Forum : Aides soignants (AS)

Nous sommes le 25 Juil 2014 10:03

Mot de passe oublié ?

Se souvenir de moi

Messagepar doudousan » 30 Déc 2012 22:43

Dans l'EHPAD où je suis, je suis confronté tous les matins lors des toilettes et tous les soirs lors des couchers à l’agressivité physique et verbale de la part de deux résidentes.
Pour le verbal, passe encore, on y est habitué à force mais pour le coté physique, il y a des jours où ca devient ingérable. Je ne compte plus le nombre de coups de pieds et de poings que j'ai pu prendre depuis que je suis sur ce secteur.
Pour une de ces personnes, nous étions même à trois un soir pour parvenir à la mettre en chemise de nuit et lui changer sa protection.

Y êtes-vous également confronté et comment réagissez-vous ?
DEAS obtenu en juin 2012 au CHU Purpan après une reconversion pro.
Pôle de Santé d'Arcachon en Médecine Oncologique de nuit.
doudousan
Insatiable
Insatiable
 
Messages: 444
Inscription: 10 Nov 2012 09:43

Messagepar lolo_82 » 31 Déc 2012 10:34

Coucou, je travaille actuellement en maison de retraite spécialisée, les résidents sont en majorité atteint d'Alzheimer ou autre, ils sont parfois violent avec nous
Le service est divisé en 3 unités de 12 lits, une de ces unités est une unité renforcée où là les résidents sont ceux qui ont le plus besoin d'encadrement dans cette unité, le personnel est plus nombreux tandis que dans les unités classiques nous sommes 2.

Pour les résidents qui ont tendance a être violent, on s'occupe d'eux toujours a deux! Si celà devient ingéreable, lors des transmissions on explique les situations et un transfert peu etre envisagé vers l'unité renforcé (le personnel est formé a gérer ces situations et est plus nombreux afin de pourvoir s'occuper correctement de tous les résidents)

Enfin dans tous les cas le transfert n'est pas tout le temps possible et il faut donc faire avec la violence, c'est pour cela que nous les faisons a 2, une qui tiens les mains pour l'occuper par exemple et l'autre que fait la toilette!
Dernière édition par lolo_82 le 31 Déc 2012 13:51, édité 1 fois.
ESI 2013/2016 à Auch
S1: SSR, S2: Maternité
lolo_82
VIP
VIP
 
Messages: 2552
Inscription: 18 Aoû 2012 20:36

Messagepar caducee33 » 31 Déc 2012 13:44

doudousan a écrit:Dans l'EHPAD où je suis, je suis confronté tous les matins lors des toilettes et tous les soirs lors des couchers à l’agressivité physique et verbale de la part de deux résidentes.
Pour le verbal, passe encore, on y est habitué à force mais pour le coté physique, il y a des jours où ca devient ingérable. Je ne compte plus le nombre de coups de pieds et de poings que j'ai pu prendre depuis que je suis sur ce secteur.
Pour une de ces personnes, nous étions même à trois un soir pour parvenir à la mettre en chemise de nuit et lui changer sa protection.

Y êtes-vous également confronté et comment réagissez-vous ?



Bonjour,

Cette violence se manifeste t'elle uniquement lorsque c'est toi (auquel cas on pourrait penser que c'est ta personne qui indispose ces deux résidentes, quelles qu'en soient les raisons, objectives ou subjectives) ou bien tout le monde y a droit?
Dans l'EHPAD où je travaillais il y a quelques années nous avions une psychologue qui intervenait 1 fois par semaine. Nous pouvions ainsi lui faire part des difficultés rencontrées auprès de telles ou telles personne et elle essayait de comprendre les mécanismes et d'aider à améliorer la situation. C'était une aide précieuse...

Peut-être pourrais tu essayer d'observer si ce sont des situations particulières et récurrentes qui les mettent hors d'elles (la toilette par exemple, ou la manière de présenter un soin ou une intervention) et essayer de limiter ce qu'elles considèrent comme de l'inconfort en n'exécutant que ce qui est absolument indispensable ? peut être qu'elles ont le sentiment d'être trop "sous contrainte" tout bêtement?
Il y a tellement de pistes en fait (rejet de l'institutionalisation, non acceptation de la dépendance, symptômes démentiels...) que c'est compliqué d'émettre une opinion...mais je comprend que ce soit difficile à vivre aussi pour les équipes.

as-tu, avez-vous (équipe) tenté d'en discuter à tête reposée avec elles à un moment où peut-être elles étaient plus accessibles?

Pas facile en tout cas, ni pour elle ni pour toi...

:|
après la Charente-maritime, puis les landes...Gironde me voilà !
Avatar de l’utilisateur
caducee33
VIP
VIP
 
Messages: 3008
Inscription: 19 Jan 2011 14:51

Messagepar caducee33 » 31 Déc 2012 13:51

Pour une de ces personnes, nous étions même à trois un soir pour parvenir à la mettre en chemise de nuit et lui changer sa protection.


Je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure solution...puisqu'elle aura forcément vécu cela comme une "agression" (toutes proportions gardées bien évidemment : je ne dit pas que vous l'étiez, je dis qu'elle a put le ressentir comme tel)...

A la limite tant pis pour la chemise de nuit...
j'ai connu ce genre de refus en centre de réadaptation auprès de jeunes traumatisés crâniens...Nous avions opté pour des mesures "alternatives" afin de ne se confronter en permanence aux patients opposants :
- nous les laissions dormir en tee-shirt ou autre mais nous disposions X alèses jetables partout sur le matelas... c'est sûr que ce n'était pas évident et qu'on a changé de nombreux draps mais peu à peu nous avons réussi à ne plus nous faire "jeter" dès qu'on passait dans la chambre pour voir si tout allait bien...et après un certain temps (quelques semaines je le reconnais) nous avons franchi l'étape de la protection...

:clin:
après la Charente-maritime, puis les landes...Gironde me voilà !
Avatar de l’utilisateur
caducee33
VIP
VIP
 
Messages: 3008
Inscription: 19 Jan 2011 14:51

Messagepar binoute1 » 31 Déc 2012 16:14

caducee40 a écrit:
Pour une de ces personnes, nous étions même à trois un soir pour parvenir à la mettre en chemise de nuit et lui changer sa protection.


Je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure solution...puisqu'elle aura forcément vécu cela comme une "agression" (toutes proportions gardées bien évidemment : je ne dit pas que vous l'étiez, je dis qu'elle a put le ressentir comme tel)...

A la limite tant pis pour la chemise de nuit...
:clin:

idem.

laisser la personne se calmer, quitte à en informer le veilleuses.

en ehpad, on dit tjs que les gens sont chez eux. que penserais-tu si des gens venaient chez toi le soir, à 3, que tu ne connais pas/ plus, et qui se ruent sur toit pour t'enlever tes fringues ?
ça fout les j'tons.
"Le psychiatre sait tt et ne fait rien, le chirurgien ne sait rien ms fait tt, le dermatologue ne sait rien et ne fait rien, le médecin légiste sait tout, mais un jour trop tard"
Avatar de l’utilisateur
binoute1
VIP
VIP
 
Messages: 3079
Inscription: 02 Juil 2008 20:45
Localisation: pas là où je voudrais

Messagepar augusta » 31 Déc 2012 17:39

Entierement d'accord avec ce qui est dit plus haut.
La violence est bien souvent la réponse à une angoisse.
Donc se mettre à 3 sur une personne âgée pour lui enfiler sa chemise de nuit....me semble forcement inadapté...

Parfois je pense qu'il faudrait se mettre 2 secondes à la place de l'autre.
Vous pouvez aussi poser votre voix, ralentir le soin, vous mettre en position basse, toucher/caresser le poignet....et surtout entrer dans la chambre en douceur, vous présenter, informer de ce que pourquoi vous êtes là, dire ce que vous voulez faire et pourquoi.....
Et si ça coinçe toujours....revenir plus tard, passer la main....

Si le soignant est violent dans sa façon de faire, le patient répond de la même manière et ainsi de suite....ou inversement....
IDE en médecine de la subjectivité (donc en psy!)
"Penser, c'est penser jusqu'où on pourrait penser différemment" Michel Foucault
Avatar de l’utilisateur
augusta
Star VIP
Star VIP
 
Messages: 8802
Inscription: 23 Mai 2008 19:29
Localisation: Dans les livres et aussi ailleurs.

Messagepar Creol » 03 Jan 2013 03:51

Je ne force jamais quelqu'un qui ne veut ni se mettre en pyjama ni dormir ni même manger.
Je note simplement le refus et explique ce que j'ai fait/proposé et les refus qui m'ont été signifié.

Nous devons sortir de cet obligation de soin courant et quotidien. Une personne qui dort sans son pyjama n'aggravera pas son état de santé.

Il reste que la direction met souvent la pression surtout en ehpad. A la cadre d'intervenir, c'est son job.
smile :)

Intérimaire en road trip.
Avatar de l’utilisateur
Creol
Accro
Accro
 
Messages: 1519
Inscription: 07 Jan 2008 16:51
Localisation: vit dans un camping car au pays des cigognes

Messagepar olivia26 » 23 Jan 2013 20:29

entierement ok avec caducee...a quoi bon si cette personne refuse les soins....pourquoi insister?...et quand c'est trop difficile on est en droit soit de passer le relai ou de dire non...en expliquant bien sur.....perso une personne qui refuse..je n'insiste pas car je sais que forcement mon soin sera de mauvaise qualité.....
olivia26
Habitué
Habitué
 
Messages: 60
Inscription: 22 Jan 2013 10:03

Messagepar lionel81 » 24 Jan 2013 08:18

tout a fait d'accord avec caducée.
AS depuis 1997
Avatar de l’utilisateur
lionel81
Fidèle
Fidèle
 
Messages: 173
Inscription: 13 Aoû 2010 15:12

Messagepar doudousan » 30 Jan 2013 08:47

Respecter le refus de soins, le refus de manger est une chose mais je me vois mal laisser une résidents avec des selles qui débordent de la protection.
Cette résidente agit ainsi quelque soit le soignant qui la prend en charge. Son traitement a été réévalué mais ca ne change rien.
Pour la chemise de nuit, il arrive régulièrement qu'on ne lui mette pas pour éviter justement les coups de pieds et de poings.
DEAS obtenu en juin 2012 au CHU Purpan après une reconversion pro.
Pôle de Santé d'Arcachon en Médecine Oncologique de nuit.
doudousan
Insatiable
Insatiable
 
Messages: 444
Inscription: 10 Nov 2012 09:43

Messagepar Looveforliife » 18 Nov 2013 09:40

Bonjour à toutes et à tous,
Je suis en première année, et j'effectue ce moment un stage de 5 semaines en EHPAD. C'est ma dernière semaine.
L'EHPAD comporte 2 unités Alzheimer : l'une comporte des résidents vraiment gentils, et l'autre des résidents plus difficiles à gérer...
Tous les matins depuis presque une semaine je me rends dans la chambre d'une résidente Alzheimer pour lui faire un pansement, et cette dame est particulièrement violente et refuse bien souvent le soin... quelque soit la personne...
Au départ, ça allait, je supportais plus ou moins les insultes, ou les coups. Mais là, je n'en peux plus... Je suis à bout, et je stresse de faire son pansement à chaque fois... Je me sens totalement "nulle" de ne pas savoir comment gérer cette situation qui me fait peur. Il m'arrive souvent d'en pleurer... J'ai du mal à gérer mes propres émotions..
Dans ce cas, comment aborder cette dame de la meilleure façon qu'il soit ? Vaudrait-il mieux revenir plus tard pour lui faire son pansement ?
Rien que ce genre de situation m'amène à me demander si ce métier est réellement fait pour moi...
┣▇▇▇═─ESI 2013-2016 & Aide-soignante à mes heures perdues :)

S1 : EHPAD-Unité Alzheimer
S2 : SSIAD

60/60 ECTS : 2ème année ! Go go go !
Avatar de l’utilisateur
Looveforliife
 
Messages: 16
Inscription: 12 Juin 2013 08:03

Messagepar Ridzel » 24 Nov 2013 15:27

Si tu ne peux plus gérer cette situation difficile tu peux demander à une de tes collègues de travail de te remplacer sur ce soin en particulier. Que tu sois élève ou pas... Surtout si ça commence à prendre le dessus sur ta vie personnelle, ta remise en question professionnelle etc...

Dans mon service quand on ne peu plus pour divers raisons: attachement à un patient en fin de vie, patients insultant le personnel...on essai de se faire relayer ! C'est aussi fait pour ça les collègues !

Bon courage !
Aide-Soignante en Pneumologie ! :)
Avatar de l’utilisateur
Ridzel
Fidèle
Fidèle
 
Messages: 156
Inscription: 22 Jan 2012 19:34

Messagepar myloma » 25 Nov 2013 14:36

bonjour looveforlife

tout d'abord, tu n es pas nulle
tu commences à découvrir les facettes difficiles du métier
je te rassure, quelle que soit ton expérience, tu seras confrontée à ce type de situation
je sais combien il est difficile de vouloir faire un soin (pour le bien de la personne ) et que celle ci soit opposante.
le souci c est qu elle ne sait plus discerner ce qui "est bon pour elle ou ce n est pas". ce qu elle comprend, c est que qq va la découvrir (même si tu la préviens), lui faire mal alors qu elle souffre à cet endroit.
en fait la planète "Alheimer" est un monde étrange
imagine débarquer sur une planète où les gens parlent sans que tu les comprennes, où ils font des trucs que tu ne captes pas
tu entends des sons mais ne sais pas ce que cela veut dire..bref, incompréhension totale et panique si ceux ci te touchent, te déshabillent, te font mal.
(ceci dit sans manquer de respect :) schématiquement, c'est pour te donner une idée ce que peut ressentir qq qui souffre de cette pathologie à un stade avancé.
alors, c'est pas top :pleure: .
on ne s habitue pas à ce type de comportement,
par contre, tu peux demander à un soignant de t'accompagner pour effectuer le pansement, d abord parce que presque impossible de le faire correctement
empêcher la personne de toucher la plaie , de te taper, de bouger...

c est à coup sûr le risque de faire des fautes d'aseptie vu l'incapacité de cette dame à comprendre le soin. alors, tu as le droit de demander à q de t'aider, même si c est un soin que "normalement " tu peux faire seule.
si cela s avère impossible il faut en parler à l infirmière pour en discuter en équipe, car tu n es pas la seule confrontée à ce souci avec elle, visiblement.

alors là, le médecin doit faire son boulot, recadrer le patient, et aussi revoir les traitements, car cette situation ne peut perdurer.
je comprends que cela te stresse, mais cela n'enlève en rien tes capacités de soignante.
j aurais été très inquiète à ton sujet, si tu "n en n avais rien à faire"
je te rassure, même en fin de carrière, cette situation me met aussi en difficulté; maintenant, j en parle en équipe pour faire bouger les choses.

perso, il m est arrivée de ne pas pouvoir changer ou faire d'autres soins à des patients "inapprochables"; j en ai parlé aux collègues, et elles ont bien compris.
et il en est de même pour elles
le moment choisi n est pas toujours le bon, alors,on réessaye à un autre moment

tu sais, tu vas apprendre à gérer, il n y a pas de recettes miracle, mais on apprend à prendre de la distance, c'est du vécu :)
tu pourras faire des formations sur l'agressivité, sur la maladie d'ALzeimer..cela permet de comprendre des trucs et surtout que l on n est pas seul (e) à vivre cela.

tu es loin d être nulle car tu sais remettre en question tes pratiques et ta façon d'être :)
allez, on continue et dans 3 ans c'est le DE :)
modérateur concours IFSI et ESI

"ce qui ne tue pas rend plus fort"
Nietzsche
Avatar de l’utilisateur
myloma
Modérateur
Modérateur
 
Messages: 814
Inscription: 03 Sep 2013 13:59

Messagepar vaness desiles » 08 Déc 2013 19:01

myloma a écrit:bonjour looveforlife

tout d'abord, tu n es pas nulle
tu commences à découvrir les facettes difficiles du métier
je te rassure, quelle que soit ton expérience, tu seras confrontée à ce type de situation
je sais combien il est difficile de vouloir faire un soin (pour le bien de la personne ) et que celle ci soit opposante.
le souci c est qu elle ne sait plus discerner ce qui "est bon pour elle ou ce n est pas". ce qu elle comprend, c est que qq va la découvrir (même si tu la préviens), lui faire mal alors qu elle souffre à cet endroit.
en fait la planète "Alheimer" est un monde étrange
imagine débarquer sur une planète où les gens parlent sans que tu les comprennes, où ils font des trucs que tu ne captes pas
tu entends des sons mais ne sais pas ce que cela veut dire..bref, incompréhension totale et panique si ceux ci te touchent, te déshabillent, te font mal.
(ceci dit sans manquer de respect :) schématiquement, c'est pour te donner une idée ce que peut ressentir qq qui souffre de cette pathologie à un stade avancé.
alors, c'est pas top :pleure: .
on ne s habitue pas à ce type de comportement,
par contre, tu peux demander à un soignant de t'accompagner pour effectuer le pansement, d abord parce que presque impossible de le faire correctement
empêcher la personne de toucher la plaie , de te taper, de bouger...

c est à coup sûr le risque de faire des fautes d'aseptie vu l'incapacité de cette dame à comprendre le soin. alors, tu as le droit de demander à q de t'aider, même si c est un soin que "normalement " tu peux faire seule.
si cela s avère impossible il faut en parler à l infirmière pour en discuter en équipe, car tu n es pas la seule confrontée à ce souci avec elle, visiblement.

alors là, le médecin doit faire son boulot, recadrer le patient, et aussi revoir les traitements, car cette situation ne peut perdurer.
je comprends que cela te stresse, mais cela n'enlève en rien tes capacités de soignante.
j aurais été très inquiète à ton sujet, si tu "n en n avais rien à faire"
je te rassure, même en fin de carrière, cette situation me met aussi en difficulté; maintenant, j en parle en équipe pour faire bouger les choses.

perso, il m est arrivée de ne pas pouvoir changer ou faire d'autres soins à des patients "inapprochables"; j en ai parlé aux collègues, et elles ont bien compris.
et il en est de même pour elles
le moment choisi n est pas toujours le bon, alors,on réessaye à un autre moment

tu sais, tu vas apprendre à gérer, il n y a pas de recettes miracle, mais on apprend à prendre de la distance, c'est du vécu :)
tu pourras faire des formations sur l'agressivité, sur la maladie d'ALzeimer..cela permet de comprendre des trucs et surtout que l on n est pas seul (e) à vivre cela.

tu es loin d être nulle car tu sais remettre en question tes pratiques et ta façon d'être :)
allez, on continue et dans 3 ans c'est le DE :)



Je n'aurai pas dit mieux
ESI 2014-2017

Mais où est donc passée la morale?
Avatar de l’utilisateur
vaness desiles
Adepte
Adepte
 
Messages: 130
Inscription: 25 Mai 2013 18:44

Messagepar Vivre Alzheimer » 09 Déc 2013 17:01

Qu'est-ce qui fait que vous acceptez que votre gynécologue vous scrute dans vos endroits les plus intimes?
- 1. vous reconnaissez la personne en face de vous comme étant un médecin.
Mais cela est-il suffisant? Si vous rencontrez votre médecin sur la plage, accepteriez-vous l'examen? Non parce que ce n'est pas le bon endroit, donc:
- 2. être dans un cabinet médical et savoir que vous êtes dans un cabinet médical.

Que se passe-t-il si l'un des ces 2 conditions n'est pas remplie? Si un inconnu s'approche de vous pour vous ausculter? Si votre médecin commence à vous toucher alors que vous êtes sur la plage? Et bien vous lui en mettez une sur la figure!

C'est exactement ce qui se produit avec la maladie d'Alzheimer.
-1. Ils souffrent d'agnosie, autrement dit de non-reconnaissance des objets et personnes environnantes. Sans parler des troubles de la mémoire. Donc il ne vous reconnait pas forcément quand vous entrez dans sa chambre et ne vous attribue par forcément le rôle de soignant.
-2. Ils souffrent de désorientations, autrement dit ils ne savent pas où ils se trouvent.

Donc vous avez toutes les chances qu'ils deviennent violent si vous entrez dans son intimité. Il convient de prendre certaines précautions pour entrer en communication avec lui: se présenter à lui à nouveau, dire son nom, le regarder dans les yeux et à sa hauteur en parlant d'une voix calme, commencer par lui toucher la main, l'inviter et non pas le forcer à vous suivre, décrire tous vos gestes avant même de les réaliser, le faire participer.....

Vous pouvez aller voir du côté des approches telles que l'Humanitude ou la Validation, elles peuvent vous donner quelques pistes pour rendre les relations moins tendues.
Des articles à ce sujet se trouvent ici:

http://vivre-alzheimer.fr/gineste-mares ... umanitude/
http://vivre-alzheimer.fr/validation-naomi-feil/
http://vivre-alzheimer.fr/
Avatar de l’utilisateur
Vivre Alzheimer
 
Messages: 2
Inscription: 22 Nov 2013 17:38

Suivante

Retourner vers Aides soignants (AS)