Forum : Psychiatrie

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Messagepar Cat_Woman » 03 Jan 2013 13:10

Bonjour à tous et à a toutes,

Dans le cadre de mon mémoire de fin d'année dont le thème principal est la distance thérapeutique en psychiatrie, je souhaiterais avoir quelques pistes de bouquins à lire car j'avoue avoir un peu de mal à trouver des titres...

Dans mon mémoire je me demande comment instaurer une distance thérapeutique adéquate avec un patient psychotique tout en créant une relation de confiance soignant-soigné dans un contexte de service de soins sans consentement, je pense aussi parler de limites "humaines" et émotionnelles en parlant du transfert et contre-transfert entre les deux parties.

Pensez-vous que cela soit pertinent ?

merci d'avance pour vos réponses.

Cat.
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Messagepar augusta » 03 Jan 2013 22:37

Tout est dans le transfert, donc oui ton approche me semble pertinente. :clin:
S'il n'y a pas de transfert, il n'y a pas de soin....
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Messagepar spi_t » 04 Jan 2013 10:02

quelques elements de reponse ici: http://www.serpsy.org/colloques_congres ... index.html
bonne journée
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Messagepar poO84 » 04 Jan 2013 11:44

Bonjour Cat,

Voici un lien intéressant, et à la fin plusieurs ouvrages sont cités.

Bonne lecture, et bon courage!

Ton sujet est très pertinant, le transfert est la clé d'un soin réussi.

A bientôt

http://www.redpsy.com/infopsy/transfertjoie.html
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Messagepar AmThLi » 04 Jan 2013 17:15

Pourquoi associes-tu le transfert/contre-transfert aux "limites humaines et émotionnelles" ? Le transfert est le moteur du soin, donc c'est pas du tout une limite, bien au contraire !

Sur le transfert, beaucoup a été écrit. Il me semble essentiel d'aller à la source, donc à Freud et Lacan. Freud en parle dans des termes assez "accessibles" par exemple dans son "introduction à la psychanalyse". Chez Lacan c'est un peu plus ésotérique même s'il est sans doute celui qui a défini le plus en profondeur la mécanique du transfert.

Tu peux aussi aller voir du coté des chefs de file de la psychothérapie institutionnelle (Jean Oury, Félix Guattari, Roger Gentis, François Tosquelles). Oury parle de la "constellation transférentielle" du schizophrène, ça rejoint tout à fait ton sujet. Va voir sur le site de la clinique de la Borde il y a des textes qui en parlent il me semble.
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Messagepar Cat_Woman » 13 Jan 2013 17:35

Merci beaucoup pour vos informations et sources. (et désolée du temps de réponse)

Je parle de limites car j'ai cru comprendre que le transfert et contre-transfert pouvaient être des inconvénients dans une mise en place de distance thérapeutique et pouvait créer une relation plus personnelle que professionnelle selon le ressenti du soigné ou du soignant... J'aurais mal compris la notion de transfert et contre transfert alors ?

En fait, dans ma situation il s'agit d'un patient schizophrène qui me tutoie et que je n'ai pas tout de suite recadré sur cela bien que je ne le tutoie jamais. Un jour, il s'est mis à me bousculer un peu du genre taquinerie et à ce moment j'ai décidé de lui expliquer que ce genre de geste n'est pas approprié puisque je suis soignante et lui soigné et là il m'a répondu : Oh ! Mais tu pourrais être ma fille !!
J'ai eu beau lui expliquer, il ne comprenait pas cette distance mise en place, certainement un peu tardivement du coup... J'ai donc assimilé le transfert avec une limite...
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Messagepar AmThLi » 13 Jan 2013 19:24

Bah, une limite... sans entrer dans les détails, le transfert c'est un truc compliqué... mais non c'est pas une limite, enfin, ça l'est parfois, d'autres fois non, mais sans transfert pas de relation de soin, pas de progrès thérapeutiques... tout est construit là dessus. De tte façon le transfert c'est une résultante de l'inconscient en quelque sorte donc je vois pas comment tu peux y échapper.

Intéressant ce que tu lui as dit pour "recadrer" et la façon qu'il a eu d'y répondre.
Tu en as parlé à l'équipe ? Ca aurait été mon premier réflexe.
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Messagepar Argrath le Troll » 16 Jan 2013 14:15

Comme l'a dit quelqu'un plus haut: sans transfert, pas de relation soignante en psychiatrie.
Qu'est ce que c'est?
Le transfert, c'est la part fantasmée du patient sur le soignant, le contre transfert étant la part fantasmée du soignant sur le patient. En gros, c'est pourquoi aimes tu quelqu'un ou pourquoi ne peux tu pas le voir en peinture...
Le "bon" transfert, c'est quand le patient voix en toi un objet d'amour; un père, une soeur idéale fantasmée, et "mauvais" quand il en voit la partie négative.
Voilà pourquoi il faut être au clair avec sa propre personnalité. Voilà pourquoi il faut se connaitre et savoir trier entre le fantasme et la réalité d'une relation avec un patient.
Quand vous éprouvez des sentiments exacerbés envers un patient, et que vous ne savez pas pourquoi: attention danger !!!
C'est que vous ne maitrisez pas votre relation avec lui et vous n'êtes plus dans la "distance thérapeutique". Il faut vous réapproprier cette relation en posant les éléments objectifs qui fondent ce fantasme.
Le patient vous fait il penser à qq de votre famille physiquement? Si il est jeune pourrait il être votre gamin? Etc...
Et là le travail en équipe prends toute sa valeur, car vos collègues pourront vous aider dans ce travail.
En conclusion l'absence de distance thérapeutique n'est pas dans le transfert, elle dans l'absence de réflexion sur celui ci et donc dans le non dit.
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Messagepar dan65 » 16 Jan 2013 14:38

j'aime bien les guillemets d'argrath à "bon" et "mauvais" transfert. Sans eux on pourrait penser à "calin" ou "risque de se prendre un plomb" sans aller plus loin dans la réflexion. Et la question de la distance resterait la même, avec des résultats différents mais la même gravité. C'est pour cela que je partage les notions de travail sur soi-même et de travail en équipe lorsqu'il y a interaction interpellante. C'est aussi pour cela que la vraie formation psy manque +++.
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Messagepar Argrath le Troll » 16 Jan 2013 16:42

Je vois que comme cela fait longtemps que je ne viens plus ici, je ne suis plus peut être toujours aussi clair :lol:
Quand je dis "bon" et "mauvais" transfert, ca ne signifie pas que ce soit un jugement de qualité. En effet, si on veut que le patient puisse "rejouer" certaines scènes désagréables, il faut bien qu'il ait un "mauvais" transfert avec certains soignants.
Et qui doivent en accepter le rôle!
Ils doivent être conscient que ce "mauvais" transfert est phantasmé, et qu'en fait le patient n'a rien spécifiquement contre eux... Je ne dis pas que c'est facile...
Le tout, si je puis dire, est en fait d'être au clair du POURQUOI j'aime bien et pourquoi je n'aime pas ce patient. Dès qu'un affect est exacerbé, il faut se poser et se poser des questions.
c'est cela la relation thérapeutique, ca n'a rien à voir avec une réelle disatnce temporelle (quoique parfois cela peut). On peu être très proche physiquement avec un patient (le prendre par l'épaule, la main) et être dans la relation thérapeutique. Le tout est de savoir pourquoi et dans quel but on le fait. Si c'est juste parce qu'on l'aime bien sans savoir pourquoi alors, nous sommes à coté de la plaque.
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Messagepar AmThLi » 16 Jan 2013 19:23

Après là où il faut faire gaffe c'est que Lacan pointe le transfert symbolique et le transfert imaginaire. Le premier est celui qui fait avancer le travail, le second est une résistance. Ca complexifie un peu l'équation, m'enfin bon...

En tout cas j'aime bien ce que tu dis sur "bon" et "mauvais" transfert Argrath ça me fais un peu penser au psychodrame collectif avec chacun qui rejoue un rôle etc... intéressant.

dan65 a écrit:C'est aussi pour cela que la vraie formation psy manque +++.


On le ressent cruellement vu d'ici. Maintenant sur les questions aussi intimes que celles du transfert et du désir, rien ne remplace l'initiative individuelle!
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Messagepar Argrath le Troll » 17 Jan 2013 13:17

Ainsi que la formation et l'analyse sur soi...
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Messagepar AmThLi » 17 Jan 2013 17:58

Absolument.

Après ce que j'entendais par l'initiative personnelle c'était ça.
Quand tu dis "analyse sur soi" tu penses à quoi ?
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Messagepar Argrath le Troll » 18 Jan 2013 13:30

Au minimum une prise de recul consciente sur soi. "Descendre de son vélo pour se regarder pédaler" au minimum...
Et pourquoi pas une analyse courte quand on a l'impression soi même d'être dans la névrose sans vraiment savoir ce qu'on y fait :D
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Messagepar AmThLi » 18 Jan 2013 17:53

Ok en fait on pensait à la meme chose :)
Sauf que je pense que c'est très difficile de descendre de vélo pour regarder comment on pédale, quand on reste tout seul... mais c mon avis perso.
Puisqu'on garde le nez dans le guidon, pour filer la métaphore hé hé.
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