SCOLAIRE

Une spécialisation pour les infirmières scolaires et universitaires?

Plusieurs éléments contextuels plaident en faveur de cette option : professionnels, politiques, économiques, européens et bien sûr ! scolaires.

Le contexte professionnel

La profession infirmière est peu attractive. Certaines IFSI ne recrutent pas suffisamment de candidats. Sur 3 étudiants reçus au concours d’entrée, deux seulement deviendront infirmiers. La durée de vie professionnelle moyenne est de seulement 12 ans. Pourtant, l’augmentation des besoins de santé de la population implique une augmentation des effectifs infirmiers.

Les spécialisations infirmières

Le diplôme infirmier prépare à un exercice dans un cadre général. Certains secteurs d’activité, comme le bloc opératoire, l’anesthésie, l’encadrement et la puériculture ont déjà une formation complémentaire.

Seul le diplôme d’État infirmier a bénéficié d’une remise à niveau en référentiels d’activités et de compétences. Celle des spécialités infirmières est en cours de refonte.

Les spécialités infirmières sont inscrites dans le code de santé publique. Certaines devraient obtenir bientôt un niveau master. Pour d’autres, il est à l’étude. Ainsi, le rapport sur la médecine du travail remis à Eric Woerth, alors Ministre du Travail, propose la mise en place d’une formation de type master santé travail. Il en est de même pour la psychiatrie qui devrait faire l’objet d’une spécialisation.

Le contexte politique et économique

Il impose une maîtrise des coûts de la santé et une volonté de développer la santé publique (par exemple : l’obésité, les personnes âgées, la protection de l’enfance…).

Les actes professionnels sont définis par le code de santé publique, assurant une qualité des soins et sécurité juridique des soignants. Toute modification de ce code doit être effectuée par un ou des décrets validés en Conseil d’Etat.

La loi « hôpital patients santé territoires » a validé la coopération entre professionnels de santé, à la suite à d’expérimentations menées depuis 2003. Dans ce cadre, elle prévoit le transfert d’activités ou d’actes de soins selon un protocole validé par la HAS (Haute Autorité de santé). L’arrêté du 31 décembre 2009 a défini cette coopération.

Ainsi, le renouvellement des pilules contraceptives par les infirmières a été autorisé selon une liste définie en juin 2010.

Un programme hospitalier de recherche infirmier a été lancé en septembre 2009. Il a remporté un vif succès. 80 projets ont été présentés, 15 ont été retenus. C’est une nouveauté en France.

Le contexte européen et international

Le processus de Bologne a été ratifié par la France. Il instaure des niveaux d’études supérieures hiérarchisés en licence, master et doctorat.

Le master s’obtient en formation initiale ou continue après l’obtention d’une licence. La formation comprend un enseignement théorique, méthodologique et appliqué, une initiation à la recherche, la rédaction d’un mémoire ou de travaux d’études personnels, d’une langue étrangère et de stages.

La France ne doit pas se démarquer des autres pays du monde.
En ce qui concerne la profession infirmière, le processus de Bologne a pris beaucoup de retard en France. Dans de nombreux pays, des masters et des écoles doctorales en sciences infirmières existent depuis fort longtemps.

L’exercice infirmier dans les établissements scolaires en Europe

« Pour la Suède, le Danemark, l’Angleterre, la Pologne, une spécialisation est requise : santé publique pour la Suède et le Danemark, et santé scolaire pour l’Angleterre (formation d’une durée de un an) et la Pologne (deux ans). Une expérience pratique au préalable à la spécialisation en santé publique est obligatoire, d’une durée de 1 à 2 années. » (extrait d’un travail sur la formation des professionnels de santé exerçant dans les établissements scolaires européens conduit par Pommier et D. Jourdain).

A l’exception de la France et de l’Espagne, les infirmiers exerçant auprès d’un public d’âge scolaire ont une spécialisation d’un an minimum après l’obtention de leur diplôme d’infirmier, en santé publique, communautaire ou en santé en milieu scolaire.

Le contexte « Éducation Nationale »

L'infirmier exerçant auprès des élèves et des étudiants est un des premiers acteurs de santé de proximité, choisi par les jeunes. C’est un interlocuteur privilégié.

La consultation (soins, écoute...) et le diagnostic infirmier (éducation à la santé individuelle et collective, suivi, orientation...) sont pertinents et efficients auprès des populations scolaires et universitaires.

Il s’agit d’un exercice spécifique. En France, un infirmier exerçant en établissement scolaire n’a pour toute formation que celle qu’il a suivi pour obtenir son diplôme d’État. Elle est essentiellement hospitalière.

Le stage d’adaptation à l’emploi, à la charge des rectorats, est inégal en temps et en qualité, insuffisant et non validant. De ce fait, de nombreux infirmiers suivent des formations complémentaires. Tout au long d’une carrière, un certain nombre de stages sont suivis. Des diplômes universitaires sont souvent obtenus sur le temps et les finances personnels.

Pour les infirmières scolaires, des pratiques avancées existent déjà, comme la possibilité de délivrer la pilule du lendemain.

Pour la reconnaissance d’une spécialité d’infirmière scolaire

Pour moi, une nouvelle spécialité doit être définie. Nous devons être formées pour mieux répondre à nos missions et les enrichir, pour développer des services et des soins. En bénéficiant des pratiques avancées, nous enrichissons nos actes professionnels donc nos missions, dans un cadre légal, pour répondre au mieux aux besoins sanitaires de ces populations.

C’est pourquoi je souhaite la reconnaissance d’une spécialisation, par une formation imposant la définition d’un référentiel de compétences et d’activités, assise sur des unités d’enseignement. Cette évolution, dans le paysage européen actuel des formations post bac, ne peut se traduire que par la création d’un master.

J’espère que dans le contexte actuel de création de nouveaux masters, mes propositions trouveront leur place.


Didier Jourdan et Jeanine Pommier. La santé à l'école dans les pays européens. Coll « Centre Henri Aiqueperse ». Ed. Sudel, 2007. 13 euros.
Pour le commander : Sudel, 27 rue des Tanneries 75013 PARIS ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

La santé à l'école dans les pays européens - 13.00 €

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Dr Jeanine Pommier et Pr Didier Jourdan
Collection : les cahiers du Centre fédéral Henri Aigueperse N° 48

Existe-t-il en Europe des services de santé scolaire comparables à ceux développés en France ? Sur quelle organisation s’appuient-ils ? Plus généralement, d’un pays à l’autre, peut-on comparer les missions des spécialistes de santé qui interviennent « en milieu scolaire » ou « pour » les jeunes scolarisés ? Initiée par l’UNSA Education, la recherche du Docteur Jeanine Pommier et du Professeur Didier Jourdan propose une analyse des divers types de suivi médical et plus largement de politiques de santé à l’école dans les pays de l'Union européenne.
Un outil de réflexion pour faire avancer le débat.
Sp

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Infirmière de l’Education Nationale
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Commentaires (1)

ameliedu80

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24 commentaires

#1

pénurie

Il ne faut pas s'étonner de la pénurie d'infirmières quand on met des quotas dans les IFSI et on fait un concours où les plus timides mais qui pourraient faire de bonnes infirmières ratent l'oral. Il faudrait mieux sélectionner sur dossier et arrêter le sélection qui se fera d'elle-même: arrêt de la formation suite à une erreur d'orientation, sélection en 2nde année en fonction des résultats comme cela se fait en Belgique.
Les médias disent que ce métier n'attire pas mais on voit le nombre de personnes qui tentent le concours chaque année, cela est absolument contredit.