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La suture par agrafes associée à plus d'infections nosocomiales que par des fils

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Hygiène hospitalière

La suture par agrafes métalliques est associée au développement de plus d'infections du site opératoire que celle effectuée par des fils nylon après une chirurgie orthopédique, selon une méta-analyse publiée dans la version électronique accélérée du British Medical Journal (BMJ).
Toby Smith, et ses collègues, du Norfolk and Norwich University Hospital à Norwich (Royaume-Uni), ont évalué six études où 332 patients avaient fait l'objet d'une fermeture de leur plaie chirurgicale par sutures avec des fils et 351 avaient eu une fermeture par agrafes.

Le risque de développer une infection superficielle du site opératoire était 3,83 fois plus important avec les agrafes qu'avec les fils. Il était même 4,79 fois supérieur en cas de chirurgie de la hanche.

Il n'y avait cependant pas de différence statistiquement significative en termes de développement de l'inflammation, de suppuration, de lâchage de suture, de nécrose et de réaction allergique.

Ces études présentaient plusieurs limites méthodologiques majeures, comme le recrutement de petites cohortes sous-dimensionnées, une faible randomisation et l'absence d'évaluation des méthodes en aveugle. Seule une étude avait une méthodologie de qualité acceptable, soulignent les auteurs, en réclamant des études randomisées pour bien évaluer la question.

Ils recommandent cependant aux chirurgiens orthopédistes de reconsidérer l'utilisation des agrafes pour la fermeture des plaies chirurgicales, surtout pour la chirurgie de la hanche et du genou.

Dans un éditorial accompagnant l'article, Bijayendra Singh, du Medway Foundation NHS Trust à Gillingham (Royaume-Uni), ajoute que le temps épargné avec les agrafes par rapport aux fils est rarement plus de deux à trois minutes et souligne que les agrafes coûtent plus cher.

Opinion contre l'interdiction à l'hôpital de s'asseoir du le lit des patients

La même version électronique accélérée du BMJ publie une opinion intéressante d'un médecin généraliste de Londres, Iona Heath.

La praticienne s'insurge contre l'interdiction récente faite dans certains hôpitaux au Royaume-Uni de s'asseoir sur le lit des patients, cette mesure s'appliquant aussi bien aux visiteurs qu'aux cliniciens au nom du principe de la lutte contre les infections nosocomiales, tout comme celle de ne plus apporter de fleurs à l'hôpital.

Elle réclame des preuves sur l'impact réel de ces mesures et rappelle "la dimension humaine" qu'il ne faut pas perdre de vue. "On ne devrait jamais décourager les médecins à s'asseoir [sur le lit de leurs patients], parce que les patients estiment invariablement qu'on leur a consacré plus de temps si le médecin s'assied au lieu de rester debout".

(BMJ, publication accélérée en ligne du 17 mars)

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