ESI

Les étudiants de l’Ifsi du CH Garcin à Aubagne sont au Népal

Nous vous avions présenté le projet de ce groupe d’étudiants infirmiers d’Aubagne avant le départ pour le Népal.

Voici des extraits de leur journal de bord sur ce séjour riche en rencontres et enseignements.

A ce jour, le groupe devait être rentré en France. Mais un volcan islandais en a décidé autrement…

Vous pourrez retrouver l’intégralité de leurs aventures sur leur blog et site internet :

http://asso-eide-aubagne.skyrock.com/

http://pagesperso-orange.fr/etudiantsetsacados/index.html

Extraits du journal de bord.

Mercredi 31 mars
Départ d’Aubagne en direction de Pokhara.
Enfin le rêve est devenu réalité, nous vous écrivons ces lignes depuis un cyber café dans la ville de Pokhara au Népal.

Nous avons été optimistes du début à la fin et à force de travail et de persévérance nous y sommes arrivés… Nous allons vivre l’exceptionnel, ce qui nous a poussé à choisir ce métier : aider notre prochain, apprendre sur l’humain, mais aussi sur nous même.

L’arrivée à Pokhara se fait donc de nuit, (19h30) après 7h de bus 9h30 d’avion et 4h de train, tout ça sans dormir.

Enfin la rencontre tant attendu avec Vishnu, Krishna, et les enfants. Moments merveilleux et très chaleureux les enfants nous ont accueillis à bras ouverts.




Réalisation de la formation AFPS devant 6 adultes (Krishna Vishnu et les voisins) résultats très satisfaisants : tous les membres ayant retenu les informations délivrées lors de petits ateliers.

Marie et Damien entameront les formations d’hygiène dans les jours à venir.

A Madi : il fait toujours très chaud, et la fatigue est omni présente, les étudiants dorment ensemble. Le coucher est précoce (20h) tout comme le lever, 6h. L’activité ne faiblit pas, 30 personnes accueillies / jour : hyperthermie, douleurs lombaires, plaies infectées, bouchons d’oreille pour les enfants, diverses plaies et coupures.

Cela fait une semaine que les étudiants sont partis, ils ont déjà vécu de nombreuses expériences et se sont fixé de nombreux objectifs…

La réalité nous rattrape : l’abondance n’existe pas ici, sauf l’abondance de sentiments.

Arrivée à l’hôpital après avoir traversé en moto une grande partie de la ville. Nous nous retrouvons dans une grande salle, où attendent une centaine de personnes, femmes d’un côté, hommes de l’autre.

Premiers contacts avec le système de santé népalais... et quel contact !!! Nous allons tout d’abord emmener Suraj chez l’ORL afin qu’il puisse suivre l’évolution de son otite, dont les premiers symptômes sont apparus depuis une semaine déjà...
Dieu que nos règles d’hygiène, de secret professionnel, de confidentialité sont loin ....  La salle se présente avec un grand bureau central, ou de part et d’autre se situe l’ORL, en tenue civile, sans gants et avec un masque chirurgical plus qu’usagé. La sonde de l’otoscope n’est pas changée entre chaque patient, les instruments vraiment sales sont seulement passés sous l’eau courante. Les patients sont pris à la suite des autres, face à la salle d’attente, les gens se levant pour venir voir le lavage auriculaire de Suraj... gros gros choc... Ce nettoyage a été réalisé à l’aide d’une seringue à usage... multiple, avec de l’eau prise au robinet... Une quantité importante de liquide séro sanglant est extraite des oreilles de Suraj, ce qui n’empêchera pas de réutiliser le même matériel pour les patients suivants...




Pendant ce temps chez le dentiste... Nous entrons dans une grande salle partagée en 3 petits box, dans lesquels il est très difficile de reconnaître qui est le médecin, l’infirmier ou le simple administratif. Nous nous asseyons dans une salle de soin alors qu’une personne est en train de se faire littéralement arracher à la tenaille une molaire. Une petite injection de ce que nous supposons être de la Xylocaïne, ouverte depuis... et en avant !!! Les petites étaient effrayées devant ce spectacle... elles savaient ce qui les attendait désormais... Après une inspection générale de la bouche des trois petites, avec le même jeu de miroirs, de gants, et d’instruments, seulement Deepa et Sita devront se faire soigner. On nous a demandé de sortir et d’attendre pour cela. Le lavage de main est réalisé sans savon, on se recoiffe juste après et on s’essuie avec une serviette pendue depuis un trop long moment... Le système d’aspiration est composé d’une canule également a usage multiple et sans rinçage entre chaque patient, ne possède pas de filtre, pas de système de rinçage, une bassine sert de crachoir pour la journée, où s’accumulent salive et sang. Les patients s’essuient tous avec la même serviette... Nous constatons que les règles d’hygiène qui nous semblent être une norme dans notre pays sont conditionnées par un apprentissage mais aussi par les moyens mis à notre disposition : matériel jetable, savons efficaces, antalgiques, antiseptiques. Cela nous semble normal de jeter des gants et des seringues à longueur de journée mais ici, une seringue est une denrée rare. Il est aussi inconcevable pour eux de jeter une seringue entre chaque patient, que de la conserver entre chaque patient pour nous.

L’ambiance régnant dans cet hôpital est vraiment oppressante. Des personnes viennent mendier de l’argent dans une atmosphère de très grande promiscuité... Nous ne nous sentons vraiment pas à notre aise dans ces locaux vétustes, ne correspondant pas à notre représentation occidentale d’un centre hospitalier. Nous ressortons de l’hôpital choqué par la réalité de la situation sanitaire du pays et de la souffrance de sa population.



Dernier projets à mettre en place.
Pour Pokhara, ils correspondent à finir la fiche de développement et  en faire une dernière explication à Krishna. Puis nous aurons comme autres objectifs la construction de la serre et la protection des légumes du jardin, ainsi qu’une formation sur le brossage des dents.
Pour Madi, ils se concentreront sur la formation de Tika afin de passer le relais en douceur, et qu’il puisse acquérir des connaissances sur les pathologies fréquentes pour pouvoir  les prendre en charge du mieux possible.

Lors d’un passage en ville, nous avons vu pour la première fois des enfants sous l’emprise des inhalations de colle. Démarche ébrieuse, regard dans le vide et mendiant quelques roupies. Vishnu engage le dialogue avec le plus petit d’entre eux, environ 6 ans et complètement sous l’emprise de ce produit. Des images difficiles, une réalité cruelle que ces enfants des rues…



Le retour sur Katmandou est prévu pour demain avec des retrouvailles qui seront cette fois définitives et attendues.

Malgré tout nous redoutons le moment où nous quitterons ces populations qui nous auront accueillis à bras ouverts, et qui nous auront tant apporté sur tous les plans.

Cette aventure restera ancrée dans nos mémoires, ces visages resteront pour nous le symbole d’une aventure humaine hors norme…

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