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Un 14 juillet en l'honneur des soignants... et une manifestation pour les déçus du Ségur

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Epidémiologie

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C'est un 14 juillet pas comme les autres, dans un format réduit, qui s'est déroulé mardi, jour de la fête nationale. Le traditionnel défilé militaire avait laissé la place à une petite cérémonie, rassemblant moitié moins de militaires qu'à l'habitude (soit 2 000 professionnels contre le double à l'ordinaire), qui n'auront pas foulé les champs Elysées, mais la seule place de la Concorde. L'événement entendait mettre à l'honneur la mobilisation des armées et du monde soignant contre le Covid-19. Le même jour, des blouses blanches ont manifesté pour rappeler leurs attentes pour l'hôpital, insuffisamment prises en compte par le Ségur selon elles.  

Emmanuel Macron rend hommage aux soignants pendant la cérémonie du 14 juillet.

Emmanuel Macron se devait de mettre les soignants à l'honneur, ce 14 juillet, eux qui (avec d'autres, pompiers, policiers, caissiers, livreurs...) ont été au coeur de la crise du coronavirus. "C'est un 14 juillet particulier", a indiqué le président de la République, Emmanuel Macron, au début de son interview en marge de la cérémonie à l'occasion de la fête nationale. Ce 14 juillet a-t-il souligné, nos armées ont accepté d'offrir un peu la vedette aux soignants, à ces femmes et ces hommes qui pendant des mois, comme ils le font tout au long de l'année mais cette fois-ci tout particulièrement, nous ont protégés, se sont battus pour nous face à ce Covid-19Lors du tableau final, des soignants en blouse blanche ont rejoint les rangs des militaires sous les applaudissements nourris du président et de toute l'assistance, parmi laquelle se tenait notamment le directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesusalors. Sur la place de la Concorde un drapeau bleu-blanc-rouge était déployé au son de la Marseillaise. Situation sanitaire oblige, exit cette année, la colonne de blindés, exit aussi, le public enthousiaste massé sur les Champs Elysées. Seul rescapé du Covid pour cette cérémonie : un défilé aérien ouvert par l'emblématique panache de fumée bleu-blanc-rouge de la Patrouille de France, qui a embarqué trois soignants à bord de ses Alphajets. Dans les gradins, 2 500 invités, dont 1 400 personnes qui ont vécu l'épidémie en première ligne : soignants, famille de soignants morts du Covid-19, enseignants, caissiers, agents funéraires, policiers, gendarmes, pompiers, salariés d'usines de masques ou de tests, ont pu suivre de près les festivités.

Après la cérémonie militaire, le chef de l’Etat a participé à un entretien télévisé diffusé en direct sur France 2 et TF1. L’occasion pour lui de préciser les grandes lignes du nouveau chemin qu’il entend emprunter pour relancer le pays :

Malaise soignant 

Malgré une cérémonie qui a connu son lot de moments solennels, de belles images et de soignants émus par les hommages, quelques signes sont venus discrètement fendiller ce bel enthousiasme pour rappeler le malaise des blouses blanches : visible depuis la Concorde, une banderole Derrière les hommages, Macron asphyxie l'hôpital s'est envolée pendant la cérémonie, portée par des ballons rouges et noirs. Il faut dire que les honneurs ont été accueillis avec une certaine froideur par certains soignants, fatigués des remerciements et des louanges et surtout insatisfaits des accords du Ségur

Le même jour justement, le 14 juillet, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Paris à l'appel de plusieurs organisations syndicales, dont la CGT et Solidaires ainsi que les membres du Collectif Inter-Hôpitaux pour dénoncer les accords du Ségur et réclamer plus de moyens pour l’hôpital. Le cortège, parti vers 14h de la place de la République, est arrivé aux abords de la place de la Bastille peu après 15h. Au coeur des mécontentements : le manque toujours criant de lits, la création insuffisante de postes aux yeux des soignants ou encore une augmentation trop faible des salaires. Le Covid a montré qu'on avait besoin de lits, on ne les a pas, expliquait ainsi dans le cortège un infirmier en neurologie à Maubeuge, déçu par les accords signés et qui attendait beaucoup du Ségur.  Il fallait créer des emplois. On ne les a pas. Il y a beaucoup de choses qui n'ont pas été abordées et on ne peut pas être satisfaits. On avait demandé 300 euros pour avoir un salaire moyen au niveau de celui de l'OCDE. Or, selon les accords signés lundi, l'augmentation des infirmiers dans les hôpitaux et les Ehpad publics devrait être de l'ordre de 183 euros net mensuels. 

Ils n'ont pas répondu aux attentes, tranchait également Paule Bensaid, infirmière dans un EPSM (établissement pour adulte handicapé) à Lille. On réclamait minimum 300 euros pour tous les agents. La où je travaille, on n'a pas eu de masque avant le 30 avril. Alors le défilé des soignants sur les Champs, je pense que c'est du pipeau. Pour Ali Yassine, élève infirmier et ancien aide soignant, il s'agit d'offrir aux patients de meilleurs soins. On veut juste signaler un dysfonctionnement et le réparer, assurait-il. M. Tout le monde qui va tomber malade, je veux qu'il ait plus que ce qu'un infirmier peut lui offrir actuellement. Ce n'est pas comme ça que j'envisage de soigner les gens.

Pas de médailles, pas de parades mais une vraie reconnaissance, demandaient des manifestants sur une banderole. Les attentes, malheureusement, sont déçues. Et tous les applaudissements n'y feront rien.  

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