PSYCHIATRIE

Infirmier en psychiatrie : évaluer, soigner, prévenir...

La santé mentale est aujourd'hui l’un des défis majeurs de santé publique. Les infirmiers font partie des acteurs essentiels de ce secteur, tant pour la prévention que l’évaluation, les soins et les services rendus, quels que soient les lieux de vie des personnes confrontées à des troubles psychiatriques.

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La santé mentale est l’un des défis majeurs de santé publique. Les infirmiers font partie des acteurs essentiels de ce secteur, tant pour la prévention que l’évaluation, les soins et les services rendus, quels que soient les lieux de vie des personnes confrontées à des troubles psychiatriques.

La psychiatrie et la santé mentale nécessitent une véritable expertise clinique et organisationnelle en pratique infirmière. Ainsi, le rôle infirmier en psychiatrie prend en compte la personne dans sa globalité. Il vise à rétablir l'intégrité physique et psychique de l'individu, à découvrir et comprendre ses difficultés et à lui donner les moyens de les résoudre. Les compétences de l'infirmier en psychiatrie visent la compréhension des mouvements psychiques inhérents à la maladie mentale et à sa prise en charge, contribuant ainsi à replacer le soignant au centre du dispositif de soin.

Ce que disent les textes...

Code de la santé publique Exercice de la profession, art. L4311-6 ; 23 décembre 2000.

Le texte de loi en vigueur pour l’exercice de la profession d’infirmiers de secteur psychiatrique relève de cet article : "Les infirmiers titulaires du diplôme d’Etat d’infirmier de secteur psychiatrique peuvent exercer la profession d’infirmier dans les établissements publics de santé, dans les syndicats inter hospitaliers, dans les établissements de santé privés participant au service public hospitalier, dans les établissements de santé privés recevant de patients souffrant de maladie mentales, ou dispensant des soins de longue durée, dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux mentionnés à l’articles 3 de la loi n° 75-535 du 30 juin 1975 relative aux institutions sociales et médico-sociales, dans les établissements et services mentionnés à l’article 46 de la loi n° 75-534 du 30 juin 1975 d’orientation en faveur des personnes handicapées, dans les centres spécialisés de soins aux toxicomanes, dans les établissements de santé des armées, à l’Institution nationale des invalides, dans les services et les établissements relevant du ministère chargé de l’éducation nationale, dans les services de médecine du travail et dans les services de la protection judiciaire de la jeunesse."

Différents lieux d'exercice de la fonction

  • Unité d’hospitalisation à temps complet
  • Centre médico-psychologiques (CMP)
  • Hôpitaux de jour (HJ)
  • Ateliers thérapeutiques (AT)
  • Centre d’accueil à temps partiel (CATP)
  • Services d’hospitalisation à temps partiel
  • Centre d’accueils permanents
  • Centre de crise (CC)
  • Hôpital de nuit (HN)
  • Appartements thérapeutiques (APT)
  • Centres de postcure (PC)
  • Placement familial thérapeutique (PFT)
  • Centres médico–psycho-pédagogiques (CMPP)
  • Etablissement sanitaire d’aide par le travail (ESAT)
  • Centre thérapeutique à temps partiel (CATTP)
  • Service Médico Psychologique Régional ou secteur de psychiatrie en milieu pénitentiaire(SMPR)
  • Equipe mobile psychiatrie précarité.

Historique de la profession des infirmiers en psychiatrie

Le statut de l’infirmier en psychiatrie s’est adapté en fonction de l’évolution de la considération de la folie dans la société et des progrès de la psychiatrie.

Le mot infirmier apparaît en 1398. Il est issu du terme infirme (1247), qui vient du latin « infirmus » (faible, impotent, invalide). Ce terme a d’abord désigné dans les maisons religieuses la moniale chargée de soigner ses consœurs, puis au XVIe siècle, on appelle couramment infirmière la sœur qui prend en charge les soins. Il était admis en occident culturellement catholique, que les soins apportent un soutien tant sur le plan spirituel que corporel. Ces religieux soignants travaillent et sont hébergés dans les lieux d’accueil des nécessiteux (Hôtel-Dieu, Maison Dieu…). Crées par l’église dans un but charitable, ils emploieront par la suite du personnel et des anciens patients.

Une journée type d'un infirmier en psychiatrie

Je suis Infirmier Diplômé d'Etat depuis décembre 2000. Je travaille depuis dans une clinique psychiatrique de la région parisienne. Avant de vous parler de mon métier au jour le jour, je vais faire un retour sur la formation en soins infirmiers.

Où peut travailler un titulaire du « diplôme d'infirmier de secteur psychiatrique » (DISP) ?

La question de savoir où peut travailler un titulaire du « diplôme d'infirmier de secteur psychiatrique » (DISP) nous est souvent posée.
Nous pouvons répondre que sans problème, une personne titulaire du « diplôme d'infirmier de secteur psychiatrique » peut travailler dans le secteur psychiatrique.
Pour le travail en secteur de soins généraux, cela est un peu plus compliqué.

Un rapport de l'OCDE (2013) pour une vision internationale

Le rapport Panorama de la Santé 2013 - Les indicateurs de l'OCDE (p. 70) rappelle que dans de nombreux pays, le personnel infirmier joue un rôle prépondérant et croissant dans l’offre de services de santé mentale, en structures tant hospitalières qu’extra-hospitalières. En 2011, les Pays-Bas, l’Irlande et le Japon comptaient le plus grand taux d’infirmiers en psychiatrie (plus de 100 pour 100 000 habitants) ; la Turquie, le Mexique et la Hongrie affichaient quant à eux les densités les moins élevées (moins de 10 pour 100 000 habitants). Leur nombre était également relativement faible au Portugal et en Corée (entre 10 et 15). La moyenne de l’OCDE s’établissait à 50 infirmiers en psychiatrie pour 100 000 habitants. Certains pays, comme l’Australie, ont mis en place des programmes visant à améliorer l’accès aux services de santé mentale en étendant le rôle des infirmiers spécialisés en psychiatrie dans les soins primaires. Dans le cadre du programme Mental Health Nurse Incentive Program lancé en 2007, le personnel infirmier spécialisé coopère avec les généralistes, les psychiatres et d’autres professionnels de la santé mentale pour prendre en charge les personnes souffrant de divers troubles mentaux. Selon une évaluation récente de ce programme, le personnel infirmier spécialisé joue un rôle positif dans l’amélioration de l’accès et de la qualité des soins apportés à ces patients, au moyen d’approches souples et innovantes.

Deux ouvrages pour aller plus loin...

Deux ouvrages parus récemment, l’un aux éditions Frison Roche, l’autre chez Elsevier Masson, éclairent de façon très pédagogique et originale les grands principes du soin en psychiatrie pour l’infirmière.

Revues professionnelles

La revue de tous les acteurs du soin en santé mentale

La revue Soins Psychiatrie s'adresse à tous les acteurs du soin en santé mentale, soignants et partenaires sociaux quel que soit leur lieu d'exercice : hospitalisation traditionnelle, secteur, foyer, HAD, domicile..., tissant ainsi un vaste réseau entre tous les lieux de soins et de santé mentale.

Santé Mentale - Le mensuel des équipes soignantes en psychiatrie

Santé mentale revue psychiatrieCréée en 1995, la revue Santé mentale est un mensuel d’information et de formation destiné à tous ceux qui se sentent concernés par la maladie mentale et plus spécifiquement aux soignants en psychiatrie. Sa ligne éditoriale est résolument centrée sur une clinique pluridisciplinaire exigeante qui prend aussi en compte les compétences des usagers. Elle allie une certaine forme de vulgarisation à une rigueur théorique et pratique qui permet aux profanes de découvrir le champ de la santé mentale et aux professionnels les plus accomplis d’enrichir leurs pratiques.

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Les cours de psychologie, sociologie, anthropologie (Cours Semestre 1 pour les étudiants infirmiers et infirmiers)

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Commentaires (3)

jean-sy

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#3

Bonne journée

Bonjour Haarlem

Belle définition que celle d'infirmier mais je suis désolé de vous dire que ce n'était pas la question puisque celle que je posais était la suivante:

"De plus je voudrais savoir pourquoi le psychiatre qui a comme étymologie médecin de l'âme ne soigne pas l'âme et je voudrais savoir s'il y croit."

Si vous pouvez me répondre ce serait super

Bonne journée

haarlem

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1 commentaires

#2

Dans infirmier il y a infirme?

A la question de jean-sy:
Le guide du service infirmier n° 11 :" L'évolution des orientations en santé mentale et la fonction infirmière" donne cette définition du concept de santé mentale: la santé mentale peut se définir comme une recherche d'équilibre psychologique et la capacité d'établir des relations harmonieuses avec le groupe familial, social et l'environnement. L'état de santé mentale se traduit par un ensemble d'aptitudes que possède ou acquiert l'homme avec des particularités aux différents stades de la vie.

Aussi je voudrais réagir à ce petit article sur l'histoire de la profession infirmière en psychiatrie. Aujourd’hui nous lisons un peu partout que l'origine du mot infirmier vient de infirmus qui donnera le mot infirme. Cela m'a toujours posé problème d'autant que l'histoire de notre profession a été faite par des médecins psychiatres dans les années 1970 qui sont vite passés sur l'origine du terme ne retenant qu'une définition parmi d’autres, et celle -ci pour le coup peu valorisante pour notre exercice et identité professionnelle. Dans infirmier il y a infirme!
Historiquement c'est bien à la charnière du 19 et 20 ème siècle , avec la mise en place des premières écoles municipales de l'Assistance publique de Paris et avec la circulaire du 28 octobre 1902, rappelant la nécessité de développer cet enseignement professionnel, que les appellations d'infirmières et d'infirmiers utilisées pour le personnel soignant des asiles d'aliénés, tout comme celui des hospices et hôpitaux, furent officiellement et définitivement adoptées; reléguant par là-même et peu à peu les termes de serviteurs, gardiens, filles de service ou servantes. A l’époque, c'est un personnel subalterne, sans instruction ou formation professionnelle, chargé aussi bien des soins que des travaux domestiques et des besognes les plus ingrates. Et ceci bien que leur première destination ne fut pas d'être des serviteurs à gages ou des filles de service, mais comme leur nom l’indique, les personnes affectées aux infirmeries, ou encore enfermeries comme on le disait au 13ème siècle en ancien français et comme l’atteste le dictionnaire étymologique de la langue française:
Infirmier, 1398. Réfection d'après infirme, de l'ancien français enfermier, " celui qui soigne les malades dans une infirmerie, un hopital", 1288, dérivé de enferme v. Infirme; mais tout en étant refait sur infirme, infirmier a gardé le sens ancien, par la force des choses. Der. Infirmerie, 1606; au Moyen Age enfermerie. (Bloch O. et Wartburg W. Dictionnaire étymologique de la langue française. PUF, Paris, 1968)
Pour ma part , j'ai eu la chance de retrouver un dictionnaire plus ancien, dirigé par Frédéric GODEFROY , publié en 1898 et intitulé: "Dictionnaire de l'Ancienne Langue Française et de tous ses dialectes du IXème au XV ème siècle, composé d'après le dépouillement de tous les plus importants documents manuscrits et imprimés qui se trouvent dans les grandes bibliothèques de la France et de l'Europe et dans les principales Archives départementales, municipales, Hospitalières ou privées".
Dans ce dictionnaire nous trouvons une autre définition d’infirmier, proche de la définition précédente: " Enfermier, mod.infirmier, s.m., celui qui soigne et guérit les malades dans une infirmerie, dans un hopital" et l’auteur nous donne deux extraits d’archives : " L'enfermier de l'église.( cart.noir de Corb.,B.N.1 17758,f°30v°), ou encore "Comme ung anfremier, ausmonier, tresorier, ung commandeur de l'ospital.(Coust.de la court des foires de Champ., Cart. Caillot, Bibl.Provins). Nous retrouvons encore le terme dans le Littré" Comment, madame, dit l'enfermière, vous êtes de vous-mesme homicidé", (Louis XI, Nouv.XXI) (Littré .Dictionnaire de la langue française. Ed Gallimard-hachette. Paris, 1972).
Bien qu’il nous faudrait pousser encore plus loin cette recherche et travailler sur la représentation que l’on se fait de notre profession par les mots que nous retenons pour en parler, je voudrais avancer l’idée quand-même, qu’avant de venir d’infirme, infirmier vient du mot enfermier(1288) qui vient lui–même de enferme qui signifie la maladie. Et infirmité et maladie sont deux concepts différents.
Pg 16 /07 /2014
Centre Médico Psychologique de Noisy-le-Grand (93)

jean-sy

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3 commentaires

#1

question sur la psychiatrie

Bonjour

j'aimerais savoir ce que vous entendez par santé mentale ou par le mot mental même car j'ai l'impression que ce n'est pas très clair.

De plus je voudrais savoir pourquoi le psychiatre qui a comme étymologie médecin de l'âme ne soigne pas l'âme et je voudrais savoir s'il y croit.

Bonne journée