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Profession Opticien-lunetier : qui, comment, pour quoi faire ?

Réglementation, formation, compétences, modes et lieux d'exercice... tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le métier d'opticien-lunetier...

opticien lunetier brevet de technicien Réglementation

L’exercice de la profession d’opticien-lunetier est défini par

- article L4362-1 du Code de la santé publique :
«  … Peuvent exercer la profession d'opticien-lunetier détaillant les personnes titulaires d'un diplôme, certificat ou titre mentionnés aux articles L. 4362-2 et L. 4362-3 enregistré conformément au premier alinéa … ».

- article L4362-2 du Code de la santé publique :
« Les diplômes et certificats ou titres mentionnés à l'article L. 4362-1 sont le brevet de technicien supérieur opticien-lunetier et le brevet professionnel d'opticien-lunetier, ainsi que toutautre titre désigné par arrêté des ministres chargés du commerce, de l'économie et des finances, de l'enseignement supérieur et de la santé. … ».
« … L'intéressé porte le titre professionnel d'opticien-lunetier ».

- article L4362-9 du Code de la santé publique :
« Les établissements commerciaux dont l'objet principal est l'optique-lunetterie, leurs succursales et les rayons d'optique-lunetterie des magasins ne peuvent être dirigés ou gérés que par une personne remplissant les conditions requises pour l'exercice de la profession d'opticien-lunetier. Le colportage des verres correcteurs d'amétropie est interdit. Aucun verre correcteur ne pourra être délivré à une personne âgée de moins de seize ans sans ordonnance médicale ».

Formation initiale

Un Bac scientifique est recommandé ou les filières STI génie optique ou STL sciences et technologies de laboratoire.
Le Brevet de technicien supérieur (BTS) opticien-lunetier se prépare en deux ans. De nombreux centres et écoles proposent cette formation. Le programme porte sur la physiologie de l’œil et ses défauts, les systèmes optiques, les mesures faciales, l’étude, la réalisation et le contrôle des équipements correctifs, la communication, la vente et la gestion.

On trouve aujourd’hui cinq diplômes universitaires permettant d’approfondir un domaine de compétences : exemples optométrie ou contactologie. On peut également se diriger vers une licence et un maitrise d’optométrie.

Modes et lieux d’exercice

Le BTS permet de rentrer de suite sur le marché du travail dans les magasins d’optique, souvent franchisés. Il est possible de s’installer à son compte (après quelques années d’expériences). Une spécialité d’optométrie permet de travailler dans un cabinet d’ophtalmologie pour réaliser les mesures de vue.

L’aspect commercial du métier peut être développé en devenant VRP pour des verriers ou des laboratoires de lentilles de contact. Le salaire en début de carrière est d’environ 20 000€ annuels brut.

Un métier polyvalent

A partir de l’ordonnance de l’ophtalmologiste, l’opticien-lunetier va conseiller le client en fonction de la morphologie du visage, des besoins et des usages. Il commande les verres nécessaires après une série de prises de mesures. Les verres sont reçus brut. Il faut les monter, les tailler et les adapter à la monture choisie. Puis l’opticien-lunetier peut livrer au client ses lunettes.

Les principales activités sont :

  • Vente et conseils en contact direct avec la clientèle (formations dispensées par la plupart des chaînes de magasins d’optique) ;
  • Côté technique, voire artisanal dans la réalisation des lunettes : mesures, taille des verres, adaptation, montage, ajustage, … ;
  • Travail en contactologie au plus près de l’œil.
  • Les défauts corrigés par l’opticien sont :
  • la myopie : l’image se forme en avant de la rétine (« œil trop long ») ;
  • l’hypermétropie : l’image se forme en arrière de la rétine (« œil trop court ») ;
  • l’astigmatisme : anomalie de courbure de la cornée qui déforme l’image perçue la cornée et donc de l’image perçue ;
  • la presbytie (qui n’est pas une malformation de l’œil, mais qui touche toute la population après 45 ans) : difficulté à accommoder de près.

Limites professionnelles

L’opticien-lunetier ne réalise pas un examen médical de l’œil. Seul l’ophtalmologiste est en mesure de relever des pathologies de l’œil, comme le glaucome (augmentation de la pression interne de l’œil) qui peut évoluer à bas bruit. Il est donc essentiel de consulter un ophtalmologiste au moins une fois tous les 2 ou 3 ans.

L’opticien est habilité depuis 2007 à renouveler ou adapter une correction directement en magasin, sous réserve que l’ophtalmologiste soit d’accord, pour pallier à la pénurie de spécialistes et des rendez-vous difficiles à obtenir.

- Article L4362-10 du Code de la santé publique :
« Les opticiens-lunetiers peuvent adapter, dans le cadre d'un renouvellement, les prescriptions médicales initiales de verres correcteurs datant de moins de trois ans dans des conditions fixées par décret, à l'exclusion de celles établies pour les personnes âgées de moins de seize ans et sauf opposition du médecin.
L'opticien-lunetier informe la personne appareillée que l'examen de la réfraction pratiqué en vue de l'adaptation ne constitue pas un examen médical ».

Conseils

Ces conseils sont utiles pour les porteurs de corrections optiques, mais aussi pour les infirmiers qui ont en charge des patients porteurs de ces corrections.

  • Protection solaire : attention aux lunettes achetées sur les marchés. L’opticien-lunetier peut vous garantir des lunettes réellement filtrantes et protectrices de l’œil dans le respect des normes en vigueur.
  • Lors des éclipses de soleil, utiliser systématiquement des filtres adaptés et homologués.
  • Nettoyage des verres : tous les verres sont organiques et durcis avec différents vernis. Ils se rayent facilement. Pour les nettoyer, un passage sous l’eau tiède et un essuyage avec un tissu en coton ou une microfibre suffisent.

Attention !

  • les papiers essuie-tout ou mouchoirs en papier contiennent des fibres de bois qui peuvent rayer les verres. A éviter !
  • l’eau trop chaude peut altérer les vernis posés sur les verres. A éviter !

Porteurs de lentilles, attention à l’hygiène, au respect des règles de manipulation, aux produits utilisés, car le risque d’altération de la cornée et donc de l’œil est omniprésent.

Un résumé en image sur la vidéo suivante



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Rédacteur Infirmiers.com
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avec l’aimable participation de Catherine CLÉMENT, opticienne.

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