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2019 : une année noire pour le milieu de la santé ?

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La 8ème édition du baromètre d’Odoxa consacrée à la santé des Français et des professionnels du soin hospitaliers met l’accent sur une fin d’année difficile. Le grand public comme les soignants ont été davantage touchés par diverses affections. Qui plus est, leur moral déjà en berne a été encore davantage plombé par l’annonce de la réforme des retraites car ils sont, pour la majorité d’entre eux, convaincus que celle-ci leur nuira. Un épilogue morose pour 2019 qui malheureusement ne présage rien de bon pour 2020 aux yeux des répondants…

2019 : une année noire pour le milieu de la santé ?

Pour cette dernière édition du baromètre d’Odoxa intitulé « carnet de santé des Français et des professionnels hospitaliers », les sondeurs ont décidé d’aller plus loin et ont également demandé aux répondants de faire un bilan de l’année écoulée et leurs prévisions pour 2020 concernant la santé.

Une fin d’année sous médicament pour les Français : les problémes de santé ont été particulièrement fréquents ces derniers mois, pour l’ensemble de la population et plus spécifiquement pour les professionnels de santé, d’après le dernier baromètre Odoxa. De même, si les soignants ne sont pas en pleine forme physique, leur mental n’est pas non plus au beau fixe, loin s’en faut. Plus globalement, le bilan sur l’année 2019 est plutôt négatif quant à la santé publique. Pire encore, aux yeux des sondés, soit un milliers de personnes représentatives de la population et près d’une centaine de professionnels de santé (dont 486 infirmiers et 266 aides-soignants), si l’année qui vient de se terminer était sombre l’année 2020 s’annonce noire !

En effet, les derniers mois de 2019 ont été marqués par un pic d’affections diverses pour la population. La suite d’intempéries, de pluie, la baisse des températures conjuguées aux difficultés de déplacement dues aux mouvements sociaux n’ont pas été sans conséquence. Un Français sur quatre a souffert d’un problème de santé dans les derniers mois de l’année. Un niveau jugé élevé par les statisticiens et surtout en hausse par rapport à décembre 2018. D’ailleurs, les soignants l’ont bien remarqué, puisque 57% d’entre eux ont le sentiment d’un accroissement des maladies dans la population. Sans surprise, ce sont les rhumes, les états grippaux et les bronchites qui ont le plus progréssé durant cette période.

Encore une fois, les professionnels de santé eux-mêmes ont été davantage touchés par ces pathologies (5% de plus) par rapport au reste des Français. Ainsi 31% des personnels hospitaliers ont été souffrants en cette fin d’année, un chiffre préoccupant même s’il n’a pas atteint le record de 38% enregistré en décembre 2018. A noter que ce sont les aides-soignants qui ont été les plus affectés avec 36% des effectifs ayant été malades.

Personnels hospitaliers :  une santé physique défaillante, une santé mentale préoccupante

S’ils s’avèrent plus souvent malades que leurs patients, leur moral reste aussi en berne. Les professionnels de santé sont également en moyenne nettement moins satisfaits de leur travail par rapport à leurs concitoyens. En effet, trois quarts des Français s’estiment satisfaits de leur emploi (78% contre 20% de mécontents) alors que les personnels hospitaliers eux sont 54% à être insatisfaits (contre 46% de contentement). Le niveau d’insatisfaction est donc supérieur de 34% par rapport à la moyenne nationale ! D’autre part, on constate que ce taux est le plus important enregistré depuis la création de ce baromètre ex-aequo avec celui de juin 2019. Toutefois, il existe des divergences prépondérantes en fonction des professions hospitalières : par exemple, les cadres de santé sont 55% à être contents de leur sort, contre 44% des infirmiers et des aides-soignants.

Un bilan de santé sombre : un avenir qui semble loin de s’éclaircir !

En ce qui concerne leur propre santé, les Français comme les professionnels de santé demeurent plutôt positifs sur l’année  écoulée  (c’est le cas de73% de la population générale et de 58% des personnels hospitaliers). En revanche, les sondés dans leur intégralité sont nettement plus critiques quand il s’agit de la santé en France de manière globale. Plus précisément, 57% de la population générale et 78% des professionnels de santé jugent de façon négative la situation de notre système de soin. Au niveau de l’hôpital public, 78% des Français et 96% des soignants sont aussi sévères. Mise en avant dans les média oblige, les conditions des services d’urgences suscitent la réprobation de 81% des citoyens et de 97% des personnels hospitaliers.

Les professions les plus amères sur cette année 2019 sont les infirmiers et les aides-soignants qui s’avèrent particulièrement négatifs y compris en ce qui concerne leur propre santé. Plus alarmant, lorsqu’on leur demande de pronostiquer ce qu’il va advenir en 2020, l’ensemble des répondants sont tristement pessimistes. Plus de trois-quarts de la population et plus de 90% des soignants pensent que la  situation va empirer en ce qui concerne le système de santé, comme l’hôpital ou les urgences. Les personnels hospitaliers sont même 62% à estimer que leur propre santé va se dégrader.

La réforme de la défiance !

En parallèle, la population comme les professionnels de santé s’avèrent également très pessimistes au niveau d’un tout autre domaine : la réforme des retraites. Annoncée par le gouvernement le 11 décembre dernier, selon ce sondage, elle suscite grandement la défiance dans l’opinion publique. Près d’un Français sur deux estime que cette réforme va le désavantager et 46% qu’elle n’aura aucun impact. Les personnels hospitaliers montrent un avis négatif encore plus marqué : plus de deux tiers d’entre eux jugent qu’ils seront désavantagés et 29% pensent qu’elle n’aura aucun impact sur eux. Les plus pessimistes sur ce sujet s’avèrent être les infirmiers : ils sont 70% à pronostiquer une réforme pénalisante pour leur avenir.

Point positif, le baromètre incluait des questions plus légères où les Français devaient donner leur bonnes résoluation 2020. Bonne nouvelle, ils sont 42% à vouloir faire davantage d’activité physique, 32% à s’être engagés à perdre du poids et 30% à dormir davantage. Un tryptique qui, à titre préventif, pourra permettre à la population de rester en bonne santé. En revanche, en ce qui concerne celle de l’hôpital public, l’heure n’est plus à la prévention et on espère que les instances décisionnaires ont pris à ce sujet de bonnes résolutions !

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Journaliste infirmiers.com roxane.curtet@infirmiers.com  @roxane0706

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