Hier soir, à 17 h 40, alors que je venais de me garer devant mon cabinet pour y prendre quelque chose une des voisines qui habite derrière est venu m'interpeller pour une autre voisine qui ne se sentait pas bien.
Je l'accompagne donc pour voir cette dame (que je ne suis pas au quotidien mais à qui j'ai eu l'occasion de dispenser quelques soins de temps en temps).
Je me trouve face à une dame de 76 ans se plaignant de douleurs thoraciques, en ceinture (c'est à dire étau douloureux sur tout le tour du thorax, dans le dos, creux axillaires), non irradiant vers la machoire ou les bras, évaluées à 8 sur 10 depuis environ 20 minutes après avoir marcher à un rythme tranquille.
Consciente, bonne coloration, mais opressée.
TA 17/10 pouls 61 (pace-maker).
Je l'installe sur son fauteuil, défait la ceinture et tout ce qui pouvait la comprimer,prend connaissance de son traitement actuel (ordonnance à la clé) et j'appelle immédiatement le cabinet médical de son médecin, à 18 h 50.
Je tombe sur une secrétaire qui me dit que son médecin vient de partir, prend le numéro de la dame et me dit qu'il va me rappeler immédiatement. 20 minutes plus tard toujours rien. Je rappelle et insiste très lourdement donc elle me passe un confrère qui me dit "je ne connais pas cette dame, ni ses antécédents, et je n'ai de toutes façons pas la possibilité de faire un ECG. Appelez le 15"
(pour info faire venir les pompiers demande pratiquement le même temps que celui que met le SAMU du secteur et ils auraient dans tous les cas été obligés d'avoir le médecin sur place).
Merci beaucoup docteur pour cette aide précieuse ! Allo le 15, je réexlique, donne le traitement en cours, etc et on ma passe le médecin régulateur, aimable comme une porte de prison qui commence la conversation par "je suis le médecin Mme untel, je vous met en attente", grrrrrrrr, 3 minute après elle me reprend, je réexplique (entre temps la TA est montée à 18/10) et la dame cherche une postion antalgique qu'elle ne trouve pas. Sa voisine n'arrête pas de souffler, lever les bras au ciel ce qui n'est pas la meilleure attitude pour contenir l'anxiété de la dame. Après une pseudo-consultation par substitution on en arrive enfin à ce que j'attendais depuis le début : envoi d'un SMUR. Il est 18 h 30;
Je gère l'attente en rassurant la dame, par une attitude calme, posée, et je met ce temps à profit pour préparer un petit sac d'effet personnels, etc.
18 H 55 le véhicule arrive enfin...19 h 10 le médecin me demande de joindre à nouveau le groupe médical pour avoir accès aux antécédents de cette dame via son dossier médical. Appel, musique classique, secrétaire dépassée, un médecin qui me dit qu'il ne sait pas comment accéder au dossier médical informatique de la dame, hésitation, me demande de rappeler la secrétaire du groupe pour voir si elle sait, je refuse tout net et lui demande de se débrouiller (ce n'est pas le mot que j'avais envie d'utiliser mais bon), il me fait attendre quelques minutes et finalement exhume un tracé ECG de je ne sais où. Le médecin SMUR prend le relais et ô JOIE reconnait un de ses copains, il discute du cas, puis invite son pote à un pot pour arroser la naissance de Louise (?) et me dit en raccrochant " c'est le docteur Machin" comme si j'en avais quelque chose à faire et comme si ça donnait à ce médecin un compétence particulière !
5 minutes après diagnostic posé : infarctus.(ben tiens donc, comment ai-je pu passer à côté ??? grrrr)
19 H 30 Départ pour l'hopital du département voisin, seul dispo pour une coro à ce moment là...
Constat :
- difficile quand on ne suit pas les personne de façon assidue de connaitre leurs antécédents, traitement, etc et de transmettre de façon efficace.
- incompréhensible que dans un groupe médical composé de 6 médecins et un cardiologue personne n'ai pu se déplacer dès mon premier appel (avant 18 h je le rappelle)
- inacceptable qu'aucun autre médecin de ce même groupe puisse acceder au dossier médicaux en l'absence de son ou ses confrères (en situation d'urgence)
- pourquoi le médecin régulateur s'est elle montrée aussi peu aimable?(bon ça n'est pas le constat prioritaire mais quand même les infos que j'ai dispensées étaient claires, précises, adaptées, et je ne me suis pas perdue en palabres inutiles dans mes commentaires)
et surtout que ce serait-il passé si je n'avais été là pour gérer tout ça et que ces deux dames âgées se soient trouvées confrontées à toutes ces péripéties téléphoniques??
Moralité : de nos jours mieux vaut habiter au plus près d'un hôpital si on veut avoir toutes ses chances !







