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2021, quelle année pour les aide-soignants ? Les vœux de Guillaume Gontard

Surgie en 2020, la pandémie de Covid-19 a ébranlé toutes les sociétés, la population générale et les soignants en particulier. Face à cette réalité, les professionnels du soin, dont les aide-soignants, ont jusque-là montré constance et abnégation dans l’effort collectif et demeureront demain des garants fiables de la prise en soin grâce à leurs poly-compétences et un humanisme révélés et reconnus. Pour regarder vers demain – même si les blessures sont vivaces et que le Covid-19 fait encore partie du quotidien – Guillaume Gontard, Président de la FNAAS, adresse ses vœux à la communauté. Alexis Bataille l’a rencontré pour Infirmiers.com

Je souhaite saluer tous les aide-soignants et leur souhaiter une belle année 2021

Quel bilan profesionnel tirez-vous de 2020 ?

L’année fut éprouvante car la difficulté était à l’intérieur et à l’extérieur des structures de soins, et nous avons perdu certains de nos collègues du Covid-19. Pourtant, la crise renforcé notre engagement et nous a amenés à nous adapter très rapidement, ce qui a contribué à préserver notre solidarité et notre professionnalisme malgré les difficultés quotidiennes. C'est une fierté d’être aide-soignant et Président d’une Fédération regroupant plusieurs centaines de personnes engagées. Le vent de tempête qu’a soufflé l’épidémie de Covid-19 laisse déjà entrevoir qu’il faudra aller plus loin dans l’hygiène au quotidien pour affronter les crises sanitaires et le risque biologique.

Au début, nous étions étonnés, surpris et même inquiets. En effet, personne ne nous a sollicités pour échanger sur le sujet alors que la FNAAS occupe et connaît le terrain

2021 pourrait bien être l’année de la formation par excellence. Quid de la réingénierie du DEAS et du nouveau référentiel d’activités ? Quel regard portez-vous sur le projet de formation d’ASH à une fonction d’aide d’« aide-soignant » ?

Prévue initialement en 2020 et très attendue pour de multiples raisons (désaffection du métier, faible attractivité de la formation, hausse des besoins AS, difficultés de recrutement…), la réingénierie de notre formation a été reportée pour cause d’épidémie. Elle aboutira bientôt mais ne portera pas les changements tant espérés par les AS. De nombreux aspects sont déjà actés, mais je préfère attendre que tout soit clos avant de m’exprimer sur le sujet. Quant au projet de formation des ASH, il concerne les personnels ayant une ancienneté d’au moins trois mois et exerçant en Ehpad, en SAAD ou autres structures de soins. Au début, nous étions étonnés, surpris et même inquiets. En effet, personne ne nous a sollicités pour échanger sur le sujet alors que la FNAAS occupe et connaît le terrain. La nécessité de solliciter ceux qui exercent nous apparaissait donc primordiale. Pour ma part, j’ai commencé ma carrière comme fonction d’aide-soignant et je considère que la formation aurait été bienvenue : elle apporte les bases du métier et la sécurité pour les prises en soins. Quoi qu’il en soit, il faudra évaluer dans le temps les effets de cette formation, et notamment son impact sur les soins. C’est pourquoi il est indispensable de ne pas privilégier exclusivement la formation d’ASH faisant fonction d’AS ni de renoncer à recruter des AS pour renforcer les équipes.

La FNAAS a-t-elle formulé d’autres propositions pour renforcer les équipes ?

Le problème est d'avoir entrepris la démarche durant la crise sanitaire. Le temps manque, on se situe dans un « courant d’air » politique. Les « faisant fonction » œuvrent déjà depuis très longtemps et remplacent les aide-soignants en renforçant déjà les équipes. L’idée de la formation n’a rien changé dans leur remplacement quotidien ou périodique. Car dans une crise sanitaire, on doit solliciter tous les aides-soignants, y compris les remplaçants. La FNAAS a formulé un communiqué de presse lors de la deuxième épidémie pour expliquer que les équipes de soins devaient être renforcées, et ce même en cas de baisse d’activité dans les structures de soins. Se retrouver dans un environnement en renfort et dans un environnement en tension permanente n’est pas la même chose pour trouver sa place au sein du service où l’on exerce. Il faudra évaluer dans le temps si une baisse de recrutement d’AS, notamment de l’intérim, est observée. L’objectif commun sera de s’améliorer et d’en comprendre les causes. Par ailleurs, d'autres possibilités de mobilisation urgente existent, telles que la réserve sanitaire. Un levier qui a été probablement moins efficace lors de la deuxième vague épidémique.

La question du vaccin doit être évoquée avec les médecins les plus proches des malades et avec les généralistes

Grâce à sa proximité avec patients et les résidents en Ehpad, l’AS est-il selon vous un levier d’engagement positif à l’adhésion vaccinale anti – Covid-19 alors que nous sommes en pleine campagne ?

Je pense que nous ne sommes pas compétents pour parler du vaccin, pas davantage que les journalistes d’ailleurs. La question du vaccin doit être évoquée avec les médecins les plus proches des malades et avec les généralistes. Les mises en scène de vaccination ne me semblent pas opportunes : on ne peut pas « commercialiser » ces images pour vacciner. En France, nous sommes déjà depuis très longtemps parmi les plus réticents aux campagnes, et ce pour des raisons qui ne se limitent probablement pas à la peur du vaccin. La défiance relève de facteurs multiples, parfois même détachés de la santé. Mais pour analyser tout cela dans le détail, il faudrait mener des études – pour l’instant trop peu nombreuses – auprès de la population aide-soignante.

En conclusion, quelles perspectives souhaitez-vous dessiner pour la communauté AS ?

Nous allons présenter un livre blanc aux autorités et créer un CNP aide-soignant. Il permettra de conduire nos actions avec l’ensemble de la profession et de faire évoluer la communauté grâce à des perspectives et des propositions riches. Evaluer tout ce qui s’est passé lors de la crise sanitaire sera également nécessaire dans la perspective de partager des retours d’expériences et de nous tenir prêts si la situation ultérieure le nécessitait. Je souhaite saluer tous les aide-soignants et leur souhaiter une belle année 2021.


Etudiant en soins infirmiers (2019-2022)
Aide-soignant
@AlexisBatll

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