|
Vous êtes infirmière dans
un service de maternité et vous avez en charge
les soins de suites de couches de dix parturientes.
Parmi celles-ci Madame Jeanne L., mariée,
32 ans, qui a accouché à terme, par
voie basse, le 28 mai à 5h30, d'un petit Jérémie
de 3kg5. Accouchement long avec épisiotomie
latérale gauche et pose de 7 fils.
Primigeste, la grossesse de Madame Jeanne
L. s'est déroulée normalement. Elle
a pris 18kg pendant sa grossesse.
Au retour de la salle de travail à
9h, Madame Jeanne L. est fatiguée et se plaint
beaucoup de la durée de l'accouchement et de
son épisiotomie qui la gène beaucoup
pur se mobiliser. Ses constantes sont les suivantes
: 36°7, TA 10/7, pouls 72. Ses pertes sanglantes
sont normales.
A la lecture du dossier, vous constatez
que Madame L. n'a aucun antécédent médico-chirurgical
notable avant sa grossesse. Elle travaille pour une
agence d'intérim comme hôtesse d'accueil
depuis l'âge de 20 ans et habite un petit deux
pièces, au troisième étage sans
ascenseur. C'est une femme d'1m65 qui pèse
actuellement 70kg, brune, aux cheveux longs. Elle
n'a que deux chemises de nuit et un soutien gorge
d'allaitement, sa trousse de toilette est sommaire.
Une amie doit venir la voir et s'occuper de lui apporter
des vêtements pour elle et Jérémie.
Le mari a quitté le domicile conjugal au début
de la grossesse et une procédure d'expulsion
a été entreprise par son propriétaire
pour retard de paiement.
Madame L. désirant allaiter,
la mise au sein est un peu difficile, la position
assise se révélant douloureuse. Jérémie
tète bien. Madame L. le trouve très
petit et très endormi.
Le 29 et le 30 madame L est toujours
apyrétique, le pouls et la TA sont normaux.
Les lochies sont abondantes mais leur couleur et leur
odeur sont normales. Elle est la plupart du temps
couchée même pour allaiter, se plaignant
de l'épisiotomie. Celle-ci est un peu inflammatoire
et les toilettes vulvaires ne lui apportent pas d'amélioration.
Elle ne s'intéresse pas beaucoup à Jérémie
disant que lui aussi est fatigué. Elle ne finit
pas ses repas disant qu'il serait temps qu'elle fasse
un régime, mais elle grignote les sucreries
que son amie lui a apportées. Elle n'a pas
eu de selles depuis son accouchement. Dans l'après-midi
du 30 madame L. a une importante montée laiteuse
: ses seins sont tendus et douloureux, la tétée
de Jérémie ne la soulage pas.
Dans la nuit du 30 au 31 à 2h
du matin madame L. veut se lever pour aller uriner,
elle se sent mal et appelle la veilleuse qui la trouve
très pâle, debout à côté
de son lit, elle la recouche avec beaucoup de difficultés.
L'interne de garde constate
-
L'utérus est gros, mou et douloureux
à la palpation,
-
La douleur rend la mobilisation difficile.
Il prescrit une NFS, VS et un prélèvement
endocervical, qui sont réalisés en urgence.
Recouchée madame L. se senti mieux et se rendort.
Le 31 au matin les constantes de madame
L. sont les suivantes : T°38°3, Pouls 92,
TA 9/6.
Les lochies sont abondantes, épaisses,
foncées et nauséabondes. Elle a froid,
son abdomen est très douloureux.
Elle ne peut se lever pour aller uriner.
Le médecin vient l'examiner et
retrouve un utérus mou et gros, douloureux
à la palpation.
Il diagnostique une endométrite du post-partum.
Il explique à madame L. que l'allaitement doit
être suspendu et que lui propose de tirer son
lait pour reprendre l'allaitement ultérieurement.
Celle-ci refuse dit qu'elle est trop
fatiguée, elle vous explique ensuite que son
fils ressemble beaucoup à son mari et elle
se demande si elle sera une bonne mère pour
lui. Quand on vient lui présenter Jérémie,
elle le regarde à peine et ne s'intéresse
pas à ce que dit la puéricultrice sur
la reprise de poids du bébé. Elle vous
confie ensuite qu'elle ne sait pas comment elle va
faire pour payer le forfait journalier, si son hospitalisation
se prolonge. Elle se couche en chien de fusil, la
tête enfouie sous le drap.
Vous recevez les résultats des
prélèvements qui sont les suivants :
-NFS
GR 2360 000/µL
GB 17 500/µL
HB 6.5g/100 ML
Hématocrite 36%
Plaquettes 364 000/µL
- VS 70 mm
- Le prélèvement endocervical a isolé
un germe sensible à la Doxycline.
Le médecin prescrit le traitement
suivant :
QUESTIONS
En vous appuyant sur le diagnostic médical,
sur les éléments cités dans le
texte et sur vos connaissances, dégagez les
problèmes réels et/ou potentiels de
madame L. le 31 mai et formulez 3 hypothèses
de diagnostics infirmiers.
Faites le mise en ouvre et la surveillance
de ce qui est souligné (le calcul de débit
des perfusions est attendu en gouttes/minutes. Le
raisonnement doit apparaître).
par elisa
|