Forum : Cadres de santé

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Messagepar mamand'amour » 02 Oct 2013 19:19

:) Bonsoir

J'ai besoin d'aide pour définir le thème de mon mémoire
Qui peut m'aider?

Mes expériences professionnelles d’Infirmière en services d’urgences ou celle de Faisant Fonction de Cadre de Santé, m’ont permis de prendre conscience de la valeur de la collaboration Aide-soignant/Infirmière ( binôme) comme axe d’améliorations des pratiques pour les 2 parties (montée en compétences, renforcement des savoirs),ou limitant le glissement de taches par le versant sécuritaire qu’il impose (rempart au sentiment de solitude) .Ors, cette collaboration pourtant citée dans le discours des soignants s’avère n’être que peu développée dans la réalité. Les agents étant happés par les heures qui filent et la course pour assurer les soins dans le temps. Quels sont les facteurs qui freinent sa mise en place ? Quels outils de management le Cadre de Santé doit il utiliser pour fédérer et responsabiliser les agents autour de ce projet commun ? Les formations paramédicales permettent elles de travailler sur les représentations des fonctions de chacun? Permettent-elles aux Aides-soignants d’être valorisés et de faire valoir leurs savoirs dans les services de soins ? En quoi les réingénieries de formations pourraient elles faire évoluer les habitudes ?

Mes questions sont elles bien posées?
J'aimerai explorer le champs de la formation . J'aimerai savoir si la formation des aides soignants leur permet de rompre avec le sentiment de dévalorisation ressenti dans les services et notamment liée à la rareté du binôme.

Merci de votre aide
mamand'amour
 
Messages: 1
Inscription: 02 Oct 2013 19:08

Messagepar WUCAN » 01 Nov 2013 17:00

Bonjour,

vous vous interrogez sur le faible développement de la collaboration IDE/AS sur le terrain, alors qu'elle est présente dans tous les discours, aussi bien des soignants que de l'institution et sur les moyens et méthodes dont disposerait le cadre de santé pour y remédier.

Je pense qu'en vous interrogeant sur le rôle de la formation pour éventuellement faire changer les choses est restreint, voire inefficace à long terme, compte tenu du fait que tout nouveau diplômé s'intègre dans une organisation, se professionnalise et s'adapte à ses conditions de travail et se construit comme il peut. La formation est régulièrement avancée en tant que solution aux problèmes rencontrés, quels qu'ils soient. Or cette vision réductrice exclut la prise en compte de la réalité du travail.

Vous avancez fort justement que la formation façonne les représentations sociales de chaque profession et vous envisagez intuitivement l'hypothèse que de modifier la formation, pourrait faire évoluer les représentations et donc l'effectivité de la collaboration sur le terrain. Mais vous dites aussi fort justement que cette notion de collaboration est déjà présente dans tous les discours, donc si elle y est présente, c'est que les représentations de cette collaboration existent. Il ne serait donc nul besoin de modifier la formation pour les voir émerger, sauf à penser, ce que vous supposez déjà, que la représentation de la collaboration n'existe presque exclusivement que sous la forme d'un binôme (forme la plus rapprochée, voire fusionnelle de collaboration, qui exige la co-action (faire chaque chose ensemble) presque permanente) qui n'est plus vraiment d'actualité dans les organisations. Collaborer aujourd'hui en tant que soignant demande d'accepter et de faire vivre un binôme distant et non plus fusionnel, cela implique nécessairement de la communication, de la connaissance et de la reconnaissance mutuelle, finalement de la confiance partagée et l'implication sur des objectifs communs. Les conditions actuelles le permettent-elles vraiment (relèves séparées, transmissions ciblées, turn-over important etc...) ?

Vous évoquez le ressenti de dévalorisation des aide-soignantes et émettez l'hypothèse qu'une modification de leur formation pourrait peut-être permettre qu'elles ne le ressentent plus. Or un ressenti émerge d'une confrontation de soi à une situation et à d'autres professionnels. Pensez-vous réellement que si une aide soignante a une meilleure image d'elle-même, de sa fonction, de son rôle du fait de sa formation, cela suffira à ce qu'elle ne se sente pas dévalorisée dans les conditions dans lesquelles elle doit réaliser son travail et dans les rapports qu'elle doit entretenir avec les autres professions ? Moi je pense au contraire que c'est justement l'écart considérable entre son rôle valorisé mais bien réel du point de vue théorique, enseigné en formation et la réalité du travail quotidien qui fait émerger ce sentiment de dévalorisation. L'exercice professionnel en conditions réelles détruit les vocations, broie les individus et réduit à néant les idéaux. C'est d'ailleurs pour cela que la notion de professionnalisation explique la construction d'une identité professionnelle différente de celle qui est construite dans et par la formation. La crise que traversent les soignants aujourd'hui est une crise identitaire, les aides soignantes n'y échappent pas elles non plus.

Vous pensez intuitivement que si l'on enseignait des représentations de la collaboration plus conformes à ce qu'exige aujourd'hui l'organisation du travail, il y aurait plus de probabilité de voir la collaboration émerger. Je vous invite à vous questionner sur les conditions nécessaires et indispensables à l'émergence de la collaboration et à rechercher sur le terrain si elles existent ou pas. Parce que si elles n'existent pas ou pas assez, vous aurez beau avoir modifié la représentation de la collaboration par la formation, cela ne favorisera aucunement son effectivité dans les services.

Œuvrer en tant que cadre de santé, au développement de la collaboration ne peut selon moi, exclure la réflexion sur l'organisation du travail et aux conditions nécessaires à l'avènement de cette collaboration. Les travaux de D'AMOUR (sans allusion aucune à votre pseudo) vous éclaireront à ce sujet. La formation doit continuer à enseigner des modèles idéaux, qui garantissent que les futurs professionnels baseront leur exercice sur des valeurs et des principes éthiques. Enseigner des représentations différentes peut être favorable mais ne règlera pas le problème ni du sentiment de dévalorisation, ni de la non effectivité de la collaboration, si les conditions favorables ne sont pas rassemblées. Le problème essentiel que soulève votre questionnement de départ c'est le cruel principe de réalité, le rôle du cadre de santé étant d'essayer de créer des conditions favorables, mais a-t-il suffisamment de marges de manœuvre ?
WUCAN
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