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Le métier de Technicien de laboratoire : qui, comment, pour quoi faire ?

Le technicien de laboratoire médical assiste un ingénieur en recherche-développement. Il effectue des analyses biologiques et des tests de contrôle. Dans le biomédical (en hôpital ou en libéral), ses analyses permettent d’établir un diagnostic.

Historique du métier de technicien de laboratoire médical

  • 1930-1945 : les premières écoles de laboratoire ouvrent à Paris et dispensent à des infirmie(es) ou des aides-chimistes une formation spécifique aux techniques de laboratoire. Jusqu’en 1952, les infirmiers(es) effectuent les premières analyses en service, sous la responsabilité d’un médecin. Un arrêté du 29 décembre 1952 définit pour les infirmiers(es) ayant au moins 2 ans d’ancienneté une spécialisation au niveau du laboratoire. La formation de 9 mois leur permet de devenir infirmier(e) spécialisé en laboratoire option chimie ou microbiologie.
  • En 1967, par décret, le diplôme d’état de laborantin d’analyses médicales est créé et signe la suppression de la spécialisation infirmière. La formation est de 2 ans après le Baccalauréat.
  • Dans les années 70, l’éducation nationale instaure en plus du diplôme de laborantin d’analyses médicales (DELAM), des BTS de Biochimie ou d’analyses biologiques ainsi qu’un DUT d’analyses biologiques et Biochimie.
technicien de laboratoire

Quid du métier de technicien de laboratoire

Les programmes sont définis par le ministère de l’éducation nationale et sont sensiblement identiques alternant les enseignements théoriques (maths, physique, statistiques, biologie, immuno-hématologie, biochimie, bactériologie, qualité), les séances de travaux pratiques (immuno-hématologie, microbiologie, biochimie, anatomo-cytopathologie) et des périodes de stages en laboratoires hospitaliers ou non.

Les DUT (filière universitaire) sont préférés des étudiants tentés par la recherche car ils permettent de poursuivre plus facilement vers les masters (70% poursuivent leurs études après l’obtention du DUT).

  • 1992 : Dans une circulaire relative aux conditions d’exercice, le laborantin devient technicien de laboratoire en analyses biomédicales. Le DELAM devient DETAB (diplôme d’état de technicien en analyses biomédicales)
  • 1995 : création du diplôme de cadre de santé accessible à toutes les professions paramédicales dont les techniciens en analyses biomédicales)
  • 1996 : la formation passe à 3 ans pour le DETAB
  • 2007 : le programme du BTS est actualisé et intègre désormais entre 12 et 14 semaines de stages en milieu professionnel.
  • 2010 : L’ordonnance 10-49 du 13 janvier 2010 modifie le titre V du livret III du code de la santé publique : le technicien de laboratoire en analyses biomédicales apparaît sous sa nouvelle dénomination : technicien de laboratoire médical. Le DETAB devient DETLM.

 Découvrez en vidéo le métier de Technicien de laboratoire médical

Quelle formation ?

Plusieurs établissements et écoles préparent au diplôme de technicien de laboratoire médical : 4 IFTLM en France (Paris Pitié-Salpétriêre, Amiens, Tours et Lyon), Ecole Nationale de Chimie Physique et Biologie (ENCPB), nombreux lycées  et IUT (Créteil). A noter que certains établissements proposent l’obtention du diplôme de technicien sous forme d’apprentissage.

La formation initiale peut être éventuellement complétée par le certificat d’aptitude aux prélèvements sanguins délivré par l’ARS après validation d’un examen théorique, d’un stage de 40 prélèvements minimum et d’une épreuve pratique, il est demandé en sus une attestation d’aptitude aux geste d’urgence (AFGSU).

Il existe une possibilité de spécialisation en tant que techniciens de laboratoire biohygiéniste qui valide une année de formation supplémentaire après obtention du diplôme.

L’obtention d’un Diplôme Universitaire de recherche clinique permet d’accéder au titre de technicien de recherche clinique. Il existe également de nombreuses licences professionnelles qui donnent des formations plus spécifiques dans certaines disciplines et surtout un grade académique de licence.

  A ce jour, l’arrêté du 21 octobre 1992 fixe la liste des titres ou diplômes permettant l’exercice de la profession de technicien de laboratoire médical  avec pour tutelle quatre ministères différents (Santé, Education nationale, Agriculture et Travail) :

  • Diplôme d'État de Technicien de Laboratoire médical (DETLM)
  • Diplôme d’État de Laborantin d’Analyses Médicales (DELAM)
  • Diplôme d'État de Technicien en Analyses Biomédicales (DETAB)
  • BTS ‐ agricole,
option : laboratoire d'analyses biologiques
option : analyses agricoles, biologiques et biotechnologiques
  • BTS ‐ option : Bioanalyses et contrôles
option : biochimiste
, analyses biologiques ou analyses de biologie médicale
  • DUT Génie biologique, option Analyses biologiques et biochimiques
  • DUT Biologie appliquée, option analyses biologiques et biochimiques
  • Technicien supérieur de laboratoire chimie, biologie, alimentation, santé, environnement‐parcours biochimie‐biologie (arrêté du 14/01/2010)
  • Titre professionnel de technicien supérieur des sciences et techniques industrielles – parcours "biochimie‐biologie" (2007)
  • Diplôme de premier cycle technique biochimie‐biologie du CNAM
  • Diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques, spécialité Analyses des milieux biologiques, 
délivré par l’Université de CORTE
  • Diplôme de technicien de laboratoire biochimie‐biologie clinique délivré par la faculté catholique des sciences de Lyon
  • Titre de technicien supérieur de laboratoire biochimie‐biologie l'Ecole supérieure de technicien biochimie‐biologie de la faculté catholique des sciences de Lyon
  • Titre d'assistant de laboratoire biochimie‐biologie délivré par l'Ecole supérieure de technicien biochimie‐biologie de la faculté catholique des sciences de Lyon
  • Certificat de formation professionnelle de technicien supérieur physicien chimiste homologué par la commission technique d'homologation des titres et diplômes de l'enseignement technologique du ministère du travail
  • Titre professionnel de technicien supérieur physicien chimiste, inscrit au répertoire national des certifications professionnelles, délivrés par le ministère chargé de l'emploi.

Tehnicien de laboratoire

Perspectives

Une réingénierie des diplômes est actuellement en cours d’élaboration afin d’harmoniser les contenus des formations et de réduire le nombre de tutelles. La VAE existe depuis longtemps pour les BTS d’analyses en biologie puisqu’elle préexistait à la loi de 2002 (loi de modernisation rendant la VAE obligatoire pour tous les diplômes). Après une année d’étude en Institut de formation des cadres de santé (accès sur concours) les techniciens peuvent accéder à des fonctions de cadre de santé ou de cadre enseignant mais aussi de cadre supérieur et bien sur de Directeur de soins après validation d’une année d’étude à l’EHESP de Rennes (accès sur concours).

S’il est difficile de donner une fourchette de salaire, tant celui-ci peut varier en fonction du secteur d’activité, de la taille de l’entreprise et du poste du salarié, on considère qu’un technicien de laboratoire médical commence sa carrière à 18 k€/an.  

Quelles activités pour quelles missions ?

  • Le technicien peut travailler essentiellement dans les entreprises pharmaceutiques ou cosmétiques, les laboratoires de biologie médicale de ville ou hospitaliers ou les entreprises agro alimentaires, les centres de recherche les services de la préfecture de police ou de la gendarmerie…..
  • Le technicien de laboratoire de biologie médical participe à la réalisation technique des examens de biologie médicale ou d’examen d’anatomie et cytologie pathologiques sous la responsabilité d’un biologiste médical ou d’un médecin spécialiste qualifié en anatomie et cytopathologie afin d’établir un diagnostic, préconiser ou suivre l’efficacité d’un traitement mais peut également exercer dans un laboratoire de recherche et développement où il effectue des examens et des tests de contrôle des produits, encadré par un ingénieur ou un pharmacien.
  • Le technicien doit également assurer la maintenance des appareils, robots et analyseurs mis à sa disposition et participe à la mise au point des dosages sur ces mêmes équipements.
  • Le technicien est impliqué dans la rédaction des fiches techniques, modes opératoires et procédures en lien avec l’assurance qualité.
  • Le technicien de laboratoire réalise des prélèvements dans les conditions déterminées par décret au Conseil d’Etat.
  • Le technicien participe dans son champ de compétence à des missions de santé publique. Il participe également à la permanence de l’offre de Biologie médicale définit sur le territoire de santé régional.
  • Le technicien peut être appelé à participer à des missions d’enseignement et de recherche ainsi qu’au programme d’éducation thérapeutique du patient.
  • Au quotidien, le technicien de biologie médicale réalise sur prescription médicale et sous la responsabilité d’un biologiste des examens de biologie médicale . Il manipule du sang, des urines et autres échantillons biologiques afin de réaliser des dosages quantitatifs ou qualitatifs (NFS, Ionogramme, groupage sanguins, ECBU…). La nature des examens peut varier d’un laboratoire à l’autre ou être spécialisé dans une discipline particulière : Hémostase, Biochimie, Bactériologie, Virologie, Parasitologie, anatomo-cytopathologie… la réalisation de ces examens est plus ou moins longue ou délicate en particulier dans le domaine de la biologie moléculaire, de la culture cellulaire ou de la procréation médicalement assistée. Ces examens sont exécutés manuellement ou, surtout en Biochimie et en Hématologie, à l’aide d’automate voire de chaîne analytique robotisée.
  • Le technicien réalise une validation technique en fonction des résultats des contrôles internes et des calibrations. Dans un second temps, les résultats sont validés par un biologiste médical en fonction des antériorités et des renseignements cliniques.

Quid de l’Assurance Qualité

En France, depuis 1994, toutes les personnes travaillant dans ou pour un laboratoire de biologie médical sont soumises à l’application du Guide de Bonne Exécution des analyses Biomédicales (GBEA) et en conformité avec la norme ISO EN 15189. Les règles et recommandations contenues dans ce guide constituent un rappel de tout ce qu’il convient de respecter, étudier et de conserver pour obtenir l’exactitude et la précision des résultats. L’assurance qualité concerne toutes les étapes du processus de l’examen de biologie médicale depuis le prélèvement jusqu’au rendu des résultats.

Depuis la réforme de la Biologie de janvier 2010, tous les laboratoires du territoire sont soumis à une obligation d’accréditation en regard de la norme ISO EN 15189

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Associations

Merci à Sylvie Van den Berghe, Responsable de la CIO des Personnels de laboratoires Ile de France pour sa relecture.

Bibliographie

Creative Commons License

Cadre Supérieur de Santé Pôle Environnement Hôpitaux Universitaire Pitié-Salpétrière Charles Foix (AP-HP)

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Commentaires (3)

loliitax

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1 commentaires

#3

Le métier de Technicien de laboratoire

Bonjour,
après le bac j'aimerai faire un BTS pour ensuite devenir Technicienne d'analyse biomédical
j'aimerai si possible avoir plus d'informations concernant le métier étant donnée que je n'ai jamais fait de stage.. est ce difficile de trouver du travail dans ce domaine? Est ce mieux de faire un DUT, sachant que même avec un BTS on peut faire une licence professionnelle .. et le salaire ? ..

Voilà merci de venir en aide!!!

pinklavande

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1 commentaires

#2

Salaires optimistes

Bonjour, je suis tech de labo depuis 22 ans et question salaire,je peux vous dire qu'il n'est pas du tout calqué sur celui des infirmières.
En net 1900 euros en fin de carrière avec 15% d'ancienneté, c'est commun. En faisant les prélèvements à domicile,on ne gagne que les frais de déplacements, pas toujours ceux des prélèvements. On est employés ,pas libéraux ,donc c'est compris dans le salaire, AFGSU moyen détourné pour évincer officiellement les infirmiers préleveur ,car les domiciles on les fait depuis de nombreuses années.
De plus le GBEA est obsolète, maintenant c'est une accréditation (et c'est pas facile) qu'il faut viser, ce sera une obligation en 2015 pour tous les labo.