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Journée mondiale du diabète : des complications toujours aussi lourdes

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Diabète

En France en 2013, le bilan des complications affectant les personnes diabétiques traitées restait lourd, malgré une amélioration du suivi de la plupart des examens recommandés, selon des données publiées mardi dans un Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consacrée à cette pathologie à l'occasion de la Journée mondiale du diabète.

World diabete day

D'après l'OMS, le diabète devrait devenir la 7e cause de décès dans le monde d'ici 2030.

Ces nouvelles données sont issues de l'analyse du Système national d'information inter-régimes de l'assurance maladie (Sniiram), combinées à celles du Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) et du Réseau épidémiologique et information en néphrologie (Rein). Selon les travaux réalisés par Sandrine Fosse-Edorh et ses collègues de l'Institut de veille sanitaire (InVS), parmi les 3 millions de personnes traitées pharmacologiquement pour un diabète, 11 737 ont été hospitalisées pour infarctus du myocarde (soit une fréquence plus que doublée par rapport à la population générale) et 17 148 pour un accident vasculaire cérébral (AVC, surrisque de 60%). Par ailleurs, 20 493 hospitalisations pour plaie du pied ont été dénombrées cette année-là. Elles ont conduit à 7 749 amputations d'un membre inférieur, soit une fréquence sept fois supérieure à celle constatée dans la population générale. Les complications touchaient davantage les hommes que les femmes.

En 2013, plus de la moitié (52%) des 7 749 amputations ont concerné l'orteil, 19% le pied, 17% la jambe et 12% la cuisse.

Ce bilan, bien que limité aux diabétiques pris en charge par traitement pharmacologique, souligne la gravité du diabète et le chemin qui reste à parcourir pour réduire l'injustice des conséquences de cette maladie, pointe Jacques Bringer du CHU de Montpellier dans un éditorial d'introduction à ce BEH. La mise en place de ce système de surveillance permettra de mesurer les évolutions de l'incidence des complications et l'ampleur des inégalités. Les taux de personnes hospitalisées en 2013 étaient respectivement de 382/100 000 personnes diabétiques pour l'infarctus du myocarde et 559/100 000 pour l'AVC. Les auteurs s'étonnent que la fréquence des AVC soit supérieure à celles des infarctus du myocarde. A âge identique, le risque d'hospitalisation pour infarctus était près de deux fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes. L'inégalité homme/femme était moins prononcée pour l'AVC. Les risques d'infarctus et d'AVC étaient respectivement accrus de 30% et 60% chez les diabétiques bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU­C) par rapport aux non-bénéficiaires. Outre ces disparités socio-économiques, les auteurs ont identifié des différences géographiques. Dans le Limousin, en Poitou-Charentes, Bourgogne, Provence-Alpes Côte d'Azur (Paca), Midi-Pyrénées et Franche-Comté, les taux d'hospitalisations pour infarctus des diabétiques étaient supérieurs au niveau national.

En France, le diabète est responsable de 8 % des dépenses de l'assurance maladie, le trois quarts de ces coûts étant liés aux complications et maladies associées selon une étude de la Cnamts.

Progression de la maladie rénale

Les données issues du registre Rein indiquent qu'en 2013, 4 256 diabétiques ont débuté un traitement de suppléance pour insuffisance rénale chronique terminale, soit 142/100 000 diabétiques. L'incidence standardisée de cette complication, qui était relativement stable en 2009-11, tend à progresser depuis 2011, constatent Cécile Couchoud et Mathilde Lassalle de l'Agence de la biomédecine (ABM). Elles considèrent que cette évolution est multifactorielle et évoquent, pour l'expliquer, l'association fréquente du diabète et de l'obésité et l'amélioration de la survie cardiovasculaire, qui laisse "le temps à la maladie rénale de progresser". Les hospitalisations pour complications podologiques restent quant à elles "très fréquentes" dans la population diabétique française, estiment les épidémiologistes de l'InVS. Les hospitalisations pour amputations concernaient 252/100 000 personnes diabétiques. Ce taux était supérieur de 50% à celui de la population générale. Les taux d'hospitalisation pour amputation d'un membre inférieur ou plaie du pied étaient significativement plus importants chez les bénéficiaires de la CMU-C. De même, les disparités régionales étaient très marquées pour ces deux complications.

La « rétinopathie diabétique » touche près de 50% des patients diabétiques de type 2

Le bilan des complications s'avère lourd, pourtant le suivi des examens recommandés a progressé. Pour l'établir, la même équipe de l'InVS a comparé les données 2013 obtenues à partir de l'analyse des données du Sniiram aux estimations basées sur les études Entred 2001 et 2007. Le suivi de l'équilibre glycémique (trois dosages d'HbA1c) avait augmenté de 12 points depuis 2007 pour atteindre 51% en 2013. Le dosage de la créatininémie a également grimpé de 5 points pendant cette période et concernait 84% des diabétiques en 2013. Les deux auteures ont également constaté une élévation de quelques points des taux de patients dont le suivi lipidique et rénal était satisfaisant. Néanmoins, le suivi de la microalbuminurie restait très insuffisant puisque seulement 30% des patients l'avaient réalisé en 2013. Les suivis cardiologique (35% en 2013) et ophtalmologique (62%) ne s'étaient pas améliorés entre 2007 et 2013.

Le diabète en 10 chiffres clés

  1. Dans le monde il y aurait plus de 347 millions de personnes diabétiques

    En 2014, la prévalence mondiale du diabète était estimée à 9% chez les adultes âgés de 18 ans et plus. On est en présence d’une épidémie mondiale émergente imputable aux augmentations rapides enregistrées dans la fréquence du surpoids, de l’obésité et de la sédentarité.

  2. Le diabète pourrait devenir la 7e cause de décès dans le monde d’ici 2030

    D’après les projections, le nombre total de décès par diabète devrait augmenter de plus de 50% au cours des 10 prochaines années.

  3. Le diabète de type 2 représente près de 90% des diabètes dans le monde

    Les rapports faisant état d’un diabète de type 2 chez les enfants – autrefois rares – sont de plus en plus nombreux. Dans certains pays, ce diabète représente près de la moitié des nouveaux cas diagnostiqués chez l’enfant et l’adolescent.

  4. Une maladie cardio-vasculaire est à l’origine de 50 à 80% des décès chez les diabétiques

    Le diabète est devenu l’une des principales causes de maladie et de décès prématurés dans la plupart des pays, principalement du fait du risque accru de maladie cardiovasculaire (principalement cardiopathie et accident vasculaire cérébral).

  5. En 2012, le diabète a été la cause directe de 1,5 million de décès
  6. 80% des décès dus au diabète se produisent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire

    Dans les pays développés, la plupart des diabétiques ont dépassé l’âge de la retraite, tandis que dans les pays en développement, les personnes les plus fréquemment touchées ont entre 35 et 64 ans.

  7. Le diabète est une des principales causes de cécité, d’amputation et d’insuffisance rénale

    La méconnaissance du diabète, combinée à l’accès insuffisant aux services de santé et aux médicaments essentiels, peut entraîner des complications aboutissant à la cécité, à l’amputation et à l’insuffisance rénale.

  8. 30 minutes d'exercice par jour aide à prévenir le diabète de type 2

    30 minutes d'activité physique modérée à intense presque tous les jours ainsi qu'une alimentation saine, contribuent à réduire drastiquement le risque de développer un diabète de type 2. En revanche, le diabète de type 1 ne peut être évité.

  9. Les trois principales complications du diabète sont la cécité, l’amputation et l’insuffisance rénale.

    La méconnaissance du diabète, combinée à l’accès insuffisant aux services de santé et aux médicaments essentiels, peut entraîner des complications aboutissant à la cécité, à l’amputation et à l’insuffisance rénale.

  10. Le diabète gestationnel constitue un 3e type de diabète.

    Celui-ci se caractérise par une hyperglycémie, c’est-à-dire une élévation de la teneur en sucre du sang, avec des valeurs supérieures à la normale, mais inférieures à celles posant le diagnostic de diabète, apparaissant pendant la grossesse. Les femmes ayant un diabète gestationnel ont un risque accru de complications pendant la grossesse et à l’accouchement. Leur risque d’avoir un diabète de type 2 à un stade ultérieur de leur vie augmente également.

Source : l'Organisation mondiale de la santé

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