Plus d'un patient sur deux arrivant en salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI) est en hypothermie, selon les résultats préliminaires d'une enquête française présentés le 22 septembre 2016 au congrès de la Société française d'anesthésie et de réanimation (Sfar) à Paris.
Anesthésie : quid de l'hypothermie peropératoire ? La Sfar mène une enquête sur le sujet.
Bien qu'il existe depuis longtemps des moyens de prévention de la baisse de température centrale induite par l'anesthésie, ils ne sont pas forcément appliqués. En Europe, une enquête publiée en 2007 avait montré que moins de la moitié des patients étaient réchauffés en peropératoire et moins d'un quart bénéficiaient d'un monitorage de la température, rappellent S. Bekka du groupe hospitalier Paris Saint-Joseph et ses collègues, dans le résumé de leur communication.
Ils ont mené une étude observationnelle, sous l'égide de la Sfar, afin d'établir la prévalence de l'hypothermie peropératoire en France. Il est prévu d'inclure 1 000 patients dans 50 centres, âgés de 45 ans et plus, recevant une chirurgie non ambulatoire supérieure à 30 minutes, sous anesthésie générale ou neuro-axiale. La température centrale a été mesurée de l'entrée au bloc opératoire à la sortie de SSPI, et masquée de l'anesthésiste.
Les chercheurs rapportent dans leur résumé les résultats obtenus sur les 725 patients inclus à ce jour, dans 41 centres. Parmi eux, 92% avaient reçu un réchauffement cutané et 11% un réchauffement des fluides.
Une température inférieure à 36°C, définissant l'hypothermie, a été constatée à l'arrivée en SSPI chez 53,7% des patients. Leur température moyenne était de 35,4°C, tandis que chez les patients non hypothermes, elle était de 36,5°C. Les patients hypothermes ont eu une durée d'anesthésie (2,7 heures contre 3,0 heures) et une durée de réchauffement cutané (2,4 heures contre 2,7 heures) significativement plus courte. En outre, un nombre significativement plus important de patients hypothermes était sous ventilation assistée en SSPI (55,6% contre 44,4%), leur durée de séjour en SSPI était significativement plus longue (143 minutes contre 125 minutes) et leur température centrale à la sortie était plus basse (36,0°C contre 36,5°C).
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