AU COEUR DU METIER

Etre infirmière - mythe, réalité et perspectives...

profession infirmiere etre infirmiereSoulignons que pour bien appréhender cette profession, son profil, ses missions et ses compétences, il est nécessaire de bien comprendre d'où viennent les infirmières et comment leur profils, leurs missions et leurs compétences ont évolué au fil du temps. Une meilleure compréhension de ce passé permet en effet de saisir la signification originelle et primordiale des soins : celle de maintenir, promouvoir et développer tout ce qui existe ou tout ce qui reste de potentiel de vie au sein des êtres vivants.

Pour exercer, les infirmières diplômées d'Etat doivent solliciter leur inscription au tableau de l’Ordre des infirmiers en s'adressant au conseil départemental de l’Ordre (CDOI) du lieu où elles envisagent d’exercer. Elles doivent  déposer un dossier complet et, parallèlement, faire enregistrer leur diplôme auprès de la délégation territoriale de l’ARS (ex-DDASS) dans le département où elles envisagent d’exercer.

Les infirmiers doivent être obligatoirement enregistrés sur le fichier ADELI, système d'information national sur les professionnels de santé contenant des informations comme état civil, situation professionnelle, activités exercées et cela quel que soit leur mode d'exercice (Arrêté du 27 mai 1998 - Journal Officiel du 17 juillet 1998). Un numéro ADELI est attribué à tous les infirmiers salariés ou libéraux et leur sert de numéro de référence. C’est ce numéro qui est indiqué sur les Cartes de Professionnel de Santé (CPS).

Quelle définition donner du métier d'infirmière ? Si l'on s'en tient au programme de formation, il s'agit :

  • d'évaluer l’état de santé d’une personne et d'analyser les situations de soins ;
  • de concevoir et définir des projets de soins personnalisés ;
  • de planifier des soins, les prodiguer et les évaluer ;
  • de mettre en œuvre des traitements.

Les infirmiers dispensent des soins de nature préventive, curative ou palliative, visant à promouvoir, maintenir et restaurer la santé, ils contribuent à l’éducation à la santé et à l’accompagnement des personnes ou des groupes dans leur parcours de soins en lien avec leur projet de vie. Les infirmiers interviennent dans le cadre d’une équipe pluri-professionnelle, dans des structures et à domicile, de manière autonome et en collaboration.

Leurs contributions sont ainsi multiples : aide matérielle et psychologique dans les actes quotidiens perturbés par la maladie (respiration, alimentation, hygiène...), accompagnement dans la maladie physique ou mentale et lors des soins, réalisation des prescriptions médicales (injections, pansements...), éducation de la personne ou d'un groupe pour maintenir ou restaurer sa santé, organisation des soins et collaboration avec les autres travailleurs sanitaires et sociaux.

La profession infirmière est régie par les dispositions du code de la santé publique, depuis le décret n° 2004-802 du 29 juillet 2004 (le Décret de compétence du 11 février 2002 est abrogé)

Article R. 4311-1 : L'exercice de la profession d'infirmier ou d'infirmière comporte l'analyse, l'organisation, la réalisation de soins infirmiers et leur évaluation, la contribution au recueil de données cliniques et épidémiologiques et la participation à des actions de prévention, de dépistage, de formation et d'éducation à la santé. Dans l'ensemble de ces activités, les infirmiers et infirmières sont soumis au respect des règles professionnelles et notamment du secret professionnel. Ils exercent leur activité en relation avec les autres professionnels du secteur de la santé, du secteur social et médico-social et du secteur éducatif.

Les compétences des infirmières se déploient sur deux axes : rôle propre et rôle médico-délégué. Le Code de la santé publique, Article L4311-1 dit ceci : « Est considérée comme exerçant la profession d'infirmière ou d'infirmier toute personne qui donne habituellement des soins infirmiers sur prescription ou conseil médical, ou en application du rôle propre qui lui est dévolu. L'infirmière ou l'infirmier participe à différentes actions, notamment en matière de prévention, d'éducation de la santé et de formation ou d'encadrement.."

Lire aussi l'article "Un seul texte pour régir la profession infirmière"

Un rapport de l'OCDE (2013) pour une vision élargie du métier infirmier

Le rapport Panorama de la Santé 2013 - Les indicateurs de l'OCDE, chapitre sur le personnel infirmier (p. 76-79) rappelle que les infirmiers sont beaucoup plus nombreux que les médecins dans la plupart des pays de l’OCDE. Ils jouent un rôle essentiel dans l’offre de soins, non seulement dans les structures traditionnelles comme les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée, mais aussi, de plus en plus, dans les centres de soins primaires (en particulier pour les soins aux personnes souffrant de maladies chroniques) et à domicile. Beaucoup de pays redoutent en effet une pénurie de personnel infirmier et cette inquiétude pourrait fort bien s’intensifier dans les années à venir du fait que la demande va continuer de s’accroître alors que le vieillissement de la génération du « baby-boom » va entraîner une vague de départs à la retraite. Ces préoccupations ont conduit de nombreux pays à prendre des mesures pour former davantage d’infirmiers et inciter le personnel à rester dans la profession.

En moyenne, parmi les pays de l’OCDE, on dénombrait 8.8 infirmiers pour 1 000 habitants en 2011. C’est en Suisse, au Danemark, en Belgique et en Islande que le nombre d’infirmiers par habitant était le plus élevé, avec une densité supérieure à 14 pour 1 000 habitants (dans le cas de la Belgique, les données se rapportaient à tous les infirmiers autorisés à exercer, d’où une surestimation). La France se situe en milieu de tableau avec une densité à 8.7. Les pays de l’OCDE où la densité était la plus faible sont la Turquie, le Mexique et la Grèce. Les grands pays émergents, comme l’Indonésie, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Brésil et la Chine, affichaient également une densité faible par rapport à la moyenne de l’OCDE, puisqu’elle était inférieure à 2 infirmiers pour 1 000 habitants en 2011. Certains d’entre eux ont toutefois enregistré une augmentation rapide du nombre d’infirmiers au cours des dernières années.

En 2011, le ratio infirmiers-médecins était compris entre 4.5 au Japon, et 0.5 en Grèce et 1.0 en Turquie. Là encore, la France se situe à un niveau médian avec un ratio de 2.6. Le ratio était aussi relativement faible au Mexique, en Espagne, en Israël et au Portugal, où il était inférieur ou égal à 1.5 infirmier par médecin. La moyenne pour les pays de l’OCDE était légèrement inférieure à trois, la majorité des pays comptant entre deux et quatre infirmiers par médecin.

Le rapport de l'OCDE apporte également un éclairage intéressant concernant la question des pratiques avancées. Il rappelle en effet que pour faire face aux pénuries de médecins et garantir un accès aux soins satisfaisant, certains pays ont attribué des fonctions plus complexes au personnel infirmier. Les évaluations relatives aux infirmiers praticiens réalisées aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni montrent que, s’agissant de certains patients, en particulier ceux qui rencontrent des problèmes de santé mineurs ou qui ont besoin d’un suivi ordinaire, ce personnel infirmier de pratique avancée peut permettre d’améliorer l’accès aux services de santé et de réduire les délais d’attente, tout en fournissant des soins de même qualité que les médecins. La plupart des évaluations révèlent que ce modèle s’avère très satisfaisant pour les patients et influe à la baisse sur les coûts ou a un effet neutre. La mise en place de pratiques infirmières avancées peut nécessiter des changements dans la législation et la réglementation afin de lever les barrières à leur développement.

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