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Cours - Pharmacologie - Les antalgiques
12.05.2009 | Mise à jour le 30.03.2010
Définition
Se dit d'un médicament utilisé dans la lutte contre la douleur. Il existe plusieurs sortes d'antalgiques qui sont dispensés en fonction du type de douleurs rencontrées.
Ainsi l 'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a classé ceux-ci en trois paliers :
Palier I : Antalgiques périphériques (pour les douleurs légères à moyennes)
Palier II : Antalgiques centraux faibles (pour les douleurs moyennes à intenses)
Palier III : Antalgiques centraux forts ( pour les douleurs très intenses voire rebelles)
Les différentes classes d'antalgiques
Chaque antalgique sera détaillé de façon précise sous forme de tableau, exploitant pour tous la famille, les noms commerciaux, les actions, les contre-indications, les effets secondaires.
Les antalgiques périphériques (palier I)
On peut les qualifier d'usuels car ils sont ceux que chaque foyer garde dans sa pharmacie. En effet , ils sont utilisés dans le traitement des douleurs légères à moyennes. Plusieurs familles de médicaments sont utilisés comme antalgiques périphériques, les AINS ( Anti Inflammatoires Non Stéroïdiens) en font partie :
Les AINS
Ils sont utilisés soit en complément d'un traitement antalgique simple soit seul car ils ont une action anti-inflammatoire et anti pyrétique associées.
Le surdosage en paracétamol arrive trop fréquemment car ce médicament est en vente libre et un des produits les plus utilisé dans l'automédication, or une personne non informée sur la dose journalière à prendre risque d'être confrontée dans les premières 24 heures aux signes suivants en cas d'excès:
nausées, vomissements
anorexie
pâleur
douleurs abdominales
risque de cytolyse hépatique plus ou moins importante selon la quantité absorbée ( risque augmenté >10 g)
Antidote: Fluimicil ( mucolytique)
Les antalgiques centraux faibles (palier II)
Ces antalgiques opiacés faibles sont souvent associés à d'autres substances .Sur le marché nous trouvons rarement de la codéine ou du dextropropoxyphène pur, leur action est souvent couplée à celle d'un antalgique périphérique.
> dose normale: risque de dépendance et de syndrome de sevrage
Codéine + paracétamol
Efféralgan codéiné
Codoliprane
Lindilane
Antalgique
Anti-pyrétique
< 15 ans
allergie
insuffisance respiratoire
asthme
idem Codéine seule + urticaire, thrombopénie rare
NB : Surdosage à la codéine
Il est possible chez les toxicomanes et autres que les doses normales soient largement dépassées .Ainsi des signes de surdosage apparaissent entraînant des conséquences plus ou moins graves.
Adulte :
dépression aiguë des centres respiratoires, oedème pulmonaire
intoxication aiguë ou surdosage avec des produits dépresseurs respiratoires du système nerveux central
traitement IMAO
insuffisance respiratoire sévère
insuffisance hépatocellulaire grave
< 15 ans
épilepsie non traitée
allaitement et grossesse
urticaire, oedème de Quincke
bronchospasme
convulsions
nausées, vomissement
céphalées, somnolence, vertiges
sécheresse buccale, hypersudation, constipation
rarement: douleurs abdominales, rash, euphorie, troubles mineurs de la vision
NB : Surdosage au tramadol
Signes :
myosis, vomissements,
collapsus cardio-vasculaire
dépression respiratoire voire arrêt
coma, convulsions
Les antalgiques centraux puissants (palier III)
Introduction:
Le Pavot est un produit datant de l'antiquité où il était utilisé pour ses vertus calmantes. De cette plante a été extrait l'opium qui est en fait la substance au pouvoir analgésique grâce à la morphine, son principale alcaloïde. D'autres substances aujourd'hui reproduisent les effets de la morphine, on les appelle les substances opioïdes.
La morphine est un antalgique à effet central. Son effet est dû à son action d'activation dite agoniste des récepteurs opioïdes qui sont les récepteurs µ (mu), delta, kappa , qui se situent au niveau de la moelle épinière et au niveau supra-médullaire. Les antalgiques opioïdes sont classées selon leur action au niveau des récepteurs opioïdes, ainsi nous distinguons plusieurs classes :
Action agoniste : les agonistes purs comme la morphine vont directement sur les récepteurs opioïdes et reproduisent tous les effets de la morphine, en augmentant les doses on peut atteindre un effet maximal.
Action agoniste/antagoniste ou agoniste partiel : ils ont une efficacité limitée car ils ont un effet plafond même si l'on augmente les doses . Ils ne reproduisent pas tous les effets de la morphine et s'ils prennent la place d'un agoniste pur ils en réduisent l'effet.
Action antagoniste : (la Naloxone) Ils se fixent sur un des récepteurs opioïdes mais ne l'activent pas et empêchent les agonistes d'agir. C'est donc l'antidote de la morphine en cas d'intoxication.
Mais la morphine a en plus de ses effets antalgiques des propriétés pharmacologiques à l'origine le plus souvent d'effets indésirables à type de constipation, nausées, vomissements et par son action sur les récepteurs mu, elle peut entraîner une dépression respiratoire ( bronchoconstriction) et un effet sédatif. Une autre action sur des récepteurs opioïdes sigma explique l'effet psychologique c'est à dire une perturbation de l'activité mentale , ce qui explique le détournement de certains médicaments par les toxicomanes. La morphine est peu modifiée dans l'organisme, elle est surtout excrétée dans l'urine en nature et sous forme conjuguée.
Principes d'utilisation
NOMS
PRÉSENTATION
PUISSANCE (par rapport à la morphine)
POSOLOGIE
DURÉE D'ACTION
AGONISTE
MORPHINE
Buvable: ampoule 5-10-20 mg dans 10 ml
Per os: SKENAN et MOSCONTIN gel 10-30-60 mg
IV ou SC: ampoules 10-20-50 mg dans1-2-5 ml
Intra-rachidien: ampoule de 1 mg dans 1 ml
1
IV par PCA : 20 à 60 mg/24 h
4 à 6 H
FENTANYL
IV: ampoule de 500-100 mcg dans 10-2 ml
50 à100
Anesthésie: 3 à 5 mcg/kg
Sédation: 50 à 200 mg/h
20 à 30 min
PHENOPERIDINE (R 1406)
IV: ampoule de 10-2 mg dans 10-2 ml
10 à 15
Anesthésie: 40 mcg/kg
Sédation: 0.5 à 2 mg/h
40 min
ALFENTANIL (Rapifen)
IV: ampoule de 5-1 mg dans 10-2 ml
30
40 à 100 mcg/h
10 min
SUFENTANIL (Sufenta)
IV: ampoule de250 mcg dans 5 ml
700 à 1000
Anesthésie : 1 mcg/kg
Sédation: 0.5 à 1 mcg/kg/h
60 min
AGONISTE/ANTAGONISTE
NALBUPHINE (Nubain)
IV/IM: ampoule de 2 ml/20mg
2
Adulte:0.2 à 0.3 mg/kg (max 4 fois/24 h)
3 h
BUPREMORPHINE (Temgésic)
Sublinguale: Glossettes 0.2mg IV/IM: ampoule de 1 ml/0.3 mg
30
1 ampoule/12 h
6 h
ANTAGONISTE
NALOXONE (Narcan)
IV: ampoule de 1 ml/ 0.4mg
Pour réverser une morphinisation faire 1 mcg/kg puis entretenir par perfusion
45 mn
Action et indications
FAMILLE
NOM
ACTION
CONTRE INDICATION
EFFETS SECONDAIRES
AGONISTES
MORPHINE
Moscontin, Skénan, Chlorhydrate de morphine
antalgique puissant
allergie à la morphine
insuffisance respiratoire
syndrome abdominal aigu d'étiologie inconnue
insuffisance hépato-cellulaire grave
trauma crânien, hypartension intra-crânienne
état convulsif
alcoolisme aigü, délirium tremens
analgésie, psychodyslepsie, sédation
actions respiratoires dose-dépendantes: bradypnée, apnée centrale, broncho-constriction, dépression de la toux
actions cardio-vasculaires: bradycardie, hypotension artérielle si hypovolémie
actions digestives: vomissements, stase gastrique, diminution du péristaltisme, constipation
action neurologique: somnolence, excitation, dépendance physique et psychique, augmentation de la pression intra-crânienne
syndrome de sevrage: hypersécrétion, anorexie, diarrhée, fièvre, tachypnée, prurit, sensation de choc électrique dans la tête, absence de quête compulsive
Traitements co-analgésiques
Les antidépresseurs
actions
Les antidépresseurs corrigent l'insuffisance en amines biogènes au niveau des synapses encéphaliques.
Il en existe deux grands groupes, les IMAO (inhibiteurs de la monoamine oxydase) et les tricycliques, plus de nouvelles familles non IMAO, non Tricycliques.
Ils ont une indications première de soigner le syndrome dépressif en diminuant les symptômes ( tristesse, perte d'intérêt, insomnie, anorexie, ralentissement moteur et psychique, apathie...)
indications
Dans le cadre de l'analgésie , ils sont utilisés dans les algies rebelles pour traiter les dépressions réactionnelles au phénomène douloureux et peut-être par une action antalgique non démontrée.
Les anti-spasmodiques
actions
Les anti-spasmodique agissent au niveau des muscles lisses du tube digestif , des voies urinaires et du muscle utérin. Il existe deux famille d'anti-spasmodiques:
les musculotropes et les anticholinergiques
Les anticholinergiques font la différence puisqu'ils vont entraîner le ralentissement de la vidange gastrique, diminuer les sécrétions gastriques, salivaires, lacrymale, sudorale en plus de leur action de départ. Ils vont aussi permettre une résorption digestive rapide mais entraîne une inactivation hépatique partielle.
Ils passent tous deux la barrière placentaire et vont dans le lait maternel.
indications
Ils sont utilisés essentiellement dans les syndrome douloureux des voies digestives, urinaires, biliaires et de la sphère génitale mais aussi dans la préméditation anesthésique pour la protection des manifestations cardiaques vagales
Les myorelaxants
actions
Ils ont une action de relaxation musculaire par l'inhibition des réflexes médullaires polysynaptiques ou au niveau réticulaire. Certains ont une action anti-spastique surajoutée
indications
Se retrouvent dans le traitement des affections rhumatologiques à types de contractures musculaires douloureuses au cours d'affections vertébrales(torticolis, dorsalgies, lombalgies), dans des états spastiques ou dans les dysménorrhées et ils sont de plus en plus utilisés dans les traitements des états spastiques de la sclérose en plaques.