Forum : Etudiants infirmiers (ESI)

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Messagepar choupi38 » 06 Avr 2016 14:12

Bonjour,

actuellement je fais mon travail de fin d'étude sur : le refus de traitement chez un patient schizophrène, et j'aimerai savoir si pour vous la distribution des traitements est considéré comme un soin?

Je vous remercie d'avance
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Messagepar wyllette » 06 Avr 2016 14:29

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Messagepar Anonyme222222 » 06 Avr 2016 16:18

choupi38 a écrit :Bonjour,

actuellement je fais mon travail de fin d'étude sur : le refus de traitement chez un patient schizophrène, et j'aimerai savoir si pour vous la distribution des traitements est considéré comme un soin?

Je vous remercie d'avance


Il faut être précis dans les définitions et ce que l'on entend par distribution, (individualisée ou globalisée, selon le lieu, selon le type de ttt...etc) qui, est soit considérée comme un soin soit comme un acte de la vie courante.

Par ailleurs, n'importe quel soin ou acte peut possiblement être refusé par le supposé bénéficiaire.
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Messagepar Lenalan » 06 Avr 2016 16:25

Sauf si le patient est hospitalisé sous contrainte....
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Messagepar Anonyme222222 » 07 Avr 2016 13:12

Oui en effet mais j'imagine qu'il peut y avoir une forme d'accord consensuel hors urgence.

Une parenthèse qui ne concerne pas directement le message initial :

Décision de Justice : les ASH ne peuvent pas administrer de médicaments

L'aide à la prise de médicaments ne relève pas d'un acte de la vie courante pouvant être effectué par des agents de service hospitaliers (ASH), même en Ehpad ou en USLD (Unité de soins de longue durée). C'est bien ce qu'a confirmé la Cour administrative d'Appel de Nantes, qui a jugé une affaire opposant le Centre Hospitalier Spécialisé de Blain et le syndicat CGT de l'établissement. 
Initialement l'affaire avait été jugée par le tribunal administratif de Nantes. La CGT demandait au tribunal d'annuler une décision du directeur du centre hospitalier spécialisé de Blain qui n'acceptait pas de mettre en conformité le protocole interne de distribution des médicaments.
Ce protocole autorisait notamment les ASH à "aider à la prise de médicaments", ce que la CGT contestait. Le syndicat avait obtenu gain de cause.
Mais, pour l'établissement, il y avait méprise. Celui-ci considérait que le jugement en première instance reposait sur une confusion entre la notion de distribution et celle d'aide à la prise des médicaments en méconnaissance du rôle réel. Il avait fait appel. 
Sans succès puisque la Cour administrative d'appel a bien confirmé ce jugement.
La Cour d'appel s'est référée à l'arrêté du 6 avril 2011 relatif au management de la qualité de la prise en charge médicamenteuse et aux médicaments dans les établissements de santé, qui indique que "l'administration des médicaments est effectuée par du personnel appartenant aux catégories définies réglementairement comme autorisées à administrer des médicaments".
Elle a aussi cité le décret du 3 Août 2007 portant statut particulier du corps des aides-soignantes et des ASH de la fonction publique hospitalière (FHP) qui dit que "les agents des services hospitaliers qualifiés sont chargés de l'entretien et de l'hygiène des locaux de soins et participent aux tâches permettant d'assurer le confort des malades. Ils effectuent également les travaux que nécessite la prophylaxie des maladies contagieuses et assurent, à ce titre, la désinfection des locaux, des vêtements et du matériel et concourent au maintien de l'hygiène hospitalière".
Elle a jugé ainsi, au vu de ces deux textes "qu'il en résulte que la distribution et l'administration des médicaments, qui relèvent de la compétence des infirmiers, n'entrent pas dans les compétences que peuvent exercer les agents des services hospitaliers qualifiés".
Des exceptions pour les AS, les AP et les AMP, mais pas pour les ASH
Alors que le code de la Santé publique prévoit que "lorsque les actes accomplis et les soins dispensés relevant de son rôle propre sont dispensés dans un établissement ou un service à domicile à caractère sanitaire, social ou médico-social, l'infirmier ou l'infirmière peut, sous sa responsabilité, les assurer avec la collaboration d'aides-soignants, d'auxiliaires de puériculture ou d'aides médico-psychologiques qu'il encadre et dans les limites de la qualification reconnue à ces derniers du fait de leur formation", les ASH ne figurent pas dans les catégories d'agents susceptibles de collaborer avec les infirmiers pour l'administration des médicaments.
 
Rédaction ActuSoins (source :  APMnews)
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Messagepar choupi38 » 08 Avr 2016 11:27

Merci d'avoir répondu,

alors m'a situation se déroule dans un foyer d'accueil médicalisé. Le problème rencontrais est le refus de traitement chez un résident schizophrène. Les principaux traitements sont des neuroleptiques et des correcteurs des neuroleptiques, ce sont des traitements per os, ou injectables lorsque la prise des traitements est très compliquée.
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Messagepar Creol » 08 Avr 2016 14:39

choupi38 a écrit :Merci d'avoir répondu,

alors m'a situation se déroule dans un foyer d'accueil médicalisé. Le problème rencontrais est le refus de traitement chez un résident schizophrène. Les principaux traitements sont des neuroleptiques et des correcteurs des neuroleptiques, ce sont des traitements per os, ou injectables lorsque la prise des traitements est très compliquée.


Donc, ce patient n'est plus en phase aigue, ni en phase de réhab (bref n'est plus en psy).
Ce qui présuppose que ce résident est considéré comme stabilisé et en phase de réinsertion. (même si ....)

L'observance thérapeutique est un gros problème pour ne pas dire LE gros problème de la psychiatrie.
je vais mieux = je suis guéris = je n'ai plus besoin de médicaments.
Une autre variante -> je laisse mon corps au repos, j'en ai marre de ma gaver de médocs.

Ce qui nous ramène à la question suivante: Est-ce que donner/distribuer/préparer et donner/ etc des médicaments à un patient/résident schizophrène est un soin ?
Sachant que ces médicaments ont une efficacité et des effets indésirables potentiels visibles,
Sachant que ces médicaments ont une obligation de suivi thymique, comportementale ....
Sachant que les correcteurs donnés donnent lieu à de l'observation d'efficacité.
Sachant que sans ces médicaments il y aura, à minima, une modification du comportement.

Je vous laisse deviner si le soin c'est juste donner des médicaments ou un peu plus ;)

bon courage.
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Messagepar AmThLi » 08 Avr 2016 16:53

Lenalan a écrit :Sauf si le patient est hospitalisé sous contrainte....


Même sous contrainte, on ne peut pas refiler de force un médicament à quelqu'un.
Il faut se servir de sa petite cervelle et essayer de trouver autre chose que le chantage à la piqûre, laquelle sédatera plus ou moins mais n'entraînera jamais l'adhésion à notre conception des soins.
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Messagepar choupi38 » 08 Avr 2016 17:41

AmThLi a écrit :
Lenalan a écrit :Sauf si le patient est hospitalisé sous contrainte....


Même sous contrainte, on ne peut pas refiler de force un médicament à quelqu'un.
Il faut se servir de sa petite cervelle et essayer de trouver autre chose que le chantage à la piqûre, laquelle sédatera plus ou moins mais n'entraînera jamais l'adhésion à notre conception des soins.


C'est justement ma problématique:

Comment faire accepter a une résidente schizophrène en FAM à prendre son traitement, sans la contraindre, afin de rétablir une relation de confiance avec les soignants?

Parce qu'actuellement dans le foyer, la solution lorsqu'elle refuse son traitement per os, c'est de lui faire une IM de force ou de lui mettre la cuillère de force dans la bouche.
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Messagepar augusta » 08 Avr 2016 18:06

choupi38 a écrit :
C'est justement ma problématique:

Comment faire accepter a une résidente schizophrène en FAM à prendre son traitement, sans la contraindre, afin de rétablir une relation de confiance avec les soignants?


Il y a différentes possibilités:
- négocier en trouvant de bons arguments (adaptés à la situation et à la personne).
- différer la prise.
- changer de soignant.
- transmettre les difficultés au psychiatre.
- échanger en équipe pour savoir si c'est récurrent, depuis quand et pourquoi, avec tout le monde?

Bref....il faut réfléchir et se concerter.
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Messagepar AmThLi » 08 Avr 2016 18:23

choupi38 a écrit :
AmThLi a écrit :
Lenalan a écrit :Sauf si le patient est hospitalisé sous contrainte....


Même sous contrainte, on ne peut pas refiler de force un médicament à quelqu'un.
Il faut se servir de sa petite cervelle et essayer de trouver autre chose que le chantage à la piqûre, laquelle sédatera plus ou moins mais n'entraînera jamais l'adhésion à notre conception des soins.


C'est justement ma problématique:

Comment faire accepter a une résidente schizophrène en FAM à prendre son traitement, sans la contraindre, afin de rétablir une relation de confiance avec les soignants?

Parce qu'actuellement dans le foyer, la solution lorsqu'elle refuse son traitement per os, c'est de lui faire une IM de force ou de lui mettre la cuillère de force dans la bouche.


Déjà il ne faut pas faire comme ça.
Pour des raisons thérapeutiques, éthiques et législatives.

Ensuite il faut se poser la question : pourquoi nous voulons qu'il prenne des médicaments ? Tous les termes de la question sont importants !
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Messagepar choupi38 » 08 Avr 2016 21:13

Oui, j'ai expliqué le traitement son intérêt.. Les symptômes de la maladie pouvant influencer le refus...
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Messagepar choupi38 » 09 Avr 2016 14:43

augusta a écrit :
choupi38 a écrit :
C'est justement ma problématique:

Comment faire accepter a une résidente schizophrène en FAM à prendre son traitement, sans la contraindre, afin de rétablir une relation de confiance avec les soignants?


Il y a différentes possibilités:
- négocier en trouvant de bons arguments (adaptés à la situation et à la personne).
- différer la prise.
- changer de soignant.
- transmettre les difficultés au psychiatre.
- échanger en équipe pour savoir si c'est récurrent, depuis quand et pourquoi, avec tout le monde?

Bref....il faut réfléchir et se concerter.


Très souvent dans les bonnes pratiques, je retrouve qu'il faut s'interroger et interroger le patient sur les raisons de son refus. Cependant, cette résidente parle très peu et elle a beaucoup de difficultés pour s'exprimer, quand elle refuse le traitement elle disait simplement : "non, non, non" et elle nous repousser.
Du coup je suis un peu perdu..
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Messagepar AmThLi » 09 Avr 2016 16:01

choupi38 a écrit :Oui, j'ai expliqué le traitement son intérêt.. Les symptômes de la maladie pouvant influencer le refus...


C'est plus compliqué que ça.

C'est une idée perverse que ça soit les symptômes qui fassent refuser les médicaments : c'est une toute autre question, à savoir la façon que peuvent avoir les psychotiques d'interroger, avec défiance, le supposé-savoir des thérapeutes, infirmiers, médecins, etc... Il faut savoir que le petit savoir médical nombriliste dont nous nous satisfaisons ne fait guère illusion chez le psychotique qui, au fond, s'en fout totalement.

Il faut également savoir que, très concrètement, ces médicaments empêchent de penser. Ce sont des inhibiteurs du cours de la pensée, les schizophrènes sous neuroleptiques décrivent très bien comment ils mettent plusieurs minutes à trouver leur idée alors qu'elle leur viendrait instantanément en tête sans médicaments.

Si tu fais la balance, les maigres effets intrinsèques des neuroleptiques ne pèsent pas lourd face à leurs effets secondaires, surtout dans une institution où on les leur fourre de force à la cuillère dans la bouche ou en injectable.

Dans l'état actuel des choses, ta patiente ne peut pas faire autrement que de refuser vos médicaments, c'est une question de survie pour elle.

Du coup je suis un peu perdu..


Tu es perdu car tu découvres qu'il ne suffit pas de se servir des techniques de vendeur de frigo enseignées à l'école d'infirmier pour faire prendre des produits à un psychotique, et que ces quelques connaissances ne constituent pas un savoir à proprement parler, lequel serait la référence commune qui guiderait le patient et le soignant.
Autrement dit : le patient sait que ce que tu sais de sa maladie est purement académique, encyclopédique, tu ne sais rien de lui, et pourquoi dans ce cas prendrait-il tes cachets ? Qu'as-tu d'autre à lui donner ?
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