L’Institut de National Recherche et de Sécurité en situation de travail (INRS) publie un dossier dédié aux troubles musculosquelettiques (TMS), des pathologies qui affectent les muscles, les tendons et les nerfs des membres supérieurs et inférieurs. Ces troubles sont la résultante d’une combinaison de facteurs liés au poste de travail (postures contraignantes, gestes répétitifs, port de charges…), mais aussi à son environnement (vibrations, froid, bruit…), à l'organisation (faible autonomie, intensité et complexité du travail…) ou au climat social dans l'entreprise.
L'analyse des différents facteurs de risques
Pour identifier les facteurs de risques dans un domaine professionnel, différentes données peuvent être prises en compte, les plus évidentes étant la présence de lombalgies ou de pathologies relevant, notamment, du tableau 57 des maladies professionnelles, mais également des indicateurs RH ou de production. Cette première approche comprend quatre étapes : l’engagement, la réalisation d’un état des lieux, l’analyse approfondie des situations de travail et, enfin, la transformation via la mise en œuvre d’un plan d’actions.
Comprendre les situations en observant le travail réel des salariés
Pour se faire accompagner, les établissements peuvent s’appuyer sur les Carsat ou leur service de prévention et de santé au travail (SPST) ou s’engager dans le programme TMS Pros de l’Assurance maladie-Risques professionnels. Ils bénéficient alors d’un suivi individuel par un préventeur de la Carsat et d’une méthode avec des outils, dans le but de les rendre autonomes sur la conduite de projet de prévention des TMS. Pour comprendre les situations favorisant les TMS, la première étape consiste à observer le travail réel de salariés, un processus qui peut être réalisé par un préventeur, ou une personne ressource en interne ayant suivi une formation en analyse des situations de travail.
Réaliser un diagnostic et établir un plan d’actions
Pour évaluer les facteurs de risque, l’INRS préconise la méthode d’analyse de la charge physique de travail (MACPT), un outil qui permet d’évaluer à la fois des dimensions physiques, psychosociales et organisationnelles. Pour compléter l’arsenal, il recommande d’étudier les causes de ces facteurs de risque. À savoir, par exemple: une posture contraignante, un problème de savoir-faire nécessitant une formation, voire un problème d’éclairage qui pousse à adopter une mauvaise position. Cette analyse permet de dégager un diagnostic avec l’identification d’un plan d’actions.