L'accident vasculaire cérébral
I.DEFINITION
II. EPIDEMIOLOGIE
III. LES FACTEURS DE RISQUE
IV. MECANISME DES AVC
V. L’EXAMEN CLINIQUE
VI. L’AIT : ACCIDENT ISCHEMIQUE
TRANSITOIRE
VII. LES EXAMENS COMPLEMENTAIRES
VIII. TRAITEMENT DES AVC
IX. SOINS INFIRMIERS
X. EVOLUTION
L’accident vasculaire cérébral (AVC) est l’affection
neurologique la plus fréquente et une urgence médicale.
L’hospitalisation rapide dans une structure adaptée
constitue un facteur essentiel du pronostic ultérieur.
I.DEFINITION
Par définition, l’accident vasculaire
cérébral caractérise toute anomalie
clinique secondaire à une lésion
anatomique d’un ou de plusieurs vaisseaux cérébraux.
Ces lésions peuvent être l’occlusion
(par thrombose ou embolie), la rupture, une diminution
de la circulation par chute de la pression sanguine,
une modification du calibre vasculaire, un trouble
de la perméabilité de la membrane vasculaire,
une augmentation de la viscosité ou autre trouble
du sang circulant.
L’AVC est classé par localisation anatomique,
distribution vasculaire, étiologie, âge
de l’individu affecté et nature
hémorragique ou ischémique
de l’accident.
Les conséquences sont plus ou moins graves
: malaise passager, paralysie, coma ; avec des séquelles
plus ou moins importantes.
II. EPIDEMIOLOGIE
Les AVC sont la troisième de cause de mortalité
après les cardiopathies et les cancers.
Ils sont la première cause de handicap non
traumatique chez l’adulte.
La mortalité des AVC est d’environ 50%.
Elle diffère selon les pays (par exemple le
taux d’AVC est très élevé
au Japon et en Europe de l’est).
20 à 30% des patients ayant fait un AVC décèdent
dans les trois premiers mois.
La mortalité diminue de 30% avec un diagnostic
précoce et une prise en charge rapide.
Il y a 150000 nouveau cas d’AVC par an.
III. LES FACTEURS DE RISQUE
Les principaux facteurs de risque de la survenue
d’un AVC sont :
- L’HTA (la moitié des AVC surviennent
sur une HTA chronique)
- Le tabac (facteur de risque de l’athérosclérose
carotidienne)
- L’hypercholestérolémie
- Le diabète
- L’alcoolisme chronique
- Les contraceptifs oraux.
Les facteurs de risque se potentialisent entre eux.
Ainsi, l’athérosclérose (formation
de plaques d’athérome au niveau des artères
dues le plus souvent à l’association
HTA, âge et tabac par exemple) sont la première
cause des AVC ischémiques.
IV. MECANISME DES AVC
Types d’AVC :
1. 80% des AVC sont ischémiques.
Ce sont des infarctus cérébraux, des
grosses ou des petites artères.
On parle de « lacune » lorsque le diamètre
des lésions est inférieur à 1,5
cm.
Les diabétiques et les hypertendus en sont
les principaux sujets puisque ces maladies aboutissent
à un épaississement de la paroi des
artérioles cérébrales jusqu’à
l’occlusion.
Dans tous les cas d’infarctus cérébral,
il existe une mort neuronale, due au manque d’apport
en oxygène. La récupération n’est
possible qu’avec le temps et une rééducation.
2. 15% des AVC sont hémorragiques.
On parle alors d’hématome.
3. 5% des AVC sont des hémorragies
méningées. La cause est un
anévrisme artériel d’origine malformative
qui provoque des céphalées brutales
liées à l’irruption de sang dans
les espaces sous arachnoidiens.
Il existe également des thromboses veineuses,
mais elles sont rares et surviennent généralement
chez la femme jeune.
V. L’EXAMEN CLINIQUE
Le plus souvent, le patient arrive aux urgences de
l’hôpital avec une hémiplégie.
Par définition, l’hémiplégie
est la paralysie d’un hémicorps. Les
signes sont souvent variables en fonction du niveau
de la lésion cérébrale.
L’examen du patient comporte plusieurs étapes
:
1. L’interrogatoire
du patient (si il est possible) et de la famille.
Il faut faire préciser le mode d’installation
des signes et/ou de l’hémiplégie,
l’heure exacte, les symptômes (céphalées
par exemple) et les antécédents.
2. L’examen neurologique
Il est fait après avoir éliminer toute
détresse vitale.
On recherche :
- Le patient est t-il dans le coma ?
- Y a t-il des troubles de la conscience ?
- Si il y a une hémiplégie, quelle est
sa répartition ? (main, bras, membre inférieur),
un signe flagrant (par exemple le patient «
qui fume la pipe », la lèvre inférieure
qui « pend ».
- Y a t-il une hémiparésie ?
- Vérification du tonus et des réflexes
: signe de Babinski, déviation des yeux et
de la tête du coté de la lésion
?
- Y a t-il des troubles neurologiques associés
tel que la modification de la vision, de la parole
( chez le patient ayant fait un AVC, il y a très
souvent une aphasie associée), une dysartrie
(trouble de la prononciation), des troubles de la
déglutition, une anosognosie (méconnaissance
du trouble) ?
3. Les signes vitaux : TA,
pouls, température, état général
du patient.
On peut dire qu’un AVC brutal est le pus souvent
ischémique alors qu’un accident progressif
avec troubles de la conscience est le plus souvent
hémorragique.
Les diagnostics différentiels
de l’AVC sont :
- la tumeur cérébrale
- La migraine
- La crise d’épilepsie partielle
VI. L’AIT : ACCIDENT ISCHEMIQUE
TRANSITOIRE
L’AIT est une ischémie cérébrale
transitoire dont les symptômes régressent
en moins de 24h. Le patient n’a pas de séquelles.
Les AIT ont le même mécanisme et les
mêmes cause que les AVC ischémiques.
Ils imposent une recherche rapide de l’étiologie
pour mettre en place un traitement adapté.
Ils sont le meilleur signe avant coureur de l’infarctus
cérébral puisque 25% des patients ayant
fait un AIT vont avoir un accident ischémique
cérébral constitué dans les 5
ans.
On fait les mêmes examens complémentaires
que pour les AVC.
VII. LES EXAMENS COMPLEMENTAIRES
Les examens complémentaires ont pour
but de déterminer la cause et le mécanisme
de l’AVC, ainsi qu’à adapter le
meilleur traitement et pouvoir donner un pronostic.
1. Confirmer le diagnostic :
- Le scanner (TDM : tomodensitométrie)
Il sert à confirmer le diagnostic (peut-être
s’agit-il d’une tumeur cérébrale
?), en précisant le caractère ischémique
ou hémorragique de l’AVC.
En cas d’hémorragie, le scanner visualise
une hyperdensité.
- L’IRM (imagerie par résonnance
magnétique). Il est parfois réalisé
secondairement pour les AVC de petite taille ou du
tronc cérébral (non visible sur le scanner).
Ces deux examens sont fait en urgence. En pratique,
le TDM étant beaucoup plus disponible et réalisable
que l’IRM.
2. Diagnostic étiologique :
Pour les AVC hémorragiques qui surviennent
le plus souvent chez des patients hypertendus, il
faut trouver la cause de l’hémorragie.
On fait alors un IRM et une artériographie
pour voir si il existe une malformation artérielle.
Pour les AVC ischémiques, il faut analyser
le flux des artères de la tête et du
cou et voir s’il existe une sténose des
parois artérielles. Pour cela, on fait un doppler
TSA (troncs supra-aortiques).
On fait également une échographie cardiaque,
pour voir si le coeur est une source d’embolie,
un ECG, un holter (méthode d’enregistrement
sur bande magnétique de l’ECG sur une
période de 24h) ainsi qu’un bilan sanguin
avec une hémostase détaillée.
3. Pour les hémorragies méningées,
on fait un scanner cérébral qui dans
90% des cas confirme le diagnostic, puis une ponction
lonbaire si besoin.
VIII. TRAITEMENT DES AVC
- Les AVC ischémiques peuvent être
traités par :
- fibrinolyse (dissolution
du caillot de fibrine par fibrinolytiques) à
certaines conditions :
Elle doit être faite théoriquement
dans les trois premières heures (en pratique
dans les 6H compte tenu du délai souvent
tardif de diagnostic)
Le diagnostic d’AVC ischémique
avec déficit neurologique doit être
confirmé
Le patient ne doit pas avoir fait d’infarctus
du myocarde ou d’AVC dans les 3 derniers
mois
- Pas d’ATCD d’hémorragie
intracranienne
- Pas de saignement
- Pas de crise convulsive
- Pas de diabète incontrôlé
- Avoir une PA inférieure à 185/110
mmHg
- Antithrombotiques si pas de fibrinolyse
- L’héparine n’est pas systématique
- Le traitement neurochirurgical est parfois utilisé
pour les hémorragies cérébrales
selon l’âge du patient, le traitement
encours et le niveau de vigilance. Cas particuliers
rares)
- Dans tous les cas, il est important de surveiller
la PA et de ne pas provoquer une chute brutale pour
maintenir la pression de perfusion cérébrale.
Ce respect de l’élévation tensionnelle
est transitoire et indispensable à la conservation
d’un débit sanguin cérébral
suffisant.
- Contrôler l’hyperglycémie et
l’hyperthermie car ils peuvent aggraver les
lésions ischémiques.
- Aider à la réeducation et prévenir
les complications de décubitus (cf soins
infirmiers)
Le pronostic est difficile à donner au
début, il faut rester très réserver
les 15 premiers jours (phase aigue).
Il faut expliquer au patient et à la famille
le risque de séquelles fonctionnelles même
si le pronostic vital n’est plus en jeu.
IX. SOINS INFIRMIERS
A l’arrivée du patient, l’infirmier
:
- gère l’urgence vitale avec le médecin
si besoin
- aide à recueillir les informations, (heure
et mode d’installation, autres signes associés..)
- dirige la famille vers les médecins,
- fait un ECG, dextro,pose une vois d’abord,
fait le bilan sanguin demandé
- prépare aux examens complémentaires
- surveille le patient (signes cliniques et hémodynamiques)
pour pallier à une éventuelle aggravation.
Pendant l’hospitalisation :
- Rôle propre de l’IDE : soins de nursing,
prévention d’escarre, changement de
position toutes les 3h, alimentation (risque de
fausse route).
- Rôle sur prescription si besoin : alimentation
parentérale, perfusion pour réhydratation
(préférer le serum physiologique que
le glucosé), surveillance de la diurèse,
prévention de la constipation, surveillance
de la glycémie.
- En collaboration avec le kiné : lever précoce,
aide à la mobilisation, rééducation,
installation du patient dans son lit, installation
du patient au fauteuil (mettre une écharpe
autour du bras hémiplégique pour éviter
l’hypertonie). Le rôle du kiné
est d’éviter les membres hypertoniques
et protéger l’épaule de la luxation.
- Faire appel à un orthophoniste pour la
rééducation verbale suite aux aphasies.
- Faire appel à un psychologue si besoin
et discuter avec le médecin d’un éventuel
traitement antidépresseur
Conseils pratiques pour la prise en charge des patients
hémiplégiques :
- Essayer de mettre le fauteuil du côté
sain
- Mettre ce dont le patient a besoin du coté
sain
- Toujours sangler le patient lorsqu’il est au
fauteuil avec un drap.
La complémentarité de l’équipe
est très importante.
X. EVOLUTION
L’évolution des patients ayant fait un
AVC est variable.
70 à 80% des patients peuvent rentrer à
domicile après un AVC, mais seulement la moitié
sont autonome.
En moyenne : 1/3 des « survivants » sont
dépendants
1/3 ont des séquelles mais restent indépendants
1/3 retrouvent leur état antérieur
30% des AVC restent de cause inconnue du fait de l’association
de nombreux facteurs de risque.
La prévention de ces facteurs de risque est
essentielle et entraîne un rôle important
d’éducation pour l’infirmier. (HTA,
diabète et tabac en priorité).
Bibliographie :
Dictionnaire de médecine Flammarion
Site de l’ANAES : www.anaes.fr
ABC de l’AVC : www.ifrance.com/abcavc/
Site du Samu de France : www.samu-de-France.fr
Site du collège des enseignants de neurologie
:
w3med.univ-lille2.FR/pedagogie/contenu/neuro.htm
Pascale
Reisser - Infirmière.
Infirmiers.com. Juin 2005
Cours validé par le
Dr Eric Revue