AU COEUR DU METIER

L'Ordre infirmier réduit à sa "plus simple expression"

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ONI

Les réductions de coût envisagées doivent permettre un exercice en équilibre avec 300 000 infirmières cotisantes. Sa présidente attend que le ministère "exprime sa satisfaction".

L'Ordre infirmier réduit à sa "plus simple expression"Le Conseil national de l'Ordre infirmier a décidé mardi soir une baisse de la cotisation pour les infirmiers salariés à 30 euros et un maintien pour les libéraux à 75 euros. Interrogée sur les raisons pour lesquelles le conseil national a opté pour cette baisse de cotisation, Dominique Le Boeuf, sa présidente, a expliqué que les élus avaient "senti qu'il y avait une demande forte à la fois des infirmiers et du ministère [de la santé] de [lancer ce] message (...), donc on l'a fait".

Elle a rappelé que, parmi les cinq hypothèses budgétaires réalisées par l'Ordre, celle d'une cotisation des infirmiers salariés ramenée à 30 euros avec une cotisation à 75 euros pour les libéraux devait entraîner un résultat final de l'exercice déficitaire (de 7,2 millions d'euros).

Mais "nous avons pris des mesures d'économies pour rentrer sur un budget qui tienne la route", a-t-elle ajouté, précisant que "des coupes sombres" avaient été réalisées. Elle a cité par exemple la suppression de l'envoi du bulletin de l'Ordre aux infirmiers tous les deux mois. "Nous ne l'enverrons plus en format papier, mais en pdf", a-t-elle expliqué, précisant qu'il s'agissait de "gros budgets" en raison des frais d'affranchissement. En outre, l'envoi des caducées va être "réduit aux libéraux" car ce sont "eux qui en ont particulièrement besoin", a-t-elle ajouté.

Sur la masse salariale, les recrutements en cours vont être arrêtés. Les déplacements et les indemnités de conseillers vont également être réduits, a indiqué Dominique Le Boeuf.

Interrogée sur l'éventuelle suppression d'un échelon, la présidente de l'Ordre a d'abord souligné que seule une modification de la loi permettait de le supprimer. Elle a en outre estimé qu'il fallait "donner des capacités de recours aux infirmiers quand ils sont en conciliation en chambre régionale". Elle a renchéri en expliquant qu'il avait été décidé de "réduire à sa plus simple expression, législative et réglementaire, les missions de l'Ordre".

Par exemple, le conseil régional ne va plus se réunir pour évoquer la démographie des infirmières, mais se réunira uniquement pour des sessions obligatoires comme par exemple sur la suspension d'exercice et la discipline. Au niveau du conseil national, "on ne communiquera qu'avec les moyens du bord", a-t-elle indiqué, faisant remarquer toutefois que c'était paradoxal avec la demande d'une plus grande communication de l'Ordre.

Interrogée sur les coûts liés aux locaux du conseil national, Dominique Le Boeuf a indiqué que, pour l'instant, il souhaitait les garder car cela n'était pas ce qui coûtait le plus cher. Sur un éventuel rapprochement des locaux des conseils départementaux et régionaux, elle a affirmé que c'était "déjà le cas, sauf deux exceptions". Elle a ajouté que l'équilibre budgétaire, avec ces nouveaux montants de cotisation, serait atteint avec 300.000 inscrits.

Même si l'instance ne fera "plus que ce qui est indispensable", elle a tenu à souligner que cela n'était "pas pour autant que l'Ordre se réduisait". Elle a ainsi signalé qu'au niveau local, les départements travaillaient et avaient déjà des relations avec les infirmiers, soulignant qu'ils n'étaient "plus dans une problématique de développement".

Au niveau national, elle a indiqué que l'Ordre allait continuer à travailler sur les différents sujets, mais plutôt communiquer grâce au site internet. Elle a notamment cité un appel à contributions sur la dépendance, sur les droits des patients et les infirmiers ou sur les pratiques avancées. "Maintenant que nous avons répondu aux attentes du ministère, on espère fort que le ministère puisse exprimer sa satisfaction", a-t-elle ajouté, précisant qu'elle attendait un soutien moral de sa part.

La secrétaire d'Etat à la santé, Nora Berra, s'est montrée peu engageante, en envisageant mardi que l'adhésion à l'Ordre puisse devenir facultative. "Nous serons très attentifs à la réaction que cette décision suscitera auprès des infirmiers eux-mêmes. Si l'Ordre ne parvient pas à convaincre les professionnels, il nous faudra envisager une adhésion facultative pour tous les infirmiers", a déclaré Nora Berra à l'Assemblée nationale lors de la séance des questions d'actualité.

Cette réponse n'est pas allée dans le sens des demandes du député UMP qui lui a posé la question, Etienne Blanc (Ain), qui a souhaité une intervention de l'Etat en faveur de l'Ordre, notamment pour obtenir les fichiers d'infirmiers auprès des hôpitaux et un soutien pour améliorer le recouvrement des cotisations.

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Commentaires (14)

frondupepagiline

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#14

niet !!!

nous ne voulons pas de l'oni (honni!) ,assez de supérieur(e)s ,de chef(fe)s , de directeurs et trices , l' oni ne nous défend pas , c'est juste une planque pour des ex infirmières loin depuis longtemps , des soins aux malades !
ni à 75 euros , ni à 30 euros ! ne tombons pas dans le piège !!!!! tout ce qu'ils et elles veulent , c'est nous faire payer leurs bureaux et leur incompétence !!
leur dette est de plusieurs 10aines de millions d'euros !!!!
plus que jamais , ne cédons pas !! aujourd'hui 30 euros , demain 80 , 100 ! 150 euros !! etc !!!

brindherbe

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#13

clôture

A part les IDE libéraux, qui veux de l'ordre ? Même avec une cotisation réduite ou voire gratuite, je n'en veux pas et je ne suis pas la seule...Nous avons assez de "supérieurs" à qui rendre compte de notre travail et pour surveiller nos pratiques. Quand est-ce-que Le ministère décidera de se prononcer en faveur de la voix de tous les professionnels qui sont contre, sachant que certains ont subi une pression pour adhérer à l'ordre. Quelle mascarade et quel gâchis financier.

roxor

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#12

gestion

Quand on pense avoir beaucoup d'argent (d'adhérents) on gère comme un politique! Il n'est pas difficile de "claquer" l'argent des autres. Mais quant on est à sec, on gère "responsable", mais pour cela les diplômes ne suffisent pas. Il faut avoir passé par un poste où le salaire dépend de l'efficacité, mais à ce niveau ce n'est bien sûr pas obligatoire: "on est au-dessus de cela", eh ben non ! C'est bien un mal français et on reste intouchable. Mme. Le Boeuf, faites-vous aider, à être rentable, ou à partir.
Mieux encore, retournez sur le terrain.

yves14

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#11

autistes

bonjour, même à 30 Euro les infirmiers disent non à l'ordre; les politiques vont-ils enfin comprendre que les salariés ne veulent pas d'un ordre; et qu'aujourd'hui 30 euro c'est seulement 20 litres de gazoil... que l'avis de saint anne n'est pas le notre:amen
en période électorale 350000 salariés=350000 voix ne l'oublions pas infirmiers et ne l'oubliez pas députés.

.cedr1c.

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#10

Cessation de paiement?

Et nous sommes le 1er avril, la BRED annonce l'arrêt de la ligne de trésorerie.

Pendant ce temps, cet ordre montre une fois de plus son indépendance en allant pleurer à Matignon, et vers Nora Berra, tout en profitant des élus à double casquettes qui utilisent leurs syndicats pour tenter de trouver une solution...

.cedr1c.

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207 commentaires

#9

Fin de l'ordre, pas de ses élus

Ce logo (moins cher que celui de pôle emploi, surtout que le prix est celui de toute la charte graphique) n'explique pas les 10 millions de dettes, couverts par tout les élus qui seront j'espère tout autant tenus responsables de ce fiasco financier.

Bref, dans 42 minutes, nous seront le 1er Avril...

talg

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#8

au revoir

l oni je dis oui mais sans dominique leboeuf et surtout sans mme leboeuf
tiens puisqu on en parle comment mme la presidente explique t elle l attribution du logo oni a l agence de comm de son frere pour un budget de 200 000 euros??? surtout pour la gueule qu il a? ca va ca paye les bananes??
meme les grands psychotiques font mieux
enfin moi j dis ca j dis rien!! parait que c est a la mode

Pumba007

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#7

oki

Et je dis oui

Pumba007

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#6

Démission

Leboeuf Démission .

migraine

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75 commentaires

#5

ah bon ?

"Dominique Le Boeuf, sa présidente, a expliqué que les élus avaient "senti qu'il y avait une demande forte à la fois des infirmiers et du ministère [de la santé] de [lancer ce] message (...), donc on l'a fait"."

ils viennent seulement de le découvrir ??????
en plus d'être muets, ils sont sourds et aveugles....nous voilà bien !

erick

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#4

adieu veaux vaches cochon...

Reste toujours 300 000 infirmier(e)s à convaincre....

Même gratuit, je dis toujours non.

ridfa69

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#3

je la comprend

Je lui jette pas la pierre moi aussi tant qu'a faire entre 2 reunions j aurais preferer manger sur les champs elysée et fair les boutiques du coin que mangé un kebab a poissy et finir au lidl
Mais c'est vrai que moi je paye avec mon labeur et non avec un pret de la BRED

.cedr1c.

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#2

plouf

L'article a commencé à être rédigé avant l'intervention de Nora Berra, non?

Tout ceci montre bien que l'ordre garde son train de vie, préférant faire des sacrifices sur du personnel, sur des magazines et caducées, mais surtout pas sur les locaux. Le local parisien qui n'est pas le plus couteux selon DLB revient tout de même à 332 585€: 299 975€ de loyer + 3000 de revalorisation + 4735 de parking+47 de revalorisation + 3060 de crédit bail + 8656 de ménage + 11412 et 1700 de charges locatives on ne compte pas le personnel ou le mobilier).

Pour le reste, il faudra bel et bien qu'ils trouvent les 300 000 cotisants sans l'aide du ministère, idem pour se trouver une banque.

Pour moi, l'ordre infirmier c'est toujours non.

moutarde

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#1

Attentes

"Maintenant que nous avons répondu aux attentes du ministère, on espère fort que le ministère puisse exprimer sa satisfaction"

Mais enfin Mme DLB, n'avez vous pas encore compris que ce n'est pas aux attentes du Ministère que vous devez répondre mais à celles des IDE ? Même le Ministère l'a (enfin) compris même si le "process" a été un peu long et que cette réponse est dictée par des... intérêts peut être supérieurs.