par phildu65 le 19 Jan 2007 15:07
Bonjour à toutes et à tous.
Je m'appelle philippe et j'ai 48 ans. Tout d'abord, laissez moi vous dire qu'un métier est ingrat lorsqu'on l'a mal choisi ou bien quand on le fait par force, ou encore, lorsqu'on est pas de ce métier et que l'on a un regard extérieur subjectif.
Vous faire part de ma propre expérience pourra peut-être en faire réfléchir certains et certaines.
Il y a 25 ans, j'ai voulu travailler dans le milieu médical qui, à l'époque, embauchait facilement. J'ai débuté comme ASH dans un établissement de réadaptation et rééducation fonctionnelle pour un CDD de 2 mois, pour les remplacements de congés d'été. Ce premier contact à été assez difficile vu la population de ce genre d'établissement et mon ignorance de tout. J'ai été en admiration devant les équipes de soins et je trouvais leur travail fort intéressant. Durant ces 2 mois, j'en ai profité pour me renseigner sur les modalités d'accès aux professions d'aide soignant et aussi d'infirmier. N'ayant qu'un niveau de 3e et le sacro saint BEPC (ancien brevet des collèges) j'avais du"pain sur la planche". Dès la rentrée, je me suis inscrit dans des cours du soir qu'ils appelaient: préparation aux concours d'entrée dans les écoles paramédicales. Nous étions 12 en septembre et, dès noël, nous n'étions plus que 8 et à la fin de l'année nous avons fini à 5! Nous avions 3 intervenants. Un pour la biologie, un pour la physique et un pour la chimie. L'ambiance était bonne et studieuse, je me suis vite fait des connaissances et notamment avec un garçon bien plus jeune que moi mais dans le même cas. Nous avons travaillé ensembles. Pendant la période d'été, j'ai pu travailler comme faisant fonction AS au CHR de bordeaux en service neuro chir, où je me suis découvert une passion pour la physiologie, l'anat, les patho, les soins tecniques, mais aussi pour les patients dont j'avais pitié et aurais voulu tout faire pour les guérir, les sauver de leur mort certaine. Je laissais tomber le choix d'être AS car, il est vrai, je ne trouvais pas le boulot très captivant à mon point de vue et ne me correspondant pas. Mon choix se porta sur l'entrée en école d'infirmier (ancienne dénomination des IFSI). Mon pote et moi nous nous sommes donc retrouvés aux cours du soir car, le concours était encore loin. Nous avons buché d'arrache pied toute l'année et avons déjà pu nous présenter en mai suivant à l'examen de niveau. Pour les non baccheliers, il fallait passer et réussir cet examen (niveau 1er/terminaleD) pour prétendre passer le concours d'entrée en école d'IDE. Nous avons réussi cet examen et il ne nous restait plus que le concours. Mais, pour cela, il fallait attendre l'année suivante. Juin revenu, me revoila parti au CHR mais comme brancardier cette fois ci. Les cours du soir étant terminés, je me suis inscrit à la fac de sciences dans une classe préparatoire à l'ESEU B (examen spécial d'entrée à l'université science) car je me suis dit que si je n'avais pas le concours qui, nous disait on, était très difficile à avoir, j'avais fait la réflexion suivante: si tu n'as jamais ce fichu concours faudra te diriger vers autrechose. Grâce a l' ESEU (à présent DAEU), équivalence du Bac, j'avais le choix entre toutes les carrières paramédicales, médecine, mathématiques, physique, chimie... enfin tout ce qui me passionnait. Il fallait faire 2 ans de plus et comme j'avais déjà 26 27 ans et que je vivais encore chez les parents qui en avaient assez de m'entretenir, il fallait que je fasse qque chose qui puisse me donner rapidement un boulot. Exit les études à la fac et mon projet d'études de mèdecine et de bosser peut être un jour dans la recherche médicale. je passe le concours (biologie physique chimie et peut être une autre matière mais je ne me souviens plus), je l'ai eu assez facilement et je rentre dans une école d'IDE. j'étais un peu déçu mais motivé à bloc. Je me suis ennuyé toute la première année car, en ce temps là... la première année était le module 1, consacré exclusivement à l'étude de l'homme sain, des soins de base du rôle propre, des institutions sanit et sociales, de la psycho, démarche de soin, méthodologie à gaver, etc... mais rien d'anat de physio d'histo; ce n'est venu qu'au début du 2e trimestre et fallait voir le niveau! pas la peine d'être bachelier et puis les IDE enseignantes pas très au top et vite perdues sans leurs bouquins. Elles nous balançaient des cours plus compliqués à déchiffrer que compliqués dans le contenu! Mes collègues élèves qui sortaient de cursus littéraire ou même scientifique avaient du mal à comprendre. J'ai aidé souvent celles qui le voulaient. Nous n'avions pas le droit d'exécuter des soins du rôle délégué. Voici des raisons pour laquelle, à cette époque, nous pouvions prétendre au CAFAS des AS et comme les AS sortant d'école car,dans le domaine pratique nous avions la même formation et les mêmes connaissnce en fin de 1ere année qui étaient validée par un partiel qui permettait ou pas de passer en 2e année. Bien sur dans ces promo de 1ère année peu d'étudiants étaient intéressés par les soins de base. Aujourd'hui, d'après ce que j'entend dire de çi de là de source sure, c'est encore pire!
Fin de 1ere année un stage casse pipe me fait perdre confiance en moi, et la seconde année devient un calvaire. je redouble, idem. Ca tourne au cauchemar. Finalement, la directrice de l'école me demande de quitter la formation.
Je me retrouve avec un CAFAS en poche après tant de travail tant de sacrifices. je n'ai pas accepté cette fatalité et j'ai refusé de travailler comme AS. j'ai quand même fini par accepter de faire de l'intérim car, de cette façon, je pouvais m'arrêter lorsque je le souhaitai; j'étais très très mal physcologiquement et je consultais quotidiennement un psy et prenais des anxilotiques et anti-dépresseurs. Dans le même état, j'ai été embauché en CDD puis en CDI dans une grosse clinique genre usine à malade. Je vivais mal ma fonction puisque ne l'ayant pas voulu et je ne me voyais que comme un larbin des IDE, toujours sollicité pour vider les bassins, torcher les gens, répondre aux sonnettes et ramasser les saloperies pendant que ces dames diplômées d'état prenaient le café ou papotaient avec les médecins ou bien encore prenaient leur temps pour faire les soins. j'ai tenu comme ca 3 ans avec un petit AIT à la clé en raison du stress auquel nous étions soumis nous, les AS, dans cette clinique puis, j'ai été en arrêt maladie longue durée et j'ai démissionné de mon boulot.
Depuis, je me suis marié avec une AS et oui!! qui a été ensuite IDE et maintenant elle fait fonction d'infirmière coordinatrice avant de pouvoir rentrer à l'école des cadres. J'ai changé de secteur d'activité professionnelle puisque j'ai été commerçant et voila que l'an dernier les difficultés économiques et les répercussions du passage à l'euro m'obligent à fermer boutique. Que faire? Après qques semaines de réfexion, je me décide à retourner AS mais uniquement en intérim. Quel trac j'ai eu lors de ma 1ere mission! mais figurez vous que je ne me suis pas reconnu. Plus le même. Peut être est ce l'age qui y est pour qque chose!
Depuis un an, je bosse pour une célébre boite d'intérim et j'ai un contrat renouvelable tous les 15 jours dans une maison de retraite plutôt géronto-psy. J'adore mes résidents, je ne me sens pas moins ni plus nul que mes collégues et je me fou de ce que les autres pensent des AS!! C'est surtout cela qu'il vous faut dépasser! Malgré qques baisses de moral, normales dans ce genre d'institution, j'ai plaisir aller au boulot et puis, mon épouse y est ma chef... dur dur!! non, je plaisante. Ca passe très bien. Nous recevons d'autres intérim AS et je suis surpris de voir que 3 sur 4 sont aussi passés par la case IFSI! A ce sujet, je créérais très prochainement un forum de discussion sur les études IDE en général et la sélection avant l'entrée en IFSI. J'ouvrirai également un forum sur les rythmes de travail dans la profession.
Aujourd'hui, je suis super ravi et j'ai envie de m'investir d'une autre façon dans ce métier sans pour autant tomber dans l'excès dans lequel j'étais dans ma jeunesse, ni renier la fonction d'AS.
J'ai eu vent à la DDASS de mon département de la possibilté aux AS d'une future VAE partielle qui leur permettra d'accèder au DE infirmier. Car, je n'ai pas les moyens de rester 3 années sans un salaire correct et puis recommencer à zéro et passer un concours qui n'a plus rien a voir avec la future profession.De source quasi sure, la partie VAE ne concernerai que le rôle propre infimier, c'est à dire tout ce qui concerne les soins d'hygiène et de confort et tout ce qui s'y rapporte. Pour le reste, il faudra suivre la formation IDE et passer le DE. Normal. Etre IDE est un savoir faire et un savoir être qui ne s'invente pas et ne s'acquier pas sur le tas mais que l'on apprend car, c'est répondre à des besoins différents et de façon différente que les AS. J'y reviendrai sur le forum études IDE. Quand je lisais ici, sur le forum qui s'est ouvert à l'annonce de ce projet du ministère, les queurelles et les conflis entre les pour et les contres je me dit qu'il y a du chemin à faire dans notre pays pour que le mérite soit reconnu au même titre que le diplôme et que l'esprit d'équipe est loin de faire la majorité!
Puisse l'histoire de mon expérience révéler des "vocations" et donner du courage à tout ceux et celles qui ont une baisse de régime ou à tous les exclus injustement des IFSI, pour qu'ils sachent que rien n'est jamais perdu et que nous faisons, bien que difficile, un merveilleux métier dans cette société égoïste et mercantile où beaucoup de monde se fou de tout et se moque de tous parce qu'il a des diplôme!!