HAUTE AUTORITÉ DE SANTÉ

Soins palliatifs : la HAS valide un protocole de coordination infirmière

Publié le 22/06/2026

La Haute autorité de santé a validé un protocole de coordination infirmière en soins palliatifs. Les médecins pourront déléguer aux infirmiers un certain nombre d'actes, notamment dans la prise en charge de la douleur. À condition que soient apportés quelques ajustements.

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Le protocole de coopération infirmière en soins palliatifs était dans les tuyaux depuis 2024. L'avis favorable, sous certaines conditions, de la Haute autorité de santé (HAS) permet désormais sa mise en place effective. Il concerne «tout patient âgé d’au moins 15 ans (y compris les patients bénéficiant d’une protection juridique) atteint d’une ou plusieurs pathologies graves, évolutives ou terminales pour lequel une expertise en soins palliatifs est demandée par le médecin traitant ou le médecin référent ou un professionnel de santé ou le patient lui-même ou son entourage», rappelle l’Agence sanitaire, en ouverture. Le médecin doit être joignable lorsque l’infirmier voit le patient, et des réunions de délégation doivent être organisées régulièrement : à un rythme trimestriel la première année puis semestriel au minimum. Les urgences cliniques, la grossesse et «les situations complexes sur le plan éthique et psycho-social» en sont par ailleurs exclues. 

Dans le détail, il intègre 17 dérogations, du médecin exerçant en soins palliatifs à un infirmier qui exerce dans la même filière. Les infirmiers exerçant sous ce protocole sont ainsi autorisés à conseiller, prescrire ou renouveler un traitement par paracétamol, des soins et des gestes infirmiers ou des dispositifs médicaux et des aides techniques, ou encore à prendre en charge un globe urinaire et à prescrire un transport sanitaire.  

Plusieurs ajustements demandés sur la prise en charge de la douleur

Pour ce qui est de la prescription et du renouvellement d’antidouleurs, morphine et MEOPA en anticipation ou opioïdes de palier 3 face à des patients en échec d’antalgiques de palier 2, la HAS préconise plusieurs adaptations du protocole : que la primo-prescription des antalgiques de palier 3 se limite aux traitements par voie orale, ceux en voie intraveineuse ou sous-cutanée devant d’abord passer par la validation du médecin. Même chose pour toute adaptation ou modification de la voie d’administration d’antalgiques de palier 3. Ces adaptations concernent également la primo-prescription des anxiolytiques

Autre ajustement demandé, les arbres décisionnels mobilisés dans la dérogation portant sur le renouvellement ou l’adaptation du traitement de la douleur neuropathique doivent être harmonisés avec ceux du protocole de coopération «douleurs chroniques», sur lequel la HAS a également rendu un avis favorable.  

L’Agence choisit par ailleurs de supprimer la dérogation permettant aux infirmiers de prescrire, renouveler et adapter le traitement symptomatique d’une dyspnée. Enfin, elle soumet l’exercice dans le cadre de ce protocole à des exigences de formation, avec un renforcement de la formation théorique et pratique des infirmiers et la mise en place d’une formation continue. Les professionnels médicaux comme paramédicaux qui prendront en charge des patients mineurs devront, quant à eux, justifier d’une expérience professionnelle en soins palliatifs pédiatriques.  

Ce protocole de coopération s’inscrit dans un contexte plus large de transformation de l’offre en soins palliatifs. La stratégie nationale présentée en avril 2024 prévoyait notamment la création de ce protocole, en plus de la création d’équipes mobiles. Un impératif, alors que les besoins en soins palliatifs n’étaient alors couverts qu’à 50%. 

Accéder à l'avis de la HAS sur le protocole de coopération national « Prise en charge des patients requérant des soins palliatifs par des infirmiers experts exerçant dans la filière soins palliatifs, en coopération avec les médecins exerçant dans cette filière »

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com