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Le praticien en circulation extra-corporelle ou perfusionniste
19.03.2009 | Mise à jour le 10.06.2009
Qu'est-ce que la circulation extra corporelle? (CEC)
La CEC a pour principe de récupérer le sang appauvri en O2, de l'enrichir en O2 et le réinjecter dans la circulation sanguine artérielle. Cette technique permet au chirurgien de travailler sur un cœur arrêté et exsangue.
En quoi consiste le rôle du praticien en CEC ?
Le perfusionniste est en charge du bon déroulement des différentes étapes de la CEC, de la sur
veillance biologique et hémodynamique du patient ainsi que du fonctionnement de l'appareil. L'appareil : Il s'agit de pompes munies de rotors/stators qui écrasent une tubulure délivrant à chaque tour du rotor un volume de sang, ou bien des pompes centrifuges à effet vortex.
Le prélèvement de sang veineux est fait dans le cœur droit et est ensuite orienté vers un oxygénateur composé de plusieurs parties (réservoir, filtre, échangeur thermique permettant de chauffer ou refroidir le sang. L’oxygénateur est composé de microfibres dans lesquelles circulent l’O2 et l’air comprimé. Le sang au contact des parois des microfibres va se charger en mélange air - O2 (reproduction de la fonction alvéolaire pulmonaire). Le sang oxygéné est renvoyé vers l'aorte ou l'artère fémorale.
Durant cette opération, le perfusionniste devra hypocoaguler la circulation par injection d'héparine dans le liquide d’amorçage de la pompe, la dose est adaptée au fur et à mesure par des contrôles réguliers toutes les 20 mn (ACT – HMS).
Durant la CEC il devra surveiller les gaz du sang et la diurèse, témoin d'une bonne perfusion, de même que la pression systémique et la température corporelle car les besoins en O2 des tissus baissent avec la température. Les débits utilisés sont calculés en fonction de la surface corporelle du patient.
Le perfusionniste doit donc faire preuve des connaissances techniques et théoriques nécessaires à la bonne réussite d'une opération extrêmement délicate : pallier aux deux rôles pompes du cœur ainsi que la suppléance de la fonction respiratoire durant une intervention cardiaque.
Toute intervention cardiaque nécessitant un arrêt cardiaque prolongé avec clampage aortique implique une exclusion du muscle cardiaque de toute circulation, une protection myocardique sera donc réalisée par une injection intracoronaire d'une solution de cardioplégie soit de façon continue soit de façon discontinue.
Métier, profession ou spécialité?
Ce métier dont la définition n'existe nulle part en France, pas même dans le répertoire des métiers de la fonction publique, est plus à considérer comme une spécialité. Il n'existe pas de statut propre au perfusionniste, pas plus qu'il n'existe de décret de compétence.
La perfusion extra corporelle est un acte médical. Il peut être réalisé par un paramédical en présence d'un médecin responsable, comme c'est le cas de bien d'autres actes qui cependant sont décrits dans le décret de compétence infirmier.
Autrefois l'infirmier chargé de la circulation extra corporelle travaillait sous l’autorité d'un chirurgien, aujourd'hui il travaille aussi sous celle d'un anesthésiste. La majorité d’entre eux sont titulaires du diplôme universitaire « circulation extra corporelle ». Cependant, cette activité est subordonnée à une formation spécifique.
Quelle formation?
A minima, il est nécessaire d'être titulaire du Diplôme d'Etat d'Infirmier, qu'il convient ensuite d'étayer en suivant une formation pratique et théorique sanctionnée par le D.U. Spécialisé (1).
Il y a en France environ 240 perfusionnistes, qui sont dans leur majorité réunis en collège (2). De plus en plus d'IADE et de médecins exercent cette profession. Une formation pratique et théorique, au minimum d’un an, est nécessaire pour commencer à se familiariser à cette profession, avant de préparer le D.U. On comprend donc la nécessité d'avoir des connaissances ou une expérience professionnelle médico-technique.
Il faudra ensuite suivre des formations continues, des stages avalisés par le collège Français de perfusion et justifier d'une activité minimale en CEC, pour recevoir l'accréditation indispensable débouchant sur le titre de « praticien en CEC »
Conditions de travail
Tout dépend bien entendu s'il s'agit d'un IDE perfusionniste ou d'un médecin praticien en C.E.C. Pour l'IDE, deux possibilités : soit il exerce en tant que salarié de l'établissement, du chirurgien ou de l'anesthésiste, soit il exerce en libéral. Dans le premier cas il peut négocier un statut d'infirmier spécialisé, dans le second, considéré comme un prestataire, le « cas médical » de CEC lui sera reversé en partie par le médecin sous la responsabilité duquel s'est effectué l'acte.
Quels débouchés?
Il n'y en a pas, ou très peu. D'une part parce que le nombre de centre de chirurgie cardiaque est très limité (72 centres pour 240 perfusionnistes) et que le nombre de centre n'a pas vocation à se développer.
Enfin, la moyenne d'âge des perfusionnistes reste relativement jeune, ce qui entraîne peu de disponibilité de poste suite à d'éventuels départs à la retraite.
Quelques chiffres sur la CEC (sources SNITEM info n° 170 – printemps 2007)
72 centres de CEC 240 perfusionnistes en France Plus de 38000 opérés du cœur en France (250 à 300 000 en Europe) Dont 12 000 pontages coronariens et 390 transplantations en 2005 37 935 CEC réalisées en 1999 en France 38 247 CEC réalisées en 2006
Jean-Michel Pélaprat Cadre de réanimation Rédacteur Infirmiers.com
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Président de l'ANCISSP(3) Article réalisé avec la collaboration de M. Francis Bartolomé – Praticien en CEC – Clinique du Millénaire - Montpellier
Diplômes d'université :
Université Pierre et Marie Curie – UER Pitié Salpêtrière D-U. De cœur artificiel et assistance circulatoire Université Paris 7 – UER Lariboisière – St Louis D-U. De circulation Extracorporelle Faculté de médecine de Bordeaux et de Toulouse D-I.U. De CEC en chirurgie cardiaque et suppléances d'organes