AU COEUR DU METIER

Quid des pratiques avancées...

perspectives professionnelles carriere infirmiere infirmierLe mode d’exercice de la médecine est aujourd'hui en train de changer dans notre pays : diminution du nombre de médecins, offre de soins hétérogène, féminisation de la profession, vieillissement de la population, demande sociale en soins exigeante... Face à cet état des lieux, le rôle de l'infirmier devrait évoluer. On entend parler en effet de transferts de compétences, de pratiques avancées, du droit de prescription…

La pratique avancée permet d'envisager en effet une évolution intéressante pour les infirmiers qui désirent se spécialiser dans le panel des disciplines médicales et ce, au-delà des spécialisations reconnues qui leur sont ouvertes. La reconnaissance et le développement de nouveaux rôles « élargis » pour l'ensemble des professions paramédicales est en œuvre depuis bientôt 10 ans en France et plusieurs projets d'expérimentations de coopérations et de délégations ont déjà été initiés et témoignent de leur succès. Onze impliquaient des infirmières expérimentées amenées à pratiquer, dans un cadre dérogatoire et après avoir reçu une formation ad hoc, des « pratiques avancées ».

Le terme de pratiques avancées peut paraître nouveau dans la terminologie infirmière française, il n’en est toutefois pas de même à l’échelle internationale. Ce concept trouve son origine outre atlantique. Il a peu a peu diffusé dans de nombreuses parties du monde. Face à ces développements, le conseil international des infirmières (CII) (www.icn.ch/fr) a jugé utile de créer en son sein un réseau dédié au début des années 2000 : l’INP/APNN1. Ce réseau a développé des cadres de références internationaux dans ce domaine. Une définition internationale des pratiques avancées en soins infirmiers a été validée dès 2002 :

« Une infirmière qui exerce en pratique avancée est une infirmière diplômée qui a acquis des connaissances théoriques, le savoir faire nécessaire aux prises de décisions complexes, de même que les compétences cliniques indispensables à la pratique avancée de sa profession. Les caractéristiques de cette pratique avancée sont déterminées par le contexte dans lequel l’infirmière sera autorisée à exercer. »2

L’exploration des trois éléments qui constituent ce concept permet de mieux l’appréhender :

  • « Pratique » : l’activité clinique est une caractéristique essentielle ;
  • Cette pratique est qualifiée d’« avancée » dans la mesure où elle se distingue de celle habituellement mises en œuvre par une infirmière généraliste. Cette distinction est liée au niveau d’expertise atteint dans un champ d’activité spécifique (diabète, maladie psychiatrique, santé de l’enfant, …) et éventuellement à la mise en œuvre d’activités situées en dehors du champ de compétence ouvert à une infirmière généraliste (par exemple : activités qui relevaient antérieurement uniquement d’une compétence médicale). La pratique avancée « en soins infirmiers » est résolument ancrée dans le cœur de métier infirmier, elle en partage les valeurs et en adopte les cadres de référence.
  • La première promotion nationale du Master « Sciences cliniques infirmières » a reçu son diplôme en juillet 2011. Avec ces nouvelles compétences, les nouveaux diplômés vont pouvoir exercer la fonction d'infirmier(ère) de pratiques avancées auprès des patients et de leurs proches et intervenir en synergie avec les autres membres de l'équipe interdisciplinaire et en adéquation avec les contingences du système de santé. Rappelons que ce Master est proposé conjointement par l'Université de la Méditerranée (Aix-Marseille II) et par le Département des Sciences Infirmières et Paramédicales (DSIP) appartenant à l'antenne parisienne de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP) offre aux infirmières la possibilité de développer leur expertise clinique et d'acquérir les compétences requises à l'exercice de nouveaux rôles infirmiers. Ce dispositif propose trois spécialités au terme d'un tronc commun : cancérologie, gérontologie et coordination de parcours complexes de soin.
  • Quand à la validation des acquis de l'expérience (VAE) pour les professions paramédicales, bien qu'elle ait été prévue par la loi du 17 janvier 2002, neuf ans après, seules celles des aides-soignants et auxiliaire de puéricultures ont été mises en place. Rappelons que la VAE doit permettre l'obtention de tout ou partie d'une certification (diplôme, titre à finalité professionnelle ou certificat de qualification professionnelle) sur la base d'une expérience professionnelle salariée ou non salariée, bénévole (syndicale, associative) ou volontaire. Cette expérience est validée par un jury.
  • Enfin l'universitarisation des études qui conduit aujourd'hui au diplôme d'état infirmière avec la reconnaissance du système Licence Master Doctorat officialise la recherche en soins infirmiers, ouvrant une voie inédite et valorisante à de nombreux infirmier(e)s qui pourront poursuivre leurs études jusqu'à l'obtention d'un doctorat en la matière.

Notes

1. http://icn-apnetwork.org/
2. Conseil International des Infirmières, Réseau de pratiques avancées en soins infirmiers (2002).

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