuis peu par un texte publié au journal officiel.

 

Les rôles de l'infirmier ne seront analysés qu'en accord avec les décrets du 16 février et du 15 mars 93 relatifs aux actes et règles de la profession.

 

L'article 1 du décret du 12 mai 1981 du code de santé public précise que «la fonction infirmière  comprend : l'analyse, l'organisation, et l'évaluation des soins infirmiers et leur dispense, soit sur prescription médicale, soit dans le cadre de leur rôle propre.

Elle comprend en outre différentes actions concernant l'éducation, la formation, l'encadrement et la prévention en matière de santé et d'hygiène, ainsi que l'application et la promotion des mesures de lutte contre l'infection et la contagion »

 

Décret du 16 février 1993 - Titre 1er

Chap.1 - Article 6 : « l'infirmier est tenu de porter assistance aux malades et blessés en périls »  

              Article 22 : «  l'infirmier auquel une autorité qualifiée fait appel pour collaborer à un dispositif de secours mis en place pour répondre à une situation d'urgence, soit en cas de sinistre, ou de calamité, doit répondre à cet appel et apporter son concours »

Chap.2 - Article 26 : « l'infirmier agit en toute circonstance dans l'intérêt du patient »

 

G. L'étude

 

Pour ce mémoire, j'ai été encadré et renseigné par le sergent chef Ruys, infirmier du service médical du 2ème groupement d'incendie de la Brigade de Sapeurs Pompiers de Paris.

 

Le rôle de l'infirmier est étudié à partir d'un nombre d'informations, concernant :

*     gestion du matériel,

*     intervention,

*     travail du binôme médecin  / infirmier,

*     cadre de travail

enjeux qui seront rapportés aux problématiques que l'analyse des questionnaires aura révélée.

 

Ce questionnaire a été adressé à deux catégories de personnels :

-  un destiné aux médecins du S.A.M.U.* et du S.S.S.M.*

-  un  destiné aux infirmiers qui participent au S.A.M.U.* et au S.S.S.M.*

 

Les résultats de l'analyse des réponses reçues permettront de croiser les informations ainsi recueillies avec celles de terrain.

L'enquête de terrain a été menée lors de mon stage optionnel de fin de seconde année auprès des infirmiers du S.A.M.U.* et du S.S.S.M.* du Gard ( Nîmes ).

 

L'étude porte sur

10 S.M.U.R.* et 10 S.S.S.M.*, sur 20 départements.

5 questionnaires adressés aux médecins

5 questionnaires pour les infirmiers,

soit 200 questionnaires adressés aux infirmiers pompiers ou S.A.M.U. *

Afin de réduire dans le temps le travail d'enquête, il a été volontairement expédié en France métropolitaine uniquement.

 

Les informations recueillies proviennent pour :

·      70% des questionnaires retournés par le S.A.M.U.* et 30% par les pompiers.

·      70% des écrits concernent les pompiers et 30% le S.A.M.U.*

 

Le dépouillement des questionnaires a été réalisé à l'aide d'un logiciel informatique, la grille n'apparaîtra donc pas.

Afin de faciliter la lecture, les résultats seront énoncés sous la forme de texte ou de liste.

A chaque fois que dans un sous titre je me référerai aux réponses d'une question de l'un des deux questionnaires, elle sera surligné.

Par ces questionnaires, j'aurai souhaité connaître les rôles de l'infirmier tel qu'eux le voient, et tel que les médecins le voient.

J'ai reçu les réponses, de 12 départements :

·      33 questionnaires d'infirmiers

·      39 questionnaires de médecins

Sur 200 questionnaires, j'ai eu 36% de réponses et une participation de 60% des départements contactés.

 

II/ Analyse:

 

 Population du QUESTIONNAIRE INFIRMIER

 

Population des infirmiers ayant répondu  (réponses données aux questions 15) et 16) ) :

Les infirmiers ayant retourné le questionnaire rempli sont pour 40% des hommes, et pour 60% des femmes.

Ils sont  âgés entre 23 et 47 ans avec une moyenne de l'infirmier dans sa 37ème année.

Son ancienneté en qualité d'infirmier, est classée par tranche :

·        de 0 à 1 an : 18%

·        de 1 à 3 ans : 16%

·        de 3 à 5 ans : 24%

·        de 5 à 10 ans : 30%

·        sup. à 10 ans : 12%

 

Population du QUESTIONNAIRE MEDECIN

 

Population des médecins ayant répondu  (réponses données aux questions 1), 7) et 8) ) :

Les médecins ayant retourné le questionnaire rempli sont pour 66% des hommes, et pour 34% des femmes.

Ils sont âgés entre 32 et 63 ans, avec une moyenne du médecin dans sa 39ème année.

Leur spécialité est pour :

·        médecin anesthésiste : 5%

·        médecin oxyologue : 66%

·        médecin généraliste : 24%

·        praticien hospitalier : 5%

 

Dans quelle structure travaillez-vous ?  ( référence aux questions 1) )

 

INFIRMIERS :

·        60% au S.A.M.U.*

·        40% chez les pompiers

 

MEDECINS:

·        61% au S.A.M.U.*

·        39% chez les pompiers

 

Le dépouillement des questionnaires a permis de diviser le développement de l'analyse en deux parties:

A. les rôles de l'infirmier

B. les autres aspects de sa présence

 

A. Ses rôles :

 

Les rôles de l'infirmier

( référence à la question 2)

 

Chaque infirmier participe à plusieurs actions découlant de plusieurs rôles.

Pourcentage de participation :

·        rôle technique (soins) : 100 %

·        rôle dans la gestion du matériel :  88% (logistique et entretien du matériel) 

·        la formation (interne et externe) : 70% (regroupe la formation interne, externe et l'encadrement des stagiaires)

·        rôle dans l'hygiène et la sécurité :  68%

·        rôle préventif en psychologie : 50 %

 

1.   Rôle technique - Le soignant 

 

Le binôme médecin/infirmier doit établir rapidement une orientation diagnostique pour mettre en ouvre les premiers gestes thérapeutiques, tout en tenant compte du contexte psychosocial et des conditions extérieures parfois précaires.

 

 L'article 3 du Titre 1er - chapitre 1er - du décret du 16 février 1993 précise que «l'infirmier n'accomplit que les actes professionnels qui relèvent de sa compétence en vertu du décret pris en application » L'infirmier agit sur son rôle propre ou sous délégation de son médecin par prescription ou protocole en application au décret de compétence du 15 mars 1993.

Article 1er

« * de protéger, maintenir, restaurer et promouvoir la santé des personnes ou l'autonomie

de leurs fonctions vitales physiques et psychiques, en tenant compte de la personnalité

de chacune d'elles, dans ses composantes psychologiques, sociale, économique et culturelle ;

·        de prévenir et évaluer la souffrance et la détresse des personnes et de participer à leur soulagement ;

·        de concourir au recueil des informations et aux méthodes qui seront utilisées par le médecin pour établir son diagnostique ;

·        de participer à l'évaluation du degré de dépendance des personnes

·        d'appliquer les prescriptions médicales et les protocoles établis par le médecin ;

·        de participer à la surveillance clinique des patients et à la mise en ouvre des thérapeutiques ; »

 

Dans son rôle de technicien de soin, l'infirmier agira en référence des

article 3 (sur son rôle propre),

article 4 (sur prescription),

article 5 (à condition qu'un médecin puisse intervenir à tout moment),

article 6 (en présence du médecin), et article 8 (sur protocole)

 

Il anticipe sur l'évolution de la pathologie.

Il intervient à de multiples occasions :

 

     * auprès des sapeurs pompiers

 

·        Examens médicaux des S.P.* lors de leur engagement.

·        Suivi des S.P.* durant leur carrière.

Pour ces deux fonctions le S.S.S.M.* a pris acte sur le service de santé des armées en instituant la codification :

 S  pour Ceinture scapulaire et membres supérieurs

 I   pour Ceinture pelvienne et membres inférieurs

G  pour état général

Y  pour yeux et fonction visuelle

C  pour sens chromatique

O  pour audition et équilibre

P  pour psychisme

( titre Ier, articles 2 à 5 de l'arrête du 25 janvier 1964 du bulletin officiel des armées) qui évalue à travers 7 critères eux-mêmes divisés en 6 coefficients l'aptitude du S.P.* à l'activité. Ainsi il sera définit s'il est apte au service actif, à celui d'administratif ou s'il est inapte.

 

·        Soins (quotidien ou d'urgence) aux membres, et famille du corps.

·        Soutien sanitaire des S.P.* participant aux événements sportifs, en intervention, et en particulier intervention de grande ampleur, milieu chimique ou en milieu périlleux.