Elle est arrivée accompagnée de son mari et de son fils.
Le dossier de soins mentionne que les antécédents de Madame P. sont les suivants :
- Antécédents médicaux :
o Tabagisme : 2 paquets par jour
o Plusieurs hospitalisations pour épisodes maniaco-dépressifs, nécessitant des séjours à l'hôpital de plus en plus longs (sauf le dernier)
- Antécédents chirurgicaux :
o Hystérectomie en 1982
- Le recueil de données mentionne :
o Des propos incohérents (Mme P. élabore des conversations concernant des voisins inconnus).
o Des cris, des chants continuels de jour comme de nuit ayant entraînés une aphonie et un épuisement visible chez Mme P.
Histoire de la maladie :
Sa première hospitalisation s'est effectuée en 1990 pour épisode dépressifPlusieurs hospitalisations ont suivi, de plus en plus longues
Son dernier séjour remonte à 1 mois pour un même épisode maniaco-dépressif. Ses troubles avaient cessé en quelques jours sous traitement. Mme P. ayant aussitôt demandé sa sortie alors que son amélioration n'était pas consolidée. Elle revient dans le service avec le même tableau.
D'un point de vue social, Mme P. ne perçoit pas d'allocation adulte handicapé, ni pension d'invalidité. Elle n'a aucune protection sociale.
Depuis son arrivée, Mme P. fume cigarettes sur cigarettes, est agressive. Elle accuse son mari et son fils de vouloir la faire enfermer et de lui prendre tous ses biens. Elle accuse également une des infirmières d'être leur complice.
Ce jour, 8 Juin 2000, un entretien avec le médecin psychiatre est programmé. Durant l'entretien, Mme P. se présente très instable, ne tenant pas en place, agressive, le regard fuyant, entrant et sortant sans cesse du bureau.
Elle est très opposée à évoquer les circonstances de son retour à l'hôpital. D'ailleurs, dans son discours, elle dit : "Mais foutez-moi la paix. Je vais beaucoup mieux depuis que j'ai diminué mes médicaments. Et puis, je n'ai rien à dire ? Je veux rentrer chez moi" .
Suite à cet entretien, le médecin demande à voir le mari de Mme P. Celui-ci très disponible accepte un rendez-vous pour l'après-midi.
Le mari confirme que ces jours derniers, elle était encore tout à fait calme et adaptée. Elle allait une fois par semaine au CMP où elle bénéficiait d'un entretien thérapeutique avec une infirmière.
Elle fréquentait le CATTP régulièrement où elle effectuait des activités de théâtre et de peinture. Également, un fois par quinzaine, un visite à domicile était effectuée.
Les structures extrahospitalières sont contactées. Les différents professionnels confirment les paroles de Mr P. Cependant, il est noté que lors de la dernière visite à domicile, l'infirmière avait eu un doute sur le suivi du traitement. Mme P. ayant un semainier, certaines cases étaient encore pleines ou à moitié vides. Questionnée sur le sujet, Mme P. avait répondu évasivement, prétextant la garde de son petit-fils, des courses à faire et des repas à préparer.
Également, le comédien responsable de l'atelier théâtre au CATTP a mentionné au cours d'une réunion, que Mme P. semblait moins concentrée sur les textes, improvisant volontiers de grandes tirades et perturbant ainsi le fonctionnement du groupe.
De plus, la dernière semaine, elle n'avait pas respecté les jours d'activités. Elle s'était présentée le mardi au lieu du jeudi .
A ce jour, Mme P. refusant l'hospitalisation, une H.D.T selon l'article L.333-2 est envisagée par le psychiatre. Mr P. signe la demande de tiers.
Face au tableau clinique, les prescriptions médicales sont les suivantes :
- TEGRETOL® 400 LP : ½ -0-1 (anti-épileptique, normothymique)
- HALDOL® 5 mg : 1-0-1 (neuroleptique)
- LEPTICUR ® : 1-0-0 (correcteur)
- THERALENE ® : 0-0-50 gouttes
- NOZINAN ® 100 mg : 1 injection IM le soir (ampoules de 1 ml dosées à 25 mg) (neuroleptique)
- AMLOR 5 ® :1-0-0
Mme P. est installée en chambre d'isolement. Elle continue à crier, à chanter ou à monologuer continuellement. Elle montre des signes d'agressivité lorsque les infirmières pénètrent dans la chambre. Cependant, après l'injection de NOZINAN ® et la prise de son traitement per os, Mme P. semble se calmer et accepte de s'allonger sur le matelas.
Q1 (7.5 points) :
En vous appuyant su le diagnostic médical, sur les éléments cités dans le texte et vos connaissances, dégagez les problèmes réels et/ou potentiels de Mme P. le 8 juin 2000.Q2 (2 points) :
Quelle est la procédure requise pour une admission en H.D.T selon l'article L 333-2 du code de la santé publique ?Q3 (5 points) :
Quels sont les objectifs de la mise en chambre d'isolement ? Argumentez votre réponse (4 points)Le mode d'hospitalisation de Mme P. est-il adapté à la prescription de la chambre d'isolement , Justifiez votre réponse (1 pt)


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