AU COEUR DU METIER

Un seul texte pour régir la profession d'infirmière

Les compétences des infirmières se déploient sur deux axes : rôle propre et rôle médico-délégué. Rappels sur ce qui constitue le cœur de métier des infirmières.

C'est le décret du 29 juillet 2004 du code de la santé publique qui définit l'ensemble des soins infirmiers. Ce texte réunit à la fois le décret du 16 février 1993 relatif aux règles professionnelles et l’ancien décret du 11 février 2002 relatif aux actes professionnels.

Rôle propre et rôle médico-délégué

competence infirmiere

Compétence infirmière et texte régissant la profession

La profession s'articule autour de deux pôles : le rôle propre et le rôle médico-délégué.

- L'article R.4311-3 du code de santé publique dispose que : « relèvent du rôle propre de l'infirmier ou de l'infirmière les soins liés aux fonction d'entretien et de continuité de la vie et visant à compenser partiellement ou totalement un manque ou une diminution d'autonomie d'une personne ou d'un groupe de personnes. Dans ce cadre, l'infirmier a compétence pour prendre les initiatives et accomplir les soins qu'il juge nécessaires » (lire l'article Définition du rôle propre de l'infirmier

- Le rôle sur prescription spécifie le seul lien hiérarchique existant entre le médecin et l'infirmier. Ce dernier est chargé de la mise en application des prescriptions médicales et de la surveillance des effets secondaires ou complications qui pourraient en découler. Il n'est cependant pas qu'un simple exécutant, il doit en permanence faire le lien entre ses connaissances et les ordonnances faites par les médecins. En effet, il lui serait reproché d'avoir appliqué une prescription absurde. Il doit donc savoir interpeller le praticien lorsqu'il identifie une erreur ou en tout cas une prescription atypique, afin d'en obtenir confirmation.

L’exercice de la profession d’infirmier comporte donc l’analyse, l’organisation, la réalisation des soins infirmiers et leur évaluation. Les soins préventifs, curatifs, palliatifs intègrent qualité technique et qualité des relations avec le malade. Ils ont pour objet dans le respect des droits de la personne, dans le souci de son éducation à la santé et en tenant compte de la personnalité de celle-ci dans ces composantes physiologiques, psychologiques, économique, sociale et culturelle.

Ce décret représente les sources de l'obligation de l'infirmier et sert de référence légale aux juges lors des actions en responsabilités médicales menées contre l'infirmier.

Vous pouvez lire une analyse de ce décret ici

Un référentiel de compétences pour les étudiants en soins infirmiers

Enfin, pour se plier aux exigences européennes, tous les métiers et tous leurs diplômes doivent faire mention de leurs compétences via un « référentiel », puis se décliner ensuite en un référentiel de formation. De fait, dans le cadre du nouveau programme de formation des étudiants en soins infirmiers (arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d'État d'infirmier) (à lire Le nouveau texte de référence sur le diplôme d'infirmier est publié) on parle pour la première fois de « compétences infirmières » au travers d'un « référentiel de compétences ».

Cependant, les référentiels d’activités et de compétences du métier d’infirmier diplômé d’État ne se substituent pas au cadre réglementaire. En effet, un référentiel n’a pas vocation à déterminer des responsabilités. Il s’agit de décrire les activités du métier, puis les compétences. Celles-ci sont rédigées en termes de capacités devant être maîtrisées par les professionnels et attestées par l’obtention du diplôme d’Etat. Cette description de « 10 compétences » s’inscrit dans la réglementation figurant au code de la santé publique (CSP).

  1. Évaluer une situation clinique et établir un diagnostic dans le domaine infirmier.
  2. Concevoir et conduire un projet de soins infirmiers.
  3. Accompagner une personne dans la réalisation de ses soins quotidiens.
  4. Mettre en oeuvre des actions à visée diagnostique et thérapeutique.
  5. Initier et mettre en oeuvre des soins éducatifs et préventifs.
  6. Communiquer et conduire une relation dans un contexte de soins.
  7. Analyser la qualité des soins et améliorer sa pratique professionnelle.
  8. Rechercher et traiter des données professionnelles et scientifiques.
  9. Organiser et coordonner des interventions soignantes.
  10. Informer et former des professionnels et des personnes en formation.

Et pour demain ?

On peut imaginer que ces 10 compétences à acquérir pourrait à l'avenir s'enrichir de nouvelles. Certains en ont déjà imaginé une onzième, tournée vers l’infirmière et centrée sur elle, afin de lui permettre de perdurer dans la profession et, de fait d’exercer plus longtemps ses dix autres compétences au lit du malade. Cette onzième compétence reposerait sur l’accompagnement du professionnel.

Compétences infirmières, les documents

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