AU COEUR DU METIER

Quid de l'exercice infirmier salarié

exercice salarie profession infirmierIl a quelques temps encore, la profession infirmière vivait le plein emploi... Aujourd'hui, dans certains régions de France, les postes se font rares et le chômage infirmier a fait son apparition...  Néanmoins, la profession infirmière est, on le sait, très diversifiée et les terrains où chacun peut exercer ses compétences sont multiples :

  • hôpitaux, dans les services de soins (services de médecine, chirurgie, réanimation, SMUR, urgence, bloc opératoire, consultations, psychiatrie, gériatrie...) ;
  • cliniques, centres de rééducation..
  • établissements scolaires ;
  • centres de soins, dispensaires, associations, centres de prévention... ;
  • maisons de retraite ou service de maintien à domicile des personnes âgées ;
  • entreprises au sein des services de santé au travail ;
  • armée, Sapeurs Pompiers, humanitaire... ;
  • exercice libéral (après deux ans d'expérience en établissement de soins).

De plus, le Diplôme d'État d'infirmière délivré en France permet d'exercer dans les pays de l'Union Européenne mais aussi au Québec.

Les infirmiers exercent majoritairement à l’hôpital public :

  • 54 % sont salariés d'un hôpital public ;
  • 17% sont salariés d’un hôpital privé participant au service public hospitalier (PSPH, 6 %) ou n’y participant pas (non PSPH, 11 %) ;
  • 15% exercent en secteur libéral ;
  • 10% sont salariés non hospitaliers d’une autre structure (intérim, santé scolaire…) ;
  • 4% salariés d’un établissement pour personnes âgées.


La répartition par structure d’exercice, et plus généralement par mode d’exercice, varie en fonction de l’âge, notamment du fait de l’obligation d’exercer au préalable pendant deux années en tant que salarié sous la responsabilité d’un cadre de santé dans un établissement de soins ou au sein d’un groupement de coopération sanitaire. Ainsi, les infirmiers nouvellement diplômés exercent majoritairement en tant que salariés dans des hôpitaux publics.

Pour suivre les transitions en cours de carrière, seul le répertoire ADELI (Enregistrement des diplômes des professionnels de santé, du social et des psychologue) qui constitue une base exhaustive et longitudinale, peut être utilisé. En moyenne, 2,6 % des infirmiers âgés de moins de 65 ans changent chaque année de mode d’exercice (on distingue ici 5 modes d’exercice : libéral, salarié de l’hôpital public, salarié de l’hôpital privé, salarié dans un établissement pour personnes âgées et autre salarié non hospitaliers) entre deux années consécutives.

Cette probabilité est corrélée au genre, et à l’âge. En effet, les infirmiers sont proportionnellement plus nombreux à changer de mode d’exercice que les infirmières et la probabilité de changer de mode d’exercice décroît avec l’âge. Ce sont les moins de 25 ans qui ont la plus forte probabilité de changer de mode d’exercice. En revanche, après 30 ans, il semble que les divergences en matière de changement de mode d’exercice se réduisent.

Selon la dernière publication de la Drees (Études et résultats n° 846, juillet 2013) , les professionnels soignants âgés de moins de 30 ans travaillent davantage dans les centres hospitaliers universitaires et régionaux et dans les cliniques privées. Ils exercent également plus fréquemment dans les régions du nord de la France, au contraire des professionnels plus expérimentés, âgés de 50 ans et plus, plus présents dans le sud de la France. Dans la moitié des régions françaises, les professionnels soignants âgés de 50 à 60 ans représentent plus du quart des salariés âgés de 20 à 60 ans. Cette situation va entraîner, dans les années à venir, de nombreux départs en retraite.

Les conditions de travail sont très variables selon les secteurs d'activité et la question agite de façon récurrente les soignants qui se plaignent de plus en plus de conditions difficiles d'exercice : environnement de travail dégradé, charge de travail croissante, relations hiérarchiques et d'équipes en souffrance, manque d'informations, demandes de formations rejetées faute d'effectifs, manque de reconnaissance, patients et familles violents...

A l'hôpital, par exemple, les horaires de travail sont irréguliers. Il est possible de travailler le matin, l'après- midi, la nuit, les jours fériés et les week-end. Cela dépend bien sûr du service de soins. Les amplitudes horaires sont variées : 8, 10 ou 12 heures de travail par jour. Ces horaires atypiques sont souvent difficiles à concilier avec une vie de famille. Par contre ils ont l'avantage de libérer des jours de repos en pleine semaine et/ou de travailler peu de jours dans la semaine quand l'amplitude journalière est importante (exemple : 12 heures de travail par jour = en moyenne 3 jours de travail par semaine).

Voici quelques exemples d'amplitudes de travail :

  • Bénédicte travaille dans un service de médecine (cardiologie). Elle est présente en moyenne 5 jours par semaine. Son temps de travail quotidien est de 7 heures. Elle a deux amplitudes horaires de travail possibles reparties dans la semaine: 6h30-13h30 ou 13h15-20h15. Elle travaille en moyenne un week-end sur deux si l'effectif le permet !
  • Martine est infirmière dans un lycée. Elle est présente en moyenne 5 jours par semaine. Selon les textes en vigueur, pour une infirmière en milieu scolaire le temps de travail est de 44h hebdo dont 10% laissé à l'initiative de l'infirmière, soit un temps de travail effectif de 39h36 hebdomadaire. En compensation, elle ne travaille pas le week-end, ni les jours fériés, ni pendant les vacances scolaires.
  • Cédric est infirmier dans un service de réanimation polyvalente. Il est présent en moyenne 3 jours par semaine. Son temps de travail quotidien est de 12 heures. Son amplitude horaire est tous les jours : 7h00-19h00. Il alterne le travail de jour et de nuit (3 mois de jour, puis 3 mois de nuit) et travaille en moyenne un week-end sur deux.

A propos du passage en catégorie A pour les infirmiers de la fonction publique

Deux décrets parus au Journal officiel du 30 septembre 2010 fixent les conditions du passage en catégorie A des infirmiers et de leur avancement, ainsi que les nouvelles grilles s'appliquant aux professionnels faisant le choix de rester en catégorie B. A la suite de cette première parution, les trois décrets interministériels permettant le passage des quelque 8.600 infirmiers de la fonction publique d’État (FPE) en catégorie A sont parus le 10 mai 2012 au Journal officiel. Vous trouverez, en archives, sur ce lien, l'historique de cette longue procédure.

Evoluer, encore et toujours...

De nombreuses formations universitaires ouvertes aux infirmiers leur permettent d'acquérir de nouvelles compétences et, ainsi, de devenir référent en leur domaine (douleur, alcoologie, hygiène, éducation thérapeutique, stomathérapie, recherche clinique, santé au travail...). Il est, par exemple, possible de suivre un diplôme universitaire (DU) de santé au travail afin d'être infirmière en entreprise, une formation de recherche clinique afin de devenir infirmière en recherche clinique ou encore d'entreprendre un DU en hygiène afin de d'exercer comme infirmière hygiéniste au sein de son établissement de santé. Soulignons que ces compétences acquises par les infirmiers dans le cadre universitaire ne leur ouvrent pas de grilles de salaire spécifiques.

Enfin, en terme de formation professionnelle continue, l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) et la formation continue (FC) sont désormais intégrées dans un dispositif unique : le Développement Professionnel Continu (DPC), obligatoire pour les paramédicaux depuis le 1er janvier 2013. Dix-sept orientations prioritaires ont été retenues pour les plans de formation et de développement professionnel continu (DPC) des personnels de la fonction publique hospitalière (FPH) en 2014, a annoncé la direction générale de l'offre de soins (DGOS) dans une circulaire datée du 19 juillet 2013.
Une page sur le site intitulée "DPC des paramédicaux : quels enjeux pour quelles obligations ?" est dédiée à cette question du DPC.

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Rédactrice en Chef IZEOS
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