COURS IFSI

Cours - L' arret cardio respiratoire (ACR)

Ce document est un support pédagogique et non un protocole. Il ne doit en aucun cas venir se substituer aux protocoles des services dans lesquels vous êtes amenés à exercer. Il a pour but de vous aider lors de la prise en charge de l’arrêt cardio-respiratoire.

I. Définition

L’arrêt cardio-respiratoire (ACR) est une Urgence Vitale. C’est une interruption brutale de la circulation sanguine dans le corps. Il s’accompagne d’un arrêt ventilatoire d’une perte de connaissance et aboutit au décès du patient. La mise en place d’une réanimation précoce peut, parfois, permettre d’éviter le décès.

Attention, un ACR n’est pas systématiquement un arrêt cardiaque suivi d’un arrêt respiratoire, il peut aussi être un arrêt respiratoire suivi d’un un arrêt cardiaque !

II. Epidémiologie

La Fédération Française de Cardiologie dénombre :

  • Environ 180 000 décès/an en France d’origine cardiovasculaire.
  • Environ 120 000 infarctus du myocarde (IDM)
  • 130 000 AVC

Devant une Fibrillation Ventriculaire (FV) (conséquences possible de l’IDM), la mise en place d’une défibrillation précoce permet d’obtenir un taux de survie de 90% qui diminue de 10% toutes les minutes.

III. Etiologie

Les causes de l’ACR sont multiples :

  • Cardiovasculaires (trouble du rythme, trouble de la conduction, infarctus du myocarde, dissection aortique, hémorragie…)
  • Traumatiques (accident de la voie publique, chute, blessures par armes, brûlures…)
  • Neurologiques (accident vasculaire cérébrale,…)
  • Intoxications (monoxyde de carbone, médicamenteuses, éthyliques,…)
  • Respiratoires (« fausse route », noyade,…)
  • Autres (troubles métaboliques, électrisations,…)

IV. Signes de l’ACR

  • perte de conscience (absence de réponse verbale, motrice et d’ouverture des yeux volontaire)
  • arrêt respiratoire
  • abolition du pouls carotidien

On retrouve 3 causes à l’abolition des pouls centraux :

l’asystolie (tracé d’ECG plat et pas de pouls)

acr asystolie

les Fibrillations Ventriculaires (désorganisation complète de l’activité électromécanique du cœur)

acr fibrillation

la dissociation électromécanique (le myocarde ne bat plus mais l’ECG montre toujours une activité électrique)

acr dissociation

Bilan vital du patient

Quelque soit le moment, le lieu et la situation où l’on se trouve, il faut d’abord éliminer tous risques de suraccident afin, dans un deuxième temps, d’évaluer en toute sécurité et rapidement l’état du patient comme suit :

1. évaluer l’état de conscience

  • la victime peut elle me parler ?
  • la victime peut elle me serrer les mains ?
  • la victime peut elle ouvrir les yeux ?

Si la réponse à ses trois questions est négative, la victime est inconsciente.

Rappel : le score de Glasgow :

C’est le reflet de l’état de conscience du patient. C’est une cotation médicale :

  • Tout patient ayant un score inférieur à 8 doit être intubé.
  • Un patient en ACR a un score de Glasgow à 3.

SCORE DE GLASGOW

OUVERTURE DES YEUX

REPONSE VERBALE

REPONSE MOTRICE

 

 

à la commande

6

 

orienté

localisée

5

spontanée

confuse

flexion retrait

4

à la commande

inappropriée

flexion décortication

3

à la douleur

incompréhensible

extension décérébration

2

pas d’ouverture

pas de réponse

pas de réponse

 1 

2-La libération des voies aériennes

La libération des voies aérienne(LVA) intervient après avoir constaté l’inconscience du patient et se déroule en trois étapes :

  • Desserrer et/ou dégrafer tout ce qui peut gêner la ventilation du patient (col de la chemise, cravate, ceinture, jupe,…)
  • Basculer prudemment la tête en arrière tout en élevant le menton.

Acr_Iva

 Vérifier si aucun corps étranger ne se situe dans la bouche en ouvrant celle-ci (dentier, aliment,…). En cas de présence d’un élément, le retirer.

Ces trois étapes permettent de libérer le passage de l’air vers la trachée et donc vers les poumons.

3. évaluer la détresse ventilatoire

Tout en maintenant la tête basculée, venir placer sa joue au dessus de la bouche de la victime tout en observant la cage thoracique et ainsi pouvoir :

  • entendre la présence ou non d’une ventilation
  • sentir sur sa joue la présence ou non d’un souffle
  • observer la présence ou non de mouvements de la cage thoracique

Cette constatation doit durer 10 secondes. Dans le cas où toutes les réponses sont négatives, la victime est en arrêt ventilatoire.

4. évaluer la détresse circulatoire

Prendre le pouls carotidien sur une durée maximale de 10 secondes.

prise de pouls carotidien

La prise de pouls se fait en carotidien. En effet, le pouls carotidien est le dernier à disparaître (pression artérielle systolique minimale de 40 mm Hg).

Il faut noter que dans le PSC1 (Prévention et Secours Civiques de niveau 1), destiné au grand public, la prise de pouls n’est plus recommandée tant est difficile cet usage si sa pratique n’est pas renouvelée régulièrement. Elle est remplacée par une observation rapide d’éventuels mouvements du patient.

Enfin il est important de rappeler que la meilleure surveillance a apportée aux patients, même placé sous monitoring, est l’observation clinique. Par exemple, la dissociation électromécanique n’est pas toujours signalée par les moniteurs de surveillance. C’est pourquoi, il faut toujours contrôler l’absence de pouls carotidien avant de débuter la réanimation.

V. L’alerte

Elle doit être passée après l’évaluation du bilan vital, auprès des services prévu dans votre structure (SAMU/réanimation/anesthésie) ou auprès du SAMU si cela se passe en dehors d’un service hospitalier.

Afin d’obtenir la meilleure réponse possible à vos besoins dans les plus brefs délais, elle doit comporter les éléments suivants :

  1. Noms et qualifications
  2. Numéro de téléphone où l’on peut vous joindre
  3. Lieu exact où vous êtes (soit le service + étages + aile + numéro de chambre soit la rue ou voie de circulation et sens + numéro de la maison + ville)
  4. Circonstances de la survenue du problème
  5. Nombre de victimes et le bilan vital de chacune d’elle
  6. Actes conservatoires entrepris

VI. Conduites à tenir devant un ACR

Nous vous rappelons que ces explications ne peuvent en aucun cas remplacer les protocoles en cours dans vos services.

a. Seul en dehors du milieu hospitalier :

  1. Toujours commencer par se protéger (risque électrique ? risque de chute d’objets ?...) et protéger la victime et les badauds (ex : sur une voie à grande circulation évacuer tout le monde).
  2. Rechercher la présence d’hémorragie (la stopper si nécessaire).
  3. Constater l’inconscience.
  4. Libérer les voies aériennes supérieures.
  5. Constater l’arrêt ventilatoire sur 10 secondes.
  6. Réaliser 2 insufflations (si l’arrêt ventilatoire est avéré).
  7. Constater l’arrêt cardiaque sur 10 secondes.
  8. Alerter les secours (tel SAMU : 15)
  9. Rechercher succinctement (se renseigner) un Défibrillateur Automatisé Externe (DAE).
  10. Si un DAE (DSA ou DA) est rapidement accessible, le mettre en place le plus tôt possible et suivre ses consignes.
  11. Réaliser le massage cardiaque en suivant le cycle 30 compressions thoraciques suivit de 2 insufflations.
    Reprendre le pouls carotidien toutes les 2 minutes (soit 5 cycles).
    Tant que la victime est en ACR, poursuivre le massage cardiaque alterné avec la ventilation assisté (VA).
    Rester à disposition des secours lors de leur arrivée.

b. Seul en milieu hospitalier :

  1. Se protéger et protéger le(s) patient(s).
  2. Constater l’arrêt cardio respiratoire.
  3. Alerter un collègue (par la sonnette d’urgence, en appelant « à l’aide », tel…) et débuter la réanimation.
  4. Alerter ou faire alerter le médecin.
  5. Envoyer chercher le chariot d’urgences.

Une fois à plusieurs, suivre le déroulement suivant.

c. À deux en milieu hospitalier :

  1. Se protéger et protéger le patient.
  2. Constater l’ACR.
  3. Un des deux soignants alerte et récupère le chariot d’urgences pendant que l’autre débute la réanimation seul.
  4. Au retour de l’autre soignant, faire de la place autour et sur le lit (sortir les petits meubles mobiles et encombrants, enlever les couvertures, enlever la tête de lit si possible,…).
  5. Le soignant qui mènera la réanimation s’installe à la tête du lit, avec le BAVU et l’aspiration, puis débute les insufflations.
  6. L’autre soignant s’installe de manière à pouvoir réaliser le massage cardiaque (patient installé sur une surface rigide).
  7. Mise en place d’un DAE (DSA ou DA) s’il est disponible dans votre service ou du monitoring.
  8. Poursuivre la réanimation selon le rythme de 30 compressions thoraciques suivi de 2 insufflations jusqu’à ce que le réanimateur l’interrompe en vérifiant toutes les 2 minutes l’éventuelle reprise de pouls
  9. A l’arrivée du médecin réanimateur, suivre ses consignes et s’il intervient avec son équipe, un soignant du service reste à disposition de l’équipe.

d. A trois (et plus) en milieu hospitalier :

  1. Se protéger et protéger le patient.
  2. Constater l’ACR.
  3. Un soignant va alerter le médecin, un soignant débute la réanimation, un autre amène le chariot d’urgence et le(s) autre(s) dégage(nt) la chambre de tout objet gênant.
  4. Le soignant qui mène la réanimation s’installe à la tête du patient et s’occupe des insufflations (à l’aide du BAVU) ainsi que de l’aspiration.
  5. Un soignant s’installe pour le massage cardiaque qui doit se faire sur une surface rigide.
  6. Ces deux soignant réalisent la RCP au rythme de 30 compressions thoraciques suivi de 2 insufflations, un(e) IDE s’installe au niveau du chariot d’urgences puis installe le DAE (DSA ou DA)   et/ou « scope » le patient.
  7. Cette même IDE pose une voie veineuse périphérique (sérum physiologique) et prépare 10 mg d’adrénaline (1mg/ml), soit 10 ml qui seront prêt à être injecté lorsque le médecin le demandera.
  8. Préparation du plateau d’intubation, vérification de l’aspiration.
  9. Si une quatrième personne est disponible, elle peut aller chercher le dossier du patient puis, à son retour, noter sur une feuille vierge les événements successifs et l’heure correspondante durant la suite de la réanimation.
  10. A l’arrivée de l’équipe de réanimation, se tenir à sa disposition.

Règles pour bon déroulement de la réanimation

  • Une seule personne doit diriger la réanimation.
  • Discuter préalablement en équipe du rôle à tenir par chacun.
  • Le matériel doit être connu et en état de bon fonctionnement.
  • Seul le personnel nécessaire reste dans la chambre.
  • Evacuer les « curieux » (la voisine de chambre, les visites,…).
  • Connaître les gestes de secourisme de base (demander une formation, se remettre à niveau).
  • Pas de famille durant la réanimation mais sans pour autant l’abandonner dans le couloir (si possible laisser un soignant avec elle).
  • Connaître les protocoles de service en cas d’ACR
  • En cas de matériels défectueux, ne pas tenter de le réparer durant la réanimation cardio pulmonaire mais le remplacer immédiatement. Il sera toujours temps de le réparer après…
  • Dans certains cas particuliers, si la décision de ne pas réanimer a été prise en accord avec le patient, et/ou la famille de celui-ci, et l’ensemble de l’équipe , celle-ci devra être consignée par le médecin dans le dossier médical..
  • Il existe des protections pour insuffler sans avoir de contact avec le patient. Quelque soit l’attitude que vous adoptez vis-à-vis du bouche à bouche (liée aux risques infectieux, à la régurgitation…) la priorité est le massage cardiaque. En milieu hospitalier, la ventilation doit être pratiquée à l’aide du BAVU.

Entourage du patient

La personne la plus habilitée pour annoncer à la famille le décès est celle qui signe l’acte de décès, donc le médecin. Cette annonce ne relève pas du rôle des paramédicaux. Il peut toutefois être important pour les soignant d’être présent lors de l’annonce du décès afin de savoir ce qui a été dit aux familles et d’être par la suite en accord avec les médecins. Si cet accompagnement n’est pas possible, il faut demander clairement aux médecins ce qu’ils ont dit à la famille.

VII. Techniques et matériels

Les insufflations

Afin de réaliser une insufflation correcte, il faut d’abord avoir fait un bonne LVA (libération des voies aériennes) en basculant prudemment la tête en arrière et en soulevant le menton.

arc insuflation

Ensuite saisir le BAVU au niveau du masque avec la main gauche pour les droitiers et la main droite pour les gauchers (garder la main la plus habile pour comprimer le ballon) et plaquer le masque sur le visage comme suit. La taille du masque doit être adaptée au visage du patient.

L’étanchéité doit être parfaite. Pour ce faire, il faut maintenir le masque comme suit :

arc balon

Une insufflation efficace entraîne le soulèvement de la cage thoracique et non pas de l’abdomen. Pour éviter ce phénomène, ne pas comprimer brutalement le BAVU, mais progressivement jusqu’à ce que le thorax se soulève.

La canule de Guedel peut faciliter ces insufflations.

En cas de problème pour ventiler, pratiquer le massage cardiaque externe seul.

Rappel sur le Ballon Auto remplisseur à Valve Unidirectionnelle (BAVU)

(l’ambu® est une marque de BAVU)

arc Bavu

Lors de l’utilisation du BAVU, l’oxygène (toujours mettre le débit à 15l/min dans le cadre de l’ACR) arrive par le tuyau d’alimentation, puis s’engouffre dans la réserve. Cette réserve permet de cumuler l’oxygène pur. Lors de la décompression du ballon, l’oxygène de la réserve pénètre dans le ballon. Ce processus, assuré par des valves à sens unique, assure une teneur permanente en O2 dans le ballon de 100%. Ainsi, lors de la compression du ballon, l’O2 passe dans la valve unidirectionnelle vers le filtre et le masque, donc vers le patient. Ce système assure une teneur en O2 maximale pour le patient.

Durant la phase expiratoire du patient, l’air part dans la valve unidirectionnelle qui l’évacue vers l’extérieur, protégeant ainsi la pureté de l’air du ballon.

arc balon unique

On trouve actuellement des ballons à usage unique. Dans ce cas là, l’utilisation d’un filtre n’est pas nécessaire.

Les compressions thoraciques

Elles ont pour but d’éjecter le sang hors du cœur vers les artères (temps de compression), mais aussi de lui permettre de se remplir de sang (temps de décompression)

Il faut commencer par dénuder le torse du patient (couper les vêtements, les arracher, déboutonner…).

Le talon de la main doit être au centre de la poitrine

arc talon main

acr position des mains

arc hauteur de compression

La hauteur de compression doit être située entre 4 et 5 cm

arc main

avec le talon de la paume de la main uniquement

arc massage

et les bras doivent être tendus et verrouillés

Le rythme du massage est celui équivalent à 100 compressions par minute (ce qui permet d’avoir 60 compressions par minute accompagnées de 8 insufflations suivant le cycle 30 compressions thoraciques/2 insufflations))

Afin que les compressions thoraciques soient efficaces, il est nécessaire que le patient soit installé sur une surface rigide :

  • Lit prévu à cet effet (ex : lit de réanimation).
  • Sol.
  • Planche dans le dos du patient, planche existant parfois sur les chariots d’urgences.

L’installation du patient doit être rapide.

L’aspiration

Elle se présente sous diverses formes :

  • Murale
  • Portative
  • Fixée au chariot d’urgence
  • Cône de venturi fixé à la bouteille d’O2

Ces matériels peuvent être accompagnés de stop vide.

Le système d’aspiration est nécessaire lors de la réanimation et de l’intubation afin d’éliminer les risques d’inhalation liées à la régurgitation.

Pour tester l’aspiration, il faut boucher la sonde et provoquer une dépression de 400 mbar minimum.

La puissance de l’aspiration varie selon la corpulence du patient.

Il faut toujours avoir une sonde de gros calibre pour aspirer de la manière la plus efficace.

Le plateau d’intubation

  • 1 laryngoscope (pile et ampoule de réserve si nécessaire)
  • 1 lame d’intubation de chaque taille
  • au moins 1 sonde d’intubation de chaque taille (à définir selon les services)
  • une seringue de 20 ml pour gonfler le ballonnet de la sonde d’intubation
  • 1 mandrin pour intubation difficile
  • 1 pince de Magyl
  • du sparadrap ou un lacet pour fixer la sonde
  • 1 BAVU
  • 1 filtre si le BAVU n’est pas à usage unique
  • des lunettes de protection et un masque
  • compresses
  • gel lubrifiant

L’aspiration doit toujours être prête lors des intubations (risque d’inhalation majeur)

Le DEA (Défibrillateur Automatisé Externe)

Les DAE regroupent les différents types de défibrillateur à caractère automatique, que ce soit le Défibrillateur Automatique ou le Défibrillateur Semi Automatique. Ils permettent à un personnel non médical de délivrer des électrochocs lorsque ceux-ci le recommandent. En effet, les DAE analysent le rythme cardiaque du patient et permet de « choquer » précocement les fibrillations ventriculaires, ce qui accroît considérablement les chances de survie des personnes retrouvées en arrêt cardio-respiratoire.

Il est du rôle propre de l’IDE d’utiliser un DAE et de surveiller le patient placé sous ces appareils.

L’utilisation de ces appareils ne nécessite pas de formation préalable. Néanmoins elle est conseillée et peut être obtenue lors d’un PSC1 ou lors de l’AFGSU de niveau 1 (Attestation de Formation aux Gestes et aux Soins d’Urgences)

Lorsque le DAE est positionné, suivre ses instructions et les précautions d’utilisations liées à son emploi.

arc utilisation dea-dsa

VIII. Le devenir médical

Lors de l’arrivée de l’équipe médicale, le médecin intubera aussi vite que possible le patient (d’où un gain de temps bénéfique au patient si le plateau d’intubation et l’aspiration sont prêt). En parallèle, l’injection d’adrénaline débutera (sauf si les protocoles de service indique une injection préalable à l’arrivée de l’équipe) et éventuellement l’apport de médicaments divers.

Quelque soit le déroulement de la réanimation, le médecin reste le seul responsable et par conséquent décide de la thérapeutique à suivre, que ce soit dans le choix des drogues et solutés mais également dans leurs posologies. Il en va de même pour la décision d’arrêter ou non la réanimation (sauf cas spécifique déjà discuté en équipe auparavant…)

Toutefois, la conférence d’expert de la SFAR de janvier 1995 et les conférences d’actualisation qui s’en sont suivies recommandent l’usage prioritaire de l’adrénaline à raison de bolus de 1 Mgr toutes les 3 minutes ainsi que la mise en place d’une capnométrie (permettant une évaluation de l’efficacité des échanges gazeux).

IX. Législation

Le premier de nos devoirs de citoyen français est de porter assistance à tout individu en situation de danger (Code Pénal : Art 62 et 63 : « peine pour non dénonciation de coupable, non assistance à personne en danger »).

Par ailleurs, la fonction d’Infirmier(e) et d’aide soignant(e) nous astreint à un certain nombre de règles qui sont décrites dans notre décret de compétence, Décret n° 2004-802 du 29 juillet 2004 (relatif aux parties IV et V (dispositions réglementaires) du code de la santé publique et modifiant certaines dispositions de ce code).

Dans le cadre de la RCP, la partie la plus importante de ce décret est l’article R. 4311-14 :

« En l'absence d'un médecin, l'infirmier ou l'infirmière est habilité, après avoir reconnu une situation comme relevant de l'urgence ou de la détresse psychologique, à mettre en oeuvre des protocoles de soins d'urgence, préalablement écrits, datés et signés par le médecin responsable. Dans ce cas, l'infirmier ou l'infirmière accomplit les actes conservatoires nécessaires jusqu'à l'intervention d'un médecin. Ces actes doivent obligatoirement faire l'objet de sa part d'un compte rendu écrit, daté, signé, remis au médecin et annexé au dossier du patient. En cas d'urgence et en dehors de la mise en oeuvre du protocole, l'infirmier ou l'infirmière décide des gestes à pratiquer en attendant que puisse intervenir un médecin. Il prend toutes mesures en son pouvoir afin de diriger la personne vers la structure de soins la plus appropriée à son état. »

C'est dire, dans la situation étudiée, que l’infirmier(e) est responsable du déroulement de la RCP en attendant le médecin.

Le rôle de l’infirmière est également primordial car il a pour but de surveiller le patient (une bonne surveillance peut permettre une prise en charge précoce de l’ACR), de transmettre l’ensemble des données aux médecins (le médecin qui prend en charge le patient n’est pas forcément celui qui le suit) et enfin de bien se préparer à une telle situation. Ce rôle est défini dans l’Article R. 4311-1 « L'exercice de la profession d'infirmier ou d'infirmière comporte… la réalisation de soins infirmiers et leur évaluation, la contribution au recueil de données cliniques…et la participation à des actions de prévention…de formation »

Les articles R. 4311-3 et R. 4311-4 de ce décret définissent le rôle propre et la possibilité de déléguer celui-ci :

« Relèvent du rôle propre de l'infirmier ou de l'infirmière les soins liés aux fonctions d'entretien et de continuité de la vie »

« Lorsque les actes accomplis et les soins dispensés relevant de son rôle propre sont dispensés dans un établissement ou un service à domicile à caractère sanitaire, social ou médico-social, l'infirmier ou l'infirmière peut, sous sa responsabilité, les assurer avec la collaboration d'aides-soignants, d'auxiliaires de puériculture ou d'aides médico-psychologiques qu'il encadre et dans les limites de la qualification reconnue à ces derniers du fait de leur formation. Cette collaboration peut s'inscrire dans le cadre des protocoles de soins infirmiers mentionnés à l'article R. 4311-3. »

Les actes relevant du rôle propre et par conséquent délégables sont les suivant :

Article R. 4311-5

  • « 12° Installation du patient dans une position en rapport avec sa pathologie ou son handicap ; » (installation en décubitus dorsal sur un plan dur)
  • « 15° Aspirations des sécrétions d'un patient qu'il soit ou non intubé ou trachéotomisé ; » (installation et utilisation si nécessaire du système d’aspiration dans le cadre de la RCP)
  • »16° Ventilation manuelle instrumentale par masque ; »
  • »17° Utilisation d'un défibrillateur semi-automatique et surveillance de la personne placée sous cet appareil ; » (mise en place d’un DSA lors de la RCP)
  • « 19° Recueil des observations de toute nature susceptibles de concourir à la connaissance de l'état de santé de la personne et appréciation des principaux paramètres servant à sa surveillance : température, pulsations, pression artérielle, rythme respiratoire, volume de la diurèse, poids, mensurations, réflexes pupillaires, réflexes de défense cutanée, observations des manifestations de l'état de conscience, évaluation de la douleur » (recueil des données et transmission au médecin)
  • « 35° Surveillance des fonctions vitales et maintien de ces fonctions par des moyens non invasifs et n'impliquant pas le recours à des médicaments » (surveillance de l’évolution du patient lors de la RCP, par exemple par la pise de pouls régulière)
  • « 41° Aide et soutien psychologique ; » (entourage du patient)
  • « 3° Mise en place et ablation d'un cathéter court ou d'une aiguille pour perfusion dans une veine superficielle des membres ou dans une veine épicrânienne ; » (pose d’une voie d’abord dès que possible)

Enfin, le décret suivant nous incite a seconder le médecin lors de sa prise en charge et nous autorise à ne pas attendre de prescription écrite comme le souligne les articles R. 4311-7 : « L'infirmier ou l'infirmière est habilité à pratiquer les actes suivants soit en application d'une prescription médicale qui, sauf urgence, est écrite, qualitative et quantitative, datée et signée, soit en application d'un protocole écrit, qualitatif et quantitatif, préalablement établi, daté et signé par un médecin » et R. 4311-10 « L'infirmier ou l'infirmière participe à la mise en oeuvre par le médecin des techniques suivantes5° Actions mises en oeuvre en vue de faire face à des situations d'urgence vitale »

Lors de l’arrivée du médecin, ne pas oublier de lui rappeler toutes les mesures prises durant son absence.

De plus,lors de la présence du médecin, même si la prescription n’est pas écrite, il est préférable de lui répéter la prescription et de lui signaler sa mise en œuvre dans les plus brefs délais.

D’autre part, l’utilisation des DAE  est également réglementée par le GNR du PSC1

Glossaire

  • ACR : arrêt cardio respiratoire
  • AFGSU : attestation de formation aux gestes et aux soins d’urgences
  • AFPS : attestation de formation aux premiers secours
  • AVC : accident vasculaire cérébral
  • BAVU : ballon auto remplisseur à valve unidirectionnelle
  • DAE : défibrillateur automatisé externe
  • DA : défibrillateur automatique
  • DSA : défibrillateur semi automatique
  • ECG : électrocardiogramme
  • FV : fibrillation ventriculaire
  • IDE : infirmier diplômé d’état
  • IDM : infarctus du myocarde
  • LVA : libération des voies aériennes supérieures
  • RCP : réanimation cardio pulmonaire
  • SAMU : service d’aide médicale d’urgences
  • SMUR : service mobile d’urgences et de réanimation
  • VA : ventilation assistée

Bibliographie

P.CASAL Infirmier de SMUR Sapeur POMPIER Volontaire Moniteur National de Premiers Secours)

JF HANED Infirmiers de Sapeur Pompier Moniteur National de Premiers Secours

Remerciements : S. Racine (medecin SAMU)

lecture et validation du cours : Eric revue (medecin Urgence/SAMU)

Creative Commons License

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Commentaires (4)

Hodrey

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42 commentaires

#4

Bonjour

justement, l'actualisation des cours du site est en projet. Bien évidemment cela va prendre du temps au vu de la quantité disponible... Je vous invite d'ailleurs (si vous le souhaitez) à nous envoyer une mise à jour, si vous en disposez d'une ?
Merci de votre intérêt et bonne journée à vous !

pikarry

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2 commentaires

#3

+1

Tout à fait d'accord avec Vincent54 ! Une actualisation est nécessaire.

Jurassik

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4 commentaires

#2

erreur ?

Je suis étonné de voir la pose de cathé court comme relevant du rôle propre et donc délégable... O_o d'autant plus dans un contexte d'urgence ou le geste doit être maîtrisé...

La pose de cathé relève de l'article Article R. 4311-7 (rôle sur prescription ). Sa pose doit être bien évidement anticipée si le médecin n'est pas présent, mais doit bénéficier d'une prescription a posteriori.
« L'infirmier ou l'infirmière est habilité à pratiquer les actes suivants soit en application d'une prescription médicale qui, sauf urgence, est écrite, qualitative et quantitative, datée et signée, soit en application d'un protocole écrit, qualitatif et quantitatif, préalablement établi, daté et signé par un médecin »

Vincent54

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3 commentaires

#1

Très bien mais...

Bonjour

Excellent cours mais peut être pourriez vous le mettre en conformité avec les dernières recommandations de l'ERC (2010)?

Je me doute que la pratique en milieu hospitalier implique d'autres réflexes mais à ce jour :
On ne parle plus d'ACR mais d'AC
La recherche de gasp devient un élément essentiel.
On ne démarre plus une RCP par des insufflations mais bien par un MCE même en cas d'arrêt ventilatoire avéré (excepté chez les moins de 8ans)
L'enfoncement de la cage thoracique, le rythme du massage et la position des mains ont changé

Enfin bref, je pense qu'avec la réforme d'autres cours ont nécessité une refonte mais si vous avez le temps...
Encore merci pour votre travail très utile pour les étudiants.

Cordialement

Vincent