DOCUMENTATION

Précarité, pauvreté et exclusion

Cet article fait partie de l'UE :

S2 1.1 Psychologie, sociologie, anthropologie

Il est important de dissocier les trois termes précarité, pauvreté et exclusion Ce sont trois situations différentes mais qui peuvent s’imbriquer les unes dans les autres.

Exemples : la précarité peut entraîner la pauvreté qui peut amener à l’exclusion ; le chômage, un divorce, un deuil peuvent conduire à une situation d’exclusion sociale entraînant une situation de précarité etc.…

Nous allons définir chacun de ces termes mais avant il est important, pour comprendre la situation contemporaine, d’avoir un bref aperçu de l’histoire de la précarité en France

Bref aperçu de l’histoire de la précarité en France

Au Moyen-âge, il y a eu une distinction fondamentale entre mendicité acceptable (personnes sans revenu parce qu'inaptes au travail mais domiciliées et sédentaires) et une mendicité non tolérable (personnes valides qu'il fallait mettre au travail ou châtier sévèrement).

Dans notre société, l'intégration passe par la stabilité géographique et le travail. C’est le travail qui fixe l'individu à un territoire.

Depuis toujours et c'est encore bien souvent le cas aujourd'hui, la dynamique de marginalisation trouve son origine dans une dimension économique liée à l'instabilité et la fragilité des situations de travail. Ne pas travailler alors qu’on est en capacité de le faire est excluant

La société salariale, avec l'ensemble de son système de protections sociales et d'assurance (chômage, maladie, accident, vieillesse etc.…) est un système censé garantir à chacun des protections minimales en cas d'accident de parcours.

Cette organisation (salariat) connaîtra son apogée au cours des « trente glorieuses  » (1). On a pu penser que seules les personnes inaptes au travail pouvaient se trouver encore dans le besoin. Elles étaient alors prises en charge par le système d'assurance comme cela s'est organisé avec la construction progressive d'un véritable statut social pour les personnes handicapées, statut équivalent à celui du « pauvre intégré » de la société médiévale.

Les évolutions des dernières décennies remettent en question cette idéologie et notamment les évolutions rencontrées dans la sphère du travail.

On peut les présenter sous trois axes :

  • la montée du chômage et notamment d'un chômage de longue durée ;
  • les difficultés pour les jeunes à accéder à un premier emploi ;
  • la précarisation de l'emploi lui-même, avec le développement des contrats à durée déterminé, des contrats à temps partiels.

Ainsi, les parcours professionnels et les formes d'emploi s'éloignent de plus en plus de l'emploi en contrat à durée indéterminé et à plein temps qui constituait jusqu'ici la norme de référence.

Par ailleurs, les difficultés d'insertion ne s'expriment pas seulement dans le rapport à l'emploi mais aussi dans certaines formes d'affaiblissement des liens sociaux et relationnels (2)

2) Définitions tirées du dictionnaire Petit Robert

Précarité: caractère de ce qui est précaire.

Précaire : dont l’avenir, la durée ne sont pas assurés.

Synonymes : fragilité, instabilité, passager

Mots clés allant avec précarité : pauvreté, santé et précarité, misère, chômage, exclusion, démuni.

Pauvreté: Etat d’une personne qui manque de moyens matériels, d’argent. Insuffisance de ressources.

Insuffisance matérielle ou morale.

Exclusion : action d’exclure quelqu’un, en tenant à l’écart, en interdisant l’accès.

Exclu : qui n’est pas accepté

Il est important de noter qu’il y a une idée de réversibilité dans la précarité.

3) Définition de la précarité

« La précarité est l'absence d'une ou plusieurs des sécurités permettant aux personnes et aux familles d'assumer leurs responsabilités élémentaires et de jouir de leurs droits fondamentaux. L'insécurité qui en résulte peut être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définitives.

Elle conduit le plus souvent à la grande pauvreté quand elle affecte plusieurs domaines de l'existence qu'elle tend à se prolonger dans le temps et devient persistante, qu'elle compromet gravement les chances de reconquérir ses droits et de réassumer ses responsabilités par soi-même dans un avenir prévisible. » (3)

Les sécurités dont il est question sont le travail, les revenus, le logement, l’accès aux soins, l’école et l’accès à l’instruction, l’accès à la culture, le lien familial, le lien social...

Évolution du seuil de pauvreté
Unité : Euros de 2005
1970 1975 1979 1984 1990 1996 2000 2003 2004 2005
Personne seule 351 442 509 529 564 577 612 645 657 681
Famille monoparentale, un enfant de moins de 14 ans 456 575 662 688 734 551 796 839 854 885
Famille monoparentale un enfant de 14 ans ou plus 527 663 664 794 847 866 919 968 986 1022
Couple sans enfants 527 663 664 794 847 866 919 968 986 1022
Couple un enfant de moins de 14 ans 632 795 1019 952 1016 1039 1102 1161 1183 1226
Couple un enfant de 14 ans ou plus 703 884 1019 1058 1129 1154 1225 1290 1314 1362
Couple deux enfants de moins de 14 ans 738 928 1070 1111 1185 1212 1286 1355 1380 1430
Couple deux enfants, dont un de moins de 14 ans 808 1017 1172 1217 1298 1328 1409 1484 1511 1566
Couple deux enfants de plus de 14 ans 878 1105 1273 1323 1412 1443 1531 1613 1643 1706
Ces données ne tiennent pas compte des revenus du patrimoine. Légère rupture de série en 2003. Seuil correspondant à 50 % du revenu médian.

Source : Insee

4) Définitions de la pauvreté

« On ne peut approcher la pauvreté qu'en utilisant divers indicateurs. Les indicateurs de type monétaire (salaires, revenus) pris isolément sont vivement contestés, mais, croisés avec d'autres indicateurs (logement, emploi, santé…) ils donnent une idée précise des caractéristiques des familles touchées par un cumul de facteurs de pauvreté. » (4)

La définition de la pauvreté en fonction du seuil de pauvreté:

Un individu ou (un ménage)(5)  est considéré comme pauvre quand son niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Ce seuil est fixé habituellement à 50 % du niveau de vie médian  en France, tandis qu’Eurostat (organisme européen) privilégie le seuil de 60 %. Le niveau de vie médian (6) coupe la population en deux : autant gagne moins, autant gagne davantage.

Définir la pauvreté est toujours une question de normes, une construction statistique.

L’écart entre les seuils de 50 % (733 euros en France en 2006) et 60 % (880 euros en France en 2006) le montre bien : le taux de pauvreté va du simple au double selon que l’on utilise la première ou la seconde définition.

L’état des lieux :

Selon la définition de la pauvreté en vigueur, la France comptait en 2005 entre 3,7 (< à 50 % du revenu médian) et 7,1 millions de personnes pauvres (< à 60 % du revenu médian). En 2006, les chiffres sont respectivement de 4,2 millions de personnes pauvres à 7,9 millions de personnes pauvres.

Une partie de la population manque de ressources. Il ne s’agit pas (dans la plupart des cas) de dénuement total, comparable à ce que l’on rencontre dans les pays les plus pauvres. Pourtant des  millions d’enfants, d’hommes et de femmes vivent à l’écart des normes de la société. Il ne s’agit pas seulement de manger, mais aussi d’avoir un logement décent, d’étudier ou de travailler, de se soigner... comme les autres.

La tendance longue :

La pauvreté a baissé des années 70 au milieu des années 90. Cette baisse est essentiellement liée à l’augmentation de revenus des retraités et personnes âgées (en lien direct avec l’instauration du minimum vieillesse). Le niveau de pauvreté est ensuite resté relativement stable. On n’assiste pas à une explosion de la misère mais à un arrêt des progrès. En outre, la pauvreté change de visage, en frappant davantage les jeunes, une partie des salariés les plus précaires et surtout les chômeurs mal indemnisés.

L’évolution récente :

On note une augmentation assez nette du taux de pauvreté pour l’année 2005. La situation de l’emploi s’est améliorée en 2006 et 2007 et le nombre de Rmistes a diminué. Néanmoins, il faut mesurer la qualité des emplois (certains sont rémunérés à un niveau inférieur au seuil de pauvreté) et ne pas oublier que la situation d’un grand nombre de personnes pauvres ne dépend en rien de celle de l’emploi (personnes âgées, enfants, handicapés, etc.). Depuis 2008, on note une détérioration très nette du marché du travail mais il est encore trop tôt pour affirmer que le taux de pauvreté va augmenter.

Il existe quatre approches conventionnelles de la pauvreté dont les éclairages respectifs sont à prendre en compte :

La pauvreté monétaire : le seuil de pauvreté des ménages est fixé à la moitié du revenu médian (par ménage).  En France en 2006, environ 10 % des ménages ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté ce qui représente environ 7 millions de personnes dont 2 million d'enfants. La pauvreté touche de plus en plus les jeunes âgées de 18 à 24 ans.

La pauvreté d'existence : prend en compte l'impossibilité de satisfaire des besoins dont la détermination préalable n'est pas facile. Cette approche permet cependant d'asseoir la lutte contre la pauvreté non seulement sur un dispositif d'allocations mais aussi sur le développement d'aides sociales et de prestations en nature pour la satisfaction de droits sociaux fondamentaux.

La pauvreté subjective prend en compte la perception par une famille ou un individu de la situation vécue.

La pauvreté administrative est une définition qui s'applique exclusivement aux huit minima sociaux en vigueur jusqu’au 31 mai 2009 et aux sept minima sociaux en vigueur depuis le 01 juin 2009 (le revenu de solidarité active (RSA) se substitue au revenu minimum d’insertion (RMI) et à l’allocation de parent isolé (API). Ici, la pauvreté est abordée sous l'angle exclusif de la gestion des dispositifs et prend en compte, plus particulièrement, la situation des personnes vis à vis de l'emploi.

Liste des minima sociaux disponibles en France depuis le 01 juin 2009:

  1. Le revenu de solidarité active  (RSA) qui remplace le RMI et l’API
  2. L’allocation de solidarité spécifique (ASS)
  3. L’allocation équivalent retraite (AER)
  4. L’allocation d’insertion (AI)
  5. L’allocation aux adultes handicapés (AAH)
  6. Les allocations du minimum vieillesse
  7. Allocation supplémentaire d’invalidité  (ASI)

On ajoute aujourd'hui la notion de pauvreté laborieuse :

il s'agit  de personnes ou de familles dont les revenus du travail ne permettent pas ou très difficilement de vivre dignement. On estime,  le nombre de « travailleurs pauvres » (qui ne sont pas des chômeurs), à 3 200 000 personnes. Ces personnes travaillent pour un salaire inférieur au SMIC, pour l'essentiel du fait du temps partiel et/ou des contrats précaires (CDD, Intérim…).

La grande pauvreté est définie par l'Insee comme l'état d'un foyer dont le revenu est inférieur ou égal à un tiers du revenu médian.

La pauvreté extrême : On ne dispose pas vraiment de définition bien que ce vocabulaire soit régulièrement rencontré. On ne dispose que d'indicateurs pouvant permettre de la définir (7) :

  • la pauvreté héritée ou existant depuis très longtemps ;
  • Une accumulation et une combinaison de difficultés telles que chômage, logement, éducation ;
  • L’appartenance à une population autochtone ou à un groupe vivant dans le pays d'accueil depuis plus de dix ans ;
  • L’histoire personnelle et collective ;
  • Le sentiment de différence, d'exclusion ou de marginalisation.

5)Définitions de l’exclusion

Le défaut de ce terme est d'induire une frontière entre les inclus et les exclus (On est dedans ou dehors). Si l'exclusion est un processus, il est par définition difficile de comptabiliser « les exclus ».

La réalité dynamique de l'exclusion se caractérise par l'absence, pendant une période plus ou moins longue, de la possibilité de bénéficier des droits attachés à la situation sociale et à l'histoire de l'individu concerné.

Au sens strictement légal, l'exclu véritable serait le « sans-papiers ». Théoriquement tous les autres, à un titre ou à un autre devraient pouvoir bénéficier d'un dispositif d'aide sociale.

Le HCSP  utilise une définition minimaliste et dit que si l'on considère que l'exclu est une personne qui malgré son état de pauvreté, ne bénéficie pas, parce qu'elle n'en a pas le droit, qu'elle ignore ses droits ou qu'elle n'a même plus l'énergie de faire les démarches nécessaires, des possibilités d'aide (revenu ,logement, école, santé) correspondant le plus à sa situation, on peut estimer le nombre d'exclus à environ 0,4 à 0,5 % de la population, soit au maximum 300000 personnes. La part de jeunes de moins de 25 ans est très importante (le RMI ne leur étant pas accessible sauf s’ils sont chargés de famille).

6) Santé et précarité

La santé n’est pas un déterminant de la précarité et l’inverse non plus.

En effet, il n’est pas constaté à ce jour de pathologies spécifiques à la précarité ou à la pauvreté. Néanmoins, un lien entre santé et précarité peut être fait.

« La santé, ce n’est pas seulement les soins. Vivre dans la pauvreté, c’est vivre dans les soucis. Quant tout manque, les parents se sentent humiliés. De plus la pauvreté attaque la santé : le bruit, la pollution, les mauvais logements, l’humidité, l’inquiétude, ça use le corps et l’esprit. » Colloque de l’OMS à Bruxelles, 1993.

De mauvaises conditions de vie  (logements vétustes voire insalubres, sous et malnutrition, hygiène, climat affectif, insécurité, dégradation de l’image de soin…) influent sur l’état de santé. Et les rapports au système de soins et de protection sociale ne sont pas toujours présents.

Dans les liens entre santé et précarité, on peut donc souligner le poids de certains facteurs dont les effets, dans la durée, représentent toujours un risque pour la santé. Quelques exemples :

  • les formes de précarité économique, sociale et familiale ;
  • l'impossibilité de trouver ou retrouver un emploi ;
  • des formes de travail déqualifié, pénible ou dangereux ;
  • le développement massif d'un mal-être de société, qui projeté dans l'univers social, ou vécu dans la solitude, conduit à une progression visible de la souffrance psychique.

« La véritable médecine, toujours selon la tradition hippocratique, commence avec la connaissance des maladies invisibles, c'est-à-dire des faits dont le malade ne parle pas, qu’il n’en ait pas conscience ou qu’il oublie de les livrer. » Pierre Bourdieu (sociologue français) (8)

Le nouveau programme de formation en soins infirmiers s’articule autour de  développement de compétences. Il paraît donc tout à fait d’actualité et indispensable que les professionnels de santé s’investissent, interrogent leurs savoir-faire et leurs savoir-être, remettent en question et adaptent  leurs modes d’action afin d’agir au mieux sur la santé des plus démunis.

7) Conclusion

L'exclusion peut donc être définie comme la manifestation extrême et parfois l'aboutissement, de différents processus de fragilisation des liens sociaux (facteurs individuels comme l'histoire familiale, le réseau social, le niveau culturel et de qualification et facteurs contextuels et sociaux comme les restructurations de l'emploi).

Si la précarité a longtemps été considérée comme un phénomène marginal et a souvent été confondue avec l'exclusion ou la grande pauvreté, elle a atteint une telle ampleur qu'elle touche aujourd'hui, directement ou indirectement, une partie de la population française qui va bien au-delà des plus défavorisés.

Entre l'intégration totale et l'exclusion complète, il existe  des situations bien différentes.

En parlant des exclus, on risque d'uniformiser une représentation de l’exclusion. Par exemple : entre le chômeur de longue durée de plus de cinquante ans et la femme seule avec enfant qui travaille à temps partiel, il n'y a pas d'amalgame possible.

Le précaire désigne ce qui n'est pas fait pour durer. C'est bien cette dimension d'instabilité qui caractérise les parcours des personnes en situation d'exclusion, dans une société ou le niveau de vie de la population globale a progressé comme jamais auparavant.

« Ne voir et ne vouloir traiter que l'exclusion et la grande pauvreté revient à occulter le fait que la précarité est la traduction d'un renforcement des inégalités sociales qui est devenu en quelques années le problème le plus considérable que la société française ait eu à affronter depuis longtemps. Ses causes et ses effets vont bien au delà de la population visible des exclus. » (9)

L’OMS affirme que le système de santé français est le meilleur au monde. Pourtant, et malgré l’instauration de la Couverture maladie universelle, les inégalités sociales de santé augmentent en France.

En tant que professionnel de santé, le défi à relever est donc passionnant et de toute première importance.

Notes

  1. Période allant de l’après-guerre (1945) au premier choc pétrolier (1973) ; c’est une période de prospérité économique.
  2. « La précarisation ou l'exclusion sociale se définissent comme des processus multidimensionnels, se déclinant à la fois dans le domaine professionnel et relationnel. Ils peuvent également toucher d'autres domaines sociaux comme le logement, l'accès aux soins par exemple. Les individus les plus touchés par ces processus de précarisation sont d'abord ceux qui vivent dans des situations de grande vulnérabilité sociale : enfants déscolarisés, jeunes non qualifiés, chômeurs de longue durée, populations travaillant avec de bas revenus, jeunes ayant des emplois précaires, mères célibataires vivant avec de bas revenus etc… Mais au delà de ces situations, la précarité concerne aussi un nombre de personnes qui sont - objectivement ou qui se sentent - menacées par l'évolution d'une société dont les règles ont été brutalement modifiées et qui risquent, si la précarité de leur emploi se cumule avec d'autres handicaps, de glisser progressivement vers la grande pauvreté et l'exclusion, compromettant ainsi gravement leurs chances de réinsertion sociale ».  Haut Comité de santé publique. La progression de la précarité en France et ses effets sur la santé. ENSP. 1987, p 11-27
  3. J.WRESINSKI. Grande pauvreté et précarité économique et sociale. Paris, Journal Officiel, 1987, p 14.
  4. Bloc notes de l'Observatoire Economique de Paris, INSEE, Paris, Journal Officiel, 1987.
  5. La définition d’un ménage pour l’Insee : Un ménage, au sens statistique, est défini comme l’ensemble des occupants d’une résidence principale, qu’ils aient ou non des liens de parenté.  Un ménage peut ne comprendre qu’une seule personne.
  6. Il faut différencier niveau de vie médian et niveau de vie moyen. Ainsi, pour une distribution de salaires, la médiane est le salaire au-dessous duquel se situent 50 % des salaires. C'est de manière équivalente le salaire au-dessus duquel se situent 50 % des salariés.
  7. Haut Comité de Santé Publique, Actualité et dossier en santé publique, N° 5, Septembre 1995
  8. Pierre Bourdieu, La misère du monde, p. 942.
  9. Haut Comité de santé publique
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Rédactrice infirmiers.comsylvie.lopez-robillard@infirmiers.com

Cet article fait partie de l'UE :

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