IADE

Ce qui change pour les étudiants infirmiers anesthésistes en 2012

Sans chercher à synthétiser l'ensemble des dispositions du nouvel arrêté de formation, il nous a paru intéressant en cette période de préparation de la rentre dans les écoles d'IADE d'éclairer les principaux changements de notre cursus de formation, qui sont encore pour partie en construction, et dont les profondes modifications imposent une vigilance accrue pour notre avenir. L'évaluation de ce nouveau programme dans son contenu et de son organisation est incontournable et permettra de rajuster si nécessaire certains points à améliorer.

Contexte

Ce qui change pour les étudiants infirmiers anesthésistes en 2012Conformément au processus de Bologne, les formations paramédicales s'inscrivent progressivement dans le processus Licence Master Doctorat. Cette harmonisation universitaire à 3 niveaux est maintenant la base de l'organisation de l'enseignement universitaire français.

Le but est d'homogénéiser les contenus et les niveaux des formations pour une même profession et un même grade, favorisant ainsi la mobilité et l'employabilité des professionnels de santé sur le marché européen, et ce tout au long de la vie.

Cette reconnaissance universitaire participera à renforcer l'attractivité de ces professions, et permettra à terme de créer des passerelles entre les différents métiers de la santé, favorisant ainsi l'évolution des professionnels tout en s'inscrivant dans une politique d'amélioration de la qualité de la formation.

Pour assurer leur fonctionnement, les écoles sont placées sous une triple tutelle et ont pour partenaires le CHU de rattachement, l'Agence Régionale de Santé et la plupart du temps le Conseil Régional.

Avec le diplôme d'exercice reconnu depuis juillet 2012 au grade Master, les futurs étudiants infirmiers anesthésistes devraient démarrer dès le mois prochain leur formation avec le nouveau partenaire des écoles : l'université.

Deux principaux changements dans la formation

Les deux plus importants changements dans notre cursus sont indiscutablement l'intégration dans le système universitaire et l'approche par compétences de notre formation.

L'impact universitaire

La durée de la formation reste de 24 mois, qui sont répartis en 4 semestres. Chaque semestre contenant des unités d'enseignement (U.E.) qui, après validation, donneront droit à l'acquisition de crédits européens (ECTS).

Cette organisation, commune à tous les diplômes universitaire, devrait permettre à des étudiants volontaires d'effectuer une partie de leur scolarité dans une autre école européenne.

Le diplôme d'état s'acquiert par l'obtention de 120 crédits européens, attribués par un jury terrain-école-université lors de commissions semestrielles, ce qui supprime de fait les mises en situation professionnelles et l'examen final que nous connaissions jusqu'à présent.

Concernant les enseignements, en réponse aux exigences universitaires pour le grade Master, le nouvel arrêté prévoit 210 heures de cours supplémentaires, en contrepartie d'une diminution du temps de stage.

Face à cette nouvelle organisation, il est impératif d'optimiser le temps passé en stage par les étudiants. Les écoles vont donc devoir développer de nouveaux outils pédagogiques pour préparer au mieux ces temps de stages, et les liens entre l'école et les professionnels du terrain devront se renforcer.

C'est dans cette dynamique que vont être mis en place dans les écoles des formateurs référents, et que seront formés des tuteurs sur les terrains de stages. Le rôle fondamental de ces tuteurs dans le suivi des étudiants, et leur participation aux jurys d'attribution des crédits permet au terrain de garder toute sa place dans la formation des futurs professionnels malgré la suppression des mises en situation professionnelle et des examens finaux.

Répondre aux exigences universitaires permettant d'obtenir le grade Master tout en conservant une formation professionnalisante est l'enjeu majeur auquel seront confrontées les écoles et le terrain au cours des années à venir.

L'approche par les compétences

Nous passons d'une formation axée sur les connaissances à une formations ayant pour vocation de développer des compétences, garantissant par là même son côté professionnalisant. En effet, les sept compétences (Annexes II de l'arrêté du 23 juillet 2012) à valider sont directement en lien avec le cœur de métier des IADE.

Dès lors, apprendre suppose la construction, et non le stockage, d'une connaissance. Cette construction se fait grâce à de nombreuses expériences en lien avec le terrain. Si l'articulation entre des temps de formation théorique et des temps de stage reste fondamentale, le cursus des étudiants sera enrichi d'un dispositif pointu d'alternance et de constructions de liens théorie-pratique.

La progression et la validation de tout ou partie des compétences attendues sera tracée par les équipes d'encadrement, à l'école comme sur le terrain, au moyen une feuille d'évaluation qui reprendra chaque élément de compétence, s'appuyant sur des critères d'évaluation et des indicateurs, garantissant l'objectivité des évaluations.

Creative Commons License
Directrice de l'école d'IADE de Toulouse

Maxime DARDE
Formateur

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